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Traité Chagigah

5a

Étude de Chagigah 5a

Étude de la Guémara 5a

Guémara
[La suite de l'incident de Miryam, la tresseuse de cheveux :] et en balayant le four. Elle prit le feu et le posa sur son pied ; elle fut brûlée et sa chance [mazal] en souffrit, ce qui me donna l'opportunité [de la prendre], et je l'amenai.
וּמְחָרְיָא תַּנּוּרָא, שְׁקַלְתָּא וְאַנַּחְתָּא אַגַּבֵּהּ דְּכַרְעַהּ, קְדַחָא וְאִיתְּרַע מַזָּלַהּ, וְאַיְיתִיתַהּ.
Rav Beïvaï bar Abayé dit à l'Ange de la Mort : Avez-vous le droit d'agir de cette façon, de prendre quelqu'un avant son heure [assignée] ? L'Ange de la Mort lui dit : N'est-il pas écrit : « Et il en est qui périssent sans justice » (Michlé 13, 23) ? Rav Beïvaï lui dit : N'est-il pas [aussi] écrit : « Une génération passe et une génération vient » (Qohélet 1, 4), ce qui indique qu'il y a une durée prédéterminée pour la vie de chaque génération ?
אֲמַר לֵיהּ רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי: אִית לְכוּ רְשׁוּתָא לְמִיעְבַּד הָכִי? אֲמַר לֵיהּ, וְלָא כְּתִיב: ״וְיֵשׁ נִסְפֶּה בְּלֹא מִשְׁפָּט״? אֲמַר לֵיהּ, וְהָכְתִיב: ״דּוֹר הוֹלֵךְ וְדוֹר בָּא״!
L'Ange de la Mort dit : Je les garde [sous ma surveillance], sans les livrer à l'ange Douma [qui supervise les âmes des morts] jusqu'à ce que les années de la génération soient complètes, puis je les transmets à Douma. Rav Beïvaï lui dit : En fin de compte, que fais-tu des années supplémentaires [de cette personne dont on a abrégé la vie] ? L'Ange de la Mort lui dit : S'il y a un étudiant de Torah [tsourba mérabanan] qui passe outre les offenses qu'on lui fait [c'est-à-dire qui renonce à ses droits personnels et pardonne], j'ajoute ces années à sa vie et il devient le remplaçant du défunt pour ce temps.
אֲמַר: דְּרָעֵינָא לְהוּ אֲנָא עַד דְּמָלוּ לְהוּ לְדָרָא, וַהֲדַר מַשְׁלֵימְנָא לֵיהּ לְדוּמָה. אֲמַר לֵיהּ: סוֹף סוֹף, שְׁנֵיהּ מַאי עָבְדַתְּ? אֲמַר: אִי אִיכָּא צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן דְּמַעְבֵּיר בְּמִילֵּיהּ — מוֹסֵיפְנָא לְהוּ לֵיהּ, וְהָוְיָא חִלּוּפֵיהּ.
§ La Guemara revient au thème précédent [des réactions émotionnelles des Sages devant certains versets]. Lorsque Rabbi Yo'hanan arrivait à ce verset, il pleurait — car D.ieu dit au Satan à propos de Iyov : « Bien que tu M'aies incité contre lui pour le détruire sans cause » (Iyov 2, 3). Rabbi Yo'hanan dit : Concernant un serviteur dont le maître est quelqu'un que les autres incitent à se montrer dur envers lui et que le maître se laisse inciter — y a-t-il un remède pour le serviteur ? De plus, lorsque Rabbi Yo'hanan arrivait à ce verset, il pleurait : « Voici, Il ne fait pas confiance à Ses saints » (Iyov 15, 15), en disant : S'Il ne fait pas confiance à Ses saints, en qui fait-Il confiance ?
רַבִּי יוֹחָנָן כִּי מָטֵי לְהַאי קְרָא, בָּכֵי: ״וַתְּסִיתֵנִי בוֹ לְבַלְּעוֹ חִנָּם״. עֶבֶד שֶׁרַבּוֹ מְסִיתִין לוֹ וְנִיסָת, תַּקָּנָה יֵשׁ לוֹ?! רַבִּי יוֹחָנָן כִּי מָטֵי לְהַאי קְרָא, בָּכֵי: ״הֵן בִּקְדֹשָׁיו לֹא יַאֲמִין״, אִי בִּקְדוֹשָׁיו לֹא יַאֲמִין — בְּמַאן יַאֲמִין?
