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Traité Chullin

131b

Étude de Chullin 131b

Étude de la Guémara 131b

Guémara
…et la chikha [gerbes oubliées], et la pé'a — car il est écrit : « Lorsque vous moissonnerez la récolte de votre terre, tu ne faucheras pas jusqu'au bord [pé'at] de ton champ lors de ta moisson, et les glanes [leket] de ta récolte… » (Vayiqra 23, 22). Et il est aussi écrit : « Lorsque tu récolteras ta moisson dans ton champ et que tu oublieras une gerbe dans le champ, tu n'y retourneras pas pour la reprendre ; elle sera pour l'étranger, l'orphelin et la veuve » (Devarim 24, 19).
הַשִּׁכְחָה, וְהַפֵּאָה, דִּכְתִיב: ״וּבְקֻצְרְכֶם אֶת קְצִיר אַרְצְכֶם לֹא תְכַלֶּה פְּאַת שָׂדְךָ בְּקֻצְרֶךָ וְלֶקֶט קְצִירְךָ וְגוֹ׳״, ״כִּי תִקְצֹר קְצִירְךָ בְשָׂדֶךָ וְשָׁכַחְתָּ עֹמֶר בַּשָּׂדֶה״.
La baraïta a enseigné que deux dons sont laissés aux pauvres des fruits d'un arbre — les [fruits] oubliés [chikha] et la pé'a — car il est écrit : « Lorsque tu battras ton olivier, tu ne prendras pas toute sa gloire après toi [lo tefaer aharekha] ; cela sera pour l'étranger, l'orphelin et la veuve » (Devarim 24, 20). L'école de Rabbi Ichmaël enseigne que l'expression 'tu ne prendras pas toute sa gloire' signifie que tu ne dois pas prendre toute sa splendeur [tifareto] ; au contraire, tu dois en laisser une portion aux pauvres en guise de pé'a. De plus, quand le verset dit : « après toi » — c'est une référence aux fruits oubliés [chikha].
שְׁנַיִם שֶׁבָּאִילָן: הַשִּׁכְחָה וְהַפֵּאָה, דִּכְתִיב ״כִּי תַחְבֹּט זֵיתְךָ לֹא תְפָאֵר אַחֲרֶיךָ״, וְתָנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: שֶׁלֹּא תִּטּוֹל תִּפְאַרְתּוֹ מִמֶּנּוּ, ״אַחֲרֶיךָ״ – זוֹ שִׁכְחָה.
La Guemara poursuit son analyse de la baraïta : Pour tous les dons laissés aux pauvres [peret, ololot, chikha, pé'a], le propriétaire n'a pas la 'bonne grâce' [tovat hana'a — le bénéfice discrétionnaire]. Quelle est la raison de cette halakha ? C'est parce que pour tous ces dons, l'obligation d'« abandon » ['aziva] est écrite — par exemple dans le verset qui dit : « Tu les abandonneras » [ta'azov otam] (Vayiqra 23, 22).
וְכוּלָּן אֵין בָּהֶן טוֹבַת הֲנָאָה לִבְעָלִים, מַאי טַעְמָא? ״עֲזִיבָה״ כְּתִיבָא בְּהוּ.
La baraïta a également déclaré : Même un pauvre d'Israël qui possède une vigne, un champ ou un arbre doit laisser ces dons à tous les pauvres, et s'il ne le fait pas, le tribunal les retire de sa possession. Cela est déduit d'un verset, car il est écrit : « Et les glanes de ta récolte, tu ne les ramasserez pas ; tu les abandonneras au pauvre et à l'étranger » (Vayiqra 23, 22). Le fait que le verset juxtapose le mot « au pauvre » à la mitsva de ne pas ramasser les glanes sert à avertir le pauvre qu'il doit lui aussi séparer ces dons de sa propre récolte.
וַאֲפִילּוּ עָנִי שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל, מוֹצִיאִין אוֹתוֹ מִיָּדוֹ, דִּכְתִיב: ״וְלֶקֶט קְצִירְךָ לֹא תְלַקֵּט לֶעָנִי וְלַגֵּר תַּעֲזֹב אֹתָם״, לְהַזְהִיר עָנִי עַל שֶׁלּוֹ.
