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Traité Chullin

56b

Étude de Chullin 56b

Étude de la Mishna & Guémara 56b

[Rav A'ha bar Ya'akov inspectait la membrane du cerveau] en faisant glisser un brin de paille de blé [gila de-hiteta] sur la membrane pour voir si il s'accrocherait à une perforation.
בְּגִילָא דְּחִיטְּתָא.
Rav Cheizvi dit : Nos oies [avazei didan] sont considérées comme des volailles d'eau. Si le crâne d'une oie est fracturé, même si la membrane n'a pas été perforée, elle est terefa.
אָמַר רַב שֵׁיזְבִי: הָנֵי אֲוָוזֵי דִּידַן כְּעוֹף שֶׁל מַיִם דָּמְיָין.
§ La Michna enseigne : Dans un cas où la volaille est tombée dans le feu et que ses entrailles ont été roussies, si elles ont viré au vert elles sont inaptes [et la volaille est terefa] ; si elles sont rouges la volaille est cachère. À ce sujet, Rabbi Yo'hanan dit au nom de Rabbi Yossi ben Yehochou'a : La mesure [shiour] à partir de laquelle leur verdissement [les rend tereFa] est comme la mesure à partir de laquelle leur perforation [les rendrait tereFa]. De même que leur perforation dans le moindre volume [bemashehou] les rend terefa, de même leur verdissement dans le moindre volume les rend terefa.
נָפְלָה לָאוּר, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי בֶּן יְהוֹשֻׁעַ: שִׁיעוּר יְרוּקָּתָן כְּשִׁיעוּר נְקוּבָתָן, מָה נְקוּבָתָן בְּמַשֶּׁהוּ – אַף יְרוּקָּתָן בְּמַשֶּׁהוּ.
Rav Yossef, fils de Rabbi Yehochou'a ben Lévi, demanda à Rabbi Yehochou'a ben Lévi : Si le foie [kaved] a verdi du côté qui fait face aux intestins [bné méa'yim], quelle est la halakha ? Rabbi Yehochou'a ben Lévi lui dit : La volaille est terefa. Rav Yossef lui dit : Mais cette halakha ne devrait pas être plus sévère que le cas où le foie a été retiré et qu'il en reste [au moins] un volume d'une olive [voir 54a], auquel cas la volaille est cachère. Donc, tant qu'il reste un volume d'une olive en bon état [rouge], la volaille devrait être cachère. Rava dit : Puisque le foie a verdi du côté des intestins, c'est la preuve certaine que la volaille est tombée dans le feu et que les intestins eux-mêmes ont été roussis — et c'est pourquoi la bête est terefa, non pas en raison du foie en lui-même.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַב יוֹסֵף בְּרֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מֵרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הוֹרִיקָה כָּבֵד כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: טְרֵפָה. וְלֹא יְהֵא אֶלָּא נִיטְּלָה! אָמַר רָבָא: כֵּיוָן שֶׁהוֹרִיקָה כָּבֵד כְּנֶגֶד בְּנֵי מֵעַיִים – בְּיָדוּעַ שֶׁנָּפְלָה לָאוּר, וְנֶחְמְרוּ בְּנֵי מֵעַיִים, וּטְרֵפָה.
La Guemara rapporte : Rabbi Yehochou'a ben Lévi avait une certaine poule qui était tombée dans le feu. Après son abattage, il l'envoya devant le distingué [berivi] Rabbi El'azar HaKappar, et il lui dit : Ses entrailles étaient vertes [les intestins avaient verdi]. Et Rabbi El'azar HaKappar la déclara cachère. Rabbi Yehochou'a ben Lévi lui demanda : Mais n'avons-nous pas appris dans la MISHNA : « Si elles ont viré au vert, elles sont inaptes » ? Rabbi El'azar HaKappar lui dit : Les Sages n'ont dit que les entrailles vertes les rendent inaptes que pour ce qui concerne le gésier [kourkévan], le cœur [lev] et le foie [kaved], qui sont naturellement rouges. [Les autres entrailles d'une poule, comme les intestins, sont naturellement vertes, et leur couleur verte ne rend pas la poule terefa.] La Guemara note : Cela est également enseigné dans une baraïta : Concernant quelles entrailles ont-ils dit que la couleur verte rend la volaille terefa ? Seulement concernant le gésier, le cœur et le foie.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי הַוְיָא לֵיהּ הָהִיא תַּרְנְגוֹלְתָּא, שַׁדְּרֵיהּ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אֶלְעָזָר הַקַּפָּר בְּרִיבִּי, אֲמַר לֵיהּ: יְרוּקִּין הֲווֹ, וְאַכְשְׁרַהּ. וְהָאֲנַן תְּנַן: ״יְרוּקִּין פְּסוּלִין״! לֹא אָמְרוּ ״יְרוּקִּין פְּסוּלִין״ אֶלָּא בַּקּוּרְקְבָן, בַּלֵּב וּבַכָּבֵד. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: בְּאֵלּוּ בְּנֵי מֵעַיִים אָמְרוּ – בַּקּוּרְקְבָן, בַּלֵּב וּבַכָּבֵד.
