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Traité Eruvin

101a

Étude de Eruvin 101a

Étude de la Mishna & Guémara 101a

Mishna 1
MICHNA : Concernant la porte d'une arrière-cour — c'est-à-dire une porte qui s'ouvre d'une maison vers la cour située derrière elle, laquelle n'est généralement pas une porte en bonne et due forme mais une simple planche de bois sans gonds, qui obture l'embrasure ; et de même les fagots d'épines (‘hadakim) qui bouchent une brèche ; et les nattes de roseaux (ma‘hatzlot) — on ne ferme pas [une ouverture] avec eux le Chabbat, car cela serait considéré comme bâtir ou parachever une construction, à moins qu'ils ne demeurent au-dessus du sol même lorsqu'ils sont ouverts.
מַתְנִי׳ הַדֶּלֶת שֶׁבַּמּוּקְצֶה, וַחֲדָקִים שֶׁבַּפִּרְצָה, וּמַחְצָלוֹת — אֵין נוֹעֲלִין בָּהֶן אֶלָּא אִם כֵּן גְּבוֹהִים מִן הָאָרֶץ.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Et l'on soulève une contradiction à partir d'une baraïta : Concernant une porte qui traîne [par terre], une natte qui traîne, et un treillis (kankan) qui traîne — qui servent à fermer des ouvertures —, lorsqu'ils sont attachés et suspendus en place, on ferme [une ouverture] avec eux le Chabbat, et il va sans dire [que c'est permis] un Yom Tov ! D'après cette baraïta, le critère déterminant semble être qu'ils doivent être attachés et suspendus, et non qu'ils doivent être maintenus au-dessus du sol.
גְּמָ׳ וּרְמִינְהוּ: דֶּלֶת הַנִּגְרֶרֶת וּמַחְצֶלֶת הַנִּגְרֶרֶת, וְקַנְקַן הַנִּגְרָר, בִּזְמַן שֶׁקְּשׁוּרִין וּתְלוּיִין — נוֹעֲלִין בָּהֶן בְּשַׁבָּת, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בְּיוֹם טוֹב!
Abayé dit : La baraïta traite de [portes] qui ont un gond (tzir). Étant considérées comme de véritables portes, les fermer ne ressemble pas à bâtir. Rava dit : La baraïta traite même de portes qui ont eu jadis un gond, même si elles n'en ont plus à présent. Ces cloisons portent elles aussi la forme manifeste d'une porte, et c'est pourquoi l'action [de les fermer] n'a pas l'apparence d'une construction.
אָמַר אַבָּיֵי: בְּשֶׁיֵּשׁ לָהֶם צִיר, רָבָא אָמַר: בְּשֶׁהָיָה לָהֶן צִיר.
On objecte à partir d'une autre baraïta : Concernant une porte qui traîne [par terre], une natte qui traîne, et un treillis qui traîne — lorsqu'ils sont attachés et suspendus en place et qu'ils sont maintenus au-dessus du sol, ne serait-ce que de l'épaisseur d'un cheveu, on ferme [une ouverture] avec eux ; mais sinon, on ne ferme pas [une ouverture] avec eux ! Il est donc clair que ces portes doivent bel et bien être également surélevées au-dessus du sol.
מֵיתִיבִי: דֶּלֶת הַנִּגְרֶרֶת, וּמַחְצֶלֶת הַנִּגְרֶרֶת, וְקַנְקַן הַנִּגְרָר, בִּזְמַן שֶׁקְּשׁוּרִין וּתְלוּיִין וּגְבוֹהִים מִן הָאָרֶץ אֲפִילּוּ מְלֹא נִימָא — נוֹעֲלִין בָּהֶן, וְאִם לָאו — אֵין נוֹעֲלִין בָּהֶן!
[La Guemara répond :] Abayé résout l'objection selon son raisonnement, et Rava résout l'objection selon son raisonnement. Abayé résout l'objection selon son raisonnement [en ajoutant à la baraïta] : Ou bien elles ont un gond, ou bien elles sont maintenues au-dessus du sol. Rava résout pareillement l'objection selon son raisonnement [en lisant ainsi] : Ou bien elles ont eu un gond, ou bien elles sont maintenues au-dessus du sol.
