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Traité Chullin

39a

Étude de Chullin 39a

Étude de la Guémara 39a

Guémara
[Suite de la discussion sur le différend entre le premier tanna, Rabbi Eli'ézer et Rabbi Yossé (michna de la fin du folio précédent) :] [La première alternative :] nous ne dérivons pas [les règles de la che'hita profane à l'extérieur du Temple des règles des sacrifices à l'intérieur du Temple]. Et Rabbi Eli'ézer vient dire : nous dérivons [les règles] du dehors [de la che'hita profane] de celles du dedans [des sacrifices], et c'est pourquoi l'intention du non-Juif invalide la che'hita profane. Et Rabbi Yossé vient dire : même à l'intérieur [du Temple], dans le cas où c'est lui [le propriétaire] qui a l'intention [impropre] et un autre [le prêtre] qui accomplit le service, nous ne disons pas que l'intention du propriétaire invalide [le sacrifice].
לָא יָלְפִינַן. וַאֲתָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לְמֵימַר: יָלְפִינַן חוּץ מִפְּנִים, וַאֲתָא רַבִּי יוֹסֵי לְמֵימַר: אֲפִילּוּ בִּפְנִים נָמֵי ״זֶה מְחַשֵּׁב וְזֶה עוֹבֵד״ לָא אָמְרִינַן.
Il a été déclaré [par les Amoraïm] : [Dans le cas de] celui qui abat un animal dans l'intention de verser son sang pour l'idolâtrie [avoda zara], ou de brûler sa graisse pour l'idolâtrie — Rabbi Yo'hanan dit : [la che'hita est] passoul [invalide, et il est interdit d'en tirer profit]. Rech Lakich dit : [la che'hita est] permise [et il est permis d'en tirer profit].
אִתְּמַר: הַשּׁוֹחֵט אֶת הַבְּהֵמָה לִזְרוֹק דָּמָהּ לַעֲבוֹדָה זָרָה, וּלְהַקְטִיר חֶלְבָּהּ לַעֲבוֹדָה זָרָה – רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: פְּסוּלָה, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר: מוּתֶּרֶת.
La Guemara développe : Rabbi Yo'hanan dit que la che'hita est invalide, car il est d'avis que l'intention passe d'un rite sacrificiel à un autre rite sacrificiel [me'avoda le-avoda — même si l'on effectuait la che'hita normalement mais avec l'intention d'un rite ultérieur idolâtrique, c'est suffisant pour invalider]. Et Rabbi Yo'hanan est d'avis que nous dérivons les règles de la che'hita profane à l'extérieur [du Temple] de celles des sacrifices à l'intérieur [du Temple]. Puisque cette intention invalide la che'hita des sacrifices à l'intérieur du Temple, elle invalide également la che'hita de profanes à l'extérieur du Temple.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר פְּסוּלָה: מְחַשְּׁבִין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה, וְיָלְפִינַן חוּץ מִפְּנִים.
Rech Lakich dit que la che'hita est permise, car il est d'avis que l'intention ne passe pas d'un rite sacrificiel à un autre rite sacrificiel. Par conséquent, lors de la che'hita elle-même, seule une intention impropre relative à l'acte de che'hita invalide l'animal ; mais une intention relative à un autre rite sacrificiel [futur] n'invalide pas la che'hita. Et Rech Lakich est d'avis que nous ne dérivons pas les règles de la che'hita profane à l'extérieur du Temple de celles des sacrifices à l'intérieur du Temple.
רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר מוּתֶּרֶת: אֵין מְחַשְּׁבִין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה, וְלָא גָּמְרִינַן חוּץ מִפְּנִים.
Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich suivent chacun leur propre logique [azdo le-ta'amaihou], car il a été déclaré : Si l'on abat un 'hatat [offrande pour faute] pour son propre compte [lichma — dans le but prescrit], mais avec l'intention d'en verser le sang pour un autre type d'offrande [chelo lichma] — Rabbi Yo'hanan dit : [le sacrifice est] impropre [passoul] ; Rech Lakich dit : [il est] propre [cachere].
וְאָזְדוּ לְטַעְמַיְיהוּ, דְּאִתְּמַר: שְׁחָטָהּ לִשְׁמָהּ לִזְרוֹק דָּמָהּ שֶׁלֹּא לִשְׁמָהּ – רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: פְּסוּלָה, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר: כְּשֵׁרָה.
