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Traité Chagigah

22b

Étude de Chagigah 22b

Étude de la Guémara 22b

Guémara
[Suite de la réponse de Beit Chammash à Beit Hillel :] « Nous les avons déclarés purs pour l'am haarets lui-même [et non pour les 'havèrim], car les 'havèrim de toute façon ne considèrent rien de ce que touche un am haarets comme pur. Un 'havèr ne se rapprocherait donc jamais des aliments d'un am haarets pour les tenir comme purs, et il n'utiliserait pas les ustensiles en argile d'un am haarets pour la préparation d'aliments purs, puisqu'un kli 'hèrès [ustensile en terre cuite] ne peut être purifié par immersion [et serait donc inutilisable pour un 'havèr]. Cependant, il pourrait emprunter un ustensile de métal, par exemple, et le purifier par immersion avant de l'utiliser pour des aliments purs. »
לְעַצְמוֹ טִהַרְנוּ.
« Mais comment pouvons-nous purifier un ustensile de métal ou d'un matériau similaire, dont la pureté serait pertinente tant pour vous que pour lui [am haarets] ? [Autrement dit : un tel ustensile risque un jour d'être emprunté par un 'havèr.] Un 'havèr pourrait un jour emprunter un ustensile de métal à un am haarets et ne pas réaliser qu'il se trouvait à l'intérieur d'un ustensile en argile dans la même pièce qu'un cadavre, et requiert donc une purification approfondie de la touma du mort [via les cendres de la vache rousse, para adouma], plutôt qu'une simple immersion. C'est pourquoi l'am haarets est informé que ses ustensiles de métal et de matériaux similaires ont contracté l'impureté d'un mort, et doivent subir le processus de purification approfondie ; après quoi ces ustensiles seront aptes à être utilisés par un 'havèr après simple immersion. »
אֲבָל נְטַהֵר אֶת הַכְּלִי, שֶׁטׇּהֳרָתוֹ לְךָ וָלוֹ?
Il est enseigné dans une baraïta à ce sujet : Rabbi Yéhochoua a dit : « Je suis honteux de vos paroles, Beit Chammash, car elles sont illogiques. Est-il possible qu'il y ait un mort au rez-de-chaussée, un ustensile en argile bouchant l'ouverture vers l'étage supérieur, et qu'une femme se tienne en haut en train de pétrir de la pâte dans un bol en métal — que la femme et le bol soient impurs pour sept jours à cause de l'impureté du mort, tandis que la pâte à l'intérieur du bol reste pure ? Tel serait le résultat selon Beit Chammash, qui distingue entre les aliments et les ustensiles en argile d'un côté, et les ustensiles de métal de l'autre. De même : est-il possible qu'un pichet de métal [login] rempli de liquide se trouve à l'étage supérieur, que le pichet soit impur d'une impureté de sept jours, tandis que les liquides à l'intérieur restent purs ? »
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: בּוֹשַׁנִי מִדִּבְרֵיכֶם, בֵּית שַׁמַּאי! אֶפְשָׁר אִשָּׁה לָשָׁה בַּעֲרֵיבָה — אִשָּׁה וַעֲרֵיבָה טְמֵאִין שִׁבְעָה, וּבָצֵק טָהוֹר? לוֹגִין מָלֵא מַשְׁקִין — לוֹגִין טָמֵא טוּמְאַת שִׁבְעָה, וּמַשְׁקִין טְהוֹרִין?!
Après que Rabbi Yéhochoua eut posé cette question, un étudiant parmi les élèves de Beit Chammash s'approcha de lui et lui dit : « Je vais te donner le raisonnement de Beit Chammash. » Il lui dit : « Parle. » L'étudiant lui dit : « Un ustensile impur sert-il de barrière contre la touma du mort ou ne sert-il pas de barrière ? » Rabbi Yéhochoua lui dit : « Il ne sert pas de barrière. » L'étudiant demanda encore : « Un ustensile d'un am haarets est-il pur ou impur ? » Il lui dit : « Impur. » L'étudiant répondit : « Et si tu lui dis que son ustensile est impur, fera-t-il la moindre attention à toi ? Évidemment non. Bien plus, si tu lui dis qu'il est impur, il te dira : Mon ustensile à moi est pur et c'est le tien qui est impur. »
נִטְפַּל לוֹ תַּלְמִיד אֶחָד מִתַּלְמִידֵי בֵּית שַׁמַּאי, אָמַר לוֹ: אוֹמַר לְךָ טַעְמָן שֶׁל בֵּית שַׁמַּאי. אָמַר לוֹ: אֱמוֹר. אָמַר לוֹ: כְּלִי טָמֵא — חוֹצֵץ אוֹ אֵינוֹ חוֹצֵץ? אָמַר לוֹ: אֵינוֹ חוֹצֵץ. כְּלִי שֶׁל עַם הָאָרֶץ — טָמֵא אוֹ טָהוֹר? אָמַר לוֹ: טָמֵא. וְאִם אַתָּה אוֹמֵר לוֹ ״טָמֵא״, כְּלוּם מַשְׁגִּיחַ עָלֶיךָ? וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁאִם אַתָּה אוֹמֵר לוֹ ״טָמֵא״, אוֹמֵר לְךָ: ״שֶׁלִּי טָהוֹר וְשֶׁלְּךָ טָמֵא״.