La Guemara rapporte : Rabbi Yits'hak bar Yossef avait une certaine poule qui était tombée dans le feu. Après son abattage, il l'envoya devant Rabbi Abbahou, et lui dit : Ses entrailles étaient rouges [les intestins avaient rougi, alors qu'ils sont naturellement verts], et Rabbi [El'azar HaKappar — selon la leçon du texte] la déclara terefa. Rabbi Yits'hak bar Yossef lui demanda : Mais n'avons-nous pas appris dans la MISHNA : « Si elles sont rouges, la volaille est cachère » ? Rabbi Abbahou lui dit : Des entrailles rouges qui ont verdi [les organes naturellement rouges qui sont devenus verts], et des entrailles vertes qui ont rougi [les organes naturellement verts qui sont devenus rouges][dans les deux cas] la bête est terefa. Les Sages n'ont dit dans la Michna que les entrailles rouges sont cachères que concernant le cœur, le gésier et le foie, car ce sont eux qui sont naturellement rouges. En revanche, les organes naturellement verts rendent la volaille terefa s'ils ont rougi.
רַבִּי יִצְחָק בַּר יוֹסֵף הֲוָה לֵיהּ הָהִוא תַּרְנְגוֹלְתָּא, שַׁדְּרַהּ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אֲבָהוּ, וַאֲמַר לֵיהּ: אֲדוּמִּין הֲווֹ וּטְרֵפָה. וְהָאֲנַן תְּנַן: ״אֲדוּמִּין כְּשֵׁרִים״! אֲמַר לֵיהּ: אֲדוּמִּין שֶׁהוֹרִיקוּ וִירוּקִּין שֶׁהֶאֱדִימוּ – טְרֵפָה, לֹא אָמְרוּ ״אֲדוּמִּין כְּשֵׁרִים״ אֶלָּא בַּלֵּב בַּקּוּרְקְבָן וּבַכָּבֵד.
Rav Chmouel bar Hiyya dit au nom de Rabbi Mani : Si des organes rouges [naturellement] ont verdi, et qu'on les a fait cuire à l'eau bouillante [chelaktan] et qu'ils ont re-rougi, ils sont cachères. Quelle est la raison ? [C'est la preuve que] de la fumée [koutra] était entrée [temporairement] en eux [et avait changé leur couleur], et qu'elle s'en est maintenant allée sous l'effet de l'eau bouillante. Rav Na'hman bar Yits'hak dit : Nous aussi nous dirons [un principe similaire dans l'autre sens] : Si des organes rouges [naturellement] n'avaient pas verdi [après la chute dans le feu], et qu'on les a fait cuire à l'eau bouillante et qu'ils ont alors verdi, la bête est terefa. Quelle est la raison ? Leur honte [c'est-à-dire la preuve de leur brûlure] a été révélée par la cuisson. Rav Achi dit : Par conséquent, même si les entrailles d'une volaille restent rouges après qu'elle est tombée dans un feu, une personne ne devrait les manger qu'après cuisson, pour être certain que les entrailles ne verdiront pas. La Guemara rejette cela : Mais ce n'est pas ainsi [qu'on doit statuer], car nous ne présumons pas l'existence d'un défaut [ré'outa] sans preuve évidente.
אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר חִיָּיא אָמַר רַבִּי מָנִי: אֲדוּמִּין שֶׁהוֹרִיקוּ וּשְׁלָקָן וְחָזְרוּ וְהֶאֱדִימוּ – כְּשֵׁרִין, מַאי טַעְמָא? קוּטְרָא עָיֵיל בְּהוּ. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אַף אָנוּ נֹאמַר, אֲדוּמִּין שֶׁלֹּא הוֹרִיקוּ וּשְׁלָקָן וְהוֹרִיקוּ – טְרֵפָה, מַאי טַעְמָא? אִיגַּלַּאי בַּהְתַּיְיהוּ. אָמַר רַב אָשֵׁי: הִלְכָּךְ לָא לֵיכוֹל אִינָשׁ אֶלָּא בְּשִׁלְקָא. וְלָא הִיא, אַחְזוֹקֵי רֵיעוּתָא לָא מַחְזְקִינַן.
§ La Michna enseigne : Si quelqu'un a piétiné la volaille, ou l'a cognée contre un mur [ou si une bête l'a écrasée]. À ce sujet, Rabbi El'azar ben Antigonus dit au nom de Rabbi El'azar, fils de Rabbi Yannaï : L'une et l'autre [toutes les situations mentionnées], elles nécessitent une inspection après l'abattage, pour s'assurer qu'il n'y a aucune blessure qui rendrait l'animal terefa de son propre chef.
דְּרָסָהּ וּטְרָפָהּ בַּכּוֹתֶל. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן אַנְטִיגְנוֹס מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי יַנַּאי: אַחַת זוֹ וְאַחַת זוֹ צְרִיכָה בְּדִיקָה.
