Guémara
[Suite de la liste des oiseaux de Chmouel :] mais l'oiseau [appelé] fille-verseur-de-vin [bat mazga 'hamra] est permis [à la consommation]. Et voici le moyen mnémotechnique : l'idiome des Sages « la force du fils est plus grande que celle du père » — c'est-à-dire que le plus grand [le verseur de vin, le père] est interdit, tandis que le plus petit [la fille-verseur-de-vin, l'enfant] est permis.
בַּת מָזְגָא חַמְרָא – שַׁרְיָא, וְסִימָנָיךְ ״יָפֶה כֹּחַ הַבֵּן מִכֹּחַ הָאָב״.
Rav Yehouda dit : [parmi les oiseaux appelés] chekitana [il existe plusieurs variétés]. Les chekitana aux pattes longues et rouges [de corps] sont permis. Et voici le moyen mnémotechnique : l'oiseau mourzzema [connu pour être cachère et ayant la même apparence]. Les petits [de corps] rouges sont interdits ; voici le moyen mnémotechnique : « un prêtre nain [nanou] est inapte au service du Temple ». Les chekitana aux pattes longues et verts [jaunâtres] sont interdits ; voici le moyen mnémotechnique : « des entrailles qui ont verdi rendent l'animal téréfa » [Michna 56a].
אָמַר רַב יְהוּדָה: שְׁקִיטָנָא, אֲרִיכֵי שָׁקֵי וְסוּמָּקֵי – שַׁרְיָא, וְסִימָנָיךְ מוּרְזְמָא. גּוּצֵי וְסוּמָּקֵי – אֲסִירִי, וְסִימָנָיךְ ״נָנוּס פָּסוּל״. אֲרִיכֵי שָׁקֵי וִירוּקֵּי – אֲסִירִי, וְסִימָנָיךְ ״יְרוּקִּין פְּסוּלִין״.
Rav Yehouda dit : le chalakh [oiseau mentionné dans la liste des oiseaux non-cachères — voir Vayikra 11, 17], c'est celui qui plonge [cholé] pour pêcher des poissons dans la mer. Le doukifat [voir Vayikra 11, 19], c'est l'oiseau dont la crête semble repliée [hodou kafout], en raison de son épaisseur. La Guemara note : il est également enseigné ainsi dans une baraïta : le doukifat est l'oiseau dont la crête semble repliée — et c'est lui qui apporta le chamir au Beit haMikdach [comme il est raconté dans le traité Guittin 68b, le roi Chelomo avait besoin d'un ver unique appelé chamir pour tailler les pierres du Temple, car il est dit : « On n'entendit aucun marteau, ni hache, ni aucun outil en fer dans la maison pendant sa construction » (Melakhim I 6, 7)].
אָמַר רַב יְהוּדָה: ״שָׁלָךְ״, זֶה הַשּׁוֹלֶה דָּגִים מִן הַיָּם. ״דּוּכִיפַת״, שֶׁהוֹדוֹ כָּפוּת. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: דּוּכִיפַת, שֶׁהוֹדוֹ כָּפוּת, וְזֶהוּ שֶׁהֵבִיא שָׁמִיר לְבֵית הַמִּקְדָּשׁ.
La Guemara rapporte : lorsque Rabbi Yo'hanan voyait un chalakh [un oiseau pêcheur de poissons], il disait : « Tes jugements sont comme le grand abîme » (Tehilim 36, 7) [car Dieu exerce Sa rétribution même sur les poissons dans les profondeurs de la mer]. Lorsqu'il voyait une fourmi, il disait la première partie du même verset : « Ta justice est comme les hautes montagnes » [car Dieu pourvoit aux besoins de la minuscule fourmi tout comme aux besoins des plus grandes créatures].
רַבִּי יוֹחָנָן, כִּי הֲוָה חָזֵי שָׁלָךְ, אָמַר: ״מִשְׁפָּטֶיךָ תְּהוֹם רַבָּה״. כִּי הֲוָה חָזֵי נְמָלָה, אָמַר: ״צִדְקָתְךָ כְּהַרְרֵי אֵל״.