אַבָּיֵי מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ, וְרָבָא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ. אַבָּיֵי מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: אוֹ שֶׁיֵּשׁ לָהֶן צִיר, אוֹ שֶׁגְּבוֹהִין מִן הָאָרֶץ. רָבָא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: כְּשֶׁהָיָה לָהֶן צִיר, אוֹ שֶׁגְּבוֹהִין מִן הָאָרֶץ.
Nos maîtres ont enseigné [une baraïta] : Concernant des branches d'épines ou des fagots de bois que l'on a disposés de manière à boucher une brèche dans une cour, lorsqu'ils sont attachés et suspendus en place, on ferme [une ouverture] avec eux le Chabbat, et il va sans dire [que c'est permis] un Yom Tov.
תָּנוּ רַבָּנַן: סוֹכֵי קוֹצִים וַחֲבִילִין שֶׁהִתְקִינָן לְפִירְצָה שֶׁבְּחָצֵר, בִּזְמַן שֶׁקְּשׁוּרִין וּתְלוּיִין — נוֹעֲלִין בָּהֶן בְּשַׁבָּת, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בְּיוֹם טוֹב.
Rabbi ‘Hiyya enseigna [une baraïta] : Concernant une porte « veuve » (delet almana) qui traîne [par terre], on ne ferme pas [une ouverture] avec elle. La Guemara demande : Quelles sont les circonstances d'une porte « veuve » ? Certains disent qu'il s'agit d'une porte faite d'une seule planche (‘had chifa), qui ne ressemble pas à une porte ; et d'autres disent que c'est une porte qui n'a pas de seuil inférieur (guichma) et qui touche le sol lorsqu'elle est fermée.
תָּנֵי רַבִּי חִיָּיא: דֶּלֶת אַלְמָנָה הַנִּגְרֶרֶת — אֵין נוֹעֲלִין בָּהּ. הֵיכִי דָּמֵי דֶּלֶת אַלְמָנָה? אִיכָּא דְּאָמְרִי דְּחַד שִׁיפָא, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי דְּלֵית לֵיהּ גַּשְׁמָה.
Concernant les activités interdites en raison de leur ressemblance avec le fait de bâtir, la Guemara rapporte un enseignement de Rav Yehouda, qui dit : Lorsqu'on dresse un bûcher (medourta) pour un feu un Yom Tov, si l'on dispose les bûches du haut vers le bas — c'est-à-dire que les bûches du dessus sont maintenues provisoirement en l'air pendant qu'on insère celles du dessous au-dessous d'elles —, c'est permis. Mais si l'on place le bois du bas vers le haut, c'est interdit, car disposer le bois de la manière habituelle est une forme de construction.
אָמַר רַב יְהוּדָה: הַאי מְדוּרְתָּא, מִמַּעְלָה לְמַטָּה — שְׁרֵי, מִמַּטָּה לְמַעְלָה — אֲסִיר.
Et il en va de même des œufs (bei‘ata) que l'on veut disposer en pile, et de même d'une marmite (kidra) que l'on veut poser sur un feu au moyen de supports, et de même d'un lit (pourya) que l'on veut placer sur son cadre, et de même des tonneaux (‘havita) que l'on dispose dans une cave. Dans tous ces cas, la partie qui va au-dessus doit être maintenue provisoirement en l'air pendant qu'on insère la section inférieure en dessous d'elle.
וְכֵן בֵּיעֲתָא, וְכֵן קִידְרָא, וְכֵן פּוּרְיָא, וְכֵן חָבִיתָא.
