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Traité Eruvin

28b

Étude de Eruvin 28b

Étude de la Guémara 28b

Guémara
[Rav, lorsqu'il a dit que l'on confectionne un érouv avec du 'haziz (jeune blé en herbe), parlait] de la variété de jardin (gnounyata), celle que l'on a coutume de manger.
בִּדְגִנּוּנְיָיתָא.
Puisqu'il a été question de la graine de roquette (zéra gargir), la Guemara demande : à quoi est-elle propre [à la consommation] ? En général, seules les feuilles de la plante se mangent. Rabbi Yo'hanan dit : les premières générations, qui n'avaient pas de poivre (pilpelin), broyaient ces graines et y trempaient leur viande rôtie. C'est pourquoi les graines de roquette se mangent elles aussi, même si ce n'est pas leur usage habituel.
זֶרַע גַּרְגִּיר. לְמַאי חֲזֵי? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁכֵּן רִאשׁוֹנִים שֶׁלֹּא הָיָה לָהֶן פִּלְפְּלִין, שׁוֹחֲקִין אוֹתוֹ וּמַטְבִּילִין בּוֹ אֶת הַצָּלִי.
La Guemara rapporte que Rabbi Zéira, lorsqu'il était épuisé par son étude, allait s'asseoir à l'entrée de la maison d'étude (académie) de Rav Yehouda bar Ami, et disait : quand les Sages entrent et sortent, je me lèverai devant eux et je recevrai une récompense [pour les honorer], car c'est une mitsva d'honorer les sages de la Torah. Trop fatigué pour s'adonner à l'étude proprement dite, il cherchait un moyen de se reposer tout en accomplissant en même temps une autre mitsva.
רַבִּי זֵירָא כִּי הֲוָה חֲלִישׁ מִגִּרְסֵיהּ, הֲוָה אָזֵיל וְיָתֵיב אַפִּיתְחָא דְּרַב יְהוּדָה בַּר אַמֵּי, אָמַר: כִּי נָפְקִי וְעָיְילִי רַבָּנַן — אֵיקוּם מִקַּמַּיְיהוּ וַאֲקַבֵּל בְּהוּ אַגְרָא.
Un jeune enfant de l'école (yanouka) sortit [de la maison d'étude]. [Rabbi Zéira] lui dit : que t'a enseigné ton maître [aujourd'hui] ? Il lui répondit : sur la cuscute (kechout), [la bénédiction est] « boré peri haadama » (Celui qui crée le fruit de la terre) ; sur le blé en herbe ('haziz), [la bénédiction est] « chéhakol nihyé bidvaro » (Celui par la parole de qui tout fut). [Rabbi Zéira] lui dit : au contraire, l'inverse paraît plus logique : celui-ci, le blé en herbe, tire sa nourriture de la terre, tandis que celle-là, la cuscute, tire sa nourriture de l'air [et il convient de bénir chaque aliment selon sa source de nourriture].
נְפַק אֲתָא יָנוֹקָא דְּבֵי רַב, אֲמַר לֵיהּ: מַאי אַגְמְרָךְ רַבָּךְ? אֲמַר לֵיהּ: כְּשׁוּת ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, חֲזִיז ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״. אֲמַר לֵיהּ: אַדְּרַבָּה, אִיפְּכָא מִיסְתַּבְּרָא, הַאי — מֵאַרְעָא קָא מִרַבֵּי, וְהַאי — מֵאַוֵּירָא קָא מִרַבֵּי.
Et la halakha est conforme [à l'enseignement] du jeune enfant de l'école. Quelle en est la raison ? Celle-ci, la cuscute, est un fruit pleinement mûr (gmar péri), tandis que celui-là, le blé en herbe, n'est pas un fruit pleinement mûr [et sur un produit qui n'est pas pleinement mûr, on ne récite que « chéhakol nihyé bidvaro »]. Et quant à ce que tu as dit : celui-ci, le blé en herbe, tire sa nourriture de la terre tandis que celle-là, la cuscute, tire sa nourriture de l'air — il n'en est pas ainsi. La cuscute aussi tire sa nourriture de la terre, car nous constatons que lorsqu'on coupe l'arbuste épineux (hizmeta), la cuscute [qui s'y accroche] meurt. Cela montre que la cuscute aussi tire sa nourriture de la terre, fût-ce indirectement.
