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Traité Chullin

56a

Étude de Chullin 56a

Étude de la Mishna & Guémara 56a

[La baraïta citée à la fin de la page précédente enseigne :] y compris la peau [qui recouvre] la maison de la honte [c'est-à-dire la vulve de la femelle], la halakha est identique [à celle des autres parties de l'animal listé dans la baraïta] : si [l'officiant sacrificiel] a accompli les rites [de l'offrande] avec l'intention de brûler l'une d'elles en dehors de son lieu désigné [חוץ למקומו], l'offrande est inapte [passoul], mais il n'y a pas d'obligation de karet [retranchement] pour celui qui en mangerait. Si, en revanche, il a eu l'intention de la brûler après son temps désigné [חוץ לזמנו], cela rend [l'offrande] piggoul [une abomination de par une intention de consommation hors délai], et [celui qui en mange] encourt le karet. [Cette baraïta indique que seul Rabbi Chimon considère la peau des sabots comme identique à la chair, et que les Sages sont en désaccord, comme l'a déclaré Rabbi Yo'hanan.]
לְהָבִיא עוֹר בֵּית הַבּוֹשֶׁת חוּץ לִמְקוֹמוֹ פָּסוּל וְאֵין בּוֹ כָּרֵת, חוּץ לִזְמַנּוֹ פִּיגּוּל וְחַיָּיבִים עָלָיו כָּרֵת.
Mishna 1
MICHNA : Et voici les [cas de bêtes rendues] terefa [impropres à la consommation] chez les volailles [of] : [1] une [volaille] dont l'œsophage [vechet] a été perforé ; [2] ou dont le conduit laryngé [gargeret, c'est-à-dire la trachée] a été sectionné sur toute sa largeur [pésoukat ha-gargeret] ; [3] ou si une belette [choulda] a frappé la volaille sur la tête à un endroit qui la rend terefa [car on craint que la membrane du cerveau ait été percée] ; [4] ou si le gésier [kourkévan] a été perforé ; [5] ou si les intestins grêles [dakkin] ont été perforés. Dans un cas où la volaille est tombée dans le feu et que ses entrailles ont été roussies [ne'hmrou] : si elles ont viré au vert — elles sont inaptes et la volaille est terefa ; si elles sont restées rouges — la volaille est cachère. [De même :] si quelqu'un a piétiné la volaille, ou l'a cognée contre un mur, ou si une bête l'a écrasée et qu'elle bat encore des ailes [en convulsions], [elle est terefa] car ses membres ont été fracassés. Mais si la volaille a survécu vingt-quatre heures [mé'et le'et] et qu'on l'a abattue [après ce délai], elle est cachère.
מַתְנִי׳ וְאֵלּוּ טְרֵפוֹת בָּעוֹף: נְקוּבַת הַוֶּושֶׁט, וּפְסוּקַת הַגַּרְגֶּרֶת, הִכְּתָה חוּלְדָּה עַל רֹאשָׁהּ מָקוֹם שֶׁעוֹשֶׂה אוֹתָהּ טְרֵפָה, נִיקַּב הַקּוּרְקְבָן, נִיקְּבוּ הַדַּקִּין, נָפְלָה לָאוּר וְנֶחְמְרוּ בְּנֵי מֵעֶיהָ, אִם יְרוּקִּים – פְּסוּלִים, אִם אֲדוּמִּים – כְּשֵׁרִים. דְּרָסָהּ וּטְרָפָהּ בַּכּוֹתֶל אוֹ שֶׁרִיצְּצַתָּה בְּהֵמָה וּמְפַרְכֶּסֶת, וְשָׁהֲתָה מֵעֵת לְעֵת וּשְׁחָטָהּ – כְּשֵׁרָה.(משנה)
Guémara
GUEMARA : [La Michna mentionne qu'une belette ayant frappé la volaille sur la tête la rend potentiellement terefa. Les Amoraïm s'interrogent sur la procédure de vérification :] Rav, Chmouel et Lévi disent [tous les trois] : Comment inspecte-t-on la membrane [du cerveau] ? Après l'abattage, on introduit la main dans la bouche de la volaille, on pousse le tissu nerveux [le cerveau] avec le doigt et on examine. Si le tissu nerveux jaillit [mévatsév'ets] et remonte [par le trou du crâne], la bête est terefa — car cela prouve que la membrane a été percée, laissant passer le tissu nerveux. Et si tel n'est pas le cas [si le tissu ne sort pas], la bête est cachère.
