AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Chullin

63b

Étude de Chullin 63b

Étude de la Guémara 63b

Guémara
[Suite de la discussion sur le nombre d'oiseaux non-cachères :] puisque l'on présuppose que le livre de Devarim est venu s'ajouter [à Vayikra], pourquoi ici [dans Vayikra] est-il écrit « da'a », et pourquoi là [dans Devarim] est-il écrit « ra'a » sans que « da'a » y soit écrit [à sa place] ? Il faut donc conclure de cela que la ra'a et la da'a sont une seule et même espèce [et non deux espèces distinctes, ce qui réduirait le total].
מִכְּדֵי מִשְׁנֵה תוֹרָה לְאוֹסוֹפֵי הוּא דַּאֲתָא, מַאי שְׁנָא הָכָא דִּכְתִיב ״דָּאָה״ וּמַאי שְׁנָא הָכָא דִּכְתִיב ״רָאָה״ וְלָא כְּתִיב ״דָּאָה״? אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ מִין רָאָה וְדָאָה אַחַת הִיא.
La Guemara objecte : mais même ainsi, il y aurait encore vingt-cinq oiseaux, pas vingt-quatre. Abayé dit : tout comme la ra'a et la da'a sont une seule espèce, de même l'ayya et la dayya [cette dernière n'étant mentionnée que dans Devarim] sont une seule espèce. Car si vous pensez qu'elles sont deux espèces distinctes, on pourrait demander : puisque Devarim est venu s'ajouter [à Vayikra], pourquoi ici [dans Vayikra] est-il écrit « selon son espèce » [leminah] à propos de l'ayya, et pourquoi là [dans Devarim] est-il écrit « selon son espèce » à propos de la dayya [et non de l'ayya] ? Il faut donc conclure que l'ayya et la dayya sont une seule et même espèce.
וְאַכַּתִּי עֶשְׂרִין וְחַמְשָׁה הָווּ? אָמַר אַבָּיֵי: כְּשֵׁם שֶׁרָאָה וְדָאָה אַחַת הִיא, כָּךְ אַיָּה וְדַיָּה אַחַת הִיא. דְּאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ תַּרְתֵּי אִינּוּן, מִכְּדֵי מִשְׁנֵה תוֹרָה לְאוֹסוֹפֵי הוּא דַּאֲתָא, מַאי שְׁנָא הָכָא דִּכְתִיב ״לְמִינָהּ״ אַאַיָּה, וּמַאי שְׁנָא הָתָם דִּכְתִיב ״לְמִינָהּ״ אַדַּיָּה? אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ: אַיָּה וְדַיָּה אַחַת הִיא.
La Guemara demande : et puisque l'ayya et la dayya sont une seule espèce, pourquoi la Torah avait-elle besoin d'écrire à la fois ayya et dayya [dans le livre de Devarim] ? La Guemara répond : comme il est enseigné dans une baraïta que Rabbi [Yehouda haNassi] dit : moi, je peux lire [le terme] ayya et savoir qu'il est interdit. Pourquoi alors la dayya est-elle mentionnée ? Pour ne pas donner un prétexte à un contradicteur de contester — afin qu'il ne se produise pas que tu l'appelles ayya et qu'il l'appelle dayya [et prétende ne pas être soumis à l'interdiction]. De même, la Torah n'a pas écrit seulement dayya, pour qu'il ne se produise pas que tu l'appelles dayya et qu'il l'appelle ayya [et mange]. C'est pourquoi la Torah écrit dans Devarim : « et la ra'a, et l'ayya, et la dayya selon son espèce » (Devarim 14, 13). Par conséquent, les listes de Vayikra et de Devarim énumèrent toutes deux vingt-quatre oiseaux, conformément à l'enseignement attribué à Rav.
