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Traité Chullin

58b

Étude de Chullin 58b

Étude de la Mishna & Guémara 58b

Ces dattes conservées dans un bocal [et qui ont été vermoulues] sont permises [à la consommation] après douze mois de l'année [depuis leur mise en bocal]. [En effet,] puisque les vers n'ont pas d'os, ils ne peuvent pas survivre douze mois. Par conséquent, tout ver trouvé dans les dattes doit s'être développé après leur cueillette [alors qu'elles n'étaient plus fixées au sol] — et ces vers sont donc permis [car leur interdiction concerne ceux qui se développent dans le fruit encore attaché à la terre].
הָנֵי תַּמְרֵי דְּכַדָּא לְבָתַר תְּרֵיסַר יַרְחֵי שַׁתָּא שַׁרְיָין.
Rav dit : Il n'existe pas de moustique [bakka] âgé d'un seul jour [car tous les moustiques meurent avant d'avoir vécu une journée complète]. Et il n'existe pas de mouche [didva] âgée d'un an.
אָמַר רַב: לֵית בָּקָא בַּר יוֹמָא, וְלֵית דִּידְבָא בַּת שַׁתָּא.
Rav Pappa dit à Abayé : Mais n'y a-t-il pas cet adage populaire selon lequel la moustique femelle se révolta contre le moustique mâle pendant sept ans, car elle lui dit : « J'ai vu un habitant de Mahoza qui se baignait dans l'eau, puis sortait et s'enveloppait de draps, et tu t'es posé sur lui et tu as sucé son sang, sans me le faire savoir. » Il apparaît donc que certaines créatures sans os peuvent survivre au moins sept ans. Abayé lui répondit : Et selon ton raisonnement, que penses-tu de cet autre adage populaire : « Soixante mille dinars de fer sont suspendus au marteau du moustique [c'est-à-dire que sa piqûre est d'une puissance redoutable] » ? Est-ce vraiment possible ? Quel poids a le moustique lui-même ? Il faut donc dire que l'adage parle de centaines de leurs propres dinars [les monnaies des moustiques, qui sont infimes]. De même ici, l'adage parle de leurs propres années [les années des moustiques, qui sont des instants à l'échelle humaine].
אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי, וְהָא אָמְרִי אִינָשֵׁי: שַׁב שְׁנֵי אִימְּרַאי בָּקְתָּא מִבָּקָא. דְּאָמְרָה לֵיהּ: חֲזִיתֵיהּ לְבַר מָחוֹזָא דִּסְחָא בְּמַיָּא, וּסְלֵיק וְאִיכְּרֵךְ בִּסְדִינִין, וְאִיתֵּיבְתְּ עֲלֵיהּ וּמְצֵת מִינֵּיהּ, וְלָא הוֹדַעְתְּ לִי. אֲמַר לֵיהּ: וְלִיטַעְמָיךְ, הָא דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי ״שִׁיתִּין מָנֵי פַּרְזְלָא תְּלוּ לֵיהּ לְבָקָא בְּקוּרְנָסֵיהּ״, מִי אִיכָּא? אִיהוּ גּוּפֵיהּ כַּמָּה הָוֵי? אֶלָּא בְּמָנֵי דִּידְהוּ, הָכָא נָמֵי בִּשְׁנֵי דִּידְהוּ.
§ Nous avons appris dans une michna ailleurs (Bekhorot 40a) : Concernant un animal à cinq pattes, ou qui n'en a que trois, c'est un défaut [mum] [qui empêche l'animal d'être offert sur l'autel]. Rav Houna dit : On n'a enseigné cela [que c'est un simple défaut et non une cause de terefa] que dans le cas où le membre supplémentaire ou manquant se trouve sur une patte antérieure. Mais si c'est une patte postérieure qui est en surplus ou manquante, c'est également une terefa. Quelle en est la raison ? Tout membre supplémentaire est considéré comme un membre retiré [« kel yater ke-natal dami »] — et un animal dont on a retiré une patte postérieure est terefa [car cela touche à la jonction des nerfs vitaux de la cuisse], à la différence d'une patte antérieure.
תְּנַן הָתָם: בְּהֵמָה בַּעֲלַת חָמֵשׁ רַגְלַיִם, אוֹ שֶׁאֵין לָהּ אֶלָּא שָׁלֹשׁ – הֲרֵי זֶה מוּם. אָמַר רַב הוּנָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁחָסֵר וְיָתֵר בַּיָּד, אֲבָל חָסֵר וְיָתֵר בָּרֶגֶל – טְרֵפָה נָמֵי הָוְיָא. מַאי טַעְמָא? כׇּל יָתֵר כְּנָטוּל דָּמֵי.
