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Traité Chullin

31a

Étude de Chullin 31a

Étude de la Mishna & Guémara 31a

[La Guemara repond a la question concernant la direction de l'abattage par une fleche :] les plumes [guidfei] a l'avant du cou [de l'oiseau] etaient ecartees [par le passage de la fleche], ce qui indique clairement que l'abattage a ete effectue depuis l'avant du cou [et non par halada — dissimulation].
גִּידְפֵי דְּמִיפַּרְמִי.
La Guemara souleve une autre difficulte rencontree dans l'abattage d'un oiseau en vol par une fleche : mais le sang de l'oiseau [apres abattage] ne requiert-il pas le kissouï hadam [le recouvrement du sang avec de la terre] ? Et si vous disiez que Rabbi Yona bar Ta'hlifa recouvre le sang [lui-meme], n'a-t-il pas dit Rabbi Zeira au nom de Rav : pour accomplir la mitsva du kissouï hadam, celui qui abat un animal sauvage ou un oiseau doit placer de la terre sous le sang et de la terre par-dessus, car il est dit : « Il versera son sang et le couvrira avec de la terre » (Vayikra 17, 13) — il n'est pas dit « couvre-le par de la terre » mais « dans de la terre [be-afar] », ce qui enseigne que celui qui abat doit placer de la terre sous le sang et de la terre au-dessus du sang, afin que le sang soit enfoui dans la terre !
וְהָא בָּעֵי כִּסּוּי, וְכִי תֵּימָא דִּמְכַסּוּ לֵיהּ, וְהָאָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב: הַשּׁוֹחֵט צָרִיךְ שֶׁיִּתֵּן עָפָר לְמַטָּה וְעָפָר לְמַעְלָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְכִסָּהוּ בֶּעָפָר״, ״עָפָר״ לֹא נֶאֱמַר אֶלָּא ״בֶּעָפָר״, מְלַמֵּד שֶׁהַשּׁוֹחֵט צָרִיךְ שֶׁיִּתֵּן עָפָר לְמַטָּה וְעָפָר לְמַעְלָה!
La Guemara repond que Rabbi Yona bar Ta'hlifa designait pour lui-meme la terre de toute la vallee [patka — lit. : « la plaine »] avant de lancer la fleche. Cette terre servirait de couche inferieure sous le sang, et il procederait ensuite a recouvrir le sang avec une autre couche de terre.
דְּמַזְמֵין לֵיהּ לְעָפָר דְּכוּלַּהּ פִּתְקָא.
§ [Concernant la michna qui enseigne :] si quelqu'un etait en train d'abattre et qu'il a tranche [la tete d'un seul coup], Rabbi Zeira dit : [la longueur du couteau doit etre equivalente a] la largeur du cou de l'animal et [il faut qu'elle] depasse le cou.
הָיָה שׁוֹחֵט וְהִתִּיז, אָמַר רַבִּי זֵירָא: מְלֹא צַוָּאר וְחוּץ לַצַּוָּאר.
Un dilemme fut souleve devant les Sages : Rabbi Zeira voulait-il dire [que le couteau doit depasser le cou] de la largeur equivalente a un cou entier [ce qui donnerait au total la longueur de deux cous], ou peut-etre [qu'il doit depasser le cou] de n'importe quelle longueur, meme d'une toute petite quantite [machéhou] ?
אִיבַּעְיָא לְהוּ: מְלֹא צַוָּאר וְחוּץ לַצַּוָּאר כִּמְלֹא צַוָּאר, דַּהֲווֹ לַהּ תְּרֵי צַוָּארֵי, אוֹ דִלְמָא מָלֵא צַוָּאר וְחוּץ לַצַּוָּאר מַשֶּׁהוּ?
La Guemara propose : venez et entendez une preuve pour resoudre le dilemme a partir de la suite de la michna : si quelqu'un etait en train d'abattre deux animaux simultanement et qu'il a tranche les deux tetes en une seule operation — si le couteau a une longueur equivalente a la largeur du cou entier d'un seul des animaux, l'abattage est cashere. La Guemara demande : quelle est la signification de la phrase : « la largeur du cou entier d'un seul des animaux » ? Si nous disons qu'elle signifie la largeur d'un seul cou entier et rien de plus, c'est difficile : maintenant, pour l'abattage d'un animal, nous exigeons que le couteau soit equivalent a la largeur du cou entier de l'animal et qu'il depasse le cou — pour l'abattage de deux animaux, serait-il suffisant qu'un couteau dont la longueur est equivalente a la largeur du cou d'un seul animal soit suffisant ? Plutot, il est evident que cela signifie que la longueur du couteau doit etre equivalente a la largeur d'un cou entier au-dela de la largeur des deux cous.
תָּא שְׁמַע: הָיָה שׁוֹחֵט וְהִתִּיז שְׁנֵי רָאשִׁין בְּבַת אַחַת, אִם יֵשׁ לַסַּכִּין מְלֹא צַוָּאר אֶחָד – כָּשֵׁר. מַאי מְלֹא צַוָּאר אֶחָד? אִילֵּימָא מְלֹא צַוָּאר אֶחָד וְתוּ לָא, הַשְׁתָּא בִּבְהֵמָה אַחַת בָּעֵינַן מְלֹא צַוָּאר וְחוּץ לַצַּוָּאר, בִּשְׁתֵּי בְּהֵמוֹת סַגִּי לְהוּ כִּמְלֹא צַוָּאר אֶחָד? אֶלָּא פְּשִׁיטָא מְלֹא צַוָּאר חוּץ לִשְׁנֵי צַוָּארִין.
La Guemara conclut : tirez-en la lecon que Rabbi Zeira voulait dire que la longueur du couteau doit etre equivalente a la largeur du cou entier de l'animal et depasser le cou de la largeur du cou entier [c'est-a-dire d'un cou supplementaire]. La Guemara conclut : en effet, tirez-en la lecon.