וְהִלְכְתָא כְּיָנוֹקָא דְּבֵי רַב. מַאי טַעְמָא: הַאי — גְּמַר פֵּירֵי, וְהַאי — לָאו גְּמַר פֵּירֵי. וּמַאי דְּקָאָמְרַתְּ: הַאי מֵאַרְעָא קָא רָבֵי, וְהַאי מֵאַוֵּירָא קָא רָבֵי — לָא הִיא. כְּשׁוּת נָמֵי מֵאַרְעָא קָא רָבֵי, דְּהָא קָא חָזֵינַן דְּקָטְלִינַן לַהּ לְהִיזְמְתָא וּמָיְיתָא כְּשׁוּתָא.
[La Guemara examine la partie suivante de la déclaration de Rav :] et n'établit-on pas un érouv avec des dattes vertes (kafniyot, non mûres) ? Mais n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : le cœur de palmier (kor), la moelle tendre et comestible située à l'intérieur du tronc, peut être acheté avec de l'argent du second maaser ; mais il ne contracte pas l'impureté des aliments (toumeat okhlin), car ce n'est pas réellement un aliment, mais plutôt une partie de l'arbre lui-même. Et les dattes vertes peuvent être achetées avec de l'argent du second maaser, et elles contractent même l'impureté des aliments.
וּבְכַפְנִיּוֹת אֵין מְעָרְבִין? וְהָתַנְיָא: קוֹר נִיקָּח בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר, וְאֵין מִטַּמֵּא טוּמְאַת אוֹכָלִין. וְכַפְנִיּוֹת נִקָּחוֹת בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר, וּמִטַּמְּאוֹת טוּמְאַת אוֹכָלִים.
Rabbi Yehouda dit cela quelque peu différemment : le cœur de palmier (kor) est comme [du bois d']arbre à tous égards juridiques, sauf qu'il peut être acheté avec de l'argent du second maaser, car il est comestible. Et les dattes vertes sont comme un fruit à tous égards, car ce sont de véritables fruits, sauf sur un point : elles sont exemptes du maaser parce qu'elles ne sont pas encore pleinement mûres.
רָבֵי יְהוּדָה אוֹמֵר: קוֹר הֲרֵי הוּא כְּעֵץ לְכׇל דְּבָרָיו — אֶלָּא שֶׁנִּיקָּח בְּכֶסֶף מַעֲשֵׂר, וְכַפְנִיּוֹת הֲרֵי הֵן כִּפְרִי לְכׇל דִּבְרֵיהֶם — אֶלָּא שֶׁפְּטוּרוֹת מִן הַמַּעֲשֵׂר.
La Guemara répond : là [dans la baraïta], il s'agit du fruit de palmiers qui n'arrivent jamais à pleine maturité (disne'hané). Ils sont donc considérés comme des fruits à part entière même à l'état non mûr. Rav, en revanche, parlait du fruit de palmiers qui finissent par mûrir ; leur état non mûr n'est qu'une étape transitoire de leur développement.
הָתָם, בִּדְנִיסְחָנֵי.
La Guemara demande : s'il en est ainsi, Rabbi Yehouda dirait-il à leur sujet qu'elles sont exemptes du maaser ? Mais n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta que Rabbi Yehouda a dit : les figues non mûres (paggé) du lieu nommé Beityoni n'ont été mentionnées qu'à propos du maaser, comme il a été énoncé : pour les figues non mûres de Beityoni et les dattes (ahiné) du lieu nommé Touvina, on est tenu d'en prélever le maaser, bien qu'elles ne mûrissent jamais, puisqu'elles sont considérées comme des fruits à part entière à tous égards ?
אִי הָכִי, בְּהָא לֵימָא רַבִּי יְהוּדָה פְּטוּרוֹת מִן הַמַּעֲשֵׂר? וְהָתַנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: לֹא הוּזְכְּרוּ פַּגֵּי בֵיתְיוֹנֵי אֶלָּא לְעִנְיַן מַעֲשֵׂר בִּלְבַד. פַּגֵּי בֵיתְיוֹנֵי וַאֲהִינֵי דְטוֹבִינָא חַיָּיבִין בְּמַעֲשֵׂר.
