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Traité Chullin

124a

Étude de Chullin 124a

Étude de la Mishna & Guémara 124a

[que le four soit brisé] jusqu'à ce que le four lui-même repose simplement sur le sol et ne soit plus maintenu en place par du plâtre [l'enduit d'argile]. Briser le four de cette manière-là le rend pur [tahor], car il n'est plus considéré comme un ustensile [keli]. Rabbi Méïr dit : il n'est pas nécessaire de gratter la couche de plâtre, et il n'est certainement pas nécessaire de le déplacer jusqu'à ce que le four repose sur le sol. Il suffit plutôt d'effectuer des entailles dans le four lui-même, réduisant sa taille de l'intérieur de la couche de plâtre — c'est-à-dire sans retirer la couche de plâtre —, jusqu'à ce que la partie non brisée soit inférieure à quatre tefah'im [handbreadths, largeurs de main].
עַד שֶׁיְּהֵא בָּאָרֶץ. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ לֹא לִגְרוֹר אֶת הַטְּפֵילָה וְלֹא עַד שֶׁיְּהֵא בָּאָרֶץ, אֶלָּא מְמַעֲטוֹ מִבִּפְנִים (מארבע) [מֵאַרְבָּעָה] טְפָחִים.
[Selon Rabbi Méïr,] en tout cas, lorsqu'on réduit [la partie intacte du four] à moins de quatre [tefah'im], le four est rendu pur [tahor]. Pourquoi en est-il ainsi, selon l'opinion de Rech Lakich ? Disons que ce four se trouve dans un état réparable [h'alim ve-qaï — littéralement : il se tient et existe [solidement]], car le plâtre le maintient ensemble ; or, selon Rech Lakich [qui estime qu'un objet réparable reste impur], il devrait donc être considéré comme raccordé et demeurer impur.
כִּי מְמַעֵט לַהּ (מארבע) [מֵאַרְבָּעָה] מִיהָא טָהוֹר, אַמַּאי? לֵימָא: הָא חֲלִים וְקָאֵי!
Rava dit à Rabbi Yirmeya : au lieu d'objecter à l'opinion de Rech Lakich à partir de la déclaration de Rabbi Méïr, tire plutôt une preuve en faveur de son opinion à partir de la déclaration des Rabbins [h'akhamim] qui s'opposent à Rabbi Méïr et soutiennent que le four ne devient pur que si l'on gratte la couche de plâtre jusqu'à ce que le four repose sur le sol. Manifestement, les Rabbins estiment que le four n'est rendu pur que s'il est brisé de façon complète et irréparable, ce qui soutient l'opinion de Rech Lakich selon ton raisonnement.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: וְאֵימָא מִדְּרַבָּנַן – גּוֹרֵר אֶת הַטְּפֵילָה עַד שֶׁיְּהֵא בָּאָרֶץ.
Mais Rava dit plutôt [la formulation suivante de la michna] : voici ce qu'elle dit : un four qui est devenu impur [tamé] — comment le purifie-t-on ? Tout le monde [divrei ha-kol] s'accorde pour dire qu'on le divise en trois parties et qu'on gratte la couche de plâtre jusqu'à ce que le four repose sur le sol.
אֶלָּא אָמַר רָבָא: הָכִי קָאָמַר, תַּנּוּר שֶׁנִּטְמָא כֵּיצַד מְטַהֲרִין אוֹתוֹ? דִּבְרֵי הַכֹּל חוֹלְקוֹ לִשְׁלֹשָׁה, וְגוֹרֵר אֶת הַטְּפֵילָה עַד שֶׁיְּהֵא בָּאָרֶץ.
Et quiconque souhaite que son four ne soit pas exposé à l'impureté — comment doit-il procéder ? Les Rabbins soutiennent qu'il suit la même procédure que celle nécessaire pour purifier un four impur : dès le départ, il divise le four en trois parties et gratte la couche de plâtre jusqu'à ce que le four repose sur le sol. Rabbi Méïr dit : en ce qui concerne un four qui n'est pas encore devenu impur, il n'est pas nécessaire de gratter la couche de plâtre, et il n'est certainement pas nécessaire de l'enlever jusqu'à ce que le four repose sur le sol. Il suffit plutôt de réduire la taille du four de l'intérieur de la couche de plâtre, jusqu'à ce que la partie intacte soit inférieure à quatre tefah'im.
וְהָרוֹצֶה שֶׁלֹּא יָבֹא תַּנּוּרוֹ לִידֵי טוּמְאָה, כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה? חוֹלְקוֹ לִשְׁלֹשָׁה, וְגוֹרֵר אֶת הַטְּפֵילָה עַד שֶׁיְּהֵא בָּאָרֶץ. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ לֹא לִגְרוֹר אֶת הַטְּפֵילָה וְלֹא עַד שֶׁיְּהֵא בָּאָרֶץ, אֶלָּא מְמַעֲטוֹ מִבִּפְנִים מֵאַרְבָּעָה טְפָחִים.