La Guemara développe : Rabbi Yo'hanan dit que l'offrande est impropre, car il est d'avis que l'intention passe d'un rite sacrificiel à un autre rite sacrificiel, et la raison est que nous dérivons la règle [de l'invalide d'une che'hita] de la règle du piggoul [l'offrande invalidée par une intention d'en manger hors du temps prescrit, dont la définition classique porte précisément sur l'intention d'un rite futur effectuée lors d'un rite antérieur]. Rech Lakich dit que l'offrande est propre, car il est d'avis que l'intention ne passe pas d'un rite sacrificiel à un autre rite sacrificiel, et la raison est que nous ne dérivons pas la règle de l'intention [pour une autre étape] de la règle du piggoul.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר פְּסוּלָה: מְחַשְּׁבִין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה, וְגָמְרִינַן מִמַּחְשֶׁבֶת פִּיגּוּל. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר כְּשֵׁרָה: אֵין מְחַשְּׁבִין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה, וְלָא גָּמְרִינַן מִמַּחְשֶׁבֶת פִּיגּוּל.
La Guemara note : Il était nécessaire d'énoncer le différend entre Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich dans les deux cas [che'hita en vue de l'idolâtrie et 'hatat abattu pour son propre compte avec aspersion prévue pour un autre type]. Car si l'on n'avait dit le différend que dans ce premier cas [che'hita en vue de l'idolâtrie], on aurait pu conclure que c'est précisément dans ce cas que Rech Lakich dit que la che'hita est permise — parce que nous ne dérivons pas les règles de la che'hita profane à l'extérieur du Temple de celles des sacrifices à l'intérieur du Temple. Mais dans le cas du 'hatat abattu pour son propre compte avec aspersion prévue pour un autre type d'offrande — où l'on comparerait l'intérieur du Temple à l'intérieur du Temple — on dirait peut-être que Rech Lakich concède à Rabbi Yo'hanan que l'offrande est impropre.
וּצְרִיכָא, דְּאִי אִיתְּמַר בְּהָא, בְּהָא קָאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, מִשּׁוּם דְּחוּץ מִפְּנִים לָא יָלְפִינַן, אֲבָל פְּנִים מִפְּנִים – אֵימָא מוֹדֵי לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן.
Et si l'on n'avait déclaré leur différend que dans ce second cas [le 'hatat abattu pour son propre compte], on aurait pu conclure que c'est précisément dans ce cas que Rabbi Yo'hanan dit que l'offrande est impropre — parce qu'il dérive les règles de l'intérieur du Temple d'autres règles de l'intérieur du Temple. Mais dans ce premier cas [che'hita en vue de l'idolâtrie] — où l'on dériverait l'extérieur de l'intérieur — on dirait peut-être que Rabbi Yo'hanan concède à Rech Lakich que la che'hita est permise, car les règles de la che'hita profane à l'extérieur du Temple ne se dérivent pas de celles des sacrifices à l'intérieur du Temple. Il était donc nécessaire d'énoncer le différend dans les deux cas.
וְאִי אִתְּמַר בְּהָךְ, בְּהַהִיא קָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, אֲבָל בְּהָא – אֵימָא מוֹדֵי לֵיהּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, צְרִיכָא.
Rav Chechet soulève une objection [contre les deux positions, Rabbi Yo'hanan et Rech Lakich], à partir de la déclaration de Rabbi Yossé dans la michna [concernant celui qui abat pour un non-Juif dont l'intention est l'idolâtrie] : Rabbi Yossé dit — [comme rappelé dans la michna] : La chose se déduit par un kal va-'homer : Si là où l'intention invalide dans le cas des offrandes sacrées — tout [dépend] exclusivement de l'intention de celui qui accomplit le service et non de celle du propriétaire ; alors là où l'intention n'invalide pas dans le cas des profanes ['houline] — ne s'impose-t-il pas à plus forte raison que tout dépende exclusivement de l'intention de celui qui abat ?
מֵתִיב רַב שֵׁשֶׁת: אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: קַל וָחוֹמֶר הַדְּבָרִים, וּמָה בִּמְקוֹם שֶׁמַּחְשָׁבָה פּוֹסֶלֶת בְּמוּקְדָּשִׁין – אֵין הַכֹּל הוֹלֵךְ אֶלָּא אַחַר הָעוֹבֵד, מְקוֹם שֶׁאֵין מַחְשָׁבָה פּוֹסֶלֶת בְּחוּלִּין – אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא יְהֵא הַכֹּל הוֹלֵךְ אֶלָּא אַחַר הַשּׁוֹחֵט?
