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Traité Chullin

43b

Étude de Chullin 43b

Étude de la Guémara 43b

Guémara
[Continuation de la Guemara précédente :] La Guemara répond [à la question sur l'utilité pratique d'inspecter l'œsophage depuis l'intérieur] : [Ce principe est utile] pour [le cas d'] un doute de griffure [sefek droussah]. [Si l'on soupçonne qu'un prédateur a griffé l'animal, l'œsophage devrait être vérifié. Puisque la couche externe est déjà rouge, seule une inspection de l'intérieur blanc permet de détecter une coloration anormale due au venin.]
לִסְפֵק דְּרוּסָה.
La Guemara raconte : Un certain animal pour lequel il y avait un doute de griffure [sefek droussah] vint devant Rabba [pour examen]. Rabba était en train d'inspecter l'œsophage depuis l'extérieur. Abayé lui dit : Mais n'est-ce pas vous, Maître, qui avez dit : L'œsophage ne peut être inspecté que depuis l'intérieur [pas depuis l'extérieur] ! Rabba retourna l'œsophage et l'inspecta depuis l'intérieur — et l'on y trouva deux gouttelettes [kourtei] de sang [signe de perforation par les griffes du prédateur], et il déclara [l'animal] terefa [à cause de la griffure]. Et la Guemara note : Rabba aussi ne voulait [en examinant depuis l'extérieur] qu'aiguiser [l'esprit d'] Abayé [en l'incitant à lui poser la question] — il n'avait pas oublié son propre enseignement.
הָהִיא סְפֵק דְּרוּסָה דַּאֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַבָּה, הֲוָה קָא בָּדֵיק לֵיהּ רַבָּה לְוֶושֶׁט מֵאַבָּרַאי. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְהָא מָר הוּא דְּאָמַר: וֶושֶׁט אֵין לוֹ בְּדִיקָה אֶלָּא מִבִּפְנִים! אַפְכֵיהּ רַבָּה וּבַדְקֵיהּ, וְאִישְׁתְּכַח עֲלֵיהּ תְּרֵי קוּרְטֵי דְּמָא, וְטַרְפַהּ. וְרַבָּה נָמֵי לְחַדּוֹדֵי לְאַבָּיֵי הוּא דְּבָעֵי.
Oulla dit : Si une épine s'est fichée dans l'œsophage de l'animal [sans perforer la couche externe visible], on ne craint pas [qu'il soit possible] qu'elle [ait perforé la couche externe] avant [et que la perforation] ait guéri [et soit recouverte d'une croûte cicatricielle — kerum she'alah meh'hamat makah — car une telle cicatrice ne compte pas comme membrane, ainsi que Rabba l'a enseigné, et l'animal serait terefa]. Plutôt, on présume que l'épine n'a jamais perforé la couche externe et l'animal est casher.
אָמַר עוּלָּא: יָשַׁב לוֹ קוֹץ בַּוֶּושֶׁט, אֵין חוֹשְׁשִׁין שֶׁמָּא הִבְרִיא.
[La Guemara fournit un moyen mnémotechnique pour les questions suivantes concernant l'enseignement d'Oulla :] Griffé — morceaux — couteau — impur [rituellement] — moyen mnémotechnique.
(דָּרַס חֲתִיכוֹת בְּסַכִּין טְמֵאָה, סִימָן)
La Guemara demande : Mais selon Oulla [qui juge casher l'animal avec une épine dans l'œsophage], en quoi ce cas est-il différent d'un doute de griffure [sefek droussah] — où l'animal doit être inspecté et ne peut pas être présumé casher ? La Guemara répond : Oulla soutient qu'on n'a pas à s'inquiéter [et à inspecter] d'un doute de griffure [— c'est-à-dire qu'Oulla considère qu'un simple doute de griffure n'impose pas de vérification].
וּלְעוּלָּא, מַאי שְׁנָא מִסְּפֵק דְּרוּסָה? קָסָבַר עוּלָּא אֵין חוֹשְׁשִׁין לִסְפֵק דְּרוּסָה.
La Guemara demande : Et en quoi ce cas est-il différent [du cas] de deux morceaux de graisse — l'un de graisse interdite [h'elev] et l'un de graisse permise [choumane][où si quelqu'un a mangé l'un sans savoir lequel, il doit apporter un sacrifice expiatoire conditionnel (acham taloy), ce qui prouve qu'on ne présume pas qu'une chose douteuse est permise] ? La Guemara répond : Là-bas, il existe une présomption d'interdiction [ith'hazek isoura — puisque l'un des deux morceaux est certainement interdit]. Ici [avec l'épine dans l'œsophage], il n'y a pas de présomption d'interdiction [— l'œsophage était initialement présumé intact, et une épine fichée sans trace de perforation actuelle ne crée pas de présomption d'interdiction].