Dis plutôt ainsi : en réalité, la baraïta ne se rapporte pas au fruit de palmiers qui n'arrivent jamais à pleine maturité, mais bien au fruit de palmiers qui finissent par mûrir. Toutefois, la halakha relative à l'impureté des aliments est différente, et le statut d'un objet en tant qu'aliment au regard de l'impureté des aliments ne peut servir de preuve quant à son statut d'aliment au regard de l'érouv. Comme l'a dit Rabbi Yo'hanan ailleurs : puisqu'elles sont aptes à être adoucies par la cuisson au feu, [elles sont considérées comme aliment pour le maaser] ; ici aussi nous pouvons dire : puisqu'elles sont aptes à être adoucies par la cuisson au feu, les dattes vertes sont aptes à contracter l'impureté des aliments. Mais pour l'érouv, on exige un aliment prêt à la consommation, et un produit qui peut être préparé pour devenir aliment ne suffit pas.
אֶלָּא לְעוֹלָם לָאו בְּנִיסְחָנֵי, וּלְעִנְיַן טוּמְאַת אוֹכָלִין שָׁאנֵי, כִּדְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הוֹאִיל וְרָאוּי לְמַתְּקָן עַל יְדֵי הָאוּר, הָכָא נָמֵי: הוֹאִיל וְיָכוֹל לְמַתְּקָן עַל יְדֵי הָאוּר.
La Guemara demande : où ce propos de Rabbi Yo'hanan a-t-il été énoncé à l'origine ? La Guemara répond : il a été énoncé à propos de cet enseignement rapporté dans une baraïta : les amandes amères (chkédim hamarim), on est tenu d'en prélever le maaser tant qu'elles sont petites [et vertes], car elles sont propres à être mangées encore peu développées ; mais lorsqu'elles sont grandes, on en est exempt, car elles ne sont plus comestibles. Les amandes douces, grandes, on est tenu d'en prélever le maaser, tandis qu'on est exempt pour les petites, car elles ne sont pas encore pleinement mûres. Rabbi Chimon fils de Rabbi Yossi dit au nom de son père : on est exempt [du maaser] pour les unes comme pour les autres [grandes et petites amandes amères]. Et certains rapportent qu'il a dit au nom de son père : on est tenu [du maaser] pour les unes comme pour les autres. Rabbi Ila dit : Rabbi 'Hanina a tranché à Tzippori conformément à celui qui dit : on est exempt pour les unes comme pour les autres.
וְהֵיכָא אִתְּמַר דְּרַבִּי יוֹחָנָן? אַהָא דְּתַנְיָא: שְׁקֵדִים הַמָּרִים — קְטַנִּים חַיָּיבִין, גְּדוֹלִים פְּטוּרִין. מְתוּקִים — גְּדוֹלִים חַיָּיבִין, קְטַנִּים פְּטוּרִין. רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּרַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר מִשּׁוּם אָבִיו: זֶה וָזֶה, לִפְטוּר. וְאָמְרִי לַהּ: זֶה וָזֶה לְחִיּוּב. אָמַר רַבִּי אִילְעָא: הוֹרָה רַבִּי חֲנִינָא בְּצִיפּוֹרִי כְּדִבְרֵי הָאוֹמֵר זֶה וְזֶה לִפְטוּר.
La Guemara demande : selon l'avis de celui qui dit qu'on est tenu [du maaser] pour les unes comme pour les autres, à quoi les grandes amandes amères sont-elles propres ? Rabbi Yo'hanan dit : puisque ces amandes sont aptes à être adoucies et rendues comestibles par la cuisson au feu, elles sont considérées comme aliment au regard du maaser.
וּלְמַאן דְּאָמַר זֶה וָזֶה לְחִיּוּב, לְמַאי חֲזֵי? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הוֹאִיל וְרָאוּי לְמַתְּקָן עַל יְדֵי הָאוּר.
Eruvin 28b
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עירובין כ״ח במַסֶּכֶת עֵירוּבִין