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Traité Chullin

36a

Étude de Chullin 36a

Étude de la Guémara 36a

Guémara
On aurait pu penser [qu'il faudrait enterrer le sang des animaux consacrés disqualifiés] : puisque leur laine et leur travail [tout usage] sont interdits [pour une béhéma consacrée disqualifiée (passoulé ha-moudachim)], peut-être leur sang [après l'abattage] est-il également interdit [à tout bénéfice] et exigerait-il une sépulture [comme le sang des qodachim normalement]. C'est pourquoi le verset nous enseigne [qu'en réalité, bénéficier de son sang est permis].
סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וַאֲסִירִי בְּגִיזָּה וַעֲבוֹדָה, דָּמָן לִבְעֵי קְבוּרָה, קָמַשְׁמַע לַן.
L'école de Rabbi Yichmaël a enseigné : [À propos du verset] « Et il boit le sang des victimes » [dont on tire que le sang d'un animal tué rend les aliments susceptibles de recevoir l'impureté rituelle] — ce verset exclut le sang qui jaillit en jet [continu sous la pression artérielle] au moment de l'abattage, tant que la bête est encore en vie [dès le début de la che'hita] : ce [sang de jaillissement] ne rend pas les semences [ni les aliments] susceptibles d'impureté rituelle.
תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״וְדַם חֲלָלִים יִשְׁתֶּה״ – פְּרָט לְדַם קִילּוּחַ, שֶׁאֵינוֹ מַכְשִׁיר אֶת הַזְּרָעִים.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraïta : Concernant celui qui égorge un animal [par la che'hita] et dont le sang a éclaboussé une courge [détachée, de statut] de térouma [dîme sacerdotale] — Rabbi [Yéhouda HaNassi] dit : La courge est rendue susceptible d'impureté rituelle [car le sang de che'hita est assimilé à un liquide habilitant]. Rabbi 'Hiyya dit : On suspend [la décision][si la courge a ensuite touché une source d'impureté], on met l'affaire en attente, car il y a doute quant à savoir si le sang l'a rendue susceptible d'impureté.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַשּׁוֹחֵט וְהִתִּיז דָּם עַל הַדַּלַּעַת – רַבִּי אוֹמֵר: הוּכְשַׁר, רַבִּי חִיָּיא אוֹמֵר: תּוֹלִין.
Rabbi Ochaya dit : Puisque Rabbi [Yéhouda HaNassi] dit que [la courge] est rendue susceptible d'impureté, et que Rabbi 'Hiyya dit qu'on suspend [la décision] — sur qui devons-nous nous appuyer ? Venez et appuyons-nous sur les paroles de Rabbi Chimon, car Rabbi Chimon avait l'habitude de dire : C'est la che'hita [l'acte d'abattage] qui rend [l'animal] susceptible [d'impureté], et non le sang [en lui-même].
אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: מֵאַחַר שֶׁרַבִּי אוֹמֵר הוּכְשַׁר, וְרַבִּי חִיָּיא אוֹמֵר תּוֹלִין, אָנוּ עַל מִי נִסְמוֹךְ? בֹּאוּ וְנִסְמוֹךְ עַל דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן, שֶׁהָיָה רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: שְׁחִיטָה מַכְשֶׁרֶת וְלֹא דָּם.
Rav Pappa dit [pour expliquer le cœur du débat] : Tout le monde s'accorde — [et] là où le sang [se trouve] sur [la courge] du début à la fin [de la che'hita] sans interruption, tous s'accordent à dire qu'il la rend susceptible d'impureté. Le désaccord porte sur le cas où le sang a été essuyé [de la courge] entre la coupe du premier siman [trachée ou œsophage] et celle du second siman [le second]. Rabbi [Yéhouda HaNassi] estime : la che'hita [commence] dès son début et [dure] jusqu'à sa fin [elle est donc en cours lors de l'éclaboussure initiale], et ce sang [qui a éclaboussé] est bien du sang de che'hita [et habilite donc la courge].
