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Traité Chullin

124b

Étude de Chullin 124b

Étude de la Mishna & Guémara 124b

[La résolution est la suivante :] il s'agit d'une chair mince [meroupad — littéralement : étalée, plate et effilée] attachée à la peau. Ici aussi [dans la déclaration de Rabbi Yoh'anan], la Guemara conclut que c'est à une telle chair mince attachée à la peau que se réfère la déclaration de Rabbi Yoh'anan. Lorsqu'une personne sectionne un tel morceau de chair avec la peau, même si le volume total de la chair constitue un kazayit, voire une mesure bien plus grande, elle est insignifiante et est annulée par la peau.
בִּמְרוּדָּד, הָכָא נָמֵי בִּמְרוּדָּד.
§ La michna enseigne : si sur la peau se trouvaient deux demi-olives [chtei h'atzaei zeitim], la peau transmet l'impureté de névelah [carcasse non abattue rituellement] par le biais du transport mais pas par le biais du contact avec la chair ; telle est la déclaration de Rabbi Yichmaël.
הָיוּ עָלָיו.
Bar Padda dit : les Sages ont enseigné que Rabbi Yichmaël soutient que cette peau ne transmet pas l'impureté par le biais du contact — uniquement à propos de celui qui a touché la peau de l'extérieur [mé-ah'arav]. Mais si quelqu'un a touché directement les morceaux de chair se trouvant à l'intérieur de la peau, même s'il n'a pas touché un morceau atteignant un kazayit, il est impur. Cela est dû au principe selon lequel si on touche un objet impur [mesurant moins d'un kazayit] puis touche à nouveau un autre objet impur [mesurant moins d'un kazayit], on devient impur, car les deux contacts se combinent pour constituer un contact avec la mesure requise d'un kazayit [nogue'a ve-h'ozer ve-nogue'a].
אָמַר בַּר פְּדָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא מֵאַחֲרָיו, אֲבָל מִלְּפָנָיו – יֵשׁ נוֹגֵעַ וְחוֹזֵר וְנוֹגֵעַ.
Et Rabbi Yoh'anan dit : il n'existe pas de tel principe selon lequel, si on touche un objet impur et touche à nouveau un autre objet impur, les deux contacts se combinent pour constituer un contact avec la mesure requise d'un kazayit [ein nogue'a ve-h'ozer ve-nogue'a]. Et Rabbi Yoh'anan suit son propre raisonnement, car Rabbi Yoh'anan a dit : Rabbi Yichmaël et Rabbi Dossa ben Harkhinas ont dit la même chose, c'est-à-dire ont maintenu le même principe [selon lequel deux contacts ou deux « surplombs » ne se cumulent pas].
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֵין נוֹגֵעַ וְחוֹזֵר וְנוֹגֵעַ, וְאַזְדָּא רַבִּי יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: רַבִּי יִשְׁמָעֵאל וְרַבִּי דּוֹסָא בֶּן הַרְכִּינָס אָמְרוּ דָּבָר אֶחָד.
La déclaration de Rabbi Yichmaël est celle que nous venons de mentionner [: deux contacts ne se cumulent pas]. La déclaration de Rabbi Dossa ben Harkhinas est celle que nous avons appris dans une michna (Oholot 3:1) : à propos de tout partie d'un cadavre qui transmet l'impureté dans une tente [ohel — en se trouvant sous le même toit], c'est-à-dire qui transmet l'impureté à tout autre objet se trouvant sous le même toit, si cette partie du corps a été divisée en deux morceaux — chacun mesurant moins d'un kazayit, mais ensemble constituant un kazayit — et si l'on a placé les deux morceaux à l'intérieur d'une maison, Rabbi Dossa ben Harkhinas estime que les deux morceaux ne se combinent pas pour constituer la mesure requise d'un kazayit. Il juge donc tout ce qui se trouve dans la maison pur. Et les Rabbins [h'akhamim] estiment que les deux morceaux de cadavre se combinent pour constituer un kazayit, et ils jugent donc tout ce qui se trouve dans la maison impur.