Un certain hérétique (min) dit un jour à Rabbi Yehochoua ben ‘Hananya : Homme d'épines (‘hidkaa) ! Car il est écrit à votre sujet : « Le meilleur d'entre eux est comme une ronce (‘hédek) » (Mikha 7, 4) — ce qui indique que même les meilleurs d'Israël ne sont que des épines. Il lui répondit : Insensé, descends jusqu'à la fin du verset, où il est écrit : « le plus droit est pire qu'une haie d'épines » — expression péjorative [qui montre que ces mots ne sont pas une louange]. Mais alors, quel est le sens de « le meilleur d'entre eux est comme une ronce » ? Cela signifie : de même que ces épines protègent une brèche, ainsi les meilleurs d'entre nous nous protègent. Autre explication : « le meilleur d'entre eux est comme une ronce (‘hédek) » signifie qu'ils broient (mehaddekin) les nations du monde [et les précipitent] vers la Géhenne, comme il est dit : « Lève-toi et foule, fille de Sion, car je rendrai ta corne de fer et tes sabots d'airain, et tu broieras (vahadikot) des peuples nombreux ; et tu consacreras leur butin à l'Éternel, et leurs richesses au Maître de toute la terre » (Mikha 4, 13).
אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מִינָא לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָה: חִדְקָאָה! דִּכְתִיב בְּכוּ ״טוֹבָם כְּחֵדֶק״. אֲמַר לֵיהּ: שָׁטְיָא, שְׁפֵיל לְסֵיפֵיהּ דִּקְרָא, דִּכְתִיב: ״יָשָׁר מִמְּסוּכָה״. וְאֶלָּא מַאי ״טוֹבָם כְּחֵדֶק״? כְּשֵׁם שֶׁחֲדָקִים הַלָּלוּ מְגִינִּין עַל הַפִּירְצָה, כָּךְ טוֹבִים שֶׁבָּנוּ מְגִינִּים עָלֵינוּ. דָּבָר אַחֵר: ״טוֹבָם כְּחֵדֶק״, שֶׁמְּהַדְּקִין אֶת אוּמּוֹת הָעוֹלָם לְגֵיהִנָּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״קוּמִי וָדוֹשִׁי בַת צִיּוֹן כִּי קַרְנֵךְ אָשִׂים בַּרְזֶל וּפַרְסוֹתַיִךְ אָשִׂים נְחוּשָׁה וַהֲדִיקּוֹת עַמִּים רַבִּים וְגוֹ׳״.
Mishna 2
MICHNA : Un homme ne se tiendra pas dans le domaine privé (rechout hayya‘hid) pour ouvrir avec une clef une porte située dans le domaine public (rechout harabim), de peur qu'il ne transfère par inadvertance la clef d'un domaine à l'autre. De même, on ne se tiendra pas dans le domaine public pour ouvrir avec une clef une porte située dans le domaine privé, à moins, dans ce dernier cas, d'avoir dressé autour de la porte une cloison (me‘hitza) haute de dix téfa‘him et de se tenir à l'intérieur. Telles sont les paroles de Rabbi Méïr.
מַתְנִי׳ לֹא יַעֲמוֹד אָדָם בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד וְיִפְתַּח בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, בִּרְשׁוּת הָרַבִּים וְיִפְתַּח בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד, אֶלָּא אִם כֵּן עָשָׂה מְחִיצָה גְּבוֹהָ עֲשָׂרָה טְפָחִים, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
[Les Sages] lui dirent : Il y eut un fait au marché des engraisseurs de volailles (patamim) qui se trouvait à Jérusalem — où l'on engraissait les volailles destinées à l'abattage (Rabbénou ‘Hananel) —, où l'on fermait à clef les portes des boutiques et où l'on plaçait la clef dans la fenêtre située au-dessus de l'entrée, laquelle était à plus de dix téfa‘him du sol, et nul ne s'inquiétait d'une éventuelle transgression. Rabbi Yossé dit : C'était un marché de marchands de laine (tzamarim).
אָמְרוּ לוֹ: מַעֲשֶׂה בְּשׁוּק שֶׁל פַּטָּמִים שֶׁהָיָה בִּירוּשָׁלַיִם, וְשֶׁהָיוּ נוֹעֲלִין וּמַנִּיחִין אֶת הַמַּפְתֵּחַ בַּחַלּוֹן שֶׁעַל גַּבֵּי הַפֶּתַח. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: שׁוּק שֶׁל צַמָּרִים הֲוָה.
Eruvin 101a
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עירובין ק״א אמַסֶּכֶת עֵירוּבִין