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Traité Chullin

7a

Étude de Chullin 7a

Étude de la Guémara 7a

Guémara
[Rabbi Yehouda HaNassi répondit à ses opposants :] Ce n'est pas que ses prédécesseurs n'aient pas su que le serpent d'airain devait être détruit. Mais c'est plutôt que ses ancêtres lui ont laissé un espace pour s'y illustrer [lehitgader, pour acquérir de la grandeur]. Moi aussi [je peux dire que] mes ancêtres m'ont laissé un espace pour m'y illustrer — en permettant [les produits non dîmés de] Beit Che'an.
אֶלָּא מָקוֹם הִנִּיחוּ לוֹ אֲבוֹתָיו לְהִתְגַּדֵּר בּוֹ, אַף אֲנִי מָקוֹם הִנִּיחוּ לִי אֲבוֹתַי לְהִתְגַּדֵּר בּוֹ.
La Guemara ajoute : De là on apprend au sujet d'un érudit de la Torah [talmid 'hakham] qui énonce une nouvelle règle de halakha — qu'on ne le déplace pas [mezihhin] de sa position [on ne le contraint pas à se rétracter] ; et certains disent : on ne le méprise pas [mazni'hin] ; et certains disent : on n'attribue pas son énoncé innovant à sa présomption [maz'hihhin].
מִכָּאן לְתַלְמִיד חָכָם שֶׁאָמַר דְּבַר הֲלָכָה, שֶׁאֵין מְזִיחִין אוֹתוֹ, וְאָמְרִי לָהּ: אֵין מַזְנִיחִין אוֹתוֹ, וְאָמְרִי לָהּ: אֵין מַזְחִיחִין אוֹתוֹ.
La Guemara explique [le fondement de chaque version] : Celui qui dit mezihhin [ne le déplace pas] — c'est comme il est écrit : « Et le pectoral [hochen] ne sera pas déplacé [yizah] de l'éfod » (Chémot / Exode 28, 28). Et celui qui dit : on ne le méprise pas [mazni'hin] — c'est comme il est écrit : « Car l'Éternel ne rejettera pas [yizna'h] à jamais » (Eikhah / Lamentations 3, 31). Et celui qui dit maz'hihhin [n'attribue pas à la présomption] — c'est comme il est enseigné dans une baraïta (Tossefta, Sota 14, 9) : Depuis que ceux au cœur arrogant [ze'houhei halev] se sont multipliés, les controverses se sont multipliées parmi le peuple d'Israël.
מַאן דְּאָמַר ״מְזִיחִין״ – כְּדִכְתִיב: ״וְלֹא יִזַּח הַחֹשֶׁן״, וּמַאן דְּאָמַר ״אֵין מַזְנִיחִין״ – דִּכְתִיב: ״כִּי לֹא יִזְנַח לְעוֹלָם ה׳״, וּמַאן דְּאָמַר ״מַזְחִיחִין״ – דִּתְנַן: מִשֶּׁרַבּוּ זְחוּחֵי הַלֵּב רַבּוּ מַחְלוֹקוֹת בְּיִשְׂרָאֵל.
Yehouda, fils de Rabbi Chimon ben Pazi, objecte à la halakha de base [que Beit Che'an serait exclue d'Eretz Israël] : Y a-t-il vraiment quelqu'un qui prétende que Beit Che'an ne fait pas partie d'Eretz Israël ? Or il est écrit : « Et Menaché n'expulsa pas les habitants de Beit Che'an et de ses filles [ses villages environnants], ni de Ta'anakh et de ses filles » (Choftim / Juges 1, 27) — [ce verset établit que Beit Che'an était bien dans le territoire d'Israël attribué à Menaché] !
מַתְקֵיף לַהּ יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי: וּמִי אִיכָּא לְמַאן דְּאָמַר דְּבֵית שְׁאָן לָאו מֵאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל הִיא? וְהָכְתִיב: ״וְלֹא הוֹרִישׁ מְנַשֶּׁה אֶת בֵּית שְׁאָן וְאֶת בְּנוֹתֶיהָ וְאֶת תַּעְנַךְ וְאֶת בְּנֹתֶיהָ״!
La Guemara répond : Il a échappé à l'attention de Yehouda ce que Rabbi Chimon ben Elyakim dit au nom de Rabbi Elazar ben Pedat, qui le dit au nom de Rabbi Elazar ben Chamoua : « Beaucoup de villes furent conquises par ceux qui montèrent d'Égypte [les Israélites sous la conduite de Yéhochoua bin Noun] et ne furent pas conquises par ceux qui montèrent de Babylone [lors du retour à Sion sous Ezra]. » Beit Che'an était du nombre de ces villes.