גְּמָ׳ רַב וּשְׁמוּאֵל וְלֵוִי דְּאָמְרִי: מַכְנִיס יָדוֹ לִפְנִים וּבוֹדֵק, אִם מְבַצְבֵּץ וְעוֹלֶה – טְרֵפָה, וְאִם לָאו – כְּשֵׁרָה.
La Guemara interroge : Cela va bien [Hanikha] selon celui qui dit [45a] que la bête n'est terefa que si la membrane interne [kerom tata'a] est également perforée — dans ce cas, si le tissu nerveux ne ressort pas, on est sûr que les deux membranes sont intactes. Mais selon celui qui dit que [même si seule] la membrane externe [kerom ila'a] a été perforée — même si la membrane interne n'a pas été perforée — la bête est terefa, comment peut-on se fier à cette inspection ? Craignons en effet que la membrane externe soit percée sans que la membrane interne ne le soit — auquel cas la bête est terefa même si le tissu nerveux ne ressort pas. La Guemara répond : Si la membrane externe a été percée, la membrane interne se déchirera inévitablement en raison de sa fragilité [rookhé], permettant au tissu nerveux de s'échapper. Si le tissu ne sort pas, c'est la preuve certaine que la membrane externe est elle aussi intacte.
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר עַד דְּמִנְּקִיב קְרָמָא תַּתָּאָה, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר אִינְּקִיב עִילָּאָה אַף עַל גַּב דְּלָא אִינְּקִיב תַּתָּאָה, נֵיחוּשׁ דִּלְמָא עִילָּאָה אִינְּקִיב תַּתָּאָה לָא אִינְּקִיב? אִי אִיתָא דְּאִינְּקִיב עִילָּאָה, תַּתָּאָה אַגַּב רוּכְּכֵיהּ מִיפְקָע פָּקַע.
Ze'iri dit : Il n'y a pas d'inspection efficace [ein bedika] pour une volaille mordue à la tête par une belette, car les dents de la belette sont si fines [dakot] que même si elles percent la membrane, le tissu nerveux ne ressortira pas par les perforations. La Guemara demande : Et si ses dents sont fines, en quoi est-ce problématique ? [Ne peut-on pas admettre qu'au moins] une petite quantité [du tissu] ressortirait par la perforation ? Rav Ochéya dit : Il n'y a pas d'inspection [efficace] car ses dents sont fines et recourbées [akouimot]. [Le trou dans le crâne ne se superpose pas à la perforation dans la membrane,] de sorte que rien ne peut s'échapper.
אָמַר זְעֵירִי: אֵין בְּדִיקָה לְחוּלְדָּה, מִפְּנֵי שֶׁשִּׁינֶּיהָ דַּקּוֹת. וְכִי שִׁינֶּיהָ דַּקּוֹת מַאי הָוֵי? אָמַר רַב אוֹשַׁעְיָא: מִפְּנֵי שֶׁשִּׁינֶּיהָ דַּקּוֹת וַעֲקוּמּוֹת.
La Guemara rapporte : Lorsque Ze'iri [revenu à Babylone, puis reparti] monta à Nehardéa [ville de Babylonie], il leur envoya un message [aux Sages qui l'avaient entendu la première fois] : Les propos que j'ai tenus devant vous sont une erreur de ma part [ta'out hen beyadi]. Or voici ce qu'ils ont transmis au nom de Rabbi Chimon ben Lakich : On peut inspecter [une volaille mordue à la tête par] une belette avec la main [en pressant le tissu nerveux], mais non avec un clou [masmer]. [On ne doit pas faire glisser la pointe d'un clou sur la surface de la membrane pour voir si elle s'accroche à une perforation, car le clou lui-même risque de percer la membrane.] Et Rabbi Yo'hanan dit : On peut même inspecter avec un clou.
כִּי סְלֵיק לִנְהַרְדְּעָא, שְׁלַח לְהוּ: דְּבָרִים שֶׁאָמַרְתִּי לִפְנֵיכֶם טָעוּת הֵן בְּיָדִי, בְּרַם כָּךְ אָמְרוּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: בּוֹדְקִין לְחוּלְדָּה בַּיָּד, אֲבָל לֹא בְּמַסְמֵר, וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אַף בְּמַסְמֵר.