§ La Guemara examine la michna du traité Kelim citée plus haut. Le Maître a dit : un four impur est rendu pur lorsqu'on le divise en trois parties, de sorte qu'aucune partie ne contienne la majorité du four. Mais on ne peut pas purifier le four en le divisant en deux parts, car l'une d'elles contiendrait la majorité du four.
אָמַר מָר: חוֹלְקוֹ לִשְׁלֹשָׁה.
La Guemara soulève une contradiction [romia] à partir d'une autre michna (Kelim 5:1) : un four d'argile, à son état original — une fois terminé de fabriquer —, est susceptible d'impureté rituelle [mequabel touma] s'il mesure quatre tefah'im de hauteur. Et à propos d'un four qui est devenu impur et a ensuite été brisé, si ses restes [sheyarav] comprennent un morceau de quatre tefah'im de hauteur, ce morceau demeure impur. Telle est la déclaration de Rabbi Méïr.
וּרְמִינְהוּ: תַּנּוּר, תְּחִלָּתוֹ אַרְבָּעָה, וּשְׁיָרָיו אַרְבָּעָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
Et les Rabbins disent : dans quel cas cette déclaration s'applique-t-elle ? Elle s'applique dans le cas d'un grand four, mais dans le cas d'un petit four — à son état original, n'importe quelle taille [kol she-hou] suffit pour qu'il soit susceptible d'impureté. Une fois sa fabrication achevée, si le four est devenu impur puis a ensuite été brisé, ses restes demeurent encore impurs dans le cas où ils contiennent la majorité du four.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים בְּגָדוֹל, אֲבָל בְּקָטָן – תְּחִלָּתוֹ כׇּל שֶׁהוּא, מִשֶּׁתִּגָּמֵר מְלַאכְתּוֹ – שְׁיָרָיו בְּרוּבּוֹ.
La Guemara demande : et quelle est la mesure correspondant au terme « n'importe quelle taille » utilisé dans la michna ? L'école [dévet] de Rabbi Yanaï dit : [il s'agit de] un tefah', car les gens fabriquent des fours jouets [tanourei banot, littéralement : fours de filles] d'une hauteur d'un tefah'.
וְכַמָּה ״כׇּל שֶׁהוּא״? אָמְרִי דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי: טֶפַח, שֶׁכֵּן עוֹשִׂים (תנורים) [תַּנּוּרֵי] בָּנוֹת טֶפַח.
La Guemara en déduit : les Rabbins dans cette michna soutiennent que, pour un grand four impur brisé, tout morceau restant de quatre tefah'im demeure impur. Il est manifeste que le four demeure impur parce qu'il existe des morceaux de ses restes mesurant quatre tefah'im. Mais si aucun reste du four ne mesure quatre tefah'im, même si un morceau contient la majorité du four, le four est rendu pur. Cette opinion n'est pas cohérente avec l'opinion des Rabbins dans la michna précédemment citée [qui exige que le four soit divisé en trois].
טַעְמָא דְּאִיכָּא שְׁיָרָיו אַרְבַּע, הָא לֵיכָּא שְׁיָרָיו אַרְבַּע – טָהוֹר.
Les Sages répondirent : là [dans la michna de Kelim 5:1], à propos de l'opinion des Rabbins selon laquelle le four est pur si aucun reste ne mesure quatre tefah'im, cette michna traite d'un cas où l'on a coupé le four horizontalement [tzalqéh mitzlaq], de sorte que les pièces ne se tiennent plus l'une sur l'autre de manière stable. Ici [dans la michna de la purification], à propos de l'opinion des Rabbins selon laquelle un four impur n'est rendu pur que lorsqu'aucun morceau ne constitue la majorité du four, la michna traite d'un cas où l'on a rendu le four un « tesson » [guistra — moitié verticale], en le coupant verticalement, auquel cas un morceau contenant la majorité du four peut se tenir seul.
אָמְרִי: הָתָם, דְּצַלְקֵיהּ מִצְלָק; הָכָא, דְּעַבְדֵיהּ גִּיסְטְרָא.
§ La Guemara examine la michna du traité Kelim précédemment citée. Le Maître a dit : dans le cas d'un petit four, ses restes demeurent impurs s'ils contiennent la majorité du four. La Guemara demande : la majorité d'un four d'un seul tefah' — à quoi est-elle utile [lemah havé] ? Un si petit morceau n'étant pas fonctionnel, pourquoi devrait-il rester impur ?
אָמַר מָר: שְׁיָרָיו בְּרוּבּוֹ, רוּבּוֹ דְּטֶפַח לְמַאי הָוֵי?
Chullin 124a
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חולין קכ״ד אמַסֶּכֶת חוּלִּין