AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Eruvin

12a

Étude de Eruvin 12a

Étude de la Guémara 12a

Guémara
[Rabbi Eliezer vint un jour] à la ville d'Ovelin, et il y trouva [Rabbi Yossi] qui demeurait dans une ruelle (mavoï) qui n'avait qu'un seul montant (le'hi). Il lui dit : « Mon fils, dresse un autre montant. » Rabbi Yossi lui répondit : « Suis-je donc tenu de la fermer entièrement ? » Rabbi Eliezer lui dit : « Qu'elle soit fermée, et qu'importe [le dérangement que cela te cause] ? »
לְאוֹבָלִין וּמְצָאוֹ שֶׁיּוֹשֵׁב בְּמָבוֹי שֶׁאֵין לוֹ אֶלָּא לֶחִי אֶחָד. אָמַר לוֹ: בְּנִי, עֲשֵׂה לֶחִי אַחֵר. אָמַר לוֹ: וְכִי לְסוֹתְמוֹ אֲנִי צָרִיךְ? אָמַר לוֹ יִסָּתֵם, וּמָה בְּכָךְ.
On a enseigné dans cette même Tossefta : Rabban Chimon ben Gamliel dit : Beit Chammaï et Beit Hillel ne sont pas en désaccord au sujet d'une ruelle dont la largeur est inférieure à quatre coudées (amot) — car tous deux s'accordent à dire qu'une telle ruelle ne requiert rien du tout pour qu'il soit permis d'y transporter. Sur quoi sont-ils en désaccord ? Sur une [ruelle] plus large que quatre coudées et jusqu'à dix [coudées] : car Beit Chammaï disent qu'il faut un montant (le'hi) et une poutre transversale (kora), tandis que Beit Hillel disent qu'il faut soit un montant, soit une poutre.
אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל עַל מָבוֹי שֶׁהוּא פָּחוֹת מֵאַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ כְּלוּם, עַל מָה נֶחְלְקוּ, עַל רָחָב מֵאַרְבַּע אַמּוֹת וְעַד עֶשֶׂר. שֶׁבֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: לֶחִי וְקוֹרָה, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אוֹ לֶחִי אוֹ קוֹרָה.
La Guemara explique la preuve tirée de cette Tossefta. En tout cas, elle enseigne [que Rabbi Yossi a dit] : « Suis-je donc tenu de la fermer (sotmo) ? » Admettons, si tu dis que [Rabbi Eliezer] exige deux montants et une poutre — c'est bien pour cela qu'il a dit : « Suis-je donc tenu de la fermer ? » [puisqu'on lui demande d'ajouter un second montant à ce qui ressemble déjà à une fermeture]. Mais si tu dis qu'il exige [seulement] des montants sans poutre — que signifie alors « la fermer » ? [L'entrée de la ruelle reste de toute façon ouverte par le haut.]
קָתָנֵי מִיהַת ״וְכִי לְסוֹתְמוֹ אֲנִי צָרִיךְ״, אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא לְחָיַיִן וְקוֹרָה — מִשּׁוּם הָכִי אָמַר ״וְכִי לְסוֹתְמוֹ אֲנִי צָרִיךְ״. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לְחָיַיִן בְּלֹא קוֹרָה — מַאי לְסוֹתְמוֹ?
La Guemara rejette cet argument : Aucune preuve absolue ne peut être tirée d'ici, car peut-être veut-il dire ceci : « Suis-je donc tenu de la fermer au moyen de montants (le'hayaïn) ? »
הָכִי קָאָמַר: וְכִי לְסוֹתְמוֹ בִּלְחָיַיִן אֲנִי צָרִיךְ?
Le Maître a dit dans la Tossefta : Rabban Chimon ben Gamliel a dit que Beit Chammaï et Beit Hillel ne sont pas en désaccord au sujet d'une ruelle dont la largeur est inférieure à quatre coudées, car tous deux s'accordent à dire qu'elle ne requiert rien du tout pour qu'il soit permis d'y transporter. Mais n'avons-nous pas appris dans la MISHNA : Au nom de Rabbi Yichmaël, un certain disciple dit devant Rabbi Akiva : Beit Chammaï et Beit Hillel ne sont pas en désaccord au sujet d'une ruelle dont la largeur est inférieure à quatre coudées, car tous deux s'accordent à dire qu'elle est rendue permise soit par un montant, soit par une poutre ! [Comment donc Rabban Chimon ben Gamliel a-t-il pu dire que, selon Beit Chammaï et Beit Hillel, même cette action minimale n'est pas nécessaire ?]
אָמַר מָר: אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל עַל מָבוֹי שֶׁפָּחוֹת מֵאַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁאֵינוֹ צָרִיךְ כְּלוּם. וְהָא אֲנַן תְּנַן: מִשּׁוּם רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אָמַר תַּלְמִיד אֶחָד לִפְנֵי רַבִּי עֲקִיבָא: לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל עַל מָבוֹי שֶׁהוּא פָּחוֹת מֵאַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁהוּא נִיתָּר אוֹ בְּלֶחִי אוֹ בְּקוֹרָה!
Rav Achi dit : Voici ce que Rabban Chimon ben Gamliel veut dire : Elle ne requiert ni montant et poutre ensemble, selon l'avis de Beit Chammaï, ni deux montants, selon l'avis de Rabbi Eliezer ; mais plutôt soit un montant, soit une poutre, conformément à la parole de Beit Hillel [au sujet d'une grande ruelle]. [Quand la Tossefta dit que Rabban Chimon ben Gamliel n'exige « rien », elle veut dire : rien de plus que ce qu'exige Beit Hillel.]
אָמַר רַב אָשֵׁי, הָכִי קָאָמַר: אֵינוֹ צָרִיךְ לֶחִי וְקוֹרָה כְּבֵית שַׁמַּאי, וְלֹא לְחָיַיִן כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, אֶלָּא: אוֹ לֶחִי אוֹ קוֹרָה, כְּבֵית הִלֵּל.