La Guemara note : Et ce désaccord se retrouve également dans la dispute entre Rabbi Yehouda et Rabbi Ne'hémia [deux Amoraïm] : l'un inspectait [la membrane] avec la main, et l'autre l'inspectait avec une aiguille [ma'hata]. Celui qui inspectait avec la main dit à celui qui inspectait avec l'aiguille : Jusqu'à quand vas-tu dilapider l'argent du peuple d'Israël [en les amenant à jeter de la viande cachère] ? [Car] parfois l'aiguille elle-même perfore une membrane qui était initialement intacte [et la viande est alors déclarée à tort terefa]. Celui qui inspectait avec l'aiguille dit à celui qui inspectait avec la main : Jusqu'à quand vas-tu nourrir le peuple d'Israël de charogne [névélot] ?
וּבִפְלוּגְתָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי נְחֶמְיָה, חַד בָּדֵיק בִּידָא, וְחַד בָּדֵיק בְּמַחְטָא. מַאן דְּבָדֵיק בִּידָא אָמַר לֵיהּ לְמַאן דְּבָדֵיק בְּמַחְטָא: עַד מָתַי אַתָּה מְכַלֶּה מָמוֹנָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל? אָמַר לֵיהּ מַאן דְּבָדֵיק בְּמַחְטָא לְמַאן דְּבָדֵיק בִּידָא: עַד מָתַי אַתָּה מַאֲכִיל לְיִשְׂרָאֵל נְבֵלוֹת?
La Guemara s'étonne : De la charogne [névélot] ? Mais c'est un animal abattu [che'houta] ! Même si elle est interdite, c'est une terefa, pas une charogne [qui désigne une bête morte sans abattage rituel]. Plutôt, [il faut lire que] celui qui inspectait avec l'aiguille a dit : Jusqu'à quand vas-tu nourrir le peuple d'Israël de tereFot [viandes interdites parce que mortellement blessées] ? — car peut-être la membrane du cerveau était percée [et l'inspection manuelle insuffisante pour le détecter].
נְבֵלוֹת? וְהָא שְׁחוּטָה הִיא! אֶלָּא טְרֵפוֹת, שֶׁמָּא נִיקַּב קְרוּם שֶׁל מוֹחַ.
La Guemara établit : Il peut être conclu [tista'yem] que c'est Rabbi Yehouda qui inspectait avec la main, car il est enseigné dans une baraïta : Rabbi Chimon ben El'azar dit au nom de Rabbi Yehouda : On peut inspecter une volaille [mordue à la tête par une belette] avec la main, mais non avec un clou. La baraïta poursuit : Si l'os du crâne a été brisé [nichbar ha-etsem], même si la membrane du cerveau n'a pas été perforée, la bête est terefa. La Guemara affirme : En effet, il peut être conclu que Rabbi Yehouda ne permet l'inspection que par la main.
תִּסְתַּיֵּים דְּרַבִּי יְהוּדָה הוּא דְּבָדֵיק בִּידָא, דְּתַנְיָא: רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה: בּוֹדְקִין לְחוּלְדָּה בַּיָּד, אֲבָל לֹא בְּמַסְמֵר. נִשְׁבַּר הָעֶצֶם, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא נִיקַּב קְרוּם שֶׁל מוֹחַ – תִּסְתַּיֵּים.
La Guemara objecte : Cette [baraïta] est elle-même difficile [contradictoire en elle-même]. Tu as dit [au début] : On peut inspecter [une volaille mordue par] une belette avec la main, mais non avec un clou — cela indique apparemment qu'il existe une procédure d'inspection efficace. Mais ensuite la baraïta enseigne : Si l'os du crâne a été brisé, même si la membrane du cerveau n'a pas été perforée [la bête est terefa] — cela indique apparemment qu'il n'existe pas d'inspection [car vérifier la perforation serait inutile si la fracture seule suffit]. La Guemara répond : Dans cette dernière clause, il est question d'une volaille d'eau [of chel mayim], qui ne peut pas être inspectée, car elle n'a pas de membrane. La Guemara précise : Peut-il vous venir à l'idée qu'elle n'ait vraiment aucune membrane ? On peut voir qu'elle en a une ! Plutôt, la réponse est : Puisque sa membrane est fragile [rakh], [elle se déchire immanquablement lorsque l'os est brisé].
הָא גוּפַאּ קַשְׁיָא, אָמְרַתְּ: בּוֹדְקִין לְחוּלְדָּה בַּיָּד אֲבָל לֹא בְּמַסְמֵר. אַלְמָא אִית לֵיהּ בְּדִיקוּתָא, וַהֲדַר תָּנֵי: נִשְׁבַּר הָעֶצֶם אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא נִיקַּב קְרוּם שֶׁל מוֹחַ. אַלְמָא לֵית לֵיהּ בְּדִיקוּתָא! סֵיפָא אֲתָאן לְעוֹף שֶׁל מַיִם, הוֹאִיל וְאֵין לוֹ קְרוּם. אֵין לוֹ קְרוּם סָלְקָא דַּעְתָּךְ? אֶלָּא, הוֹאִיל וּקְרוּמוֹ רַךְ.
