Guémara
…[à un] entrepôt (otsar). De même que cet entrepôt est large en bas et étroit en haut, afin de contenir les fruits sans s'effondrer, ainsi la femme [fut créée] large en bas et étroite en haut, afin de contenir l'enfant [le fœtus].
אוֹצָר, מָה אוֹצָר זֶה רָחָב מִלְּמַטָּה וְקָצָר מִלְמַעְלָה כְּדֵי לְקַבֵּל אֶת הַפֵּירוֹת — אַף הָאִשָּׁה רְחָבָה מִלְּמַטָּה וּקְצָרָה מִלְמַעְלָה כְּדֵי לְקַבֵּל אֶת הַוָּלָד.
La Guemara expose la fin du verset précédemment cité : « Et Il l'amena vers l'homme » (Béréchit 2, 22). Ce verset enseigne que le Saint, béni soit-Il, fut le chevalier d'honneur (chochvin) d'Adam, le premier homme — pourvoyant à tous les besoins de ses noces et lui amenant son épouse. De là [nous apprenons] qu'un homme de plus haut rang doit servir de chevalier d'honneur (chochvin) à un homme de moindre rang, et qu'il ne doit pas en éprouver de dépit, comme si cela était indigne de lui.
״וַיְבִיאֶהָ אֶל הָאָדָם״ — מְלַמֵּד שֶׁעָשָׂה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שׁוֹשְׁבִינוּת לָאָדָם הָרִאשׁוֹן, מִכָּאן לַגָּדוֹל שֶׁיַּעֲשֶׂה שׁוֹשְׁבִינוּת לַקָּטָן וְאַל יֵרַע לוֹ.
La Guemara demande : et selon celui qui dit que 'Hava était un visage (partsouf) — ou un côté — d'Adam, lequel des deux marchait devant ? Rav Na'hman bar Yits'hak dit : il est logique [de dire] que le mâle marchait devant, car telle est la conduite convenable, comme il a été enseigné dans une baraïta : qu'un homme ne marche pas derrière une femme sur le chemin, même s'il s'agit de sa propre épouse. Si elle se trouve [devant lui] sur un pont, qu'il presse le pas [pour la rejoindre] et la fasse passer sur le côté, afin qu'elle ne marche pas devant lui. Et quiconque marche derrière une femme dans une rivière — [où elle doit relever ses vêtements pour traverser] — n'a pas de part au Monde à venir.
וּלְמַאן דְּאָמַר פַּרְצוּף, הֵי מִינַּיְיהוּ סָגֵי בְּרֵישָׁא? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מִסְתַּבְּרָא דְּזָכָר סָגֵי בְּרֵישָׁא, דְּתַנְיָא: לֹא יְהַלֵּךְ אָדָם אֲחוֹרֵי אִשָּׁה בַּדֶּרֶךְ, וַאֲפִילּוּ הִיא אִשְׁתּוֹ. נִזְדַּמְּנָה עַל הַגֶּשֶׁר יְסַלְּקֶנָּה לִצְדָדִין. וְכׇל הָעוֹבֵר אֲחוֹרֵי אִשָּׁה בַּנָּהָר — אֵין לוֹ חֵלֶק לָעוֹלָם הַבָּא.
Nos maîtres ont enseigné : celui qui compte des pièces de monnaie à une femme, [les faisant passer] de sa main à la main de celle-ci, ou de la main de celle-ci à la sienne, afin de la regarder — même s'il ressemble à Moché notre maître, qui reçut la Torah du mont Sinaï — ne sera pas épargné du jugement de la Géhenne (Guéhinnom). Et à son sujet le verset dit : « Main contre main, le méchant ne sera pas impuni » (Michlé 11, 21) — il ne sera pas épargné du jugement de la Géhenne, [appelée « le mal »]. Celui qui fait passer l'argent de sa main à la main [de la femme], même s'il a reçu la Torah de la main de Dieu dans la sienne, comme Moché, ne sera pas épargné du jugement de la Géhenne.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמַּרְצֶה מָעוֹת לְאִשָּׁה מִיָּדוֹ לְיָדָהּ אוֹ מִיָּדָהּ לְיָדוֹ בִּשְׁבִיל שֶׁיִּסְתַּכֵּל בָּהּ, אֲפִילּוּ דּוֹמֶה לְמֹשֶׁה רַבֵּינוּ שֶׁקִּיבֵּל תּוֹרָה מֵהַר סִינַי — לֹא יִנָּקֶה מִדִּינָהּ שֶׁל גֵּיהִנָּם. וְעָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״יָד לְיָד לֹא יִנָּקֶה רָע״ — לֹא יִנָּקֶה מִדִּינָהּ שֶׁל גֵּיהִנָּם.
Rav Na'hman dit : d'après le verset suivant, on sait que Manoa'h, le père de Chimchon (Samson), était un ignorant (am haarets), comme il est dit : « Et Manoa'h se leva et marcha derrière sa femme » (Choftim 13, 11) — ce qui montre qu'il ignorait le principe selon lequel on ne doit pas marcher derrière une femme.
אָמַר רַב נַחְמָן: מָנוֹחַ עַם הָאָרֶץ הָיָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיָּקׇם וַיֵּלֶךְ מָנוֹחַ אַחֲרֵי אִשְׁתּוֹ״.
Rav Na'hman bar Yits'hak réfute vivement cela : mais alors, s'il faut comprendre littéralement le verset relatif à Manoa'h, que dira-t-on du verset concernant Elkana, le père du prophète Chmouel (Samuel), dont il est écrit : « Et Elkana marcha derrière sa femme » ? Ce verset signifie-t-il qu'Elkana était lui aussi un ignorant ? Et qu'en est-il du verset concernant le prophète Élichaʿ (Élisée), dont il est écrit : « …et il se leva et marcha derrière elle » (II Rois 4, 30) ? Ce verset signifie-t-il qu'Élichaʿ était lui aussi un ignorant ?