La baraïta enseigne que pour la dîme du pauvre [ma'asser ani] distribuée depuis l'intérieur de la maison [be-tokh beito], le propriétaire a la bonne grâce [tovat hana'a]. La Guemara demande : Quelle est la raison de cette halakha ? C'est parce que pour ce don, l'obligation de 'donner' [netina] est écrite — car le verset dit : « Lorsque tu auras achevé de prélever toutes les dîmes de ton produit, la troisième année qui est l'année de la dîme, tu les donneras [venatata] au lévi, à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve, afin qu'ils mangent dans tes portes et soient rassasiés » (Devarim 26, 12). Il ne s'agit donc pas de laisser le bien en hefker [état d'abandon] mais de le donner activement.
וּמַעְשַׂר עָנִי הַמִּתְחַלֵּק בְּתוֹךְ הַבַּיִת יֵשׁ בּוֹ טוֹבַת הֲנָאָה לַבְּעָלִים, מַאי טַעְמָא? ״נְתִינָה״ כְּתִיבָא בֵּיהּ.
La baraïta déclare : Et même dans le cas d'un pauvre d'Israël, si celui-ci omet de séparer la dîme du pauvre de sa récolte, le tribunal la retire de sa possession. La Guemara explique que cela est conforme à ce qu'a dit Rabbi Il'a : [Cette obligation s'étend au pauvre] par analogie verbale [gezerot chava] entre le terme « à l'étranger » [la-ger] dans le verset relatif à la dîme du pauvre cité précédemment, et le terme « à l'étranger » [la-ger] dans un autre verset relatif aux glanes. De même que là-bas, pour les glanes, un pauvre est averti de laisser les glanes de sa propre récolte — de même ici, pour la dîme du pauvre, un pauvre est averti de la séparer de sa propre récolte.
וַאֲפִילּוּ עָנִי שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל מוֹצִיאִין אוֹתוֹ מִיָּדוֹ, דְּאָמַר רַבִּי אִילְעָא: גָּמַר ״לַגֵּר״ ״לַגֵּר״ מֵהָתָם, מָה לְהַלָּן מוּזְהָר עָנִי עַל שֶׁלּוֹ, אַף כָּאן מוּזְהָר עָנִי עַל שֶׁלּוֹ.
La baraïta a enseigné : Quant aux autres matanot kehounna [dons de la prêtrise], tels que le zerao'a [avant-bras], les le'hayim [mâchoires] et la kevah [caillette], le tribunal ne les retire pas — ni d'un cohen pour les donner à un autre cohen, ni d'un lévi pour les donner à un autre lévi. Rav Idi bar Avin explique maintenant son objection : On peut en déduire a contrario [hachi be-lav] que le tribunal retire bien les matanot d'un lévi pour les donner à un cohen. De toute évidence, les léviim sont appelés 'am' [peuple]. Pourquoi dès lors Rav était-il incertain quant à leur statut ?
וּשְׁאָר מַתְּנוֹת כְּהוּנָּה, כְּגוֹן הַזְּרוֹעַ וְהַלְּחָיַיִם וְהַקֵּבָה, אֵין מוֹצִיאִין אוֹתָן לֹא מִכֹּהֵן לְכֹהֵן וְלֹא מִלֵּוִי לְלֵוִי. הָא מִלֵּוִי לְכֹהֵן מוֹצִיאִין, אַלְמָא אִיקְּרוּ ״עַם״.
La Guemara répond : La baraïta ne parle pas des matanot elles-mêmes — l'avant-bras, les mâchoires et la caillette — mais d'un don qui leur est semblable sans être ces matanot elles-mêmes. Et de quoi s'agit-il ? Du ma'asser rishon [la première dîme, normalement donnée au lévi].
כְּגוֹן הַזְּרוֹעַ וְלֹא זְרוֹעַ, וּמַאי נִיהוּ – מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן.
