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Traité Eruvin

13a

Étude de Eruvin 13a

Étude de la Guémara 13a

Guémara
La Michna rapporte qu'un élève récita une halakha devant Rabbi Akiva, mais celui-ci n'accepta pas la version qu'avait donnée cet élève de la controverse entre Beit Chammaï et Beit Hillel, car Rabbi Akiva dit : c'est sur ceci et sur cela qu'ils ont divergé, [à savoir] sur une ruelle (mavoï) de moins de quatre coudées de large, et sur cela, [à savoir] sur une ruelle de plus de quatre coudées de large.
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: עַל זֶה וְעַל זֶה נֶחְלְקוּ כּוּ׳.
La Guemara demande : dans ce cas, l'opinion de Rabbi Akiva est identique à celle du premier tana (tana kama) de la Michna, puisque lui aussi soutient que Beit Chammaï et Beit Hillel divergent dans tous les cas, quelle que soit la largeur de la ruelle ! La Guemara répond : il y a entre eux une différence pratique au sujet de la halakha énoncée par Rav A'hlaï — et certains disent que c'était Rav Ye'hiel — selon laquelle une ruelle de moins de quatre tefa'him (largeurs de main) ne nécessite aucune correction. Cependant, leurs opinions respectives ne sont pas définies (lo mesaymei) : on ne peut déterminer lequel des deux tanaïm accepte l'avis de Rav A'hlaï et lequel le rejette.
רַבִּי עֲקִיבָא הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא! אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּרַב אַחְלַי, וְאִיתֵּימָא רַב יְחִיאֵל. וְלָא מְסַיְּימִי.
Il a été enseigné dans une baraïta que Rabbi Akiva dit : ce n'est pas Rabbi Yichmaël qui a énoncé cette chose — car il est invraisemblable que Rabbi Yichmaël se soit ainsi trompé — mais c'est cet élève-là qui a énoncé cette chose de lui-même ; et la halakha est conforme à l'opinion de cet élève.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: לָא אָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל דָּבָר זֶה, אֶלָּא אוֹתוֹ תַּלְמִיד אָמַר דָּבָר זֶה, וַהֲלָכָה כְּאוֹתוֹ תַּלְמִיד.
Au sujet de cette baraïta, la Guemara demande : cette baraïta elle-même est difficile ! Tu as d'abord affirmé : « Rabbi Yichmaël n'a pas énoncé cette chose » — d'où il ressort que la halakha n'est pas conforme à l'opinion [de cet élève] ; puis tu as dit : « la halakha est conforme à l'opinion de cet élève » !
הָא גּוּפַהּ קַשְׁיָא: אָמְרַתְּ ״לָא אָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל דָּבָר זֶה״ — אַלְמָא לֵית הִלְכְתָא כְּווֹתֵיהּ, וַהֲדַר אָמְרַתְּ: ״הֲלָכָה כְּאוֹתוֹ תַּלְמִיד״!
Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : Rabbi Akiva n'a dit [que la halakha est conforme à cet élève] que pour aiguiser l'esprit des élèves par sa parole. Cherchant à encourager ses élèves à proposer des opinions nouvelles, il fit l'éloge de cet élève devant eux, mais il ne trancha pas en réalité conformément à l'opinion de l'élève.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא אֲמָרָהּ רַבִּי עֲקִיבָא אֶלָּא לְחַדֵּד בָּהּ הַתַּלְמִידִים.
Et Rav Na'hman bar Yits'hak dit, dans une autre tentative pour résoudre la contradiction : c'est « ils paraissent [justes] » (nir'in) qui a été énoncé. Bien que Rabbi Yichmaël lui-même n'ait pas énoncé cette parole, la parole de l'élève paraît [raisonnable].
וְרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: נִרְאִין אִיתְּמַר.
Rabbi Yehochoua ben Levi dit : partout où tu trouves [un énoncé introduit par] « au nom de Rabbi Yichmaël, un certain élève dit devant Rabbi Akiva », il ne s'agit de nul autre que Rabbi Meïr, qui servit (chimech) à la fois Rabbi Yichmaël et Rabbi Akiva.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כׇּל מָקוֹם שֶׁאַתָּה מוֹצֵא ״מִשּׁוּם רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אָמַר תַּלְמִיד אֶחָד לִפְנֵי רַבִּי עֲקִיבָא״ — אֵינוֹ אֶלָּא רַבִּי מֵאִיר, שֶׁשִּׁימֵּשׁ אֶת רַבִּי יִשְׁמָעֵאל וְאֶת רַבִּי עֲקִיבָא.
