[Fin de la citation de la Michna (Kelim 17:15) commencée à la fin du folio précédent :] mais ils n'ont pas la capacité d'affecter un statut halakhique par la seule pensée.
וְאֵין לָהֶן מַחְשָׁבָה.
[Rabbi 'Hiyya bar Abba répondit à Rabbi Ami :] « Sur une pensée pure [ma'hachava geridta] — Rabbi Yo'hanan ne soulève pas de dilemme, car il a appris cette règle [que la pensée du mineur est sans effet]. Lorsqu'il soulève un dilemme, c'est à propos d'un cas où sa pensée est discernable à travers ses actes ['mahachavto nikheret mitokh ma'assav].'
אֲמַר לֵיהּ: מַחְשָׁבָה גְּרֵידְתָּא לָא קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ, כִּי קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ – מַחְשַׁבְתּוֹ נִיכֶּרֶת מִתּוֹךְ מַעֲשָׂיו.
Par exemple, [dans un cas] où une bête destinée à être offerte en holocauste [olah] se trouvait au sud [de la cour du Temple — côté invalide pour l'holocauste] et qu'un mineur l'a amenée au nord [côté valide] et l'a abattue là — quelle est la halakha ? Peut-on conclure du fait qu'il l'a amenée au nord et l'a abattue là, qu'il avait l'intention de l'abattre pour le nom de l'holocauste ? Ou peut-être l'a-t-il déplacée au nord simplement parce qu'il n'a pas trouvé de place pour lui au sud ?
כְּגוֹן דַּהֲוָה קָיְימָא עוֹלָה בַּדָּרוֹם, וְאַתְיַיהּ בַּצָּפוֹן וְשַׁחְטַהּ, מַאי? מִדְּאַתְיַיהּ בַּצָּפוֹן וְשַׁחְטַהּ אִיכַּוֵּין לַהּ, אוֹ דִילְמָא מָקוֹם הוּא דְּלָא אִיתְרְמִי לֵיהּ?
Rabbi Ami demanda [à Rabbi 'Hiyya bar Abba] : Mais sur cette question aussi, Rabbi Yo'hanan a déjà apporté une résolution décisive une fois, car nous avons appris dans une Michna [Makhchirine 6:1] : Dans le cas où quelqu'un monte ses produits sur le toit pour les protéger des insectes [khenimah], et que la rosée [tal] est tombée dessus — les produits ne tombent pas sous la catégorie du verset « Mais quand de l'eau est mise sur la semence » (Vayikra 11:38) [c'est-à-dire qu'ils ne deviennent pas susceptibles d'impureté rituelle par ce mouillage, car le propriétaire ne l'a pas voulu]. Et s'il avait l'intention [après coup] que les produits soient mouillés par la rosée — les produits tombent sous la catégorie du verset « Mais quand de l'eau est mise sur la semence ».
הָא נָמֵי אַמְרַהּ רַבִּי יוֹחָנָן חֲדָא זִימְנָא, דִּתְנַן: הַמַּעֲלֶה פֵּירוֹתָיו לַגַּג מִפְּנֵי הַכְּנִימָה, וְיָרַד עֲלֵיהֶם טַל – אֵינָן בְּ״כִי יוּתַּן״, וְאִם נִתְכַּוֵּין לְכָךְ – הֲרֵי הֵן בְּ״כִי יוּתַּן״.
La Michna continue : Dans le cas où un sourd-muet [hérer], un imbécile [choté] ou un mineur [katan] ont monté [les produits sur le toit] — même s'ils avaient l'intention que les produits soient mouillés par la rosée, les produits ne tombent pas sous la catégorie du verset « Mais quand de l'eau est mise sur la semence », en raison du fait qu'ils ont la capacité d'accomplir un acte [ma'assé] mais n'ont pas la capacité pour une pensée [ma'hachava] juridiquement effective.
הֶעֱלוּם חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן, אַף עַל פִּי שֶׁנִּתְכַּוְּונוּ לְכָךְ, אֵינָן בְּ״כִי יוּתַּן״, מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ לָהֶן מַעֲשֶׂה וְאֵין לָהֶן מַחְשָׁבָה.
Et Rabbi Yo'hanan dit [à propos de cette Michna] : Le tannaï n'a enseigné [que le mineur ne rend pas les produits susceptibles] que dans le cas où il ne les a pas retournés [hippekh bahen — pour exposer l'autre face à la rosée après qu'un côté était déjà mouillé]. Mais s'il les a retournés [indiquant ainsi qu'il souhaite qu'ils soient mouillés par la rosée] — les produits tombent alors sous la catégorie du verset « Mais quand de l'eau est mise sur la semence ». [De toute évidence, Rabbi Yo'hanan juge que lorsque l'intention d'un mineur est manifeste à travers ses actes, elle est juridiquement effective.]
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁלֹּא הִיפֵּךְ בָּהֶן, אֲבָל הִיפֵּךְ בָּהֶן – הֲרֵי זֶה בְּ״כִי יוּתַּן״.
[Rabbi 'Hiyya bar Abba dit à Rabbi Ami :] Voici le dilemme que soulève [en réalité] Rabbi Yo'hanan : [dans un cas où l'intention du mineur est claire à travers ses actes,] le fait que sa pensée soit effective est-il par la loi de la Torah [de-oraïta], ou par la loi rabbinique [de-rabbanan] ? [Telle est la première version de l'échange entre Rabbi 'Hiyya bar Abba et Rabbi Ami.]