וּמַאי שְׁנָא מִשְּׁתֵּי חֲתִיכוֹת, אַחַת שֶׁל חֵלֶב וְאַחַת שֶׁל שׁוּמָּן? הָתָם אִיתַּחְזַק אִיסּוּרָא.
La Guemara demande : En quoi ce cas est-il différent du cas de celui qui abat avec un couteau [préalablement vérifié comme intact] et [dont le couteau] s'avère ébréché après la che'hita ? Dans ce cas, on ne sait pas si l'ébréchure existait avant ou s'est produite pendant la che'hita [ce qui rendrait la che'hita invalide] — et pourtant l'animal est interdit [par précaution]. La Guemara répond : Là-bas, un défaut [reïouta] est apparu dans le couteau [— le couteau est actuellement ébréché, créant une présomption de problème antérieur]. Ici [avec l'épine], [la couche externe de l'œsophage est actuellement intacte], et on peut donc présumer qu'elle était intacte auparavant.
וּמַאי שְׁנָא מֵהַשּׁוֹחֵט בְּסַכִּין, וְנִמְצֵאת פְּגוּמָה? הָתָם אִיתְיְילִיד לַהּ רֵיעוּתָא בְּסַכִּין.
La Guemara demande : En quoi ce cas est-il différent d'un doute d'impureté rituelle dans un domaine privé [reshout haïah'id], dont le doute est traité comme impur [dans la halakha] ? La Guemara répond : Mais selon ton raisonnement, comparons-le plutôt à un doute d'impureté dans un domaine public [reshout harabim], dont le doute est traité comme pur [dans la halakha] ! Mais plutôt, là-bas [en ce qui concerne la présomption d'impureté dans le domaine privé et de pureté dans le domaine public], les Sages ont reçu cette halakha comme une tradition [hil'kheta gemiri lah] à partir de la halakha de la Sota [la femme soupçonnée d'adultère]. C'est donc une règle spécifique et on ne peut pas l'étendre à d'autres cas.
וּמַאי שְׁנָא מִסְּפֵק טוּמְאָה בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד, דִּסְפֵקוֹ טָמֵא? וְלִיטַעְמָיךְ, נִידַמְּיֵיהּ לִסְפֵק טוּמְאָה בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, דִּסְפֵקוֹ טָהוֹר! אֶלָּא הָתָם, הִלְכְתָא גְּמִירִי לַהּ מִסּוֹטָה.
La Guemara raconte : L'un des [Sages du] Collège Rabbinique [rabbanan] était assis devant Rav Kahana, et il siégeait et disait : [L'enseignement d'Oulla que l'animal est casher] a été formulé [seulement] dans le cas où [l'épine] a été trouvée [nimtzéet — loose, non fichée dans la paroi] — mais si [l'épine] était fichée [yachav — littéralement 'assise', enfoncée dans la paroi de l'œsophage], on doit s'en inquiéter [qu'elle ait perforé la couche externe et guéri]. Rav Kahana leur dit : Ne l'écoutez pas ! C'est le cas où [l'épine] était fichée [yachav] qui a été formulé [dans l'enseignement d'Oulla]. Mais dans le cas où [l'épine] a simplement été trouvée [à l'intérieur de l'œsophage sans y être fichée], Oulla n'avait pas besoin de le dire [que c'est casher], car tous les animaux qui vivent à l'état sauvage [baraïta — dehors] mangent des épines [et il est naturel d'en trouver dans leur gorge], et on ne présume pas qu'elles ont causé une blessure.
יָתֵיב הָהוּא מֵרַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַב כָּהֲנָא, וְיָתֵיב וְקָאָמַר: ״נִמְצֵאת״ אִתְּמַר, אֲבָל יָשַׁב – חָיְישִׁינַן. אֲמַר לְהוּ רַב כָּהֲנָא: לָא תְּצִיתוּ לֵיהּ, ״יָשַׁב״ אִיתְּמַר, אֲבָל נִמְצֵאת – לָא אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ לְעוּלָּא, דְּכוּלְּהוּ חֵיוֵי בָּרָיָיתָא קוֹצֵי אָכְלָן.