La Guemara rapporte : Un jour, Rabbi Yo'hanan marchait sur le chemin, et il vit un certain homme qui cueillait des figues d'une façon inhabituelle : il laissait celles qui avaient atteint la maturité et prenait celles qui n'y étaient pas encore. Rabbi Yo'hanan lui dit : Ces figues mûres ne sont-elles pas bien meilleures ? Il lui dit : J'ai besoin de ces figues pour le voyage ; celles qui ne sont pas encore mûres se conserveront, et celles qui sont déjà mûres ne se conserveront pas. Rabbi Yo'hanan dit : C'est cela qui est écrit : « Voici, Il ne fait pas confiance à Ses saints » — il y a des justes que D.ieu retire de ce monde avant leur heure, car Il sait qu'à l'avenir ils trébuche [dans le péché].
יוֹמָא חַד הֲוָה קָא אָזֵיל בְּאוֹרְחָא, חַזְיֵיהּ לְהָהוּא גַּבְרָא דַּהֲוָה מְנַקֵּיט תֵּאנֵי, שָׁבֵיק הָנָךְ דִּמְטוֹ וְשָׁקֵיל הָנָךְ דְּלָא מְטוֹ. אֲמַר לֵיהּ: לָאו הָנֵי מְעַלָּן טְפֵי? אֲמַר לֵיהּ: הָנֵי לְאוֹרְחָא בָּעֵינַן לְהוּ, הָנֵי נָטְרָן וְהָנֵי לָא נָטְרָן. אֲמַר, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״הֵן בִּקְדוֹשָׁיו לֹא יַאֲמִין״.
La Guemara demande : Est-ce vraiment ainsi ? Mais il y avait un certain étudiant dans le voisinage de Rabbi Alexandri qui mourut alors qu'il était encore jeune. Et Rabbi Alexandri dit : Si ce jeune Sage l'avait voulu, il aurait vécu — c'est-à-dire que ses actions l'ont amené à mourir jeune [ce qui suggère que sa mort n'était pas due à la providence préventive]. Et si c'est le cas [comme le propose Rabbi Yo'hanan], peut-être cet étudiant faisait-il partie de ceux dont il est écrit : « Voici, Il ne fait pas confiance à Ses saints », et ce n'étaient pas ses péchés qui causèrent sa mort. La Guemara répond : Cet étudiant-là se comportait de façon irrévérencieuse envers ses maîtres, et Rabbi Alexandri connaissait son comportement inapproprié.
אִינִי? וְהָא הָהוּא תַּלְמִידָא דַּהֲוָה בְּשִׁיבָבוּתֵיהּ דְּרַבִּי אֲלֶכְּסַנְדְּרִי וּשְׁכֵיב אַדְּזוּטַר, וַאֲמַר: אִי בָּעֵי הַאי מֵרַבָּנַן, הֲוָה חָיֵי. וְאִם אִיתָא, דִּלְמָא מֵ״הֵן בִּקְדוֹשָׁיו לֹא יַאֲמִין״ הֲוָה? הָהוּא מְבַעֵט בְּרַבּוֹתָיו הֲוָה.
Lorsque Rabbi Yo'hanan arrivait à ce verset, il pleurait : « Et Je M'approcherai de vous pour le jugement, et Je serai un témoin prompt contre les sorciers, et contre les adultères, et contre ceux qui jurent faussement, et contre ceux qui oppriment le salaire du salarié » (Malakhi 3, 5). Il disait : Concernant un serviteur dont le maître s'approche pour le juger et s'empresse de témoigner contre lui — y a-t-il un remède pour lui ?
רַבִּי יוֹחָנָן כִּי מָטֵי לְהַאי קְרָא, בָּכֵי: ״וְקָרַבְתִּי אֲלֵיכֶם לַמִּשְׁפָּט וְהָיִיתִי עֵד מְמַהֵר בַּמְכַשְּׁפִים וּבַמְנָאֲפִים וּבַנִּשְׁבָּעִים לַשָּׁקֶר וּבְעוֹשְׁקֵי שְׂכַר שָׂכִיר״. עֶבֶד שֶׁרַבּוֹ מְקָרְבוֹ לְדוּנוֹ, וּמְמַהֵר לַהֲעִידוֹ — תַּקָּנָה יֵשׁ לוֹ?!
À propos de ce même verset [Malakhi 3, 5], Rabbi Yo'hanan ben Zaqqaï dit : Malheur à nous, car le verset pèse pour nous les mitsvot légères comme les mitsvot graves, puisqu'il énumère ensemble ceux qui violent des péchés punis de mort [comme les sorciers et les adultères] et ceux qui violent des péchés apparemment moins graves [comme ceux qui retiennent le salaire d'un ouvrier].
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי: אוֹי לָנוּ שֶׁשָּׁקַל עָלֵינוּ הַכָּתוּב קַלּוֹת כַּחֲמוּרוֹת.