וְכִי מֵאַחַר שֶׁאַיָּה וְדַיָּה אַחַת הִיא, לְמָה לֵיהּ לְמִיכְתַּב אַיָּה וְדַיָּה? כִּדְתַנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: אֶקְרָא אֲנִי אַיָּה, דַּיָּה לָמָּה נֶאֶמְרָה? כְּדֵי שֶׁלֹּא תִּתֵּן פִּתְחוֹן פֶּה לְבַעַל דִּין לַחְלוֹק, שֶׁלֹּא תְּהֵא אַתָּה קוֹרֵא אַיָּה וְהוּא קוֹרֵא דַּיָּה, אַתָּה קוֹרֵא דַּיָּה וְהוּא קוֹרֵא אַיָּה, לְכָךְ כָּתַב בְּמִשְׁנֵה תוֹרָה: ״וְהָרָאָה וְאֶת הָאַיָּה וְהַדַּיָּה לְמִינָהּ״.
La Guemara soulève une objection à partir d'une baraïta : pourquoi la liste [des animaux non-cachères dans Vayikra] a-t-elle été répétée [dans Devarim] ? Pour les bêtes [behemot], c'est en raison de la chéssou'a [animal à colonne vertébrale double, non mentionné dans Vayikra mais dans Devarim 14, 7]. Et pour les oiseaux, c'est en raison de la ra'a. N'entend-on pas de ce fait que, tout comme pour les bêtes la liste est répétée dans Devarim pour ajouter [des espèces], pour les oiseaux aussi elle est répétée pour ajouter ? La Guemara répond : non — pour les bêtes, [la liste] est répétée pour ajouter ; mais pour les oiseaux, elle est répétée seulement pour expliquer [des noms différents d'une même espèce].
מֵיתִיבִי: לָמָּה נִשְׁנוּ? בִּבְהֵמָה – מִפְּנֵי הַשְּׁסוּעָה, וּבָעוֹפוֹת – מִפְּנֵי הָרָאָה. מַאי לָאו, מִדִּבְהֵמָה דְּהָתָם לְאוֹסוֹפֵי, עוֹפוֹת נָמֵי לְאוֹסוֹפֵי? לָא, הָתָם לְאוֹסוֹפֵי, הָכָא לְפָרוֹשֵׁי.
Et [la conclusion d'Abayé] est en désaccord avec [l'opinion de] Rabbi Abbahou, car Rabbi Abbahou dit : la ra'a, c'est l'ayya. Et pourquoi l'appelle-t-on ra'a ? Parce qu'elle voit [ro'ah] avec une acuité exceptionnelle. Ainsi dit le verset : « Ce sentier, aucun oiseau de proie ne le connaît, et l'œil de l'ayya ne l'a pas aperçu » (Iyov 28, 7). Et un tanna enseigna : elle peut se tenir en Babylonie et voir une carcasse en Éretz Israël.
וּפְלִיגָא דְּרַבִּי אֲבָהוּ, דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: רָאָה זוֹ אַיָּה, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ רָאָה? שֶׁרוֹאָה בְּיוֹתֵר, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״נָתִיב לֹא יְדָעוֹ עָיִט וְלֹא שְׁזָפַתּוּ עֵין אַיָּה״, תָּנָא: עוֹמֶדֶת בְּבָבֶל וְרוֹאָה נְבֵלָה בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל.
La Guemara examine la position de Rabbi Abbahou : puisque la ra'a est la même que l'ayya, on peut inférer que la da'a n'est pas la même que la ra'a. Mais puisque Devarim est venu s'ajouter [à Vayikra], pourquoi ici [dans Vayikra] est-il écrit « da'a », et pourquoi là [dans Devarim] la da'a n'est-elle pas écrite ? N'en faut-il pas conclure que les deux sont identiques ? Si tel est le cas, on doit conclure que, selon Rabbi Abbahou, la da'a et la ra'a et l'ayya sont toutes une seule et même espèce.