Et tel est le raisonnement de Beit Chammash : Les aliments, les boissons et les ustensiles en argile contenus dans un kli 'hèrès scellé [appartenant à un am haarets] demeurent purs, car puisqu'ils appartiennent à un am haarets, un 'havèr ne mangera pas ces aliments et n'empruntera pas cet ustensile en argile. En revanche, les ustensiles de métal ou de matériaux similaires peuvent un jour être empruntés par un 'havèr, et c'est pourquoi Beit Chammash les a déclarés impurs.
וְזֶהוּ טַעְמָן שֶׁל בֵּית שַׁמַּאי.
Aussitôt après avoir entendu la logique de Beit Chammash, Rabbi Yéhochoua alla se prosterner sur les tombes de Beit Chammash [c'est-à-dire des étudiants et partisans de Chammash], et dit : « Je m'incline devant vous, ossements de Beit Chammash ! Si tant de clarté et de sagesse se trouvent dans vos décisions [halakhot] que vous avez énoncées sans explication [setoumotheikhem], combien plus encore cela doit-il être le cas dans vos décisions que vous avez énoncées et expliquées [mefouracheikhem]. » On rapporte de Rabbi Yéhochoua que pendant tous ses jours ses dents noircirent à cause de tous les jeûnes qu'il s'imposa pour expier avoir parlé de façon déplacée à l'égard de Beit Chammash.
מִיָּד הָלַךְ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְנִשְׁתַּטַּח עַל קִבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי, אָמַר: נַעֲנֵיתִי לָכֶם עַצְמוֹת בֵּית שַׁמַּאי! וּמָה סְתוּמוֹת שֶׁלָּכֶם כָּךְ, מְפוֹרָשׁוֹת — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה. אָמְרוּ: כׇּל יָמָיו הוּשְׁחֲרוּ שִׁינָּיו מִפְּנֵי תַּעֲנִיּוֹתָיו.
La Guemara revient à son point principal. En tout état de cause, cette michna enseigne que le statut des ustensiles d'un am haarets est pertinent « tant pour toi [le 'havèr] que pour lui [l'am haarets] ». Il apparaît donc que nous, les 'havèrim, pouvons emprunter des ustensiles aux ammé haarets. La question se pose alors : pourquoi les Sages ne craignent-ils pas que les ammé haarets immergent des ustensiles à l'intérieur d'autres ustensiles de façon incorrecte, de sorte qu'ils resteraient non purifiés au moment d'être empruntés par un 'havèr ? La Guemara répond : Car lorsque nous, les 'havèrim, empruntons des ustensiles à eux, nous les immergeons [nous-mêmes] avant de les utiliser. Il nous est donc sans conséquence qu'ils n'aient pas été correctement immergés au préalable.
קָתָנֵי מִיהַת ״לְךָ וָלוֹ״, אַלְמָא שָׁאֲלִינַן מִינַּיְיהוּ! כִּי שָׁיְילִינַן מִינַּיְיהוּ מַטְבְּלִינַן לְהוּ.
La Guemara demande : S'il en est ainsi, que Beit Hillel réponde à Beit Chammash [dans la dispute précédente] : « Quand nous empruntons leurs ustensiles, nous les immergeons — et voilà pourquoi nous statuons que les ustensiles de métal ou de matériaux similaires sont purs. » [Pourquoi Beit Hillel n'a-t-il pas invoqué cet argument ?] La Guemara explique : Cette dispute concerne la touma du mort [touma mèt]. Or ce qui contracte l'impureté par proximité d'un mort requiert l'aspersion des cendres de la vache rousse aux troisième et septième jours de sa purification, et les gens ne prêtent généralement pas leurs ustensiles pour sept jours. La solution que met en œuvre le 'havèr [immerger les ustensiles empruntés] n'est efficace que pour les autres formes d'impureté, mais non pour la touma du mort.
אִי הָכִי, נַיהְדְּרוּ לְהוּ בֵּית הִלֵּל לְבֵית שַׁמַּאי: כִּי שָׁאֲלִינַן מִינַּיְיהוּ מַטְבְּלִינַן לְהוּ! טְמֵא מֵת בָּעֵי הַזָּאָה שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי, וּמָנָא לְשִׁבְעָה יוֹמֵי לָא מוֹשְׁלִי אִינָשֵׁי.
