AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Eruvin

29a

Étude de Eruvin 29a

Étude de la Guémara 29a

Guémara
La Guemara répond : Cela se réfère à une bette (téradin) qui n'était que partiellement cuite, ce qui est dangereux.
הָהוּא, בִּבְשִׁיל וְלָא בְּשִׁיל.
Il en est qui disent que Rav Hamnouna a dit : On ne fait pas le eirouv avec des bettes (téradin) crues, car Rav 'Hisda a dit : La bette crue (silka 'hayya) tue un homme bien portant (gavra 'hayya). La Guemara objecte : Mais ne voyons-nous pas des gens en manger sans mourir ? La Guemara répond : Là, il s'agit d'une bette qui n'était que partiellement cuite, ce qui est dangereux.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב הַמְנוּנָא: אֵין מְעָרְבִין בִּתְרָדִין חַיִּין, דְּאָמַר רַב חִסְדָּא: סִילְקָא חַיָּיא קָטֵיל גַּבְרָא חַיָּיא. וְהָא קָא חָזֵינַן דְּקָא אָכְלִי וְלָא מָיְיתִי? הָתָם בִּבְשִׁיל וְלָא בְּשִׁיל.
Rav 'Hisda a dit : Un plat cuit de bettes (téradin) est bénéfique pour le cœur, bon pour les yeux, et à plus forte raison bénéfique pour les intestins (bné méayim). Abayé a dit : Cela [n'est vrai] qu'à condition qu'il repose sur le fourneau (abé tafé) et fasse un bruit « toukh toukh » — c'est-à-dire qu'il soit cuit suffisamment à fond pour produire un bruit de bouillonnement.
אָמַר רַב חִסְדָּא: תַּבְשִׁיל שֶׁל תְּרָדִין יָפֶה לַלֵּב וְטוֹב לָעֵינַיִם, וְכׇל שֶׁכֵּן לִבְנֵי מֵעַיִים. אָמַר אַבָּיֵי: וְהוּא דְּיָתֵיב אַבֵּי תָפֵי וְעָבֵיד תּוֹךְ תּוֹךְ.
Rava a dit un jour, alors qu'il était particulièrement de bonne humeur : Me voici comme ben Azzaï, à l'esprit pénétrant, qui exposait [la Torah] dans les marchés de Tibériade (chouké Tévéria) ; moi aussi je suis prêt à répondre à toute question qu'on me posera. L'un des Sages dit à Rava : Combien de pommes (tapou'him) [faut-il] [pour le eirouv] ? Rava lui répondit : Mais est-ce qu'on fait le eirouv avec des pommes ?
אָמַר רָבָא: הֲרֵינִי כְּבֶן עַזַּאי בְּשׁוּקֵי טְבֶרְיָא. אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מֵרַבָּנַן לְרָבָא: תַּפּוּחִים בְּכַמָּה? אֲמַר לֵיהּ: וְכִי מְעָרְבִין בְּתַפּוּחִים?
L'autre Sage répliqua : Et n'est-il pas permis de faire le eirouv avec elles ? N'avons-nous pas appris dans une michna : Tous les aliments se combinent pour disqualifier le corps (guevya) [d'un Cohen qui mange] une demi-demi-miche (pras) [de nourriture impure], et [se combinent] pour [compléter la mesure de] nourriture de deux repas (mézon chté séoudot) pour le eirouv, et [pour compléter la mesure] d'un volume d'œuf (kebétsa) afin de [rendre un aliment apte à] contracter l'impureté des aliments (toumeat okhlin) ? La pomme étant un aliment, elle devrait figurer parmi les choses dont on peut se servir pour faire le eirouv.
וְלָא? וְהָתְנַן: כׇּל הָאוֹכָלִין מִצְטָרְפִין לִפְסוֹל אֶת הַגְּוִויָּה בַּחֲצִי פְרָס, וּבִמְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת לְעֵירוּב, וּכְבֵיצָה לְטַמֵּא טוּמְאַת אוֹכָלִים!
La Guemara demande : Et quelle est [la force de] cette réfutation ? Si l'on dit que c'est parce qu'il est enseigné « tous les aliments » et que ces pommes sont propres à la consommation — comment peut-on soulever une objection à partir d'un terme aussi général ? Rabbi Yo'hanan n'a-t-il pas dit : On ne tire pas de conclusion des règles générales [formulées avec le mot « tous »], et même là où il est dit « excepté » — car aucune règle n'épuise tous les cas !
וְהַאי מַאי תְּיוּבְתָּא? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דְּקָתָנֵי ״כׇּל הָאוֹכָלִין״, וְהָנֵי בְּנֵי אֲכִילָה נִינְהוּ — וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין לְמֵדִין מִן הַכְּלָלוֹת וַאֲפִילּוּ בִּמְקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ ״חוּץ״!
Mais plutôt, c'est parce qu'il est enseigné : « Et [tous les aliments se combinent] pour [compléter la mesure de] nourriture de deux repas (mézon chté séoudot) pour le eirouv, et [pour compléter la mesure] d'un volume d'œuf afin de contracter l'impureté des aliments (toumeat okhlin) » ; or ces pommes-là aussi sont susceptibles de contracter l'impureté des aliments. [Il y a donc une preuve claire que la michna vise aussi les pommes.]
אֶלָּא מִשּׁוּם דְּקָתָנֵי ״וּבִמְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת לְעֵירוּב וּכְבֵיצָה לְטַמֵּא טוּמְאַת אוֹכָלִין״. וְהָנֵי נָמֵי בְּנֵי טַמּוֹיֵי טוּמְאַת אוֹכָלִין נִינְהוּ.