מַתְקֵיף לַהּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אֶלָּא מֵעַתָּה, גַּבֵּי אֶלְקָנָה דִּכְתִיב: ״וַיֵּלֶךְ אֶלְקָנָה אַחֲרֵי אִשְׁתּוֹ״, הָכִי נָמֵי? וְגַבֵּי אֱלִישָׁע דִּכְתִיב: ״וַיָּקׇם וַיֵּלֶךְ אַחֲרֶיהָ״, הָכִי נָמֵי?
Plutôt, [chacun de ces versets signifie] assurément qu'il suivit ses paroles et son conseil. S'il en est ainsi, ici aussi [pour Manoa'h], le verset peut être interprété de même : il ne marcha pas littéralement derrière son épouse, mais il suivit ses paroles et son conseil.
אֶלָּא: אַחֲרֵי דְּבָרֶיהָ וַעֲצָתָהּ, הָכָא נָמֵי — אַחֲרֵי דְּבָרֶיהָ וַעֲצָתָהּ.
Rav Achi dit : et selon ce qu'a dit Rav Na'hman, que Manoa'h était un ignorant, [il faut dire] qu'il n'avait même pas étudié [les récits de la Torah enseignés] à l'école [des jeunes enfants], comme il est écrit : « Rivka se leva, ainsi que ses servantes, et elles montèrent sur les chameaux et marchèrent derrière l'homme » (Béréchit 24, 61) — derrière l'homme, et non devant l'homme.
אָמַר רַב אָשֵׁי: וּלְמַאי דְּאָמַר רַב נַחְמָן מָנוֹחַ עַם הָאָרֶץ הָיָה, אֲפִילּוּ בֵּי רַב נָמֵי לָא קְרָא. דִּכְתִיב: ״וַתָּקׇם רִבְקָה וְנַעֲרוֹתֶיהָ וַתִּרְכַּבְנָה עַל הַגְּמַלִּים וַתֵּלַכְנָה אַחֲרֵי הָאִישׁ״, וְלָא לִפְנֵי הָאִישׁ.
Rabbi Yo'hanan dit : [il vaut mieux marcher] derrière un lion et non derrière une femme ; derrière une femme et non derrière une idolâtrie (avoda zara) ; derrière une idolâtrie et non derrière une synagogue à l'heure où l'on y prie.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אַחֲרֵי אֲרִי וְלֹא אַחֲרֵי אִשָּׁה. אַחֲרֵי אִשָּׁה וְלֹא אַחֲרֵי עֲבוֹדָה זָרָה. אֲחוֹרֵי עֲבוֹדָה זָרָה וְלֹא אֲחוֹרֵי בֵּית הַכְּנֶסֶת בְּשָׁעָה שֶׁמִּתְפַּלְּלִין.
Et Rabbi Yirmeya ben Elazar dit : durant toutes ces années où Adam, le premier homme, fut sous le ban (nidouï) [pour la faute liée à l'Arbre de la connaissance], il engendra des esprits (rou'hin), des démons (chédin) et des démones (lilin), comme il est dit : « Adam vécut cent trente ans et engendra [un fils] à sa ressemblance, selon son image » (Béréchit 5, 3) — d'où l'on déduit que jusqu'alors [jusqu'à l'âge de cent trente ans], il n'engendrait pas selon son image, [mais d'autres créatures].
וְאָמַר רַבִּי יִרְמְיָה בֶּן אֶלְעָזָר: כָּל אוֹתָן הַשָּׁנִים שֶׁהָיָה אָדָם הָרִאשׁוֹן בְּנִידּוּי, הוֹלִיד רוּחִין וְשֵׁידִין וְלִילִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְחִי אָדָם שְׁלֹשִׁים וּמְאַת שָׁנָה וַיּוֹלֶד בִּדְמוּתוֹ כְּצַלְמוֹ״, מִכְּלָל דְּעַד הָאִידָּנָא לָאו כְּצַלְמוֹ אוֹלֵיד.
La Guemara soulève une objection [à partir d'une baraïta] : Rabbi Méïr disait : Adam, le premier homme, était un grand pieux ('hassid). Lorsqu'il vit que la mort avait été décrétée à cause de lui, il jeûna pendant cent trente ans, se sépara de sa femme pendant cent trente ans, et porta des ceintures (zerzé) de feuilles de figuier sur son corps pendant cent trente ans. [Si tel est le cas, comment engendra-t-il des démons dans le monde ?]
מֵיתִיבִי, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אָדָם הָרִאשׁוֹן חָסִיד גָּדוֹל הָיָה, כֵּיוָן שֶׁרָאָה שֶׁנִּקְנְסָה מִיתָה עַל יָדוֹ, יָשַׁב בְּתַעֲנִית מֵאָה שְׁלֹשִׁים שָׁנָה, וּפֵירַשׁ מִן הָאִשָּׁה מֵאָה שְׁלֹשִׁים שָׁנָה, וְהֶעֱלָה זִרְזֵי תְּאֵנִים עַל בְּשָׂרוֹ מֵאָה שְׁלֹשִׁים שָׁנָה.
La Guemara répond : lorsque [Rabbi Yirmeya] a fait cette affirmation, [il visait] cette semence (chikhvat zéra) qu['Adam] émit involontairement [et dont furent formées ces créatures destructrices].
כִּי קָאָמְרִינַן הָהוּא, בְּשִׁכְבַת זֶרַע דַּחֲזָא לְאוּנְסֵיהּ.