C'est pourquoi le verset dit : « qui grouille [hashoretz] » — [indiquant que les reptiles impurs transmettent l'impureté] en tout endroit où ils grouillent, y compris dans la mer, car ces animaux peuvent y flotter. Par conséquent, l'expression « sur la terre » est comprise comme indiquant que la souris de mer ne transmet pas l'impureté.
תַּלְמוּד לוֹמַר ״הַשּׁוֹרֵץ״ – כׇּל מָקוֹם שֶׁשּׁוֹרֵץ.
La baraïta soulève une autre interprétation : Ou peut-être le terme « qui grouille » ne doit-il pas être interprété de cette façon — il pourrait plutôt signifier que tout reptile qui se reproduit [hammashritz] transmet l'impureté, mais qu'un reptile qui ne se reproduit pas ne transmet pas l'impureté. J'exclurais donc la souris qui est à moitié chair à moitié terre [c'est-à-dire qui se génère spontanément de la terre], car elle ne se reproduit pas et ne transmettrait donc pas l'impureté.
אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא ״הַשּׁוֹרֵץ״ – יָכוֹל כׇּל הַמַּשְׁרִיץ יְטַמֵּא, שֶׁאֵין מַשְׁרִיץ לֹא יְטַמֵּא? אוֹצִיא עַכְבָּר שֶׁחֶצְיוֹ בָּשָׂר וְחֶצְיוֹ אֲדָמָה, שֶׁאֵין פָּרֶה וְרָבֶה.
Mais apparemment, le cas de la souris à moitié chair à moitié terre est soumis à un raisonnement logique [kal vakhomer ou héqech] : puisque le verset déclare impur [autant] le putois [khouldah] que la souris ['akhbar], alors de même que « putois » désigne tout animal dont le nom est putois, de même « souris » désigne tout animal dont le nom est souris — y compris la souris à moitié chair à moitié terre.
וְדִין הוּא: טִימֵּא בְּחוּלְדָּה וְטִימֵּא בְּעַכְבָּר, מָה חוּלְדָּה – כֹּל שֶׁשְּׁמָהּ חוּלְדָּה, אַף עַכְבָּר – כֹּל שֶׁשְּׁמוֹ עַכְבָּר, אָבִיא עַכְבָּר שֶׁחֶצְיוֹ בָּשָׂר וְחֶצְיוֹ אֲדָמָה.
Ou peut-être faut-il raisonner ainsi : de même que le putois se reproduit, de même « souris » ne désignerait qu'une souris qui se reproduit — à l'exclusion de celle qui naît spontanément de la terre, laquelle ne transmettrait pas l'impureté ? C'est pourquoi le verset dit : « parmi les reptiles [basherets] » — [ce terme supplémentaire inclut] la souris née spontanément. Par conséquent, « qui grouille » indique que les reptiles transmettent l'impureté sur terre et dans la mer, et « sur la terre » enseigne que la souris de mer n'entre pas dans la catégorie des souris et ne transmet pas l'impureté.
אוֹ כְּלָךְ לְדֶרֶךְ זוֹ: מָה חוּלְדָּה פָּרָה וְרָבָה, אַף עַכְבָּר פָּרֶה וְרָבֶה? תַּלְמוּד לוֹמַר ״בַּשֶּׁרֶץ״.
L'un des Sages dit à Rava : Interprète le verset différemment ! Le terme « parmi les reptiles » sert à inclure parmi les sources d'impureté la souris à moitié chair à moitié terre. Le terme « qui grouille » enseigne que tout animal qui grouille transmet l'impureté — même la souris de mer. Et si l'on objecte à cause de l'expression « sur la terre » — qui semble indiquer que la souris de mer ne transmet pas l'impureté — cette expression enseigne que le reptile transmet l'impureté uniquement lorsqu'il est sur terre, mais que s'il est descendu dans la mer il ne transmet pas l'impureté.
אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מִדְּרַבָּנַן לְרָבָא: אֵימָא ״בַּשֶּׁרֶץ״, לְאֵתוֹיֵי עַכְבָּר שֶׁחֶצְיוֹ בָּשָׂר וְחֶצְיוֹ אֲדָמָה, ״הַשּׁוֹרֵץ״ – כֹּל שֶׁהוּא שׁוֹרֵץ, וַאֲפִילּוּ עַכְבָּר שֶׁבַּיָּם, וְאִי מִשּׁוּם ״עַל הָאָרֶץ״ – עַל הָאָרֶץ יְטַמֵּא, יָרַד לַיָּם – לֹא יְטַמֵּא.
Rava lui répondit : Ton interprétation n'est pas logique. Selon ton opinion, la souris de mer qui se trouve dans la mer transmet l'impureté. Et puisque tu considères la mer comme un endroit d'impureté, comment peux-tu alors suggérer qu'une souris [quelconque] ne transmette pas l'impureté lorsqu'elle se trouve dans la mer ? Puisque la terre et la mer sont toutes deux des endroits d'impureté, quelle différence cela fait-il pour moi que la souris soit ici sur la terre, ou là dans la mer ?