De même, la Guemara rapporte : Rav Na'hman dit à Rav Anan : Le Maître [Rav Anan] m'a dit que Chmouel inspecte [une volaille mordue à la tête par une belette] avec la main et la déclare cachère [si la membrane n'est pas percée], et notre collègue Rav Houna a aussi dit que Rav inspecte avec la main et la déclare cachère. Mais Lévi n'enseigne-t-il pas : Les tereFot que les Sages ont énumérées pour les bêtes [be'hema] s'appliquent également aux volailles, et en plus de celles-là, une volaille est terefa si l'os du crâne est brisé, même si la membrane du cerveau n'a pas été perforée ? Si cela est vrai, comment peut-on permettre une volaille par inspection ? Rav Anan lui dit : Cette baraïta parle d'une volaille d'eau, qui ne peut pas être inspectée car elle n'a pas de membrane. La Guemara précise : Peut-il vous venir à l'idée qu'elle n'ait aucune membrane ? Plutôt : Puisque sa membrane est fragile.
אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן לְרַב עָנָן: מָר אָמַר שְׁמוּאֵל בָּדֵיק בִּידָא וּמַכְשַׁר, וְהוּנָא חַבְרִין אָמַר רַב בָּדֵיק בִּידָא וּמַכְשַׁר. וְהָתָנֵי לֵוִי: טְרֵפוֹת שֶׁמָּנוּ חֲכָמִים בִּבְהֵמָה – כְּנֶגְדָּן בָּעוֹף, יָתֵר עֲלֵיהֶן עוֹף – נִשְׁבַּר הָעֶצֶם אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא נִיקַּב קְרוּם שֶׁל מוֹחַ? אֲמַר לֵיהּ: הָהוּא בְּעוֹף שֶׁל מַיִם, הוֹאִיל וְאֵין לוֹ קְרוּם. אֵין לוֹ קְרוּם סָלְקָא דַּעְתָּךְ? אֶלָּא, הוֹאִיל וּקְרוּמוֹ רַךְ.
De même, la Guemara rapporte : Il y avait une certaine poule [dans la maison] de Rav Hana dont le crâne avait été blessé [par une belette]. Il l'envoya devant Rav Mattana, qui l'inspecta et constata que l'os du crâne était brisé mais que la membrane du cerveau n'avait pas été perforée, et il la déclara cachère. Rav Hana lui dit : Mais Lévi n'enseigne-t-il pas : Les tereFot que les Sages ont énumérées pour les bêtes s'appliquent également aux volailles, et en plus de celles-là, une volaille est terefa si l'os du crâne est brisé, même si la membrane du cerveau n'a pas été perforée ? Rav Mattana lui dit : Cette baraïta parle d'une volaille d'eau, qui ne peut pas être inspectée car elle n'a pas de membrane. La Guemara précise : Peut-il vous venir à l'idée qu'elle n'ait aucune membrane ? Dites plutôt : Puisque sa membrane est fragile.
הָהִיא תַּרְנְגוֹלְתָּא דַּהֲוַאי בֵּי רַב חָנָא, שַׁדְּרַהּ לְקַמֵּיהּ דְּרַב מַתְנָא. נִשְׁבַּר הָעֶצֶם וְלֹא נִיקַּב קְרוּם שֶׁל מוֹחַ הֲוַאי, וְאַכְשְׁרַהּ. אֲמַר לֵיהּ: וְהָתָנֵי לֵוִי: טְרֵפוֹת שֶׁמָּנוּ חֲכָמִים בִּבְהֵמָה כְּנֶגְדָּן בָּעוֹף, יָתֵר עֲלֵיהֶן עוֹף – נִשְׁבַּר הָעֶצֶם אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא נִיקַּב קְרוּם שֶׁל מוֹחַ! אֲמַר לֵיהּ: הָתָם בְּעוֹף שֶׁל מַיִם, הוֹאִיל וְאֵין לוֹ קְרוּם. אֵין לוֹ קְרוּם סָלְקָא דַּעְתָּךְ? אֶלָּא אֵימָא: הוֹאִיל וּקְרוּמוֹ רַךְ.
Chullin 56a
100%
חולין נ״ו אמַסֶּכֶת חוּלִּין