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Traité Eruvin

21b

Étude de Eruvin 21b

Étude de la Guémara 21b

Guémara
« …[des figues] précoces (bakourot) ; et l'autre panier (doud) avait des figues très mauvaises, si mauvaises qu'on ne pouvait les manger » (Yirmeyahou 24, 1-2).
הַבַּכּוּרוֹת וְהַדּוּד הָאֶחָד תְּאֵנִים רָעוֹת מְאֹד אֲשֶׁר לֹא תֵאָכַלְנָה מֵרוֹעַ״ —
Les bonnes figues — ce sont les justes accomplis (tsaddikim guemourim) ; les mauvaises figues — ce sont les mécréants accomplis (rechaïm guemourim). Et de peur que tu ne dises que l'espoir des mécréants est perdu et leur perspective anéantie, le verset enseigne, en interprétant le mot doudaïm de manière homilétique : « Les mandragores (doudaïm) ont donné leur parfum » (Chir haChirim 7, 14) — ce qui signifie que les deux, les justes comme les mécréants, finiront par donner un parfum.
תְּאֵנִים הַטּוֹבוֹת — אֵלּוּ צַדִּיקִים גְּמוּרִים. תְּאֵנִים הָרָעוֹת — אֵלּוּ רְשָׁעִים גְּמוּרִים. וְשֶׁמָּא תֹּאמַר אָבַד סִבְרָם וּבָטַל סִיכּוּיָם? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״הַדּוּדָאִים נָתְנוּ רֵיחַ״ — אֵלּוּ וָאֵלּוּ עֲתִידִין שֶׁיִּתְּנוּ רֵיחַ.
Rava interpréta de manière homilétique le verset cité ci-dessus comme suit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Les mandragores (doudaïm) ont donné leur parfum, et à nos portes [se trouvent] toutes sortes de fruits exquis, nouveaux et anciens, que j'ai mis en réserve pour toi, mon bien-aimé » (Chir haChirim 7, 14) ? « Les mandragores (doudaïm) ont donné leur parfum » — ce sont les jeunes gens d'Israël qui n'ont jamais goûté le goût de la faute.
דָּרֵשׁ רָבָא, מַאי דִּכְתִיב: ״הַדּוּדָאִים נָתְנוּ רֵיחַ״ — אֵלּוּ בַּחוּרֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא טָעֲמוּ טַעַם חֵטְא.
« Et à nos portes (peta'heinou) [se trouvent] toutes sortes de fruits exquis (megadim) » — ce sont les filles d'Israël qui informent (maggidot) leurs maris au sujet de leur passage (pit'heihen), c'est-à-dire qu'elles leur disent quand elles ont leurs règles. Une autre version de cette interprétation est : elles lient (ogedot) leur passage et le réservent à leurs maris, et n'ont pas de relations avec d'autres.
״וְעַל פְּתָחֵינוּ כׇּל מְגָדִים״ — אֵלּוּ בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל שֶׁמַּגִּידוֹת פִּתְחֵיהֶן לְבַעֲלֵיהֶן. לָשׁוֹן אַחֵר: שֶׁאוֹגְדוֹת פִּתְחֵיהֶן לְבַעֲלֵיהֶן.
« Nouveaux et anciens, que j'ai mis en réserve pour toi, mon bien-aimé » — la Communauté d'Israël (Knesset Israel) dit devant le Saint, béni soit-Il, et poursuivit : Maître du monde, j'ai décrété sur moi-même de nombreux décrets — par les institutions et ordonnances des Sages — plus que ce que Tu as décrété sur moi dans la Torah, et je les ai accomplis. Ce sont les lois nouvelles qui ont été ajoutées aux anciennes énoncées dans la Torah.
״חֲדָשִׁים גַּם יְשָׁנִים דּוֹדִי צָפַנְתִּי לָךְ״ — אָמְרָה כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, הַרְבֵּה גְּזֵירוֹת גָּזַרְתִּי עַל עַצְמִי יוֹתֵר מִמַּה שֶּׁגָּזַרְתָּ עָלַי, וְקִיַּימְתִּים.
On a rapporté que Rav 'Hisda dit à l'un des Sages qui avait l'habitude d'ordonner les traditions de la aggada devant lui : As-tu entendu quel est le sens de « nouveaux et anciens » ? Il lui dit : Ceux-ci, les nouveaux, ce sont les mitsvot plus légères, et ceux-là, les anciens, ce sont les mitsvot plus graves.
אֲמַר לֵיהּ רַב חִסְדָּא לְהָהוּא מִדְּרַבָּנַן דַּהֲוָה קָא מְסַדַּר אַגָּדָתָא קַמֵּיהּ: מִי שְׁמִיעַ לָךְ ״חֲדָשִׁים גַּם יְשָׁנִים״ מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: אֵלּוּ מִצְוֹת קַלּוֹת וְאֵלּוּ מִצְוֹת חֲמוּרוֹת.
Rav 'Hisda lui dit : Mais cela ne peut être, car la Torah aurait-elle été donnée en deux occasions distinctes, c'est-à-dire les mitsvot plus légères et plus graves auraient-elles été données séparément ? Plutôt, ceux-ci, les anciens, ce sont les mitsvot de la Torah, et ceux-là, les nouveaux, ce sont [les mitsvot] des Sages (soferim).