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל – הָא דַּאֲמַרַן; רַבִּי דּוֹסָא בֶּן הַרְכִּינָס – דִּתְנַן: כָּל הַמְטַמְּאִין בְּאֹהֶל, שֶׁנֶּחְלְקוּ וְהִכְנִיסָן לְתוֹךְ הַבַּיִת – רַבִּי דּוֹסָא בֶּן הַרְכִּינָס מְטַהֵר, וַחֲכָמִים מְטַמְּאִים.
N'est-ce pas que Rabbi Dossa ben Harkhinas a dit là-bas [dans cette michna] qu'il n'existe pas de principe selon lequel une tente surplombe [maahal] un objet impur et surplombe à nouveau un autre objet impur de telle sorte que les deux surplombs se combinent pour constituer la mesure requise en matière d'impureté d'ohel [ein maahil ve-h'ozer oumaahal] ? Ici aussi, Rabbi Dossa ben Harkhinas serait d'accord avec Rabbi Yichmaël qu'il n'existe pas de tel principe selon lequel on touche un objet impur et touche à nouveau un autre objet impur de telle sorte que les deux contacts se cumulent pour constituer la mesure requise d'un kazayit.
לָאו אָמַר רַבִּי דּוֹסָא בֶּן הַרְכִּינָס הָתָם, אֵין מַאֲהִיל וְחוֹזֵר וּמַאֲהִיל, הָכָא נָמֵי אֵין נוֹגֵעַ וְחוֹזֵר וְנוֹגֵעַ.
La Guemara objecte à la déclaration de Rabbi Yoh'anan : puisque l'opinion de Rabbi Dossa ben Harkhinas est conforme à l'opinion de Rabbi Yichmaël, l'opinion des Rabbins qui s'opposent à Rabbi Dossa ben Harkhinas doit également être conforme à l'opinion de Rabbi Akiva, qui s'oppose à Rabbi Yichmaël. Mais Rabbi Akiva ne tranche-t-il pas de manière plus indulgente [meqallel] que Rabbi Yichmaël, car il juge pur dans les deux cas — contact et transport —, tandis que les Rabbins tranchent de manière plus stricte [mah'mir] que Rabbi Dossa ben Harkhinas et jugent tout ce qui se trouve dans la maison impur ?
וּמִדְּרַבִּי דּוֹסָא בֶּן הַרְכִּינָס כְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל, רַבָּנַן כְּרַבִּי עֲקִיבָא? וְהָא רַבִּי עֲקִיבָא טַהוֹרֵי קָא מְטַהַר!
La Guemara répond : Rabbi Akiva ne juge pur celui qui touche ou transporte les morceaux de chair que parce qu'ils sont annulés [betélim] par la peau. Mais en général, il soutient que les objets [impurs] se combinent pour transmettre l'impureté, comme l'enseigne la dernière clause de la michna : « Et Rabbi Akiva reconnaît que dans le cas de deux demi-olives que l'on a enfilées sur un bâton en bois et déplacées, [celui qui les a déplacées] est impur. Et pour quelle raison Rabbi Akiva juge-t-il pur dans le cas où il les a déplacées avec la peau ? C'est parce que la peau les sépare et les annule. »
עַד כָּאן לָא קָא מְטַהַר רַבִּי עֲקִיבָא אֶלָּא בְּעוֹר, אֲבָל בְּעָלְמָא מְטַמֵּא, כִּדְקָתָנֵי סֵיפָא: וּמוֹדֶה רַבִּי עֲקִיבָא בִּשְׁנֵי חֲצָאֵי זֵיתִים שֶׁתְּחָבָן בְּקֵיסָם וֶהֱסִיטָן שֶׁהוּא טָמֵא. וּמִפְּנֵי מָה רַבִּי עֲקִיבָא מְטַהֵר בָּעוֹר? מִפְּנֵי שֶׁהָעוֹר מְבַטְּלָן.
