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Traité Chagigah

8b

Étude de Chagigah 8b

Étude de la Mishna & Guémara 8b

Cela enseigne qu'[on accomplit l'obligation de réjouissance en] mangeant ces animaux dont peut provenir l'offrande de fête [la chagiga] — c'est-à-dire brebis et bœufs. Cela exclut ceux-ci — les offrandes d'oiseaux et les minha (offrandes de farine) — dont ne peut pas provenir l'offrande de fête.
מִי שֶׁחֲגִיגָה בָּאָה מֵהֶם, יָצְאוּ אֵלּוּ שֶׁאֵין חֲגִיגָה בָּאָה מֵהֶם.
Rav Achi dit : Il n'est pas nécessaire de dériver cette halakha de « Et tu te réjouiras en ta fête » en expliquant que le mot « fête » renvoie à l'offrande de fête. Cette halakha se dérive simplement du fait que [le verset dit] « Et tu te réjouiras ». Cela exclut les offrandes d'oiseaux et les minhot, car il n'y a pas en elles de dimension de réjouissance [véritable], puisque la joie du repas ne vient que de la viande [de gros et petit bétail].
רַב אָשֵׁי אָמַר: מִ״וְּשָׂמַחְתָּ״ נָפְקָא. יָצְאוּ אֵלּוּ שֶׁאֵין בָּהֶן שִׂמְחָה.
La Guemara demande : Et Rav Achi, que fait-il du mot « en ta fête » [bi-'hagekha] ? La Guemara répond : Ce mot vient enseigner conformément à la déclaration de Rav Daniel bar Ketina. Car Rav Daniel bar Ketina a dit au nom de Rav : D'où sait-on qu'on ne doit pas prendre femme pendant les jours intermédiaires de la fête [le 'hol ha-mo'ed] ? Car il est dit : « Et tu te réjouiras en ta fête [bi-'hagekha] », et non pas avec ta femme [be-ishtekha] [car prendre femme apporterait une joie personnelle distincte de la joie de la fête].
וְרַב אָשֵׁי, הַאי ״בְּחַגֶּךָ״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? הַהוּא, לְכִדְרַב דָּנִיאֵל בַּר קַטִּינָא. דְּאָמַר רַב דָּנִיאֵל בַּר קַטִּינָא אָמַר רַב: מִנַּיִין שֶׁאֵין נוֹשְׂאִין נָשִׁים בַּמּוֹעֵד — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׂמַחְתָּ בְּחַגֶּךָ״, וְלֹא בְּאִשְׁתֶּךָ.
Mishna 1
MICHNA : Celui qui a de nombreuses bouches à nourrir [dans sa maison] et peu de biens peut amener de nombreuses offrandes de paix [chélamim] et peu d'offrandes brûlées ['olot], afin de nourrir les membres de sa maisonnée avec les offrandes de paix. Si l'on a de nombreux biens et peu de bouches à nourrir, on amènera de nombreuses offrandes brûlées et peu d'offrandes de paix.
מַתְנִי׳ מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ אוֹכְלִים מְרוּבִּים וּנְכָסִים מוּעָטִים — מֵבִיא שְׁלָמִים מְרוּבִּים וְעוֹלוֹת מוּעָטוֹת. נְכָסִים מְרוּבִּים וְאוֹכְלִין מוּעָטִין — מֵבִיא עוֹלוֹת מְרוּבּוֹת וּשְׁלָמִים מוּעָטִין.(משנה)
Si l'un et l'autre [tant les biens que les membres de la maisonnée] sont peu nombreux, c'est à son propos qu'il est dit dans la michna [du début du traité (daf 2a)] : [la valeur minimale d'une] pièce d'argent [ma'a] pour l'offrande brûlée de comparution, [et de] deux pièces d'argent pour les offrandes de paix de fête. Si l'un et l'autre sont nombreux, c'est à son propos qu'il est dit : « Chaque homme [donnera] selon les moyens de sa main, selon la bénédiction de l'Éternel ton Dieu qu'Il t'a accordée » (Devarim 16, 17).
זֶה וָזֶה מוּעָט — עַל זֶה נֶאֱמַר: מָעָה כֶּסֶף, שְׁתֵּי כֶּסֶף. זֶה וָזֶה מְרוּבִּים — עַל זֶה נֶאֱמַר: ״אִישׁ כְּמַתְּנַת יָדוֹ כְּבִרְכַּת ה׳ אֱלֹהֶיךָ אֲשֶׁר נָתַן לָךְ״.
Guémara
GUEMARA : [La michna déclare que] celui qui a de nombreuses bouches à nourrir et peu de biens peut amener de nombreuses offrandes de paix. La Guemara demande : D'où peut-il amener de nombreuses offrandes de paix ? Il n'a pas beaucoup de biens ! Rav 'Hisda dit : Il associe [ses biens non-sacrés] à [l'argent de] la deuxième dîme et amène un grand taureau [obtenant ainsi beaucoup de viande]. Rav Chéchet lui dit : [Mais] les Sages ont dit qu'on peut associer une bête à [une autre] bête [et non de l'argent à de l'argent] !
גְּמָ׳ שְׁלָמִים מְרוּבִּים. מֵהֵיכָא מַיְיתֵי? הָא לֵית לֵיהּ! אָמַר רַב חִסְדָּא: טוֹפֵל וּמֵבִיא פַּר גָּדוֹל. אָמַר לֵיהּ רַב שֵׁשֶׁת: הֲרֵי אָמְרוּ טוֹפְלִין בְּהֵמָה לִבְהֵמָה!