אֲמַר לֵיהּ: וְכִי תּוֹרָה פְּעָמִים פְּעָמִים נִיתְּנָה? אֶלָּא — הַלָּלוּ מִדִּבְרֵי תוֹרָה, וְהַלָּלוּ מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים.
Rava exposa un autre verset de manière similaire : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Et plus que cela, mon fils, prends garde : à faire beaucoup de livres (sefarim) il n'y a pas de fin ; et beaucoup d'étude est une fatigue de la chair » (Kohelet 12, 12) ? Mon fils, prends garde aux paroles des Sages (soferim) plus encore qu'aux paroles de la Torah. Car les paroles de la Torah comportent des [commandements] positifs et négatifs, et même pour les commandements négatifs, la transgression de beaucoup d'entre eux n'est punie que de flagellation ; tandis qu'à l'égard des paroles des Sages, quiconque transgresse les paroles des Sages est passible de la peine de mort, comme il est dit : « Et qui perce une clôture, un serpent le mordra » (Kohelet 10, 8), les clôtures faisant référence de manière métaphorique aux décrets [des Sages].
דָּרֵשׁ רָבָא, מַאי דִּכְתִיב: ״וְיוֹתֵר מֵהֵמָּה בְּנִי הִזָּהֵר עֲשׂוֹת סְפָרִים הַרְבֵּה וְגוֹ׳״ — בְּנִי, הִזָּהֵר בְּדִבְרֵי סוֹפְרִים יוֹתֵר מִדִּבְרֵי תוֹרָה. שֶׁדִּבְרֵי תוֹרָה יֵשׁ בָּהֶן עֲשֵׂה וְלֹא תַעֲשֶׂה. וְדִבְרֵי סוֹפְרִים — כׇּל הָעוֹבֵר עַל דִּבְרֵי סוֹפְרִים חַיָּיב מִיתָה.
De peur que tu ne dises : Si les paroles des Sages sont de substance et ont une telle importance, pourquoi n'ont-elles pas été écrites dans la Torah ? — c'est pourquoi le verset énonce : « À faire beaucoup de livres il n'y a pas de fin », ce qui signifie qu'il est impossible de coucher entièrement par écrit la Torah orale, car elle est sans limite.
שֶׁמָּא תֹּאמַר: אִם יֵשׁ בָּהֶן מַמָּשׁ, מִפְּנֵי מָה לֹא נִכְתְּבוּ?! אָמַר קְרָא: ״עֲשׂוֹת סְפָרִים הַרְבֵּה אֵין קֵץ״.
« Et beaucoup d'étude (lahag) est une fatigue de la chair » — Rav Papa, fils de Rav A'ha bar Adda, dit au nom de Rav A'ha bar Oulla : Cela enseigne que quiconque se moque (malig) des paroles des Sages sera condamné à [bouillir dans] des excréments bouillants, ce qui résulte de la fatigue de la chair de l'homme.
״וְלַהַג הַרְבֵּה יְגִיעַת בָּשָׂר״ — אָמַר רַב פָּפָּא בְּרֵיהּ דְּרַב אַחָא בַּר אַדָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב אַחָא בַּר עוּלָּא: מְלַמֵּד שֶׁכׇּל הַמַּלְעִיג עַל דִּבְרֵי חֲכָמִים, נִידּוֹן בְּצוֹאָה רוֹתַחַת.
Rava objecte vigoureusement à cette explication : Est-il écrit « se moque » (laag) ? C'est « lahag » qui est écrit ! Plutôt, le verset doit être compris dans le sens inverse : quiconque médite (hogue) sur elles, les paroles des Sages, en éprouve une jouissance comme si cela avait le goût de la viande.
מַתְקֵיף לַהּ רָבָא: מִי כְּתִיב לַעַג? ״לַהַג״ כְּתִיב! אֶלָּא: כׇּל הַהוֹגֶה בָּהֶן טוֹעֵם טַעַם בָּשָׂר.
Concernant l'importance d'observer les paroles des Sages, la Guemara rapporte : Nos maîtres ont enseigné dans une beraïta : Il arriva une fois que Rabbi Akiva fut incarcéré dans une prison, et Rabbi Yehochoua haGarsi venait à la prison pour pourvoir à ses besoins. Chaque jour, ses disciples lui apportaient de l'eau en quantité mesurée. Un jour, le gardien de la prison rencontra Rabbi Yehochoua haGarsi et lui dit : Aujourd'hui ton eau est plus abondante que d'habitude ; peut-être en as-tu besoin pour ramollir les murs et ainsi creuser sous la prison ? Il en versa alors la moitié, et lui donna l'autre moitié à porter [à Rabbi Akiva].
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי עֲקִיבָא שֶׁהָיָה חָבוּשׁ בְּבֵית הָאֲסוּרִין, וְהָיָה רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ הַגַּרְסִי מְשָׁרְתוֹ. בְּכׇל יוֹם וָיוֹם הָיוּ מַכְנִיסִין לוֹ מַיִם בְּמִדָּה. יוֹם אֶחָד מְצָאוֹ שׁוֹמֵר בֵּית הָאֲסוּרִין, אָמַר לוֹ: הַיּוֹם מֵימֶךָ מְרוּבִּין, שֶׁמָּא לַחְתּוֹר בֵּית הָאֲסוּרִין אַתָּה צָרִיךְ? שָׁפַךְ חֶצְיָין וְנָתַן לוֹ חֶצְיָין.
Eruvin 21b
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עירובין כ״א במַסֶּכֶת עֵירוּבִין