אָמַר רַב פָּפָּא: הַכֹּל מוֹדִים הֵיכָא דְּאִיתֵיהּ לְדָם מִתְּחִלָּה וְעַד סוֹף – כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּמַכְשַׁיר. כִּי פְּלִיגִי בְּנִתְקַנֵּחַ הַדָּם בֵּין סִימָן לְסִימָן, רַבִּי סָבַר: יֶשְׁנָהּ לִשְׁחִיטָה מִתְּחִלָּה וְעַד סוֹף, וְהַאי דַּם שְׁחִיטָה הוּא.
Rabbi 'Hiyya estime [au contraire] : la che'hita n'est définie [de manière déterminante] qu'à sa conclusion [au moment où les deux simanim sont tranchés], et ce [sang intermédiaire] n'est que du sang de blessure [et non de che'hita]. Et que signifie [le terme] « on suspend » [dans la formule de Rabbi 'Hiyya] ? Cela signifie qu'on suspend l'affaire jusqu'à la conclusion de la che'hita : si le sang [de la courge] est encore présent à la conclusion de la che'hita — il la rend susceptible d'impureté ; sinon — il ne la rend pas susceptible.
רַבִּי חִיָּיא סָבַר: אֵינָהּ לִשְׁחִיטָה אֶלָּא בַּסּוֹף, וְהַאי דַּם מַכָּה הוּא, וּמַאי ״תּוֹלִין״? תּוֹלִין הַדָּבָר עַד גְּמַר שְׁחִיטָה – אִי אִיתֵיהּ לְדָם בְּסוֹף שְׁחִיטָה מַכְשִׁיר, וְאִי לָא – לֹא מַכְשִׁיר.
La Guémara demande : Et quel est le sens de la déclaration de Rabbi Ochaya « Venez appuyons-nous sur les paroles de Rabbi Chimon » ? [Il y a une difficulté :] selon Rabbi Chimon, le sang [de che'hita] ne rend pas [la courge] susceptible d'impureté, alors que selon Rabbi 'Hiyya — [dans le cas où le sang est présent jusqu'à la fin] — le sang [de che'hita] la rend susceptible d'impureté ! [Leurs positions semblent donc divergentes, pas convergentes.]
וּמַאי ״בֹּאוּ וְנִסְמוֹךְ עַל דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן״? לְרַבִּי שִׁמְעוֹן לֹא מַכְשִׁיר, לְרַבִּי חִיָּיא מַכְשִׁיר!
[La Guémara répond :] En tout état de cause, dans le cas où le sang a été essuyé [entre les deux simanim], leurs opinions concordent : l'un — [Rabbi Chimon] — ne rend pas [la courge] susceptible [d'impureté], et l'autre — [Rabbi 'Hiyya] — ne la rend pas non plus susceptible. Il en résulte que Rabbi [Yéhouda HaNassi] est un Sage isolé [tenant une position solitaire], et la parole d'un seul Sage n'a pas de valeur [décisive] face à [l'opposition de] deux Sages.
בְּנִתְקַנֵּחַ מִיהוּ אַשְׁווֹ לַהֲדָדֵי, מָר לָא מַכְשִׁיר, וּמָר לָא מַכְשִׁיר, הֲוָה לֵיהּ רַבִּי חַד, וְאֵין דְּבָרָיו שֶׁל אֶחָד בִּמְקוֹם שְׁנַיִם.
Rav Achi dit : Le terme « on suspend » [employé par Rabbi 'Hiyya] indique [une suspension] pour toujours [c'est-à-dire une incertitude irrésoluble]. Et dans le cas où le sang a été essuyé [avant la fin de la che'hita], la halakha est incertaine [pour Rabbi 'Hiyya] : il est en effet incertain [pour lui] si la che'hita [commence à] s'accomplir dès son début [jusqu'à la fin], ou si elle n'est définie [de manière déterminante] qu'à sa conclusion. Et que signifie [dès lors] « on suspend » [dans sa pratique] ? Cela signifie que [si une source d'impureté touche la courge après que le sang en a été essuyé,] on ne mange pas la courge [car peut-être est-elle impure, étant une térouma impure], et on ne la brûle pas non plus [car peut-être est-elle pure].