Ameimar dit : les oiseaux laknei et batnei sont permis [à la consommation]. Quant aux oiseaux chakna'i et batna'i : dans un endroit où la coutume est d'en manger, on peut en manger ; dans un endroit où la coutume est de ne pas en manger, on n'en mange pas. La Guemara demande : cela veut-il dire que la question [de leur permissibilité] dépend de la coutume [locale] ? La Guemara répond : oui, et il n'y a pas là de contradiction. [La coutume varie :] là [où on les interdit], c'est un endroit où se trouvent le péress et l'ozniyya [et comme les chakna'i et batna'i leur ressemblent, on craint la confusion, même si ces oiseaux sont eux-mêmes cachères]. Là [où on les permet], c'est un endroit où le péress et l'ozniyya ne se trouvent pas.
אָמַר אַמֵּימָר: לַקְנִי וּבָטְנִי – שַׁרְיָין, שַׁקְנַאי וּבָטְנַאי – מְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לֶאֱכוֹל אוֹכְלִין, מְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לֶאֱכוֹל אֵין אוֹכְלִין. אַטּוּ בְּמִנְהֲגָא תַּלְיָא מִילְּתָא? אִין, וְלָא קַשְׁיָא: הָא בְּאַתְרָא דִּשְׁכִיחִי פֶּרֶס וְעׇזְנִיָּה, הָא בְּאַתְרָא דְּלָא שְׁכִיחִי פֶּרֶס וְעׇזְנִיָּה.
Abayé dit : les oiseaux kovaï et kakovaï sont interdits, mais la kakovatah est permise. Pourtant, en Occident [en Éretz Israël], on flag[elle] celui qui en mange, et on [la] nomme ta'hvatah.
אָמַר אַבָּיֵי: קוּאֵי וְקָקוֹאֵי אֲסִירִי, קָקוֹאֲתָא שַׁרְיָא. בְּמַעְרְבָא מַלְקוּ עִילָּוַהּ, וְקָרוּ לַהּ תַּחְוָותָא.
Les Sages ont enseigné dans une baraïta : le tinchémet [oiseau mentionné dans la liste des oiseaux non-cachères — voir Vayikra 11, 18], c'est la ba'outh parmi les oiseaux. On pourrait demander : dites-vous qu'il s'agit de la ba'outh parmi les oiseaux, ou n'est-ce pas plutôt la ba'outh parmi les créatures rampantes [chkaratzim] ? [Car le tinchémet est aussi mentionné parmi les créatures rampantes — voir Vayikra 11, 30.] Vous direz : allez et apprenez des treize règles herméneutiques par lesquelles la Torah est interprétée — notamment : « une chose est déterminée par son contexte ». De quoi parlent les versets adjacents ? D'oiseaux. Ici aussi, le mot tinchémet fait référence aux oiseaux.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״תִּנְשֶׁמֶת״ בָּאוָת שֶׁבָּעוֹפוֹת. אַתָּה אוֹמֵר בָּאוָת שֶׁבָּעוֹפוֹת, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בָּאוָת שֶׁבַּשְּׁרָצִים? אָמַרְתָּ: צֵא וּלְמַד מִשְּׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה מִדּוֹת שֶׁהַתּוֹרָה נִדְרֶשֶׁת בָּהֶן, דָּבָר הַלָּמֵד מֵעִנְיָנוֹ. בְּמָה הַכָּתוּב מְדַבֵּר? בְּעוֹפוֹת, אַף כָּאן בְּעוֹפוֹת.
La Guemara note : il est également enseigné de cette façon dans une baraïta à propos des créatures rampantes : le tinchémet [mentionné parmi les chkaratzim] est la ba'outh parmi les créatures rampantes. On pourrait demander : dites-vous qu'il s'agit de la ba'outh parmi les créatures rampantes, ou n'est-ce pas plutôt la ba'outh parmi les oiseaux ? Vous direz : allez et apprenez des treize règles herméneutiques — « une chose est déterminée par son contexte ». De quoi parlent les versets adjacents ? De créatures rampantes. Ici aussi, le mot tinchémet fait référence aux créatures rampantes.