Comme il a été enseigné dans une baraïta que Rabbi Meïr dit : lorsque j'étais [élève] auprès de Rabbi Yichmaël, je mettais du sulfate de fer (kankantom) dans l'encre [avec laquelle j'écrivais les rouleaux de la Torah], et il ne me dit rien. Lorsque je vins auprès de Rabbi Akiva, il me l'interdit.
דְּתַנְיָא, אָמַר רַבִּי מֵאִיר: כְּשֶׁהָיִיתִי אֵצֶל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל הָיִיתִי מֵטִיל קַנְקַנְתּוֹם לְתוֹךְ הַדְּיוֹ, וְלֹא אָמַר לִי דָּבָר. כְּשֶׁבָּאתִי אֵצֶל רַבִּי עֲקִיבָא, אֲסָרָהּ עָלַי.
La Guemara conteste cet énoncé : en est-il bien ainsi ?! Mais Rav Yehouda n'a-t-il pas dit au nom de Chmouel, au nom de Rabbi Meïr : lorsque j'étudiais auprès de Rabbi Akiva, je mettais du sulfate de fer (kankantom) dans l'encre, et il ne me dit rien ; et lorsque je vins auprès de Rabbi Yichmaël, il me dit : mon fils, quel est ton métier ? Je lui répondis : je suis scribe (lavlar) [j'écris des rouleaux de la Torah]. Il me dit : mon fils, sois attentif dans ton métier, car ton métier est un travail [au service] du Ciel : si tu venais à omettre une seule lettre ou à ajouter une seule lettre [de trop], il se trouverait que tu détruirais le monde entier tout entier.
אִינִי?! וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: כְּשֶׁהָיִיתִי לוֹמֵד אֵצֶל רַבִּי עֲקִיבָא הָיִיתִי מֵטִיל קַנְקַנְתּוֹם לְתוֹךְ הַדְּיוֹ, וְלֹא אָמַר לִי דָּבָר. וּכְשֶׁבָּאתִי אֵצֶל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, אָמַר לִי: בְּנִי, מָה מְלַאכְתֶּךָ? אָמַרְתִּי לוֹ: לַבְלָר אֲנִי. אָמַר לִי: בְּנִי, הֱוֵי זָהִיר בִּמְלַאכְתֶּךָ, שֶׁמְּלַאכְתְּךָ מְלֶאכֶת שָׁמַיִם הִיא, שֶׁמָּא אַתָּה מְחַסֵּר אוֹת אַחַת אוֹ מְיַיתֵּר אוֹת אַחַת — נִמְצֵאתָ מַחֲרִיב אֶת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ.
Je lui dis : j'ai une certaine substance nommée sulfate de fer (kankantom), que je mets dans l'encre [c'est pourquoi je ne crains rien]. Il me dit : et met-on vraiment du sulfate de fer dans l'encre ?! Mais la Torah n'a-t-elle pas dit, au sujet de la sota : « [le kohen] écrira [ces malédictions] et [les] effacera [dans les eaux amères] » (Bamidbar 5, 23) ? [La Torah exige donc] une écriture qui puisse être effacée.
אָמַרְתִּי לוֹ: דָּבָר אֶחָד יֵשׁ לִי וְ׳קַנְקַנְתּוֹם׳ שְׁמוֹ, שֶׁאֲנִי מֵטִיל לְתוֹךְ הַדְּיוֹ. אָמַר לִי: וְכִי מְטִילִין קַנְקַנְתּוֹם לְתוֹךְ הַדְּיוֹ? וַהֲלֹא אָמְרָה תּוֹרָה: ״וְכָתַב וּמָחָה״, כְּתָב שֶׁיָּכוֹל לִמָּחוֹת.
La Guemara précise des éléments de la conversation : qu'est-ce que [Rabbi Yichmaël] lui dit, et qu'est-ce que [Rabbi Meïr] lui répond ? [La réponse de Rabbi Meïr au sujet du sulfate de fer ne semble pas répondre aux propos de Rabbi Yichmaël sur les omissions et les ajouts.]
מַאי קָאֲמַר לֵיהּ, וּמַאי קָא מְהַדַּר לֵיהּ?
La Guemara explique : voici ce que [Rabbi Meïr] lui dit : il n'est pas besoin de mentionner les [écritures] défectives (’haserot) et pleines (yeterot), [car de cela je ne me trompe point], puisque j'y suis expert (baki) ; mais même quant au souci qu'une mouche vienne se poser sur le faîte (tag) de la lettre dalet, l'efface et la transforme en réch — [changeant ainsi le sens du mot][je n'ai rien à craindre, car] j'ai une certaine substance nommée sulfate de fer (kankantom) que je mets dans l'encre [de sorte que l'écriture ne s'efface pas].
הָכִי קָאֲמַר לֵיהּ: לָא מִיבַּעְיָא בַּחֲסֵירוֹת וּבִיתֵירוֹת [דְּלָא טָעֵינָא] — דְּבָקִי אֲנָא, אֶלָּא אֲפִילּוּ מֵיחַשׁ לִזְבוּב נָמֵי, דִּילְמָא אָתֵי וְיָתֵיב אַתָּגֵיהּ דְּדָלֶת וּמָחֵיק לֵיהּ וּמְשַׁוֵּי לֵיהּ רֵישׁ — דָּבָר אֶחָד יֵשׁ לִי וְקַנְקַנְתּוֹם שְׁמוֹ שֶׁאֲנִי מֵטִיל לְתוֹךְ הַדְּיוֹ.
Eruvin 13a
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עירובין י״ג אמַסֶּכֶת עֵירוּבִין