אֲמַר לֵיהּ: וּמֵאַחַר דְּשַׁוִּיתֵיהּ לְיָם מְקוֹם טוּמְאָה, מָה לִי הָכָא, מָה לִי הָכָא.
La Guemara interroge [l'interprétation précédente selon laquelle « sur la terre » enseigne que la souris de mer ne transmet pas l'impureté] : N'a-t-on pas besoin de cette expression « sur la terre » pour exclure un cas de doute d'impureté flottante ? [Si une personne doute d'avoir touché une source d'impureté flottant sur l'eau, elle reste pure — même dans un domaine privé, où l'on est normalement strict en cas de doute d'impureté.] Car Rav Yits'haq bar Avdimi a dit : L'expression « sur la terre » est écrite pour exclure un cas de doute d'impureté flottante !
וְהַאי ״עַל הָאָרֶץ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ לְהוֹצִיא סְפֵק טוּמְאָה צָפָה, דְּאָמַר רַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי: ״עַל הָאָרֶץ״ – לְהוֹצִיא סְפֵק טוּמְאָה צָפָה!
La Guemara répond : L'expression « sur la terre » est écrite deux fois dans ce passage [une fois pour exclure le doute d'impureté flottante, et une autre fois pour enseigner que la souris de mer ne transmet pas l'impureté].
תַּרְתֵּי ״עַל הָאָרֶץ״ כְּתִיבִי.
Les Sages ont enseigné dans une baraïta à propos des huit reptiles impurs mentionnés dans la Torah : Le verset « le lézard géant selon son espèce » (Vayikra 11, 29) inclut dans la catégorie des reptiles [impurs] l'arvad [un type de serpent particulièrement dangereux], ainsi que les reptiles appelés nefilim et le salamandre [salamandra].
תָּנוּ רַבָּנַן: ״הַצָּב לְמִינֵהוּ״ – לְהָבִיא הֶעָרוֹד, וְכֵן הַנְּפִילִים וְסָלָמַנְדְּרָא.
À ce propos [la salamandre, qui était supposée naître du feu], la baraïta continue : Lorsque Rabbi Akiva arrivait à ce verset dans le livre de Vayikra, il s'exclamait : « Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! » (Tehilim 104, 24). Tu as des créatures qui grandissent dans la mer et des créatures qui grandissent sur la terre. Celles de la mer — si elles montaient sur la terre, elles mourraient immédiatement. Celles de la terre — si elles descendaient dans la mer, elles mourraient immédiatement.
וּכְשֶׁהָיָה רַבִּי עֲקִיבָא מַגִּיעַ לְפָסוּק זֶה, אוֹמֵר: ״מָה רַבּוּ מַעֲשֶׂיךָ ה׳״! יֵשׁ לְךָ בְּרִיּוֹת גְּדֵלוֹת בַּיָּם, וְיֵשׁ לְךָ בְּרִיּוֹת גְּדֵלוֹת בַּיַּבָּשָׁה. שֶׁבַּיָּם – אִילְמָלֵי עוֹלוֹת (בַּיַּבָּשָׁה) [לַיַּבָּשָׁה] מִיָּד מֵתוֹת, שֶׁבַּיַּבָּשָׁה – אִילְמָלֵי יוֹרְדוֹת לַיָּם מִיָּד מֵתוֹת.
De même, tu as des créatures qui grandissent dans le feu et des créatures qui grandissent dans l'air. Celles du feu — si elles montaient dans l'air, elles mourraient immédiatement. Celles de l'air — si elles descendaient dans le feu, elles mourraient immédiatement. [C'est pourquoi :] « Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! »
יֵשׁ לְךָ בְּרִיּוֹת גְּדֵלוֹת בָּאוּר, וְיֵשׁ לְךָ בְּרִיּוֹת גְּדֵלוֹת בָּאֲוִיר. שֶׁבָּאוּר – אִילְמָלֵי עוֹלוֹת לָאֲוִיר מִיָּד מֵתוֹת, שֶׁבָּאֲוִיר – אִילְמָלֵי יוֹרְדוֹת לָאוּר מִיָּד מֵתוֹת. ״מָה רַבּוּ מַעֲשֶׂיךָ ה׳״.
Les Sages ont enseigné dans une baraïta (Tossefta, Kil'ayim 5, 10) : Pour toute créature qui existe sur la terre, il existe une créature équivalente dans la mer — à l'exception du putois [khoulda], qui n'existe que sur la terre. Rabbi Zéïra dit : Quel est le verset sur lequel cela s'appuie ? Il est écrit : « Écoutez, tous les habitants du monde [kheled] » (Tehilim 49, 2). La terre ferme est appelée 'kheled' car elle est l'habitat exclusif du putois [khoulda].
תָּנוּ רַבָּנַן: כֹּל שֶׁיֵּשׁ בַּיַּבָּשָׁה יֵשׁ בַּיָּם, חוּץ מִן הַחוּלְדָּה. אָמַר רַבִּי זֵירָא: מַאי קְרָאָה? ״הַאֲזִינוּ כׇּל יֹשְׁבֵי חָלֶד״.