La Guemara demande : Et à quel point une ruelle doit-elle être étroite pour ne requérir même pas un montant, selon tous les avis ? Rav A'hlaï dit — et certains disent que c'est Rav Ye'hiel qui l'a dit : Jusqu'à une largeur de quatre tefa'him [la ruelle ne requiert rien pour qu'il soit permis d'y transporter].
וְכַמָּה? אָמַר רַב אַחְלַי: וְאִיתֵּימָא רַב יְחִיאֵל: עַד אַרְבָּעָה.
Rav Chechet dit au nom de Rav Yirmeya bar Abba, au nom de Rav : Les Sages concèdent à Rabbi Eliezer au sujet des planches montantes (passé) d'une cour ('hatser). [Autrement dit, les Sages ne sont en désaccord avec Rabbi Eliezer qu'au sujet du nombre de montants nécessaires pour permettre le transport dans une ruelle ; mais ils s'accordent à dire que si une cour a été bréchée vers le domaine public, elle ne peut être considérée comme fermée que si des planches montantes de mur, semblables à des montants, subsistent des deux côtés de la brèche.] Mais Rav Na'hman dit : La halakha est conforme à l'avis de Rabbi Eliezer au sujet des planches montantes de mur requises dans une cour.
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת אָמַר רַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר רַב: מוֹדִים חֲכָמִים לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּפַסֵּי חָצֵר. וְרַב נַחְמָן אָמַר: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּפַסֵּי חָצֵר.
Rav Na'hman bar Yits'hak dit : Qui sont les Sages [auxquels Rav fait référence] lorsqu'il dit qu'ils concèdent à Rabbi Eliezer ? Il fait référence à Rabbi [Yehouda HaNassi]. Et du fait que [Rav Na'hman a énoncé] une halakha [tranchée], on apprend par déduction qu'il y a désaccord. Qui sont ceux qui sont en désaccord avec Rabbi [Yehouda HaNassi] ? Ce sont les Sages, comme il a été enseigné dans une baraïta : Une cour [bréchée vers le domaine public, sur une largeur n'excédant pas dix coudées] est rendue permise par une seule planche (pass) [subsistant d'un côté]. Rabbi [Yehouda HaNassi] dit : [Elle ne l'est] qu'avec deux planches [une de chaque côté de la brèche].
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מַאן מוֹדִים? — רַבִּי. הֲלָכָה מִכְּלָל דִּפְלִיגִי, [מַאן פְּלִיג עֲלֵיהּ] — רַבָּנַן. דְּתַנְיָא: חָצֵר נִיתֶּרֶת בְּפַס אֶחָד. רַבִּי אוֹמֵר: בִּשְׁנֵי פַסִּין.
Rabbi Assi dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Une cour [bréchée] requiert deux planches [de mur, une de chaque côté de la brèche, conformément à l'avis de Rabbi Yehouda HaNassi]. Rabbi Zeïra dit à Rabbi Assi : Rabbi Yo'hanan a-t-il vraiment dit cela ? Mais n'est-ce pas toi-même qui as dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Les planches d'une cour doivent avoir quatre [tefa'him de large] ? [Cela indique qu'une seule planche suffit.] Et si tu dis : quatre [tefa'him] d'un côté et quatre [tefa'him] de l'autre côté —
אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: חָצֵר צְרִיכָה שְׁנֵי פַסִּין. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא לְרַבִּי אַסִּי: מִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי? וְהָא אַתְּ הוּא דְּאָמְרַתְּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: פַּסֵּי חָצֵר צְרִיכִין שֶׁיְּהֵא בָּהֶן אַרְבָּעָה. וְכִי תֵּימָא: אַרְבָּעָה מִכָּאן וְאַרְבָּעָה מִכָּאן —
Mais Rav Adda bar Avimi n'a-t-il pas enseigné la baraïta suivante devant Rabbi 'Hanina — et certains disent que c'était devant Rabbi 'Hanina bar Pappi — [au sujet d'une petite cour bréchée sur toute sa longueur vers une grande cour] : La petite [cour est permise] avec dix [coudées], et la grande avec onze [coudées] ! [Dans ce cas, l'écart entre la longueur de la petite cour et celle de la grande n'est que d'une coudée, soit six tefa'him. Il ne peut donc y avoir des planches montantes de quatre tefa'him de chaque côté, car ensemble elles dépasseraient une coudée.]
וְהָתָנֵי רַב אַדָּא בַּר אֲבִימִי קַמֵּיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא, וְאָמְרִי לַהּ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא בַּר פַּפִּי: קְטַנָּה בְּעֶשֶׂר, וּגְדוֹלָה בְּאַחַת עֶשְׂרֵה!
[La Guemara résout cette difficulté :] Lorsque Rabbi Zeïra remonta de ses voyages en mer, il expliqua [la contradiction] ainsi : S'il y a [une planche] d'un seul côté, elle doit être de quatre [tefa'him] ; mais s'il y en a des deux côtés, il suffit d'une quantité quelconque (machéhou) d'un côté et d'une quantité quelconque de l'autre côté.
כִּי סָלֵיק רַבִּי זֵירָא מִיַּמֵּי פָּרְשַׁהּ: בָּרוּחַ אַחַת בְּאַרְבָּעָה, מִשְׁתֵּי רוּחוֹת — מַשֶּׁהוּ לְכָאן וּמַשֶּׁהוּ לְכָאן.
Eruvin 12a
100%
עירובין י״ב אמַסֶּכֶת עֵירוּבִין