Rav Ouqva bar H'ama soulève une objection à la déclaration de bar Padda [selon laquelle Rabbi Yichmaël maintient que deux contacts avec deux morceaux mesurant moins d'un kazayit se cumulent]. Son objection est fondée sur ce qui est enseigné dans une baraïta : il est écrit : « Par ceux-ci vous vous rendrez impurs ; quiconque touche leurs carcasses sera impur jusqu'au soir. Et quiconque transporte leur carcasse lavera ses vêtements et sera impur jusqu'au soir » (Vayikra / Lévitique 11, 24–25). Du terme « leur carcasse » [bénivlatam], il est déduit que celui qui touche la carcasse elle-même devient impur, mais celui qui touche une peau ayant sur elle deux demi-olives de chair ne devient pas impur.
מֵתִיב רַב עוּקְבָא בַּר חָמָא: ״בְּנִבְלָתָם״ – וְלֹא בְּעוֹר שֶׁיֵּשׁ עָלָיו שְׁנֵי חֲצָאֵי זֵיתִים.
On aurait pu penser que cette peau [portant deux demi-olives] ne transmet pas l'impureté même par le biais du transport. C'est pourquoi la suite du verset dit : « Et quiconque transporte leur carcasse sera impur jusqu'au soir », ce qui indique que celui qui transporte une carcasse, même via la peau, devient impur. Telle est la déclaration de Rabbi Yichmaël. Rabbi Akiva dit : le verset juxtapose « quiconque touche » et « quiconque transporte », indiquant que ce qui entre dans la catégorie de l'impureté via le contact entre dans la catégorie de l'impureté via le transport ; ce qui n'entre pas dans la catégorie de l'impureté via le contact n'entre pas dans la catégorie de l'impureté via le transport.
יָכוֹל אַף בְּמַשָּׂא? תַּלְמוּד לוֹמַר ״וְהַנּוֹשֵׂא יִטְמָא״ – דִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״הַנּוֹגֵעַ״ ״וְהַנּוֹשֵׂא״ – אֶת שֶׁבָּא לִכְלַל מַגָּע, בָּא לִכְלַל מַשָּׂא; לֹא בָּא לִכְלַל מַגָּע, לֹא בָּא לִכְלַל מַשָּׂא.
Et si c'est le cas [comme le soutient bar Padda, que Rabbi Yichmaël admet le cumul de deux contacts], alors le cas d'une peau ayant deux demi-olives entre aussi dans la catégorie de l'impureté transmise par le biais du contact lorsqu'on touche directement la chair à l'intérieur de la peau [mé-lifanav]. Pourquoi alors Rabbi Akiva s'oppose-t-il à Rabbi Yichmaël en disant que dans ce cas il n'y a pas de transmission d'impureté par le biais du transport, au motif qu'il n'y a pas de transmission d'impureté par le biais du contact ?
וְאִם אִיתָא, הֲרֵי בָּא לִכְלַל מַגָּע מִלְּפָנָיו?
Rava dit : voici ce que disait Rabbi Akiva : ce qui entre dans la catégorie de l'impureté via le contact en toutes circonstances [be-khol tzad] — même en touchant la peau de l'extérieur — entre dans la catégorie de l'impureté via le transport ; ce qui n'entre pas dans la catégorie de l'impureté via le contact en toutes circonstances ne rentre pas dans la catégorie de l'impureté via le transport.
אָמַר רָבָא: הָכִי קָאָמַר, אֶת שֶׁבָּא לִכְלַל מַגָּע בְּכׇל צַד – בָּא לִכְלַל מַשָּׂא, לֹא בָּא לִכְלַל מַגָּע בְּכׇל צַד – לֹא בָּא לִכְלַל מַשָּׂא.
Chullin 124b
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חולין קכ״ד במַסֶּכֶת חוּלִּין