אִישְׁתְּמִיטְתֵּיהּ הָא דְּאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְיָקִים, מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פְּדָת, שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן שַׁמּוּעַ: הַרְבֵּה כְּרַכִּים כְּבָשׁוּם עוֹלֵי מִצְרַיִם, וְלֹא כְּבָשׁוּם עוֹלֵי בָּבֶל.
Et Rabbi Yehouda HaNassi soutient : La consécration initiale par laquelle Eretz Israël fut sanctifiée à l'époque de Yéhochoua bin Noun — en ce qui concerne l'obligation d'accomplir les mitsvot liées à la terre — ne consacra la terre que pour son temps, mais ne la consacra pas pour toujours [après l'exil]. [La consécration] cessa avec l'exil à Babylone. Lorsque ceux qui remontèrent de Babylone revinrent en Eretz Israël et consacrèrent à nouveau la terre, ils laissèrent certains endroits non consacrés afin que les pauvres puissent s'y appuyer durant l'Année sabbatique [chémita] — puisque ces endroits n'étant pas consacrés, il est permis d'y semer pendant la chémita, et les pauvres ne souffriront pas de la faim. Lorsque Rabbi Yehouda HaNassi découvrit que Beit Che'an était l'une de ces villes, il l'exempta des mitsvot liées à la terre.
וְקָסָבַר: קְדוּשָּׁה רִאשׁוֹנָה קִדְּשָׁה לִשְׁעָתָהּ וְלֹא קִדְּשָׁה לֶעָתִיד לָבֹא, וְהִנִּיחוּם כְּדֵי שֶׁיִּסְמְכוּ עֲלֵיהֶן עֲנִיִּים בַּשְּׁבִיעִית.
Rabbi Yirmia dit à Rabbi Zeira : Mais Rabbi Meïr n'a mangé qu'une feuille banale ! [Manger de façon occasionnelle, sans cadre de repas, est permis même pour du produit non dîmé — comment cela peut-il constituer une preuve ?] Rabbi Zeira lui dit : Il a mangé la feuille depuis une botte [d'agoudda], et nous avons appris dans une michna (Ma'aserot 1, 5) : Quant à un légume qui est habituellement lié en botte, [l'obligation de prélever térouma et ma'asser commence] à partir du moment où il est lié. [À compter de ce moment, même manger de façon occasionnelle est interdit avant le prélèvement.]
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי זֵירָא: וְהָא רַבִּי מֵאִיר עָלֶה בְּעָלְמָא הוּא דְּאָכֵיל! אֲמַר לֵיהּ: מֵאֲגוּדָּה אַכְלֵיהּ, וּתְנַן: יָרָק הַנֶּאֱגָד מִשֶּׁיֵּאָגֵד.
Rabbi Yirmia dit à Rabbi Zeira : Et peut-être que cela ne lui venait pas à l'esprit [que Rabbi Meïr avait mangé distraitement sans réaliser qu'il mangeait du produit non dîmé] ? Rabbi Zeira répondit : Maintenant, puisque même les animaux des justes — le Saint Béni soit-Il ne leur fait pas subir de mésaventures à travers eux — est-il besoin de dire que les justes eux-mêmes ne subiraient pas de mésaventures ?
וְדִלְמָא לָאו אַדַּעְתֵּיהּ? הַשְׁתָּא, בְּהֶמְתָּן שֶׁל צַדִּיקִים אֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מֵבִיא תַּקָּלָה עַל יָדָן, צַדִּיקִים עַצְמָן לֹא כׇּל שֶׁכֵּן!
Rabbi Yirmia demanda : Et peut-être Rabbi Meïr avait-il prélevé [la dîme pour ces feuilles] sur un produit [réservé] dans un autre endroit ? Rabbi Zeira répondit : Les 'haverim [hommes pieux scrupuleux] ne sont pas soupçonnés de prélever la térouma sur un produit qui n'est pas à proximité du produit pour lequel elle est prélevée [séparation requise, mou'kaf]. Rabbi Yirmia demanda : Et peut-être Rabbi Meïr avait-il désigné du regard ce côté du légume [comme portion à dîmer] et mangé de l'autre côté [comme cela peut se faire dans certains cas] ? Rabbi Zeira lui dit : Vois qui est le grand homme qui témoigne de Rabbi Meïr [Rabbi Yéhochoua ben Zerouz, gendre de Rabbi Meïr lui-même]. Certainement un homme d'une telle stature a observé et rapporté fidèlement les actions de Rabbi Meïr.