הָכִי קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ: דְּאוֹרָיְיתָא אוֹ דְּרַבָּנַן?
Rav Na'hman bar Yits'hak enseigne leur échange de la manière suivante. Rabbi 'Hiyya bar Abba dit que Rabbi Yo'hanan soulève un dilemme : Concernant un mineur, a-t-il la capacité d'accomplir un acte [ma'assé] juridiquement effectif, ou n'en a-t-il pas ?
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק מַתְנֵי הָכִי: אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא, בָּעֵי רַבִּי יוֹחָנָן: קָטָן יֵשׁ לוֹ מַעֲשֶׂה אוֹ אֵין לוֹ מַעֲשֶׂה?
Rabbi Ami lui dit : Et que Rabbi Yo'hanan soulève également un dilemme à propos de la pensée [du mineur] ! En quoi la pensée du mineur se distingue-t-elle, pour que Rabbi Yo'hanan ne soulève pas de dilemme à ce sujet ? Serait-ce parce que nous avons appris dans une MISHNA : « Ils n'ont pas la capacité pour une pensée [juridiquement effective] » ? De même, à propos de l'acte, qu'il ne soulève pas de dilemme, car nous avons appris dans cette même MISHNA : « Ils ont la capacité d'accomplir un acte. »
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אַמֵּי: וְתִיבְּעֵי לֵיהּ מַחְשָׁבָה! מַאי שְׁנָא מַחְשָׁבָה דְּלָא קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ? דִּתְנַן: אֵין לָהֶן מַחְשָׁבָה. מַעֲשֶׂה נָמֵי לָא תִּיבְּעֵי לֵיהּ, דִּתְנַן: יֵשׁ לָהֶן מַעֲשֶׂה.
[Rabbi 'Hiyya bar Abba expliqua à Rabbi Ami :] Voici le dilemme que [Rabbi Yo'hanan] soulève : [le fait établi par la Michna que] leurs actes sont effectifs et que leur pensée est sans effet est-il par la loi de la Torah, auquel cas l'acte du mineur serait effectif même pour l'abattage d'un holocauste — ou bien est-ce par la loi rabbinique, et ne s'agit-il que d'une sévérité [rabbinique] ? Et Rabbi Yo'hanan résout le dilemme : ils ont la capacité d'accomplir un acte et elle est effective, même par la loi de la Torah. Mais ils n'ont pas la capacité pour une pensée effective, même selon la loi rabbinique [c'est-à-dire que même les Sages n'ont pas reconnu d'effet à leur pensée]. Néanmoins, dans un cas où sa pensée est discernable à travers ses actes — par la loi de la Torah il n'a pas de pensée effective, mais par la loi rabbinique il en a une.
הָכִי קָא מִיבַּעְיָא לֵיהּ: דְּאוֹרָיְיתָא אוֹ דְּרַבָּנַן? וּפָשֵׁיט: יֵשׁ לָהֶן מַעֲשֶׂה, וַאֲפִילּוּ מִדְּאוֹרָיְיתָא, אֵין לָהֶן מַחְשָׁבָה, וַאֲפִילּוּ מִדְּרַבָּנַן. מַחְשַׁבְתּוֹ נִיכֶּרֶת מִתּוֹךְ מַעֲשָׂיו – מִדְּאוֹרָיְיתָא אֵין לוֹ, מִדְּרַבָּנַן יֵשׁ לוֹ.
§ Chmouel soumit une question à Rav Houna : D'où est-il déduit, à propos de celui qui agit par inadvertance [mitassek] lors de l'abattage d'offrandes consacrées [kodachim] — c'est-à-dire qu'il a abattu sans avoir du tout l'intention d'accomplir un acte d'abattage — que l'offrande est disqualifiée ? [Rav Houna lui répondit que cela est déduit d'un verset,] car il est dit : « Il abattra le jeune taureau » (Vayikra 1:5), indiquant que l'abattage doit se faire pour le nom du jeune taureau, c'est-à-dire en sachant qu'il accomplit un acte d'abattage. Chmouel lui dit : Cela, nous l'avons reçu comme halakha établie — que l'on doit avoir l'intention d'abattre l'animal a priori. Mais d'où est-il déduit que cette intention est indispensable même après le fait [be-di'avad] ? [Rav Houna répondit :] Il est déduit d'un autre verset, car le verset dit : « Vous l'abattrez selon votre volonté » (Vayikra 19:5), indiquant : abattez l'animal avec votre intention [c'est-à-dire sous forme d'un acte délibéré].
בְּעָא מִינֵּיהּ שְׁמוּאֵל מֵרַב הוּנָא: מִנַּיִן לַמִּתְעַסֵּק בְּקָדָשִׁים שֶׁהוּא פָּסוּל? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׁחַט אֶת בֶּן הַבָּקָר״, שֶׁתְּהֵא שְׁחִיטָה לְשֵׁם בֶּן בָּקָר. אָמַר לוֹ: זוֹ בְּיָדֵינוּ הִיא, לְעַכֵּב מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לִרְצוֹנְכֶם תִּזְבָּחֻהוּ״, לְדַעְתְּכֶם זְבוּחוּ.
Mishna 1
Traduction française en préparation — version anglaise (Steinsaltz) : MISHNA: Slaughter performed by a gentile renders the animal an unslaughtered carcass, and the carcass imparts ritual impurity through carrying.
מַתְנִי׳ שְׁחִיטַת נׇכְרִי נְבֵלָה, וּמְטַמְּאָה בְּמַשָּׂא.(משנה)