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Traité Chullin

92a

Étude de Chullin 92a

Étude de la Guémara 92a

Guémara
La Guemara répond que ce sont les ofanim [anges de la roue, catégorie inférieure aux séraphins] qui récitent le verset « Bénie soit la gloire du Seigneur depuis Son lieu » — car le verset suivant mentionne « le bruit des ofanim » (Ye'hezkel 3, 13), et la déclaration de Rav 'Hanina citant Rav visait non pas les ofanim mais les anges serviteurs [mala'akhei ha-charet]. Et si tu le souhaites, dis plutôt que : puisque la permission leur a été accordée de mentionner le Nom divin après trois mots [lors du « Kadoch, kadoch, kadoch »], la permission leur est également accordée de mentionner le Nom divin lorsqu'ils Le louent, même après moins de trois mots.
״בָּרוּךְ״ – אוֹפַנִּים הוּא דְּאָמְרִי לֵיהּ. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: כֵּיוָן דְּאִתְיְהִיב רְשׁוּתָא, אִתְיְהִיב.
La Guemara poursuit la discussion sur la lutte de Ya'akov avec l'ange. Le prophète déclare : « Il lutta [vayyasar] avec un ange et triompha ; il pleura et lui fit supplication ; à Beit El il le trouverait, et là Il parlerait avec nous » (Hochéa 12, 5). De ce verset, je ne sais pas qui devint maître [sar], c'est-à-dire qui fut vainqueur, de l'autre. Quand un autre verset dit : « Il dit : Ton nom ne sera plus appelé Ya'akov mais Israël, car tu as lutté avec des anges [elohim] et des hommes, et tu as triomphé » (Berechit 32, 29), il faut en conclure que Ya'akov devint maître sur l'ange.
״וַיָּשַׂר אֶל מַלְאָךְ וַיֻּכָל בָּכָה וַיִּתְחַנֶּן לוֹ״ – אֵינִי יוֹדֵעַ מִי נַעֲשָׂה שַׂר לְמִי, כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״כִּי שָׂרִיתָ עִם אֱלֹהִים״ – הֱוֵי אוֹמֵר יַעֲקֹב נַעֲשָׂה שַׂר לַמַּלְאָךְ.
Le verset de Hochéa dit : « Il pleura et lui fit supplication. » De ce verset, je ne sais pas qui pleurait devant l'autre. Quand un autre verset dit : « Il dit : Laisse-moi aller, car l'aurore s'est levée » (Berechit 32, 27), il faut en conclure que c'est l'ange qui pleurait devant Ya'akov [et lui suppliait d'être libéré avant le lever du jour].
״בָּכָה וַיִּתְחַנֶּן לוֹ״ – אֵינִי יוֹדֵעַ מִי בָּכָה לְמִי, כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וַיֹּאמֶר שַׁלְּחֵנִי״, הֱוֵי אוֹמֵר: מַלְאָךְ בָּכָה לְיַעֲקֹב.
Le verset dit : « Car tu as lutté avec des anges [elohim] et avec des hommes » (Berechit 32, 29). Rabba dit : L'ange lui fit une allusion [remez] que deux princes [sarim] émergeraient de lui à l'avenir : l'Exilarque [Roch Galouta] qui est en Babylonie, et le Nassi [président du Sanhédrin] qui est en Eretz Israël. Et par là, il lui fit également une allusion à l'exil [qui attendait ses descendants].
״כִּי שָׂרִיתָ עִם אֱלֹהִים וְעִם אֲנָשִׁים״, אָמַר רַבָּה: רֶמֶז רָמַז לוֹ שֶׁעֲתִידִים שְׁנֵי שָׂרִים לָצֵאת מִמֶּנּוּ, רֹאשׁ גּוֹלָה שֶׁבְּבָבֶל וְנָשִׂיא שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, מִכָּאן רָמַז לוֹ גָּלוּת.
Le verset dit : « Et dans la vigne, il y avait trois sarments [sarigim] » (Berechit 40, 10). Rav 'Hiyya bar Abba dit au nom de Rav : Ces trois sarments désignent les trois princes orgueilleux [sarei ge'im] qui émergent du peuple juif à chaque génération. Il y a des moments où deux sont ici [en Babylonie] et un en Eretz Israël, et des moments où deux sont en Eretz Israël et un ici en Babylonie. Lorsque cela fut dit dans la salle d'étude, les Sages présents tournèrent les yeux vers Rabbana Oukva et Rabbana Ne'hemya, fils de la fille de Rav, qui appartenaient à la famille de l'Exilarque et étaient deux des dirigeants de leur génération résidant en Babylonie.