Rech Lakich dit : Quiconque déforme le jugement d'un converti [guér], c'est comme s'il déformait le jugement de Celui d'En-Haut [D.ieu Lui-même], car il est dit : « Et qui lèsent [oumattéi] le converti » (Malakhi 3, 5). Ce terme est écrit comme « oumatti » [me lèsent], c'est-à-dire que celui qui déforme le jugement d'un converti est considéré comme s'il déformait le jugement de D.ieu. Rabbi 'Hanina bar Pappa dit : Quiconque accomplit un acte coupable et s'en repent, il est pardonné immédiatement, car il est dit : « Et ne Me craignent pas » (Malakhi 3, 5), ce qui indique que s'ils Me craignent [s'ils ont honte de pécher devant D.ieu], ils sont pardonnés immédiatement.
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: כׇּל הַמַּטֶּה דִּינוֹ שֶׁל גֵּר — כְּאִילּוּ מַטֶּה דִּינוֹ שֶׁל מַעְלָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמַטֵּי גֵר״, ״וּמַטִּי״ כְּתִיב. אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא: כׇּל הָעוֹשֶׂה דָּבָר וּמִתְחָרֵט בּוֹ — מוֹחֲלִין לוֹ מִיָּד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלֹא יְרֵאוּנִי״. הָא ״יְרֵאוּנִי״ — מוֹחֲלִין לָהֶם מִיָּד.
De plus, lorsque Rabbi Yo'hanan arrivait à ce verset, il pleurait : « Car D.ieu amènera toute œuvre au jugement pour tout ce qui est caché » (Qohélet 12, 14). Il disait : Concernant un serviteur dont le maître pèse ses fautes non intentionnelles comme des fautes intentionnelles — c'est-à-dire que D.ieu le punit même pour un acte qu'il a accompli sans le savoir — y a-t-il un remède pour lui ?
רַבִּי יוֹחָנָן כִּי מָטֵי לְהַאי קְרָא, בָּכֵי: ״כִּי אֶת כׇּל מַעֲשֶׂה הָאֱלֹהִים יָבִיא בְמִשְׁפָּט עַל כׇּל נֶעְלָם״. עֶבֶד שֶׁרַבּוֹ שׁוֹקֵל לוֹ שְׁגָגוֹת כִּזְדוֹנוֹת, תַּקָּנָה יֵשׁ לוֹ?!
La Guemara demande : Qu'est-ce que le verset entend par « tout ce qui est caché » ? Rav dit : Cela désigne celui qui tue un pou [qinna] en présence d'autrui et que son ami en est dégoûté [involontairement]. D.ieu le juge pour le malaise non intentionnel qu'il a causé. De même, Chmouel dit : Cela désigne celui qui crache en présence d'autrui et que son ami est écœuré par cet acte.
מַאי ״עַל כׇּל נֶעְלָם״? אָמַר רַב: זֶה הַהוֹרֵג כִּינָּה בִּפְנֵי חֲבֵרוֹ וְנִמְאָס בָּהּ. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: זֶה הָרָק בִּפְנֵי חֲבֵירוֹ וְנִמְאָס.
La Guemara demande : Que signifie la fin de ce verset [Qohélet 12, 14] : « qu'il soit bon ou qu'il soit mauvais » ? Ce verset indique que D.ieu juge l'homme sévèrement même pour les bonnes actions qu'il accomplit. Les Sages de l'école de Rabbi Yannnaï disent : Ce verset désigne celui qui donne la tsédaqa [aumône] à un pauvre en public. Bien qu'il ait accompli une bonne action, il a humilié le pauvre — comme dans ce cas de Rabbi Yannaï, qui vit un certain homme qui donnait un dinar à un pauvre en public. Il lui dit : Il aurait mieux valu que tu ne lui donnes pas que de lui avoir donné et de l'avoir humilié.
מַאי ״אִם טוֹב וְאִם רָע״? אָמְרִי דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי: זֶה הַנּוֹתֵן צְדָקָה לְעָנִי בְּפַרְהֶסְיָא. כִּי הָא דְּרַבִּי יַנַּאי חַזְיֵיהּ לְהָהוּא גַּבְרָא דְּקָא יָהֵיב זוּזָא לְעָנִי בְּפַרְהֶסְיָא, אֲמַר לֵיהּ: מוּטָב דְּלָא יְהַבְתְּ לֵיהּ, מֵהַשְׁתָּא דִּיהַבְתְּ לֵיהּ וְכַסֵּפְתֵּיהּ.
Chagigah 5a
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חגיגה ה׳ אמַסֶּכֶת חֲגִיגָה