Comme cette objection manque de clarté, la Guemara demande : Que lui disait-il [Rav Chéchet à Rav 'Hisda] ? Si l'on dit qu'il lui disait ainsi : [Les Sages] n'ont dit que « on peut associer une bête à une bête » mais pas de l'argent à de l'argent — il aurait dû simplement lui dire : « On ne peut pas associer de l'argent à de l'argent ! » Au contraire, voici ce qu'il lui disait : [Les Sages] ont dit qu'on peut même associer une bête à une bête ! Pourquoi as-tu, Rav 'Hisda, limité [sa solution] à l'achat d'un seul grand animal ? Pourquoi ne pas aussi suggérer que cet individu amène d'autres animaux avec les fonds de la deuxième dîme [en achetant des bêtes séparées] ?
מַאי קָאָמַר לֵיהּ? אִילֵּימָא הָכִי קָאָמַר לֵיהּ: הֲרֵי אָמְרוּ טוֹפְלִין בְּהֵמָה לִבְהֵמָה אֲבָל לֹא מָעוֹת לְמָעוֹת, וְלֵימָא לֵיהּ: אֵין טוֹפְלִין מָעוֹת לְמָעוֹת! אֶלָּא הָכִי אֲמַר לֵיהּ: הֲרֵי אָמְרוּ אַף טוֹפְלִין בְּהֵמָה לִבְהֵמָה.
La Guemara demande : Conformément à l'avis de qui [Rav Chéchet a-t-il dit cela] ? Ce n'est pas conformément à l'avis de Hizkiya [qui a dit qu'on peut associer une bête à une bête mais pas de l'argent à de l'argent], et ce n'est pas non plus conformément à l'avis de Rabbi Yo'hanan [qui a dit qu'on peut associer de l'argent à de l'argent mais pas une bête à une bête]. [Car Rav Chéchet semble dire qu'on peut faire les deux !]
כְּמַאן? דְּלָא כְּחִזְקִיָּה וּדְלָא כְּרַבִּי יוֹחָנָן!
Et si tu dis : C'est [uniquement] les Amoraïm [Hizkiya et Rabbi Yo'hanan] qui se disputent [sur la forme d'association permise], alors que les baraïtot [citées à l'appui de leurs opinions] ne se disputent pas [et Rav Chéchet pourrait donc présenter sa propre position] — ce n'est pas possible, car la baraïta enseigne : « La première consommation doit provenir des biens non-sacrés. » Cela indique que le premier animal que l'on mange doit provenir entièrement des biens non-sacrés, et que l'association [avec des fonds de dîme] n'est permise que pour le second animal. Cela montre qu'on ne peut pas mélanger de l'argent à de l'argent pour acheter même un seul animal.
וְכִי תֵּימָא: אָמוֹרָאֵי הוּא דִּפְלִיגִי, מַתְנְיָיתָא לָא פְּלִיגִי. וְהָא קָתָנֵי: אֲכִילָה רִאשׁוֹנָה מִן הַחוּלִּין.
La Guemara explique : Que signifie « la première consommation » ? Cela signifie que lorsqu'on associe des fonds non-sacrés à des fonds de deuxième dîme, la valeur monétaire correspondant au [quantum] de la première consommation requise de l'offrande doit provenir des fonds non-sacrés. Cependant, la valeur restante de cet animal peut provenir des fonds de la dîme. Ainsi, selon l'opinion de Rav Chéchet, on peut associer une bête à une bête [en achetant deux animaux séparés, l'un avec des fonds non-sacrés et l'autre avec des fonds de dîme]. Une autre option consiste à acheter un seul animal avec des fonds combinés, pourvu que la première consommation soit [financée] par des fonds non-sacrés.
מַאי אֲכִילָה רִאשׁוֹנָה — שִׁיעוּר דְּמֵי אֲכִילָה רִאשׁוֹנָה מִן הַחוּלִּין.
§ Oulla dit au nom de Rech Lakich [Rabbi Chimon ben Lakich] : Si l'on a séparé dix animaux pour [accomplir] son offrande de fête et qu'on en a sacrifié cinq le premier jour de la fête — on peut revenir et en sacrifier cinq le deuxième jour de la fête [ou lors de l'un des jours restants]. Il n'y a pas lieu de craindre d'enfreindre l'interdit de « N'ajoute pas [bal tossif] » (Devarim 13, 1) [comme si on célébrait deux fois le premier jour], car les offrandes restantes ne font que compléter [les obligations] du premier jour. Rabbi Yo'hanan dit : Une fois qu'il a arrêté [après les cinq premières offrandes] lors du jour où il a d'abord amené l'offrande de fête, il ne peut plus sacrifier les animaux restants les autres jours, car ce serait considéré comme célébrer un jour supplémentaire.
אָמַר עוּלָּא אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: הִפְרִישׁ עֶשֶׂר בְּהֵמוֹת לַחֲגִיגָתוֹ, הִקְרִיב חָמֵשׁ בְּיוֹם טוֹב רִאשׁוֹן — חוֹזֵר וּמַקְרִיב חָמֵשׁ בְּיוֹם טוֹב שֵׁנִי. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: כֵּיוָן שֶׁפָּסַק, שׁוּב אֵינוֹ מַקְרִיב.
Rabbi Abba dit : Et [ces deux Amoraïm] ne se disputent pas [en réalité] : ici [Rabbi Yo'hanan parle du] cas où [l'offrant] n'a pas précisé [ses intentions], tandis que là [Rech Lakich parle du] cas où [l'offrant] a explicitement [déclaré d'avance qu'il entendait les amener sur tous les jours de la fête].
אָמַר רַבִּי אַבָּא, וְלָא פְּלִיגִי: כָּאן בִּסְתָם, כָּאן בִּמְפָרֵשׁ.
Chagigah 8b
100%
חגיגה ח׳ במַסֶּכֶת חֲגִיגָה