Et combien [en faut-il] ? Rav Na'hman a dit : [La mesure minimale de] pommes [pour le eirouv est] un kav.
וְכַמָּה? אָמַר רַב נַחְמָן: תַּפּוּחִים בְּקַב.
On objecte [de la part d'une baraïta] : Rabbi Chimon ben Elazar dit : [Lorsqu'on distribue la dîme du pauvre, on donne à chaque pauvre au moins] un ouchla (oukhla) — un huitième de log — d'épices (tavlin), et un litra (litra) de légumes (yarak), et dix noix (égozin), et cinq pêches (afarsékin), et deux grenades (rimonim), et un cédrat (étrog). Et Goursak bar Daré a dit au nom de Rav Menachya bar Segouvlé, [qui parlait] au nom de Rav : Et de même pour le eirouv. Or, ces [pommes] devraient elles aussi être comme les pêches [puisqu'elles sont de taille comparable, et cinq pommes devraient donc suffire] !
מֵיתִיבִי, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: עוּכְלָא תַּבְלִין, וְלִיטְרָא יָרָק, וַעֲשָׂרָה אֱגוֹזִין, וַחֲמִשָּׁה אֲפַרְסְקִין, וּשְׁנֵי רִמּוֹנִים, וְאֶתְרוֹג אֶחָד. וְאָמַר גּוּרְסַק בַּר דָּרֵי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב מְנַשְּׁיָא בַּר שְׂגוּבְלִי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב, וְכֵן לְעֵירוּב. וְהָנֵי נָמֵי לִיהְווֹ כִּי אֲפַרְסְקִין!
[La Guemara répond qu'il y a une distinction entre elles :] Celles-ci [les pêches] sont importantes (’hachivé), et celles-là [les pommes] ne sont pas importantes [c'est pourquoi il faut, pour les pommes, la mesure plus grande d'un kav].
הָנֵי חֲשִׁיבִי, וְהָנֵי לָא חֲשִׁיבִי.
Rav Yossef a dit : Que son Maître [Hachem] pardonne à Rav Menachya bar Segouvlé, car j'ai énoncé cela devant lui à propos de la michna, et lui l'a énoncé à propos de la baraïta [ce qui a causé l'erreur]. Comme nous avons appris dans une michna : On ne donne pas au pauvre, à l'aire de battage (gorèn), moins d'un demi-kav de blé (’hittin) ou d'un kav d'orge (séorin). Rabbi Méir dit : [au moins] un demi-kav d'orge. Et [pas moins d']un kav et demi d'épeautre (koussemin), et un kav de figues sèches (guérogrot), ou un mané de figues pressées (devéla). Rabbi Akiva dit : [pas un mané, mais] un pras [un demi-mané]. Et un demi-log de vin (yayin) ; Rabbi Akiva dit : [la moitié, soit] un revi'it. Et un revi'it d'huile (chémen) ; Rabbi Akiva dit : [la moitié, soit] un huitième (chéminit). Et quant à tous les autres fruits (chear péirot), Abba Chaoul a dit : [On lui en donne] assez pour qu'il les vende et achète avec [le produit] de la nourriture de deux repas (mézon chté séoudot). Et Rav a dit : Et de même pour le eirouv.
אָמַר רַב יוֹסֵף: שְׁרָא לֵיהּ מָרֵיהּ לְרַב מְנַשְּׁיָא בַּר שְׂגוּבְלִי, אֲנָא אַמְרִיתָא נִיהֲלֵיהּ אַמַּתְנִיתִין, וְהוּא אַמְרַהּ אַבָּרַיְיתָא. דִּתְנַן: אֵין פּוֹחֲתִין לְעָנִי בַּגּוֹרֶן מֵחֲצִי קַב חִטִּין וְקַב שְׂעוֹרִין. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: חֲצִי קַב שְׂעוֹרִין. וְקַב וַחֲצִי כוּסְּמִין, וְקַב גְּרוֹגְרוֹת אוֹ מָנֶה דְּבֵילָה. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: פְּרָס. וַחֲצִי לוֹג יַיִן, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: רְבִיעִית. וּרְבִיעִית שֶׁמֶן, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: שְׁמִינִית. וּשְׁאָר כׇּל הַפֵּירוֹת, אָמַר אַבָּא שָׁאוּל: כְּדֵי שֶׁיִּמְכְּרֵם וְיִקַּח בָּהֶן מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת. וְאָמַר רַב: וְכֵן לְעֵירוּב.
La Guemara demande : Et quelle est la force de celle-ci [la michna] par rapport à celle-là [la baraïta] ? [La michna et la baraïta semblent partager le même contenu — pourquoi la décision de Rav serait-elle plus applicable à l'une qu'à l'autre ?] Si l'on dit que c'est parce qu'il est enseigné dans celle-là [la baraïta] « épices » (tavlin), et que les épices ne sont pas propres à la consommation [seules, mais seulement comme assaisonnement, de sorte que Rav ne pouvait pas viser la baraïta] — mais est-ce qu'ici [dans la michna] n'est pas enseigné « blé et orge » (’hittin ou-séorin), qui eux non plus ne sont pas [immédiatement] propres à la consommation [avant d'être transformés] !
וּמַאי אוּלְמֵיהּ דְּהַאי מֵהָךְ? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דְּקָא תָּנֵי בְּהָךְ תַּבְלִין, וְתַבְלִין לָאו בְּנֵי אֲכִילָה נִינְהוּ — אַטּוּ הָכָא מִי לָא קָתָנֵי חִטִּין וּשְׂעוֹרִין, וְלָאו בְּנֵי אֲכִילָה נִינְהוּ!
Eruvin 29a
100%
עירובין כ״ט אמַסֶּכֶת עֵירוּבִין