שְׁמַע מִינַּהּ, מְלֹא צַוָּאר חוּץ לַצַּוָּאר, שְׁמַע מִינַּהּ.
§ La michna continue : dans quel cas cette regle est-elle enoncee ? C'est lorsque l'abatteur a tire le couteau dans un sens [holikho] mais ne l'a pas ramene, ou l'a ramene sans l'avoir tire — mais s'il l'a tire et ramene, meme avec un scalpel [izemel], l'abattage est cashere. Rav Menache dit : [ceci est la halakha] dans le cas d'un scalpel qui n'a pas de saillies [karnayim — lit. : « cornes »] sur les cotes. Si le scalpel a des saillies, etant donne que l'izemel est tres court, il y a lieu de craindre que les angles saillants ne percent les simanim ou ne s'introduisent entre eux et n'invalident l'abattage.
בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים – בִּזְמַן שֶׁהוֹלִיךְ וְלֹא הֵבִיא וְכוּ׳. אָמַר רַב מְנַשֶּׁה: בְּאִיזְמֵל שֶׁאֵין לוֹ קַרְנַיִם.
Rav A'ha fils de Rav Avya dit a Rav Menache : quelle est la halakha pour l'abattage avec une aiguille [ma'hata] ? Rav Menache lui dit : une aiguille perce [mibza baza] les simanim — car elle transperce le cou au lieu de le couper.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב אַוְיָא לְרַב מְנַשֶּׁה: מַחְטָא מַאי? אֲמַר לֵיהּ: מַחְטָא מִבְזָע בָּזַע.
Rav A'ha demanda ensuite a Rav Menache : quelle est la halakha pour l'abattage avec une aiguille de cordonnier [ma'hata de-ouchkafei — large et plate, avec des bords tranchants] ? Rav Menache lui dit : nous apprenons deja dans la michna : « meme si le couteau est de n'importe quelle longueur [kol chéhou], l'abattage est cashere ». Quoi, n'est-ce pas une reference a l'abattage avec une aiguille de cordonnier ? La Guemara repond : non — la reference est a l'abattage avec un scalpel [izemel], qui est plus grand qu'une aiguille de cordonnier. La Guemara objecte : le tanna enseigne explicitement le cas du scalpel dans la michna — par consequent, la formule de la michna « un couteau de n'importe quelle longueur » doit se referer a quelque chose de plus petit qu'un scalpel. La Guemara explique : la mention subsequente du scalpel explique la formule : « meme si le couteau est de n'importe quelle longueur ». Quelle est la longueur minimale avec laquelle l'abattage est valide ? C'est un scalpel.
מַחְטָא דְּאוּשְׁכָּפֵי, מַאי? אֲמַר לֵיהּ: תְּנֵינָא ״אֲפִילּוּ כׇּל שֶׁהוּא״. מַאי לָאו מַחְטָא דְּאוּשְׁכָּפֵי? לָא, אִיזְמֵל. אִיזְמֵל בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לַהּ! פָּרוֹשֵׁי קָא מְפָרֵשׁ: מַאי ״כׇּל שֶׁהוּ״ – אִיזְמֵל.
Cela aussi est logique : car si vous aviez envisage que la formule « un couteau de n'importe quelle longueur » se refere a une aiguille de cordonnier — or l'abattage avec une aiguille de cordonnier est permis, est-il necessaire que le tanna enseigne qu'il est permis d'abattre avec un scalpel, qui est plus grand qu'une aiguille de cordonnier ? La Guemara rejette ce raisonnement : il est necessaire pour la michna d'enseigner les deux cas — celui de l'aiguille de cordonnier et celui du scalpel — car on pourrait penser qu'il est interdit d'abattre avec un scalpel, bien qu'il soit permis d'abattre avec une aiguille de cordonnier. Le raisonnement serait : que les Sages decretent une interdiction d'utiliser un scalpel sans saillies par mesure preventive contre l'utilisation d'un scalpel avec saillies. C'est pourquoi le tanna nous enseigne qu'il n'y a pas de tel decret et qu'il est permis d'abattre avec un scalpel sans saillies.
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ מַחְטָא דְּאוּשְׁכָּפֵי, הַשְׁתָּא מַחְטָא דְּאוּשְׁכָּפֵי שַׁרְיָא, אִיזְמֵל מִיבַּעְיָא? אִיזְמֵל אִצְטְרִיכָא לֵיהּ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: לִיגְזַר אִיזְמֵל שֶׁאֵין לוֹ קַרְנַיִם אַטּוּ אִיזְמֵל שֶׁיֵּשׁ לוֹ קַרְנַיִם, קָא מַשְׁמַע לַן.
Mishna 1
MICHNA : Si un couteau tomba et abattit un animal, bien que le couteau ait abattu l'animal de la maniere normale [ke-darkhah], l'abattage est invalide, car il est dit : « Et tu abattras … et tu mangeras » (Devarim 27, 7) — de la, on derive : ce que toi tu abats, tu peux le manger ; mais ce qui a ete abattu tout seul [sans acte humain delibere], tu ne peux pas le manger.
מַתְנִי׳ נָפְלָה סַכִּין וְשָׁחֲטָה, אַף עַל פִּי שֶׁשָּׁחֲטָה כְּדַרְכָּהּ – פְּסוּלָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְזָבַחְתָּ … וְאָכַלְתָּ״, מַה שֶּׁאַתָּה זוֹבֵחַ אַתָּה אוֹכֵל.(משנה)
Chullin 31a
100%
חולין ל״א אמַסֶּכֶת חוּלִּין