La Guemara demande : Mais la première dîme appartient au lévi — pourquoi la retirerait-on de sa possession pour la donner au cohen ? La Guemara répond : La baraïta est en accord avec l'opinion de Rabbi Éla'zar ben Azarya. Car il est enseigné dans une autre baraïta : La trouma est donnée au cohen, et la première dîme est donnée au lévi ; telle est la position de Rabbi Akiva. Rabbi Éla'zar ben Azarya dit : Elle est donnée aussi au cohen — bien que la Torah stipule qu'elle est donnée au lévi, car les cohanim sont souvent appelés 'léviim' dans la Torah.
מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן דְּלֵוִי הוּא? כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה, דְּתַנְיָא: תְּרוּמָה לַכֹּהֵן, מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן לַלֵּוִי, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמֵר: אַף לַכֹּהֵן.
La Guemara demande : Dire que Rabbi Éla'zar ben Azarya a dit que la première dîme est donnée aussi au cohen — a-t-il dit pour autant qu'elle est donnée au cohen à l'exclusion du lévi ? La Guemara répond : Oui — la baraïta parle de la période qui a suivi la sanction [qenas] qu'Ezra a infligée aux léviim [pour leur refus de remonter en Eretz Israël depuis Babylone], en décrétant qu'ils ne recevraient plus la première dîme.
אֵימַר דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אַף לַכֹּהֵן, לַכֹּהֵן וְלֹא לַלֵּוִי מִי אָמַר? אִין, לְבָתַר דְּקַנְסִינְהוּ עֶזְרָא.
La Guemara insiste : On peut dire qu'Ezra les a sanctionnés et décreté que l'on ne leur donne pas la première dîme — mais a-t-il dit que l'on pouvait même la prendre de leur possession pour la donner aux cohanim ?! Au contraire, explique plutôt que la baraïta parle d'un don qui est semblable à l'avant-bras, aux mâchoires et à la caillette sans en être l'un d'eux. Et de quoi s'agit-il ? De la rechit ha-gez [la première tonte], au sujet de laquelle le verset dit : « Et la première [rechit] de la tonte de tes brebis, tu lui donneras » (Devarim 18, 4). Puisque le verset ne dit pas que la rechit ha-gez est prélevée « du peuple », même les léviim sont tenus de la donner au cohen, et elle peut leur en être retirée à cette fin.
אֵימַר דְּקַנְסִינְהוּ עֶזְרָא – דְּלָא יָהֲבִינַן לְהוּ מִשְׁקַל מִינַּיְיהוּ מִי אָמַר?! אֶלָּא, כְּגוֹן זְרוֹעַ וְלֹא זְרוֹעַ, וּמַאי נִיהוּ – רֵאשִׁית הַגֵּז.
La Guemara suggère : Viens et entends une preuve quant à l'incertitude de Rav depuis une baraïta. Voici le principe : Tout ce qui est de l'ordre de la sainteté [qedoucha] — c'est-à-dire qui est interdit aux non-cohanim [zarim], comme la trouma, la trouma du ma'asser et la halla — le tribunal le retire de la possession d'un lévi pour le donner à un cohen. Et tout ce qui n'est pas de l'ordre de la sainteté — comme le zerao'a [avant-bras], les le'hayim [mâchoires] et la kevah [caillette], qui proviennent d'un animal non-sacré [houline] — le tribunal ne le retire pas de la possession des léviim pour le donner aux cohanim. De toute évidence, les léviim ne sont pas appelés 'am' — et Rav n'aurait pas dû avoir de doute.
תָּא שְׁמַע, זֶה הַכְּלָל: כׇּל דָּבָר שֶׁהוּא בִּקְדוּשָּׁה, כְּגוֹן תְּרוּמָה וּתְרוּמַת מַעֲשֵׂר וְחַלָּה – מוֹצִיאִין אוֹתָן מִיָּדָם, וְכׇל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ בִּקְדוּשָּׁה, כְּגוֹן הַזְּרוֹעַ וְהַלְּחָיַיִם וְהַקֵּבָה – אֵין מוֹצִיאִין אוֹתוֹ מִיָּדָם.