Il a été dit [par les Amoraïm] : En cas de perforation dans le turbatz du vechet [l'entrée de l'œsophage, là où il s'accroche au pharynx] — Rav dit : [L'animal est une terefa] si la moindre partie [machéhou] a été perforée. Et Chmouel dit : [L'animal n'est une terefa] que si sa majorité a été perforée. Rav dit [qu'une perforation minime suffit] parce qu'il soutient que l'entrée de l'œsophage est un endroit [propre à] la che'hita [et est donc considérée comme faisant partie de l'œsophage lui-même, dont la moindre perforation suffit à rendre l'animal terefa]. Et Chmouel dit [qu'il faut une majorité perforée] parce qu'il soutient que ce n'est pas un endroit [propre à] la che'hita [et donc l'entrée de l'œsophage est traitée comme la trachée, où il faut sectionner la majorité pour une che'hita valide — ou ici, perforer la majorité pour une terefa].
אִיתְּמַר: תּוּרְבַּץ הַוֶּושֶׁט – רַב אָמַר: בְּמַשֶּׁהוּ, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: בְּרוּבּוֹ. רַב אָמַר בְּמַשֶּׁהוּ: מְקוֹם שְׁחִיטָה הוּא, וּשְׁמוּאֵל אָמַר בְּרוּבּוֹ: לָאו מְקוֹם שְׁחִיטָה הוּא.
La Guemara clarifie : Quelle est cette zone appelée turbatz du vechet [l'entrée de l'œsophage] ? Mari bar Mar Oukva dit au nom de Chmouel : Toute la zone qui s'élargit [vers l'extérieur comme une bouche de sac] lorsqu'on la coupe [transversalement] — voilà le turbatz du vechet ; [la zone] qui reste en place lorsqu'on la coupe — voilà l'œsophage lui-même. Rav Papaï leur dit : [Mon] Maître n'a pas dit ainsi. Et qui est ce Maître ? C'est Rav Beïvaï bar Abayé. Mais [Rav Beïvaï bar Abayé] a dit : Toute la zone qui reste en place lorsqu'on la coupe — voilà le turbatz du vechet. Mais quelle est alors la zone de l'œsophage lui-même ? C'est toute la zone qui se contracte [et se resserre] lorsqu'on la coupe. Le Sage Yona dit au nom de Rabbi Zeïra : [Le turbatz du vechet n'est que] la zone de la gorge qui jouxte immédiatement l'œsophage [mablaéta — littéralement 'la zone de déglutition']. Et quelle est la mesure [exacte de cette zone] ? Rav Avya dit : [Une longueur] inférieure à [celle d'] un grain d'orge [séarah] et supérieure à [celle d'] un grain de blé [h'ita].
הֵי נִיהוּ תּוּרְבַּץ הַוֶּושֶׁט? אָמַר מָרִי בַּר מָר עוּקְבָא אָמַר שְׁמוּאֵל: כֹּל שֶׁחוֹתְכוֹ וּמַרְחִיב – זֶה הוּא תּוּרְבַּץ הַוֶּושֶׁט, חוֹתְכוֹ וְעוֹמֵד בִּמְקוֹמוֹ – זֶהוּ וֶושֶׁט עַצְמוֹ. אֲמַר לְהוּ רַב פַּפֵּי: מָר לָא אָמַר הָכִי, וּמַנּוּ? רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי. אֶלָּא כֹּל שֶׁחוֹתְכוֹ וְעוֹמֵד בִּמְקוֹמוֹ – זֶה תּוּרְבַּץ הַוֶּושֶׁט, אֶלָּא אֵיזֶהוּ וֶושֶׁט עַצְמוֹ? כֹּל שֶׁחוֹתְכוֹ וְכָוֵיץ. יוֹנָה אָמַר זֵירָא: מַבְלַעְתָּא, וְכַמָּה? אָמַר רַב אַוְיָא: פָּחוּת מִשְּׂעָרְתָּא וַעֲדִיף מֵחִיטְּתָא.
Traduction française en préparation — version anglaise (Steinsaltz) : The Gemara relates an incident involving a certain bull that belonged to the sons of Rav Ukva, where its slaughter began with a small incision in the entrance of the gullet and concluded in its majority in the gullet. Rava said: I impose upon it the stringencies of Rav and the stringencies of Shmuel, and deem it a tereifa.
הָהוּא תּוֹרָא דַּהֲוָה לִבְנֵי רַב עוּקְבָא, דְּאַתְחֵיל בֵּיהּ שְׁחִיטָה בְּתוּרְבַּץ הַוֶּושֶׁט, וּגְמַר בְּוֶושֶׁט. אָמַר רָבָא: רָמֵינָא עֲלֵיהּ חוּמְרֵי דְּרַב וְחוּמְרֵי דִּשְׁמוּאֵל, וְטָרֵיפְנָא לֵיהּ.
Chullin 43b
100%
חולין מ״ג במַסֶּכֶת חוּלִּין