La Guemara raconte : Il y eut le cas d'un animal qui avait deux cæcums [saniyadevei, deux appendices terminaux de l'intestin]. On l'amena devant Ravina, qui le déclara terefa en se fondant sur la position de Rav Houna [selon laquelle un membre supplémentaire est comme un membre retiré ; de même qu'un animal auquel manque un cæcum est terefa, celui qui en a deux l'est également]. La Guemara ajoute : Mais si [les deux cæcums] se déversent l'un dans l'autre [de sorte que la nourriture peut circuler librement entre eux], l'animal est casher [car ils sont considérés comme un seul organe].
הָהִיא חֵיוְתָא דַּהֲוָה לַהּ תַּרְתֵּי סַנְיָא דֵּיבֵי, אַיְיתוּהָ לְרָבִינָא, וְטַרְפַהּ מִדְּרַב הוּנָא. וְאִי שָׁפְכָן לַהֲדָדֵי – כְּשֵׁרָה.
La Guemara raconte : Il y eut le cas d'un tube [goubt'a] qui sortait du feuillet [bei khasei, le troisième estomac] pour aller vers la caillette [houvlila, quatrième estomac]. Rav Achi pensa déclarer l'animal terefa. Rav Houna Mar bar 'Hiyya lui dit : Tous les animaux qui vivent à l'état sauvage ont de tels tubes — on ne doit pas s'en inquiéter.
הָהִיא גּוּבְתָּא דַּהֲוָה נָפְקָא מִבֵּי כָסֵי לְהוּבְלִילָא, סָבַר רַב אָשֵׁי לְמִיטְרְפַהּ. אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא מָר בַּר חִיָּיא לְרַב אָשֵׁי: כֹּל הָנֵי חֵיוֵי בָּרָיָיתָא הָכִי אִית לְהוּ.
La Guemara raconte : Il y eut le cas d'un tube qui passait du feuillet [bei khasei] à la panse [kresa, le premier estomac]. Mar bar Rav Achi pensa déclarer l'animal casher [par analogie avec le cas précédent]. Rav Oshaya lui dit : Est-ce à dire que tous ces cas sont tissés dans un même tissu [c'est-à-dire qu'ils s'appliquent uniformément] ? Là où il a été dit [que ce type d'organe est normal dans la nature], cela a été dit [et l'animal est casher] ; là où cela n'a pas été dit [de cette configuration spécifique], cela n'a pas été dit [et l'animal est terefa].
הָהוּא גּוּבְתָּא דַּהֲוָה מְעַבְּרָא מִבֵּי כָסֵי לִכְרֵסָא, סְבַר מָר בַּר רַב אָשֵׁי לְאַכְשׁוֹרַהּ. אֲמַר לֵיהּ רַב אוֹשַׁעְיָא: אַטּוּ כּוּלְּהוּ בַּחֲדָא מְחִיתָא מַחֵתִינְהוּ? הֵיכָא דְּאִתְּמַר – אִתְּמַר, הֵיכָא דְּלָא אִתְּמַר – לָא אִתְּמַר.
Nathan bar Cheila, chef des bouchers de Tsipori [Sepphoris], témoigna devant Rabbi [Yehoudah HaNassi] concernant deux intestins qui sortent ensemble de la caillette [abomasum] de l'animal — que cela rend l'animal terefa. Mais si le même phénomène se produit dans un oiseau, c'est casher [car c'est courant chez les oiseaux]. Dans quel cas dit-on cela [que deux intestins rendent un animal terefa] ? Quand ils sortent en deux endroits différents. Mais s'ils sortent en un même endroit, côte à côte, et se réunissent [en un seul intestin] dans un espace inférieur à un doigt [ke-etsba], l'animal est casher.
הֵעִיד נָתָן בַּר שֵׁילָא רַב טַבָּחַיָּא דְּצִיפּוֹרִי לִפְנֵי רַבִּי, עַל שְׁנֵי בְּנֵי מֵעַיִם הַיּוֹצְאִין מִן הַבְּהֵמָה כְּאֶחָד, שֶׁהִיא טְרֵפָה, וּכְנֶגְדָּן בָּעוֹף – כְּשֵׁרָה. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? שֶׁיּוֹצְאִין בִּשְׁנֵי מְקוֹמוֹת, אֲבָל יוֹצְאִין בְּמָקוֹם אֶחָד, וְכָלִין עַד כְּאֶצְבַּע – כְּשֵׁרָה.