וְדִלְמָא עִישֵּׂר עֲלֵיהֶם מִמָּקוֹם אַחֵר? לֹא נֶחְשְׁדוּ חֲבֵרִים לִתְרוֹם שֶׁלֹּא מִן הַמּוּקָּף. וְדִלְמָא נָתַן עֵינָיו בְּצַד זֶה וְאָכַל בְּצַד אַחֵר? אֲמַר לֵיהּ: חֲזִי מַאן גַּבְרָא רַבָּה קָמַסְהֵיד עֲלֵיהּ.
§ La Guemara demande : Quel est ce récit sur les animaux des justes à travers lesquels Dieu ne laisse pas survenir de mésaventures ? Il s'agit de l'incident où Rabbi Pin'has ben Ya'ir allait s'occuper du rachat de captifs [pidyon shevouïm], et il se trouva face au fleuve Guinaï.
מַאי בְּהֶמְתָּן שֶׁל צַדִּיקִים? דְּרַבִּי פִּנְחָס בֶּן יָאִיר הֲוָה קָאָזֵיל לְפִדְיוֹן שְׁבוּיִין, פְּגַע בֵּיהּ בְּגִינַּאי נַהֲרָא.
Il [Rabbi Pin'has ben Ya'ir] dit au fleuve : Guinaï, divise tes eaux pour moi et je te traverserai. Le fleuve lui dit : Toi, tu vas accomplir la volonté de ton Créateur, et moi je vais accomplir la volonté de mon Créateur [en coulant dans mon cours]. En ce qui te concerne : il est incertain que tu réussiras à accomplir la volonté de Dieu [si les captifs sont finalement libérés ou non], et il est incertain que tu ne la réussiras pas. Moi, je l'accomplirai certainement. Rabbi Pin'has ben Ya'ir lui dit : Si tu ne te divises pas, je décréterai sur toi que les eaux ne couleront plus jamais à travers toi. Le fleuve se divisa pour lui.
אֲמַר לֵיהּ: גִּינַּאי, חֲלוֹק לִי מֵימֶךָ וְאֶעֱבוֹר בָּךְ! אֲמַר לֵיהּ: אַתָּה הוֹלֵךְ לַעֲשׂוֹת רְצוֹן קוֹנֶךָ וַאֲנִי הוֹלֵךְ לַעֲשׂוֹת רְצוֹן קוֹנִי, אַתָּה סָפֵק עוֹשֶׂה סָפֵק אִי אַתָּה עוֹשֶׂה, אֲנִי וַדַּאי עוֹשֶׂה. אֲמַר לֵיהּ: אִם אִי אַתָּה חוֹלֵק גּוֹזְרַנִי עָלֶיךָ שֶׁלֹּא יַעַבְרוּ בְּךָ מַיִם לְעוֹלָם. חֲלַק לֵיהּ.
Il y avait un certain homme qui transportait du blé pour préparer de la matsa pour Pessa'h [mitsva urgente nécessitant de la farine préparée sous surveillance spéciale]. Rabbi Pin'has ben Ya'ir dit au fleuve : Divise tes eaux pour cet homme aussi, car il est occupé à l'accomplissement d'une mitsva. Le fleuve se divisa pour lui. Il y avait un certain Arabe [tayya'a, un marchand arabe] qui les accompagnait en chemin. Rabbi Pin'has ben Ya'ir dit au fleuve : Divise tes eaux pour cet homme aussi, afin qu'il ne dise pas : « Est-ce ainsi que l'on traite quelqu'un qui vous accompagne ? » Le fleuve se divisa pour lui.
הֲוָה הָהוּא גַּבְרָא דַּהֲוָה דָּארֵי חִיטֵּי לְפִיסְחָא, אֲמַר לֵיהּ חֲלוֹק לֵיהּ נָמֵי לְהַאי, דִּבְמִצְוָה עָסֵיק. חֲלַק לֵיהּ. הֲוָה הָהוּא טַיָּיעָא דִּלְוָוה בַּהֲדַיְיהוּ, אֲמַר לֵיהּ חֲלוֹק לֵיהּ נָמֵי לְהַאי, דְּלָא לֵימָא: ״כָּךְ עוֹשִׂים לִבְנֵי לְוִיָּה״, חֲלַק לֵיהּ.
Chullin 7a
100%
חולין ז׳ אמַסֶּכֶת חוּלִּין