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Traité Chullin

118b

Étude de Chullin 118b

Étude de la Guémara 118b

Guémara
La Guemara demande : pourquoi suppose-t-on que si le verset n'est pas nécessaire pour la question de la protection [shomer] d'une carcasse, il doit être appliqué à la question de la poignée [yad] en général [concernant les aliments] ? Peut-on dire que si le verset n'est pas nécessaire pour la question de la protection d'une carcasse, on l'applique à la question de la protection en général concernant les aliments ? Bien qu'il soit déjà écrit : « Sur toute semence que l'on sème » [Vayikra 11, 37], deux versets sont nécessaires pour enseigner la halakha de la protection concernant les aliments : l'un pour enseigner que la protection introduit l'impureté, et l'autre pour enseigner que la protection se joint à l'aliment pour constituer le shi'our requis. Mais il n'y aurait alors aucune source pour déduire que la poignée [yad] introduit l'impureté.
וְאֵימָא: אִם אֵינוֹ עִנְיָן לְשׁוֹמֵר דִּנְבֵלָה, תְּנֵהוּ עִנְיָן לְשׁוֹמֵר דְּעָלְמָא, שׁוֹמֵר לְהַכְנִיס וְשׁוֹמֵר לְצָרֵף, אֲבָל יָד לְהַכְנִיס לֹא!
La Guemara répond : la halakha que la poignée [yad] introduit l'impureté n'est pas déduite du verset superflu concernant la protection d'une carcasse. Il faut plutôt revenir à l'explication initialement proposée : il est écrit concernant l'impureté des aliments « elle est impure pour vous » [Vayikra 11, 38], dont on déduit que tout ce qui est nécessaire à votre usage de l'aliment transmet l'impureté — y compris les poignées. Depuis le début, quand la halakha de la poignée est écrite : « Et si de l'eau est versée sur la semence, et qu'il tombe sur elle [quelque chose] de leur carcasse, elle est impure pour vous » [Vayikra 11, 38], elle est écrite dans le contexte de l'introduction de l'impureté [hakhnasat toum'ah]. On infère donc a fortiori que la poignée exporte également l'impureté, et on déduit a fortiori de la halakha de la poignée que la protection introduit et exporte l'impureté. On déduit aussi que la protection se joint à l'aliment pour constituer le shi'our requis à partir de ce qui est écrit : « Sur toute semence que l'on sème ».
אֶלָּא, מֵעִיקָּרָא כִּי כְּתִיבָא יָד, אַהַכְנָסָה כְּתִיבָא.
La Guemara demande : mais si c'est ainsi, pourquoi ai-je besoin du verset enseignant la halakha de la protection concernant une carcasse, tel qu'il est écrit : « il sera impur » [Vayikra 11, 39] ? La Guemara répond : il est nécessaire pour la chose elle-même [le-gufeh] — pour enseigner que la halakha de la protection [shomer] s'applique à l'impureté d'une carcasse.
אֶלָּא שׁוֹמֵר דִּנְבֵלָה, לְמָה לִי? לְגוּפֵיהּ.
La Guemara demande : et pour quelle halakha [spécifique est-ce] enseigné ? S'il enseigne que la protection se joint à la carcasse pour constituer le shi'our requis pour transmettre l'impureté — tu as dit [dans la michna] que la protection ne se joint pas à la carcasse pour constituer ce shi'our ! S'il enseigne que la protection introduit et exporte l'impureté d'une carcasse — il n'est pas nécessaire que le verset enseigne cela, car on l'infère a fortiori de la halakha de la poignée [yad]. La Guemara répond : il existe des cas où un enseignement pourrait être inféré a fortiori, et néanmoins le verset prend la peine de l'écrire explicitement [mila de-atya be-kal va-'homer — ta'rah ve-khatav lah kera].
וּלְמַאי? אִי לְאִצְטְרוֹפֵי – אָמְרַתְּ לָא מִצְטָרֵף! אִי לְהַכְנִיס וּלְהוֹצִיא – קַל וָחוֹמֶר מִיָּד אָתְיָא! מִילְּתָא דְּאָתְיָא בְּקַל וְחוֹמֶר – טָרַח וְכָתַב לַהּ קְרָא.
La Guemara objecte : si c'est ainsi [que l'on accepte le principe selon lequel l'Écriture peut réitérer ce qui est déductible a fortiori], alors concernant la protection en général [relative aux aliments], je pourrais dire que le verset enseigne [simplement] qu'elle introduit l'impureté [hakhnasat toum'ah], et que la raison pour laquelle le verset enseigne cette halakha même si elle pourrait être inférée a fortiori est parce que parfois il existe un enseignement déductible a fortiori que le verset prend néanmoins la peine d'écrire explicitement.
אִי הָכִי, שׁוֹמֵר דְּעָלְמָא, אֵימָא לָךְ: לְהַכְנִיס, וּמִלְּתָא דְּאָתֵי בְּקַל וָחוֹמֶר – טָרַח וְכָתַב לַהּ קְרָא.
La Guemara répond : là où il est possible d'interpréter le verset d'une façon qui en tire une nouveauté [le-midrash], nous l'interprétons ainsi et nous ne maintenons pas que le verset enseigne ce qui pourrait être inféré a fortiori [kal va-'homer].