Chullin 131b
100%
חולין קל״א במַסֶּכֶת חוּלִּין
גְּמָרָא הַשִּׁכְחָה, וְהַפֵּאָה, דִּכְתִיב: ״וּבְקֻצְרְכֶם אֶת קְצִיר אַרְצְכֶם לֹא תְכַלֶּה פְּאַת שָׂדְךָ בְּקֻצְרֶךָ וְלֶקֶט קְצִירְךָ וְגוֹ׳״, ״כִּי תִקְצֹר קְצִירְךָ בְשָׂדֶךָ וְשָׁכַחְתָּ עֹמֶר בַּשָּׂדֶה״. שְׁנַיִם שֶׁבָּאִילָן: הַשִּׁכְחָה וְהַפֵּאָה, דִּכְתִיב ״כִּי תַחְבֹּט זֵיתְךָ לֹא תְפָאֵר אַחֲרֶיךָ״, וְתָנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: שֶׁלֹּא תִּטּוֹל תִּפְאַרְתּוֹ מִמֶּנּוּ, ״אַחֲרֶיךָ״ – זוֹ שִׁכְחָה. וְכוּלָּן אֵין בָּהֶן טוֹבַת הֲנָאָה לִבְעָלִים, מַאי טַעְמָא? ״עֲזִיבָה״ כְּתִיבָא בְּהוּ. וַאֲפִילּוּ עָנִי שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל, מוֹצִיאִין אוֹתוֹ מִיָּדוֹ, דִּכְתִיב: ״וְלֶקֶט קְצִירְךָ לֹא תְלַקֵּט לֶעָנִי וְלַגֵּר תַּעֲזֹב אֹתָם״, לְהַזְהִיר עָנִי עַל שֶׁלּוֹ. וּמַעְשַׂר עָנִי הַמִּתְחַלֵּק בְּתוֹךְ הַבַּיִת יֵשׁ בּוֹ טוֹבַת הֲנָאָה לַבְּעָלִים, מַאי טַעְמָא? ״נְתִינָה״ כְּתִיבָא בֵּיהּ. וַאֲפִילּוּ עָנִי שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל מוֹצִיאִין אוֹתוֹ מִיָּדוֹ, דְּאָמַר רַבִּי אִילְעָא: גָּמַר ״לַגֵּר״ ״לַגֵּר״ מֵהָתָם, מָה לְהַלָּן מוּזְהָר עָנִי עַל שֶׁלּוֹ, אַף כָּאן מוּזְהָר עָנִי עַל שֶׁלּוֹ. וּשְׁאָר מַתְּנוֹת כְּהוּנָּה, כְּגוֹן הַזְּרוֹעַ וְהַלְּחָיַיִם וְהַקֵּבָה, אֵין מוֹצִיאִין אוֹתָן לֹא מִכֹּהֵן לְכֹהֵן וְלֹא מִלֵּוִי לְלֵוִי. הָא מִלֵּוִי לְכֹהֵן מוֹצִיאִין, אַלְמָא אִיקְּרוּ ״עַם״. כְּגוֹן הַזְּרוֹעַ וְלֹא זְרוֹעַ, וּמַאי נִיהוּ – מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן. מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן דְּלֵוִי הוּא? כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה, דְּתַנְיָא: תְּרוּמָה לַכֹּהֵן, מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן לַלֵּוִי, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמֵר: אַף לַכֹּהֵן. אֵימַר דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אַף לַכֹּהֵן, לַכֹּהֵן וְלֹא לַלֵּוִי מִי אָמַר? אִין, לְבָתַר דְּקַנְסִינְהוּ עֶזְרָא. אֵימַר דְּקַנְסִינְהוּ עֶזְרָא – דְּלָא יָהֲבִינַן לְהוּ מִשְׁקַל