מִדְּרָאָה הַיְינוּ אַיָּה, מִכְּלָל דְּדָאָה לָאו הַיְינוּ רָאָה. מִכְּדֵי מִשְׁנֵה תוֹרָה לְאוֹסוֹפֵי הוּא דַּאֲתָא, מַאי שְׁנָא הָכָא דִּכְתִיב ״דָּאָה״, וּמַאי שְׁנָא הָתָם דְּלָא כְּתִיב ״דָּאָה״? אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ דָּאָה וְרָאָה וְאַיָּה אַחַת הִיא.
Et de plus, puisque Rabbi Abbahou soutient que la ra'a est la même que l'ayya, on peut en déduire que la dayya n'est pas la même que l'ayya. Mais on peut demander encore : pourquoi là [dans Vayikra] est-il écrit « selon son espèce » à propos de l'ayya, et pourquoi ici [dans Devarim] n'est-il pas écrit « selon son espèce » à propos de l'ayya, mais à propos de la dayya ? Il faut donc conclure que l'ayya et la dayya sont une seule espèce. Et on peut apprendre de la combinaison de ces deux argumentations que, selon Rabbi Abbahou, la da'a, la ra'a, la dayya et l'ayya sont toutes une seule et même espèce. Par conséquent, selon Rabbi Abbahou, il n'y a que vingt-trois espèces d'oiseaux non-cachères.
וּמִדְּרָאָה הַיְינוּ אַיָּה, מִכְּלַל דְּדַיָּה לָאו הַיְינוּ אַיָּה. מַאי שְׁנָא הָתָם דִּכְתִיב ״לְמִינֵהוּ״ אַאַיָּה, וּמַאי שְׁנָא הָכָא דְּלָא כְּתִיב ״לְמִינֵהוּ״ אַאַיָּה אֶלָּא אַדַּיָּה? אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ דָּאָה וְרָאָה דַּיָּה וְאַיָּה אַחַת הִיא.
§ Il est enseigné dans une baraïta qu'Issi ben Yehouda dit : il y a cent oiseaux non-cachères à l'Orient [dans les terres de l'Est], et ils appartiennent tous à l'espèce de l'ayya. Avimi, fils de Rabbi Abbahou, enseigna : il y a sept cents types de poissons non-cachères, et huit cents types de sauterelles non-cachères, et les oiseaux sont innombrables [ein misphar]. La Guemara proteste : sont-ce vraiment des oiseaux non-cachères qui sont innombrables ? Il n'y en a que vingt-quatre mentionnés dans la Torah ! Mais plutôt, Avimi devait vouloir dire : et les oiseaux cachères sont innombrables.
תַּנְיָא, אִיסִי בֶּן יְהוּדָה אוֹמֵר: מֵאָה עוֹפוֹת טְמֵאִין יֵשׁ בַּמִּזְרָח, וְכוּלָּן מִין ״אַיָּה״ הֵן. תָּנֵי אֲבִימִי בְּרֵיהּ דְּרַבִּי אֲבָהוּ: שְׁבַע מֵאוֹת מִינֵי דָגִים הֵן, וּשְׁמוֹנֶה מֵאוֹת מִינֵי חֲגָבִים, וּלְעוֹפוֹת אֵין מִסְפָּר. עוֹפוֹת עֶשְׂרִין וְאַרְבָּעָה הָווּ! אֶלָּא: וּלְעוֹפוֹת טְהוֹרִים אֵין מִסְפָּר.
Il est enseigné dans une baraïta : Rabbi [Yehouda haNassi] dit : il est révélé et connu devant Celui qui dit [le monde à son existence] que les espèces d'animaux non-cachères sont plus nombreuses que les [espèces] cachères. C'est pourquoi la Torah a listé les animaux cachères [en disant que tous les autres sont non-cachères]. Il est révélé et connu devant Celui qui dit [le monde à son existence] que les espèces d'oiseaux cachères sont plus nombreuses que les [espèces] non-cachères. C'est pourquoi la Torah a listé les oiseaux non-cachères [en disant que tous les autres sont cachères].
תַּנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: גָּלוּי וְיָדוּעַ לִפְנֵי מִי שֶׁאָמַר וְהָיָה הָעוֹלָם שֶׁבְּהֵמָה טְמֵאָה מְרוּבָּה מִן הַטְּהוֹרוֹת, לְפִיכָךְ מָנָה הַכָּתוּב בַּטְּהוֹרָה. גָּלוּי וְיָדוּעַ לִפְנֵי מִי שֶׁאָמַר וְהָיָה הָעוֹלָם שֶׁעוֹפוֹת טְהוֹרִין מְרוּבִּין עַל הַטְּמֵאִין, לְפִיכָךְ מָנָה הַכָּתוּב בַּטְּמֵאִין.
La Guemara demande : qu'est-ce que cette baraïta nous apprend ? La Guemara répond : [elle nous apprend] ce que Rav Houna dit au nom de Rav, et certains disent que Rav Houna dit au nom de Rav au nom de Rabbi Méïr : qu'une personne devrait toujours enseigner à son élève de manière concise [derekh ketsara], tout comme la Torah s'exprime de façon concise dans son langage.
מַאי קָא מַשְׁמַע לַן? כִּדְרַב הוּנָא אָמַר רַב, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: לְעוֹלָם יִשְׁנֶה אָדָם לְתַלְמִידוֹ דֶּרֶךְ קְצָרָה.
Rabbi Yits'hak dit : un oiseau casher peut être consommé sur la foi d'une tradition [massoret] [qui atteste qu'il est cachère], sans inspecter les signes listés dans la Michna. Et le chasseur est cru pour dire : mon maître m'a transmis [massar li rabbi] que cet oiseau est cachère. Rabbi Yo'hanan dit : et cela ne s'applique que si le maître [en question] est familier avec les oiseaux non-cachères et leurs noms.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: עוֹף טָהוֹר נֶאֱכָל בְּמָסוֹרֶת, נֶאֱמָן הַצַּיָּיד לוֹמַר: עוֹף זֶה טָהוֹר, מָסַר לִי רַבִּי. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְהוּא שֶׁבָּקִי בָּהֶן וּבִשְׁמוֹתֵיהֶן.
Rabbi Zéira soulève un dilemme : le « maître » [rabbi] dont parle Rabbi Yo'hanan — s'agit-il d'un maître Sage [hakham], ou d'un maître chasseur [celui qui lui a appris à chasser] ? La Guemara répond : viens et apprends la preuve de ce que Rabbi Yo'hanan a dit : « et cela ne s'applique que si le maître est familier avec eux et leurs noms ». Certes, si vous dites qu'il s'agit de son maître le chasseur, tout s'explique bien. Mais si vous dites qu'il s'agit de son maître le Sage, certes un Sage connaît leurs noms [ayant étudié la loi], mais connaît-il les oiseaux eux-mêmes [en les voyant] ? Il faut donc conclure de cela que Rabbi Yo'hanan faisait référence au maître chasseur. La Guemara conclut : en effet, il faut tirer cette conclusion.
בָּעֵי רַבִּי זֵירָא: רַבּוֹ חָכָם, אוֹ רַבּוֹ צַיָּיד? תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְהוּא שֶׁבָּקִי בָּהֶן וּבִשְׁמוֹתֵיהֶן. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא רַבּוֹ צַיָּיד – שַׁפִּיר, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ רַבּוֹ חָכָם, בִּשְׁלָמָא שְׁמַיְיהוּ גְּמִיר לְהוּ, אֶלָּא אִינְהוּ מִי יָדַע לְהוּ? אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ: רַבּוֹ צַיָּיד. שְׁמַע מִינַּהּ.
Chullin 63b
100%
חולין ס״ג במַסֶּכֶת חוּלִּין