רַב אָשֵׁי אָמַר: ״תּוֹלִין״ לְעוֹלָם מַשְׁמַע, וְנִתְקַנֵּחַ לְרַבִּי חִיָּיא סַפּוֹקֵי מְסַפְּקָא לֵיהּ, אִי יֶשְׁנָהּ לִשְׁחִיטָה מִתְּחִלָּה וְעַד סוֹף, אוֹ אֵינָהּ לִשְׁחִיטָה אֶלָּא בַּסּוֹף, וּמַאי ״תּוֹלִין״? לֹא אוֹכְלִין וְלֹא שׂוֹרְפִין.
La Guémara demande [selon cette explication de Rav Achi] : Et quel est le sens de la déclaration de Rabbi Ochaya « Venez appuyons-nous sur les paroles de Rabbi Chimon » ? Selon Rabbi Chimon, le sang de che'hita ne rend [la courge] susceptible d'aucune impureté, alors que selon Rabbi 'Hiyya il y a un doute [sur la susceptibilité de la courge]. [La Guémara répond :] En ce qui concerne la question de brûler [la courge], leurs positions concordent en tout état de cause : [selon] ce Sage [Rabbi Chimon], on ne brûle pas [la courge, car elle n'a pas été rendue susceptible d'impureté], et [selon] ce Sage [Rabbi 'Hiyya], on ne brûle pas [la courge, en raison du doute].
וּמַאי ״בֹּאוּ וְנִסְמוֹךְ עַל דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן״? לְרַבִּי שִׁמְעוֹן לֹא מַכְשִׁיר, לְרַבִּי חִיָּיא סְפֵיקָא, לְעִנְיַן שְׂרֵיפָה מִיהוּ שָׁווּ לַהֲדָדֵי: (ומר) [וּלְמָר] לָא שָׂרְפִינַן, (ומר) [וּלְמָר] לָא שָׂרְפִינַן.
Il en résulte que Rabbi [Yéhouda HaNassi] — qui estime qu'on brûle la courge puisque le sang de che'hita la rend susceptible d'impureté, et que le contact avec une source d'impureté la rend impure — est un Sage isolé [tenant une position solitaire], et la parole d'un seul Sage n'a pas de valeur [décisive] face à [l'opposition de] deux Sages. Et c'est ce que dit Rabbi 'Hiyya : Dans un cas comme celui-ci, on suspend [l'affaire] — on ne mange pas [la courge] et on ne la brûle pas.
הָוֵה לֵיהּ רַבִּי חַד, וְאֵין דְּבָרָיו שֶׁל אֶחָד בִּמְקוֹם שְׁנַיִם, וְהָכִי קָאָמַר: כְּגוֹן זֹאת תּוֹלִין – לֹא אוֹכְלִין וְלֹא שׂוֹרְפִין.
Rabbi Chimon ben Lakish soulève un problème [de halakha] : Concernant la partie sèche [de farine non mélangée à l'huile dans les] offrandes de farine [minha] [rendue susceptible d'impureté par la sainteté de la consécration (hibat haqodech) et non par contact avec un liquide], compte-t-on [en elle] les premiers et seconds degrés [d'impureté transmissible aux autres aliments] ou ne les compte-t-on pas ? [La question est :] quand la faveur de la sainteté [hibat haqodech] est efficace [pour rendre un objet susceptible d'impureté], n'est-elle efficace] que pour disqualifier cet objet lui-même [mais pas pour propager l'impureté de degré en degré], ou bien, dès lors qu'il est susceptible d'impureté [par quelque moyen que ce soit], y a-t-il une différence [entre être rendu susceptible] par la faveur de la sainteté ou par contact avec un liquide ?
בָּעֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: צָרִיד שֶׁל מְנָחוֹת, מוֹנִין בּוֹ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי, אוֹ אֵין מוֹנִין בּוֹ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי? כִּי מַהְנְיָא חִבַּת הַקֹּדֶשׁ לְאִפְּסוֹלֵי גּוּפֵיהּ, לְמִימְנֵא בֵּיהּ רִאשׁוֹן וְשֵׁנִי – לָא, אוֹ דִלְמָא לָא שְׁנָא?
Chullin 36a
100%
חולין ל״ו אמַסֶּכֶת חוּלִּין