מִינַּיְיהוּ מִי אָמַר?! אֶלָּא, כְּגוֹן זְרוֹעַ וְלֹא זְרוֹעַ, וּמַאי נִיהוּ – רֵאשִׁית הַגֵּז. תָּא שְׁמַע, זֶה הַכְּלָל: כׇּל דָּבָר שֶׁהוּא בִּקְדוּשָּׁה, כְּגוֹן תְּרוּמָה וּתְרוּמַת מַעֲשֵׂר וְחַלָּה – מוֹצִיאִין אוֹתָן מִיָּדָם, וְכׇל דָּבָר שֶׁאֵינוֹ בִּקְדוּשָּׁה, כְּגוֹן הַזְּרוֹעַ וְהַלְּחָיַיִם וְהַקֵּבָה – אֵין מוֹצִיאִין אוֹתוֹ מִיָּדָם. כְּגוֹן זְרוֹעַ וְלֹא זְרוֹעַ, וּמַאי נִיהוּ – מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן, וּלְבָתַר דְּקַנְסִינְהוּ עֶזְרָא. תָּא שְׁמַע: הַשּׁוֹחֵט לְכֹהֵן וּלְגוֹי – פָּטוּר מִן הַמַּתָּנוֹת, הָא לְלֵוִי וּלְיִשְׂרָאֵל – חַיָּיב? לָא תֵּימָא הָא לְלֵוִי וּלְיִשְׂרָאֵל חַיָּיב, אֶלָּא אֵימָא: הָא לְיִשְׂרָאֵל – חַיָּיב. אֲבָל לְלֵוִי מַאי פָּטוּר? אִי הָכִי, לִיתְנֵי ״הַשּׁוֹחֵט לַלֵּוִי וְלַגּוֹי פָּטוּר מִן הַמַּתָּנוֹת״. וְעוֹד, הָא תַּנְיָא: הַשּׁוֹחֵט לַכֹּהֵן וְלַגּוֹי – פָּטוּר מִן הַמַּתָּנוֹת, לַלֵּוִי וּלְיִשְׂרָאֵל – חַיָּיב! תְּיוּבְתָּא דְּרַב. אָמַר לְךָ רַב: תַּנָּאֵי הִיא, דְּתַנְיָא: ״וְכִפֶּר אֶת מִקְדַּשׁ הַקֹּדֶשׁ״ – זֶה לִפְנַי וְלִפְנִים. ״אֹהֶל מוֹעֵד״ – זֶה הֵיכָל, ״מִזְבֵּחַ״ – כְּמַשְׁמָעוֹ, ״יְכַפֵּר״ – אֵלּוּ עֲזָרוֹת, ״כֹּהֲנִים״ – כְּמַשְׁמָעוֹ, ״עַם הַקָּהָל״ – אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל, ״יְכַפֵּר״ – אֵלּוּ הַלְוִיִּם. וְתַנְיָא אִידַּךְ: ״יְכַפֵּר״ – אֵלּוּ עֲבָדִים. מַאי לָאו בְּהָא קָמִיפַּלְגִי, דְּמָר סָבַר אִיקְּרוֹ ״עַם״, וּמָר סָבַר לָא אִיקְּרוֹ ״עַם״. וְרַב, אִי סְבִירָא לֵיהּ כְּהַאי תַּנָּא – לֵימָא, וְאִי סְבִירָא לֵיהּ כְּהַאי תַּנָּא – לֵימָא! מְסַפְּקָא לֵיהּ אִי כְּהַאי תַּנָּא אִי כְּהַאי תַּנָּא. דְּרַשׁ מָרִימָר: הִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב, וְהִלְכְתָא כְּוָותֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא. עוּלָּא הֲוָה יָהֵיב מַתְּנָתָא לְכָהַנְתָּא, אֵיתִיבֵיהּ רָבָא לְעוּלָּא: מִנְחַת כֹּהֶנֶת – נֶאֱכֶלֶת, מִנְחַת כֹּהֵן – אֵינָהּ נֶאֱכֶלֶת. וְאִי אָמְרַתְּ ״כֹּהֵן״ וַאֲפִילּוּ כֹּהֶנֶת, וְהָכְתִיב: ״וְכׇל מִנְחַת כֹּהֵן כָּלִיל תִּהְיֶה לֹא תֵאָכֵל״! אֲמַר לֵיהּ: רַבִּי,