Mishna 1
MICHNA : Et voici les [cas] cachères parmi les volailles : [1] Si le conduit laryngé [gargeret, la trachée] de la volaille a été perforé ou fendu sur sa longueur [nisdaka] ; [2] ou si une belette a frappé la volaille sur la tête à un endroit qui ne la rend pas terefa [car la membrane du cerveau n'est pas en danger] ; [3] ou si le jabot [zéfek] a été perforé. Rabbi [Yehouda HaNassi] dit : Elle est cachère même si le jabot a été retiré en entier. [4] Si les intestins de la volaille ont émergé de la paroi abdominale mais n'ont pas été perforés [la volaille est cachère] ; [5] ou si ses ailes ont été fracturées ; [6] ou si ses pattes ont été fracturées ; [7] ou si les plumes [notsa] de ses ailes ont été arrachées — la volaille est cachère. Rabbi Yehouda dit : Si le duvet [qui recouvre son corps, la notsa fine contre la chair] a été arraché, elle est terefa et impropre à la consommation.
מַתְנִי׳ וְאֵלּוּ כְּשֵׁרוֹת בָּעוֹף: נִיקְּבָה הַגַּרְגֶּרֶת, אוֹ שֶׁנִּסְדְּקָה, הִכְּתָה חוּלְדָּה עַל רֹאשָׁהּ מָקוֹם שֶׁאֵינוֹ עוֹשֶׂה אוֹתָהּ טְרֵפָה, נִיקַּב הַזֶּפֶק, רַבִּי אוֹמֵר: אֲפִילּוּ נִיטַּל, יָצְאוּ בְּנֵי מֵעֶיהָ וְלֹא נִיקְּבוּ, נִשְׁתַּבְּרוּ גַּפֶּיהָ, נִשְׁתַּבְּרוּ רַגְלֶיהָ, נִמְרְטוּ כְּנָפֶיהָ, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם נִטְּלָה הַנּוֹצָה פְּסוּלָה.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Les Sages ont enseigné dans une baraïta : Il y eut un incident impliquant Rabbi Simaï et Rabbi Tsadok, qui étaient partis intercaler l'année [à Lod, pour le calendrier], et ils passèrent le Chabbat à Ono [une localité]. Et ils statuèrent concernant un animal dont la matrice [tarpakhat, le propre sens de « vulve-utérus »] avait été retirée, en accord avec l'opinion de Rabbi [Yehouda HaNassi] dans la Michna concernant le jabot [c'est-à-dire, en le déclarant cachère, puisque Rabbi permet même l'ablation du jabot].
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי סִימַאי וְרַבִּי צָדוֹק שֶׁהָלְכוּ לְעַבֵּר שָׁנָה בְּלוֹד, וְשָׁבְתוּ בְּאוֹנוֹ, וְהוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת כְּרַבִּי בְּזֶפֶק.
Un problème fut soulevé devant les Sages : Quelle est la signification de la baraïta ? Fait-elle allusion à deux décisions distinctes — c'est-à-dire que Rabbi Simaï et Rabbi Tsadok ont d'une part statué que l'ablation de la matrice était interdite [passoul], et d'autre part statué en accord avec Rabbi concernant le jabot qu'elle était permise ? Ou bien peut-être s'agit-il d'une seule décision, c'est-à-dire qu'ils ont statué que l'ablation de la matrice était permise, en accord avec l'opinion de Rabbi concernant le jabot — mais ils ne partagent pas pour autant l'opinion de Rabbi concernant le jabot lui-même ? La Guemara conclut : Le problème reste sans résolution [téïkou].
אִיבַּעְיָא לְהוּ: הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְאִיסּוּרָא, כְּרַבִּי בְּזֶפֶק לְהֶתֵּירָא? אוֹ דִילְמָא: הוֹרוּ בְּטַרְפַּחַת לְהֶתֵּירָא כְּרַבִּי בְּזֶפֶק, אֲבָל כְּרַבִּי בְּזֶפֶק לָא סְבִירָא לְהוּ? תֵּיקוּ.
Rabba dit — et certains disent que c'est Rabbi Yehochou'a ben Lévi qui dit : Le toit du jabot [gago chel zéfek, c'est-à-dire sa partie supérieure qui s'étend avec le gosier] est traité comme l'œsophage [vechet] : il rend la volaille terefa s'il est perforé, même dans le moindre volume. La Guemara demande : Où se trouve le « toit » du jabot ? Rav Beïvaï bar Abayé dit : C'est toute la partie du jabot qui s'étire avec le gosier [c'est-à-dire la jonction entre le jabot et l'œsophage, qui partage la fragilité de ce dernier].
אָמַר רַבָּה, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: גַּגּוֹ שֶׁל זֶפֶק נִידּוֹן כְּוֶושֶׁט. הֵיכָא? אָמַר רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי: כֹּל שֶׁנִּמְתָּח עִמּוֹ.
Chullin 56b
100%
חולין נ״ו במַסֶּכֶת חוּלִּין