הֵיכָא דְּאִיכָּא לְמִידְרַשׁ, דָּרְשִׁינַן.
Rav 'Haviva dit [en réponse à l'objection précédente, qui demandait pourquoi le verset superflu sur le shomer de la nevela est appliqué au yad général plutôt qu'au shomer général] : la halakha de la protection d'une carcasse [shomer di-nevela] est différente car elle introduit et exporte l'impureté mais ne se joint pas à la carcasse pour constituer le shi'our requis. Puisque la protection fonctionne comme une poignée [yad] en ce qu'elle seulement introduit et exporte l'impureté, nous appliquons sa nouveauté aux halakhot de la poignée et non aux halakhot de la protection.
רַב חֲבִיבָא אָמַר: שָׁאנֵי שׁוֹמֵר דִּנְבֵלָה, כֵּיוָן דְּמַעֲשֵׂה יָד קָא עָבֵיד, אַיָּד שָׁדֵינַן לֵיהּ.
§ [La Guemara avait précédemment déduit que la protection [shomer] se joint à l'aliment pour constituer le shi'our requis pour transmettre l'impureté, à partir de ce qui est écrit : « Sur toute semence que l'on sème » (Vayikra 11, 37), indiquant que la totalité de la semence est susceptible d'impureté lorsqu'elle est dans l'état dans lequel les gens la sèment habituellement.] Rav Yehouda bar Yichma'el objecte à cela à partir de ce que nous avons appris dans une michna [Okatzin 2, 3] : La protubérance [pitma] d'une grenade [rimmon] se joint à la grenade pour constituer le shi'our d'un volume d'œuf [ke-beitsa] requis pour transmettre l'impureté, car elle protège le fruit. Mais la fleur [netz] de la grenade ne se joint pas à la grenade à cet égard, car elle ne protège pas le fruit lui-même ; elle protège la protection du fruit.
מַתְקֵיף לַהּ רַב יְהוּדָה בַּר יִשְׁמָעֵאל, הָא דִּתְנַן: הַפִּיטְמָא שֶׁל רִמּוֹן מִצְטָרֶפֶת, וְהַנֵּץ שֶׁלּוֹ אֵין מִצְטָרֵף.
Rav Yehouda bar Yichma'el demande : pourquoi la protubérance [pitma] se joint-elle à la grenade pour constituer un volume d'œuf ? Lisez ici ce que le verset dit : « Sur toute semence que l'on sème » — ce qui indique que la totalité de la semence est susceptible d'impureté lorsqu'elle est dans l'état où l'on la sort habituellement aux champs pour la semer. Mais les grenades ne sont pas habituellement semées avec leurs protubérances, puisqu'on les plante généralement en champ sous forme de jeunes pousses [pas de semence avec pitma].
וְאַמַּאי? קְרִי כָּאן ״עַל כׇּל זֶרַע זֵרוּעַ״, וְלֵיכָּא!
Et de plus, on peut objecter à cette déduction à partir de ce que nous avons appris dans la michna [citée précédemment dans le tractate Houlin] : le cuir [or], le jus coagulé [rotev], les épices [kippa], les résidus de viande [kibba], les os [atzamot], les tendons [gidin], la partie inférieure des cornes [keranayim] et la partie inférieure des sabots [telalayim] — tout cela se joint à la viande pour constituer le volume d'œuf requis pour transmettre l'impureté alimentaire. D'où déduisons-nous que ces protections, bien qu'elles ne soient pas semées avec la nourriture, se joignent à la nourriture pour constituer le shi'our requis ?
וְתוּ, הָא דִּתְנַן: הָעוֹר וְהָרוֹטֶב וְהַקֵּיפֶה וְכוּ׳. מִצְטָרֵף לְטַמֵּא טוּמְאַת אֳכָלִים – מְנָלַן?
La Guemara répond : trois termes [avec la racine zaïn-réch-aïn] sont écrits dans le verset concernant la protection [shomer] : « Sur toute semence [zera] que l'on sème [zerua', asher yizzare'a] » [Vayikra 11, 37]. Un terme est écrit pour enseigner la halakha de la protection concernant les semences [shomer di-zra'im] ; un autre est écrit pour enseigner la halakha de la protection concernant les arbres [shomer di-ilanot] ; et l'autre est écrit pour enseigner la halakha de la protection concernant la viande, les œufs et les poissons [shomer basar u-veitztm ve-dagim]. En conséquence, cette halakha n'est pas limitée aux protections qui sont semées avec la nourriture.
אֶלָּא תְּלָתָא קְרָאֵי כְּתִיבִי: ״עַל כׇּל זֶרַע״, ״זֵרוּעַ״, ״אֲשֶׁר יִזָּרֵעַ״, חַד לְשׁוֹמֵר דִּזְרָעִים, וְחַד לְשׁוֹמֵר דְּאִילָנוֹת, אִידַּךְ לְשׁוֹמֵר בָּשָׂר וּבֵיצִים וְדָגִים.
§ Rav 'Hiyya bar Achi dit au nom de Rav : il y a une signification [relevance halakhique] à la poignée [yad] pour ce qui est d'introduire et d'exporter l'impureté, mais il n'y a pas de signification à la poignée pour ce qui est de rendre l'aliment susceptible à l'impureté [hekh'sher]. L'aliment lui-même doit entrer directement en contact avec un liquide [mashkeh] pour être rendu susceptible à l'impureté.
אָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי, אָמַר רַב: יֵשׁ יָד לְטוּמְאָה, וְאֵין יָד לְהֶכְשֵׁר.
Chullin 118b
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חולין קי״ח במַסֶּכֶת חוּלִּין