Rav Chechet développe : Que signifie « là où l'intention n'invalide pas dans le cas des profanes » ? Si l'on dit que l'intention n'invalide pas du tout dans le cas des profanes — mais alors comment pourrait-on trouver un cas de che'hita d'un profane en vue de l'idolâtrie où l'animal serait interdit ? — Il est donc évident que ce que dit Rabbi Yossé est que l'intention ne passe pas d'un rite à un autre rite [dans le cas des profanes], et voici ce qu'il dit : Si là où l'intention invalide dans les offrandes sacrées, en passant d'un rite à un autre rite, tout [dépend] exclusivement de l'intention de l'officiant — et l'intention du propriétaire est sans effet — là où l'intention n'invalide pas dans les profanes en passant d'un rite à un autre rite, mais seulement dans le même rite [c'est-à-dire : si l'intention idolâtrique porte sur l'acte de che'hita lui-même] — ne s'impose-t-il pas à plus forte raison que tout dépende exclusivement de l'intention de celui qui abat ? — [Cette lecture de Rabbi Yossé crée des difficultés :] Le cas de l'intérieur [du Temple] est difficile pour Rech Lakich [car Rabbi Yossé semble dire que l'intention passe d'un rite à un autre dans le cas des offrandes, contrairement à la position de Rech Lakich] ; le cas de l'extérieur [du Temple] est difficile pour Rabbi Yo'hanan [car Rabbi Yossé semble dire que dans le cas des profanes, l'intention ne passe pas d'un rite à un autre, contrairement à la position de Rabbi Yo'hanan] !
מַאי ״אֵין מַחְשָׁבָה פּוֹסֶלֶת בְּחוּלִּין״? אִילֵּימָא דְּלָא פָּסְלָה כְּלָל, אֶלָּא זְבִיחָה דַּעֲבוֹדָה זָרָה דְּמִיתַּסְרָא, הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ?
Traduction française en préparation — version anglaise (Steinsaltz) : Rather, it is obvious that the meaning of that phrase in the statement of Rabbi Yosei is that one does not transfer intent from one sacrificial rite to another sacrificial rite, and this is what Rabbi Yosei is saying: If in a place where intent invalidates, i.e., in sacrificial animals, from one sacrificial rite to another sacrificial rite, everything follows only the intent of the one performing the slaughter, and the intent of the owners is irrelevant, in a place where intent does not invalidate, i.e., in non-sacred animals, from one rite to another rite but it does so only within the same rite, is it not right that everything should follow only the intent of the one who slaughters the animal?
אֶלָּא פְּשִׁיטָא מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה, וְהָכִי קָאָמַר: וּמָה בִּמְקוֹם שֶׁמַּחְשָׁבָה פּוֹסֶלֶת בְּמוּקְדָּשִׁין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה – אֵין הַכֹּל הוֹלֵךְ אֶלָּא אַחַר הָעוֹבֵד, מְקוֹם שֶׁאֵין מַחְשָׁבָה פּוֹסֶלֶת בְּחוּלִּין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה, אֶלָּא בְּאוֹתָהּ עֲבוֹדָה – אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא יְהֵא הַכֹּל הוֹלֵךְ אֶלָּא אַחַר הַשּׁוֹחֵט?
Traduction française en préparation — version anglaise (Steinsaltz) : According to this understanding of the contention of Rabbi Yosei in the mishna, the case of the slaughter of a sacrificial animal inside the Temple is difficult for Rabbi Shimon ben Lakish, as contrary to his opinion, Rabbi Yosei says that in that case one transfers intent from one sacrificial rite to another sacrificial rite. The case of slaughter of a non-sacred animal outside the Temple is difficult for Rabbi Yoḥanan, as contrary to his opinion, Rabbi Yosei says that in that case one does not transfer intent from one rite to another rite.
פְּנִים קַשְׁיָא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, חוּץ קַשְׁיָא לְרַבִּי יוֹחָנָן!
Chullin 39a
100%
חולין ל״ט אמַסֶּכֶת חוּלִּין