La Guemara soulève une question : Mais les ammé haarets ne sont-ils pas dignes de confiance en ce qui concerne l'immersion [d'ustensiles contaminés par un mort] ? N'est-il pas enseigné dans une baraïta : « Les ammé haarets sont dignes de confiance en ce qui concerne la purification par immersion de celui qui est devenu impur par contact avec un mort » ? En plus de recevoir l'aspersion des cendres aux troisième et septième jours, une personne ou un objet ayant été en contact avec un mort doit également s'immerger au septième jour. Un am haarets est cru lorsqu'il affirme avoir effectué cette immersion.
וְאַטְּבִילָה לָא מְהֵימְנִי? וְהָתַנְיָא: נֶאֱמָנִין עַמֵּי הָאָרֶץ עַל טׇהֳרַת טְבִילַת טְמֵא מֵת!
La Guemara présente deux réponses à cette question. Abayé dit : Ce n'est pas difficile [il n'y a pas de contradiction]. Cette baraïta, qui enseigne qu'un am haarets est digne de confiance, parle de l'immersion de son corps [guofo], tandis que l'enseignement de la Guemara [selon lequel les ammé haarets ne sont pas dignes de confiance en matière d'immersion] concerne ses ustensiles [kélaiv]. Rava dit une réponse différente : Les deux — aussi bien la baraïta que l'enseignement de la Guemara — parlent des ustensiles d'un am haarets, et cependant il n'y a pas de difficulté. Cette baraïta, qui enseigne qu'un am haarets est digne de confiance, concerne un am haarets qui a dit : « Je n'ai jamais immergé un ustensile à l'intérieur d'un autre » — déclaration que nous acceptons. Et cet enseignement de la Guemara [que les ammé haarets ne sont pas dignes de confiance] concerne celui qui a dit : « J'ai bien immergé des ustensiles à l'intérieur d'autres, mais je n'ai pas immergé dans un ustensile dont l'ouverture n'est pas aussi large que le tube d'une outre. » C'est en ce qui concerne de tels détails techniques que l'on ne peut pas faire confiance à un am haarets.
אָמַר אַבָּיֵי, לָא קַשְׁיָא: הָא בְּגוּפוֹ, הָא בְּכֵלָיו. רָבָא אָמַר: אִידֵּי וְאִידֵּי בְּכֵלָיו, וְלָא קַשְׁיָא: הָא דְּאָמַר ״מֵעוֹלָם לֹא הִטְבַּלְתִּי כְּלִי בְּתוֹךְ כְּלִי״, וְהָא דְּאָמַר ״הִטְבַּלְתִּי, אֲבָל לֹא הִטְבַּלְתִּי בִּכְלִי שֶׁאֵין בְּפִיו כִּשְׁפוֹפֶרֶת הַנּוֹד״.
Et c'est ainsi qu'il a été enseigné dans une baraïta à cet effet : « Un am haarets est digne de confiance pour dire que des produits agricoles [peirot] n'ont pas été rendus susceptibles de recevoir l'impureté [lo houkhchrou], c'est-à-dire qu'ils n'ont jamais été en contact avec de l'eau [qui les rendrait susceptibles de contracter l'impureté]. Mais il n'est pas digne de confiance pour dire que les produits ont bien été rendus susceptibles d'impureté [houkhchrou] mais n'ont pas réellement contracté l'impureté. » Cette baraïta montre que les ammé haarets sont dignes de confiance pour des faits basiques, mais non pour des questions qui requièrent une connaissance détaillée et une vigilance scrupuleuse.
וְהָתַנְיָא: נֶאֱמָן עַם הָאָרֶץ לוֹמַר פֵּירוֹת לֹא הוּכְשְׁרוּ, אֲבָל אֵינוֹ נֶאֱמָן לוֹמַר פֵּירוֹת הוּכְשְׁרוּ אֲבָל לֹא נִטְמְאוּ.
La Guemara soulève une question à l'égard de la position d'Abayé : Mais un am haarets est-il vraiment digne de confiance en ce qui concerne son corps, lorsqu'il prétend s'être immergé ? N'est-il pas enseigné dans une baraïta : « Concernant un 'havèr qui vient devant les responsables de l'aspersion de l'eau de purification pour être aspergé de cette eau [et prétend que les trois jours requis depuis sa contamination par un mort se sont écoulés], on peut l'asperger immédiatement. Mais concernant un am haarets qui vient devant eux avec la même prétention, on ne peut l'asperger qu'après qu'il ait effectué et compté devant nous le troisième et le septième jour. » Cela montre qu'un am haarets n'est pas digne de confiance en ce qui concerne la pureté de son propre corps.
וְאַגּוּפוֹ מִי מְהֵימַן? וְהָתַנְיָא: חָבֵר שֶׁבָּא לְהַזּוֹת — מַזִּין עָלָיו מִיָּד, עַם הָאָרֶץ שֶׁבָּא לְהַזּוֹת — אֵין מַזִּין עָלָיו עַד שֶׁיַּעֲשֶׂה בְּפָנֵינוּ שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי!
Chagigah 22b
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