תַּנְיָא נָמֵי גַּבֵּי שְׁרָצִים כְּהַאי גַּוְונָא: ״תִּנְשֶׁמֶת״ בָּאוָת שֶׁבַּשְּׁרָצִים. אַתָּה אוֹמֵר בָּאוָת שֶׁבַּשְּׁרָצִים, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בָּאוָת שֶׁבָּעוֹפוֹת? אָמַרְתָּ: צֵא וּלְמַד מִשְּׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה מִדּוֹת שֶׁהַתּוֹרָה נִדְרֶשֶׁת בָּהֶן, דָּבָר הַלָּמֵד מֵעִנְיָנוֹ – בְּמָה הַכָּתוּב מְדַבֵּר? בִּשְׁרָצִים, אַף כָּאן בִּשְׁרָצִים.
Abayé dit : la ba'outh parmi les oiseaux s'appelle communément [en araméen] kifof. La ba'outh parmi les créatures rampantes s'appelle communément kourpedaï. Rav Yehouda dit : le ka'at [oiseau mentionné dans la Torah comme non-cachère — voir Vayikra 11, 18], c'est l'oiseau appelé kouk. Le ra'ham [Vayikra 11, 18], c'est le cherakrak.
אָמַר אַבָּיֵי: בָּאוָת שֶׁבָּעוֹפוֹת – קִיפוֹף, בָּאוָת שֶׁבַּשְּׁרָצִים – קוּרְפְּדַאי. אָמַר רַב יְהוּדָה: ״קָאָת״ – זוֹ הַקּוּק, ״רָחָם״ – זוֹ שְׁרַקְרַק.
Rabbi Yo'hanan dit : pourquoi l'oiseau est-il appelé ra'ham ? Parce que lorsque le ra'ham arrive [en Éretz Israël], la miséricorde [ra'hamim] arrive dans le monde, car son arrivée signale le début de la saison des pluies. Rav Beïvaï bar Abayé dit : et ce n'est un signe de pluie que lorsqu'il est posé sur quelque chose et émet le son « cherakrak ». Et il est transmis comme tradition que si le ra'ham est posé à terre [ce qui est contraire à ses habitudes] et siffle, c'est un signe que le Messie vient, car il est dit : « Je les sifflerai [echrkah] et je les rassemblerai » (Zekharya 10, 8).
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ רָחָם? כֵּיוָן שֶׁבָּא רָחָם בָּאוּ רַחֲמִים לְעוֹלָם. אָמַר רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי: וְהוּא דְּיָתֵיב אַמִּידֵּי וְעָבֵיד ״שְׁרַקְרַק״, וּגְמִירִי דְּאִי יָתֵיב אַאַרְעָא וְשָׁרֵיק – אֲתָא מְשִׁיחָא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֶשְׁרְקָה לָהֶם וַאֲקַבְּצֵם״.
Rav Adda bar Chimi dit à Mar bar Rav Idaï : mais n'y avait-il pas un certain ra'ham posé dans un champ labouré qui siffla, et une pierre vola et lui brisa la tête ? Mar bar Rav Idaï lui dit : ce ra'ham était un menteur [il annonçait faussement la venue du Messie], et il fut puni pour avoir prophétisé faussement.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַדָּא בַּר שִׁימִי לְמָר בַּר רַב אִידַאי: וְהָא הָהוּא דְּיָתֵיב בֵּי כְרָבָא וּשְׁרַק, וַאֲתָא גָּלָל אַפְסְקֵיהּ לְמוֹחֵיהּ! אֲמַר לֵיהּ: הָהוּא בַּיָּידָא הֲוָה.
À propos du verset « Tout 'orev selon son espèce » (Vayikra 11, 15), les Sages ont enseigné dans une baraïta : pour l'orev, c'est le corbeau [bien connu]. Lorsque le verset dit « tout 'orev », cela sert à inclure le corbeau des vallées ['orev ha'amaki] [comme étant non-cachère]. Et « selon son espèce » [leminô] sert à inclure le corbeau qui vient aux têtes des pigeons.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״עוֹרֵב״ – זֶה עוֹרֵב, ״אֶת כׇּל עוֹרֵב״ – לְהָבִיא עוֹרֵב הָעִמְקִי, ״לְמִינוֹ״ – לְהָבִיא עוֹרֵב הָבֵא בְּרָאשֵׁי יוֹנִים.