״וּבַגֶּפֶן שְׁלֹשָׁה שָׂרִיגִים״, אָמַר רַב חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַב: אֵלּוּ שְׁלֹשָׁה שָׂרֵי גֵּאִים הַיּוֹצְאִים מִיִּשְׂרָאֵל בְּכׇל דּוֹר וָדוֹר, פְּעָמִים שֶׁשְּׁנַיִם כָּאן וְאֶחָד בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, פְּעָמִים שֶׁשְּׁנַיִם בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְאֶחָד כָּאן. יְהִיבוּ רַבָּנַן עֵינַיְיהוּ בְּרַבָּנָא עוּקְבָא וְרַבָּנָא נְחֶמְיָה בְּנֵי בְרַתֵּיה דְּרַב.
Rava dit une interprétation différente du verset : Ces trois sarments [sarigim] désignent les trois anges ministres préposés aux nations [sarei goyim], qui plaident en faveur du peuple juif à chaque génération.
רָבָא אָמַר: אֵלּוּ שְׁלֹשָׁה שָׂרֵי גוֹיִם, שֶׁמְלַמְּדִים זְכוּת עַל יִשְׂרָאֵל בְּכׇל דּוֹר וָדוֹר.
Il est enseigné dans une baraïta : Rabbi Éliézer dit une interprétation alternative du verset. « La vigne » — c'est une allusion au monde entier. « Trois sarments » — c'est une allusion à Avraham, Its'hak et Ya'akov. « Et voici qu'elle bourgeonnait, qu'elle montait en boutons » — ce sont les matriarches [Sara, Rivka, Ra'hel et Léa]. « Et ses grappes mûrirent en raisins » — ce sont les douze tribus, les douze fils de Ya'akov.
תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: ״גֶּפֶן״ – זֶה הָעוֹלָם, ״שְׁלֹשָׁה שְׂרִיגִים״ – זֶה אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב, ״וְהִיא כְפֹרַחַת עָלְתָה נִצָּהּ״ – אֵלּוּ הָאִמָּהוֹת, ״הִבְשִׁילוּ אַשְׁכְּלֹתֶיהָ עֲנָבִים״ – אֵלּוּ הַשְּׁבָטִים.
Rabbi Yehochoua lui dit : Mais montre-t-on à quelqu'un dans un rêve ce qui a déjà eu lieu [dans le passé] ? N'est-il pas vrai qu'on ne montre à quelqu'un que ce qui doit advenir dans le futur ? Puisque les patriarches, les matriarches et les fils de Ya'akov étaient tous nés avant ce rêve [de l'échanson], le rêve ne faisait pas allusion à eux. Il faut donc interpréter le verset ainsi : « La vigne » — c'est la Torah. « Trois sarments » — ce sont Moché, Aharon et Miryam. « Et voici qu'elle bourgeonnait » — ce sont les membres du Sanhédrin. « Et ses grappes mûrirent en raisins » — ce sont les justes [tsaddiqim] de chaque génération.
אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: וְכִי מַרְאִין לוֹ לְאָדָם מַה שֶּׁהָיָה? וַהֲלֹא אֵין מַרְאִין לוֹ לְאָדָם אֶלָּא מַה שֶּׁעָתִיד לִהְיוֹת! אֶלָּא ״גֶּפֶן״ – זֶה תּוֹרָה, ״שְׁלֹשָׁה שָׂרִיגִים״ – אֵלּוּ מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן וּמִרְיָם, ״וְהִיא כְפֹרַחַת עָלְתָה נִצָּהּ״ – אֵלּוּ סַנְהֶדְרִין, ״הִבְשִׁילוּ אַשְׁכְּלֹתֶיהָ עֲנָבִים״ – אֵלּוּ הַצַּדִּיקִים שֶׁבְּכָל דּוֹר וָדוֹר.
Rabban Gamliel dit : Nous avons encore besoin de l'explication de [Rabbi Éla'zar] le Modaïte, car lui interprète tout le verset comme renvoyant à un seul lieu [= Jérusalem]. Rabbi Éla'zar le Modaïte dit : « La vigne » — c'est Jérusalem. « Trois sarments » — c'est le Temple, le roi et le Grand Prêtre [Kohen Gadol]. « Et voici qu'elle bourgeonnait [porahat] » — ce sont les jeunes prêtres en fleur [pir'hei kehounna]. « Et ses grappes mûrirent en raisins » — ce sont les libations de vin [au Temple].
אָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל: עֲדַיִין צְרִיכִין אָנוּ לַמּוֹדָעִי, דְּמוֹקֵים לֵיהּ כּוּלֵּיהּ בְּחַד מָקוֹם. רַבִּי אֶלְעָזָר הַמּוֹדָעִי אוֹמֵר: ״גֶּפֶן״ – זֶה יְרוּשָׁלַיִם, ״שְׁלֹשָׁה שָׂרִיגִים״ – זֶה מִקְדָּשׁ, מֶלֶךְ, וְכֹהֵן גָּדוֹל, ״וְהִיא כְפֹרַחַת עָלְתָה נִצָּהּ״ – אֵלּוּ פִּרְחֵי כְהוּנָּה, ״הִבְשִׁילוּ אַשְׁכְּלֹתֶיהָ עֲנָבִים״ – אֵלּוּ נְסָכִים.
Rabbi Yehochoua ben Lévi interprète [le verset] en référence aux dons que Dieu accorda au peuple juif, car Rabbi Yehochoua ben Lévi a dit : « La vigne » — c'est la Torah. « Trois sarments » — ce sont les trois éléments miraculeux qui accompagnèrent le peuple juif dans le désert et le nourrirent et protégèrent : le puits [de Miryam], la colonne de nuée, et la manne. « Et voici qu'elle bourgeonnait » — ce sont les prémices [bikourim] qu'on apporte au Temple. « Et ses grappes mûrirent en raisins » — ce sont les libations de vin.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מוֹקֵים לַהּ בְּמַתָּנוֹת, דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: ״גֶּפֶן״ – זוֹ תּוֹרָה, ״שְׁלֹשָׁה שָׂרִיגִים״ – זֶה בְּאֵר, עַמּוּד עָנָן, וּמָן, ״וְהִיא כְפֹרַחַת עָלְתָה נִצָּהּ״ – אֵלּוּ הַבִּכּוּרִים, ״הִבְשִׁילוּ אַשְׁכְּלֹתֶיהָ עֲנָבִים״ – אֵלּוּ נְסָכִים.
Rabbi Yirmeya bar Abba dit : « La vigne » — c'est une allusion au peuple juif, et de même un autre verset dit : « Tu as transplanté une vigne hors d'Égypte » (Tehilim 80, 9). « Trois sarments » — ce sont les trois fêtes de pèlerinage [chaloch regalim], auxquelles le peuple juif monte à Jérusalem chaque année. « Et voici qu'elle bourgeonnait » signifie que le temps est venu pour le peuple juif d'être fécond et de se multiplier, et de même un autre verset dit : « Et les fils d'Israël fructifièrent et pullulèrent » (Chemot 1, 7).
רַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר: ״גֶּפֶן״ – אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״גֶּפֶן מִמִּצְרַיִם תַּסִּיעַ״. ״שְׁלֹשָׁה שָׂרִיגִים״ – אֵלּוּ שְׁלֹשָׁה רְגָלִים שֶׁיִּשְׂרָאֵל עוֹלִין בָּהֶן בְּכׇל שָׁנָה וְשָׁנָה. ״וְהִיא כְפֹרַחַת עָלְתָה נִצָּהּ״ – הִגִּיעַ זְמַנָּן שֶׁל יִשְׂרָאֵל לִפְרוֹת וְלִרְבּוֹת, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל פָּרוּ וַיִּשְׁרְצוּ״.
« Ses fleurs [nits'ha] éclorent » signifie que le temps est venu pour le peuple juif d'être racheté [de l'Égypte]. Et de même un autre verset dit : « Leur victoire [nits'ham] a éclaboussé Mes vêtements, et J'ai rougi tout Mon habit » (Yecha'ya 63, 3). « Et ses grappes mûrirent en raisins » signifie que le temps est venu pour l'Égypte de boire la coupe de fureur, c'est-à-dire de recevoir son châtiment.
״עָלְתָה נִצָּה״ – הִגִּיעַ זְמַן שֶׁל יִשְׂרָאֵל לִיגָּאֵל, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְיֵז נִצְחָם עַל בְּגָדַי וְכׇל מַלְבּוּשַׁי אֶגְאָלְתִּי״, ״הִבְשִׁילוּ אַשְׁכְּלֹתֶיהָ עֲנָבִים״ – הִגִּיעַ זְמַנָּהּ שֶׁל מִצְרַיִם לִשְׁתּוֹת כּוֹס הַתַּרְעֵלָה.
Chullin 92a
100%
חולין צ״ב אמַסֶּכֶת חוּלִּין