Rav Ami et Rav Assi sont en désaccord à ce sujet. L'un dit : C'est casher [quand les deux intestins sortent en un même point] uniquement dans le cas où ils se rejoignent ensuite [pour former un seul intestin] ; et l'autre dit : C'est casher même s'ils ne se rejoignent pas ensuite.
פְּלִיגִי בַּהּ רַב אַמֵּי וְרַב אַסִּי, חַד אָמַר: הוּא דְּהָדְרִי וְעָרְבִי, וְחַד אָמַר: אַף עַל גַּב דְּלָא הָדְרִי וְעָרְבִי.
La Guemara demande : Certes, selon celui qui dit que c'est casher uniquement quand ils se rejoignent ensuite, cela s'accorde avec ce qu'enseigne la baraïta : « dans un espace inférieur à un doigt » — c'est-à-dire que les deux intestins doivent se rejoindre en moins d'un doigt [de distance]. Mais selon celui qui dit que c'est casher même s'ils ne se rejoignent pas, que signifie la formule « dans un espace inférieur à un doigt » ? La Guemara répond : Cela signifie [qu'ils doivent au moins se rejoindre] dans le dernier doigt en dessous [c'est-à-dire à proximité de l'anus], de sorte que le contenu intestinal sorte par un seul orifice.
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר הוּא דְּהָדְרִי וְעָרְבִי, הַיְינוּ דְּקָתָנֵי ״עַד כְּאֶצְבַּע״, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר אַף עַל גַּב דְּלָא הָדְרִי וְעָרְבִי, מַאי ״עַד כְּאֶצְבַּע״? עַד כְּאֶצְבַּע מִלְּמַטָּה.
§ La michna [précédente] mentionne : Rabbi Yehouda dit : Si le duvet qui couvre son corps a été arraché [à un oiseau], c'est une terefa [comme un animal dont on a retiré la peau]. À ce sujet, Rabbi Yo'hanan dit : Rabbi Yehouda et Rabbi Ichmaël ont dit la même chose. Rabbi Yehouda — c'est ce que nous venons d'apprendre ici. Rabbi Ichmaël est d'accord [comme on le voit de ce que] nous avons appris dans une baraïta : Rabbi Ichmaël dit : Le duvet se joint à la chair [de l'oiseau] pour former un volume de la taille d'une olive [ke-zayt] à l'égard du piggoul [l'offrande rendue invalide par une intention de la consommer hors-délai ou hors-lieu]. Si un kohen [prêtre] pince la nuque d'un oiseau [mélika] avec l'intention de consommer ensemble la chair et le duvet au-delà du temps permis, l'offrande est rendue piggoul. Il est donc évident que Rabbi Ichmaël, tout comme Rabbi Yehouda, estime que le duvet d'un oiseau est comparable à la peau d'un animal.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם נִיטְּלָה הַנּוֹצָה – פְּסוּלָה. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל אָמְרוּ דָּבָר אֶחָד. רַבִּי יְהוּדָה – הָא דַּאֲמַרַן, רַבִּי יִשְׁמָעֵאל – דִּתְנַן: רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: הַנּוֹצָה מִצְטָרֶפֶת.
Rava dit : Peut-être n'est-ce pas le cas [et ils ne sont pas d'accord]. Peut-être Rabbi Yehouda dit-il que le duvet est comme la peau d'un animal uniquement à l'égard de la terefa [car lorsque le duvet est arraché, rien ne protège l'oiseau et sa vie est en danger] ; mais à l'égard du piggoul, il se range à l'opinion des Sages [qui estiment que le duvet n'est pas traité comme la peau d'un animal, car le piggoul ne s'applique qu'à une intention de consommer quelque chose qui se mange normalement]. Et peut-être Rabbi Ichmaël dit-il cela uniquement à l'égard du piggoul [car il estime que le duvet est effectivement comestible] ; mais à l'égard de la terefa, il estime que le duvet ne protège pas l'oiseau [et que son arrachement ne met pas sa vie en danger].
אָמַר רָבָא: דִּילְמָא לָא הִיא, עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי יְהוּדָה הָכָא אֶלָּא לְעִנְיַן טְרֵפָה, דְּלֵיכָּא מִידֵּי דְּמַגֵּין עֲלֵיהּ, אֲבָל לְעִנְיַן אִיפַּגּוֹלֵי – כְּרַבָּנַן סְבִירָא לֵיהּ, וְעַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל הָתָם אֶלָּא לְעִנְיַן אִיפַּגּוֹלֵי, אֲבָל לְעִנְיַן טְרֵפָה – אַגּוֹנֵי לָא מַגֵּין.
Chullin 58b
100%
חולין נ״ח במַסֶּכֶת חוּלִּין