AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Chagigah

19a

Étude de Chagigah 19a

Étude de la Guémara 19a

Guémara
[La première baraïta parle des] 'houlin [aliments profanes, pour lesquels une intention de pureté n'est pas requise ;] tandis qu'ici [la première baraïta parle de la] dîme [pour laquelle une intention est requise]. Et d'où sais-tu que les 'houlin ne nécessitent pas [de] kavana [intention de se purifier en vue de les consommer] ? Car nous avons appris dans une Michna (Mikvaot 5, 6) : Si une vague [de mer] contenant quarante sea [d'eau] s'est détachée [de la mer] et est tombée sur un homme et sur des ustensiles — [ils sont] purs [tahorm]. La Michna enseigne que l'homme est [traité de façon] analogue aux ustensiles : de même que les ustensiles n'ont pas d'intention [de se purifier, car ils sont naturellement dépourvus de volonté], de même l'homme [est ici traité comme] n'ayant pas d'intention.
כָּאן לְמַעֲשֵׂר. וּמְנָא תֵּימְרָא דְּחוּלִּין לָא בָּעוּ כַּוּוֹנָה — דִּתְנַן: גַּל שֶׁנִּתְלַשׁ וּבוֹ אַרְבָּעִים סְאָה, וְנָפַל עַל הָאָדָם וְעַל הַכֵּלִים — טְהוֹרִין. קָתָנֵי אָדָם דּוּמְיָא דְּכֵלִים, מָה כֵּלִים דְּלָא מְכַוְּונִי — אַף אָדָם דְּלָא מְכַוֵּין.
La Guemara rejette cette preuve : Et d'où est-il clair que telle est la signification de la Michna ? Peut-être parle-t-on de quelqu'un qui est assis [au bord de la mer] et attend [avec intention] que la vague se détache [et tombe sur ses ustensiles pour les purifier], et [dans ce cas] l'implication serait inverse : les ustensiles sont [traités à l'instar de] l'homme — de même que l'homme est capable d'avoir l'intention [de se purifier], de même le cas des ustensiles mentionné dans la Michna parle d'une situation où [quelqu'un a] l'intention [de les purifier] en leur nom.
וּמִמַּאי? דִּלְמָא בְּיוֹשֵׁב וּמְצַפֶּה אֵימָתַי יִתָּלֵשׁ הַגַּל עָסְקִינַן, וְכֵלִים דּוּמְיָא דְּאָדָם, מָה אָדָם דְּבַר כַּוּוֹנָה — אַף כֵּלִים דִּמְכַוֵּין לְהוּ.
Et si tu dis que la Michna parle effectivement de celui qui est assis et attend, quelle est alors la nouveauté [de cet enseignement] ? Une telle halakha [que l'immersion intentionnelle est valide] n'offre apparemment aucune nouveauté — pourquoi serait-il nécessaire de l'énoncer ?
וְכִי תֵּימָא בְּיוֹשֵׁב וּמְצַפֶּה, מַאי לְמֵימְרָא?
La Guemara répond : [L'enseignement est quand même nécessaire, car] il pourrait te venir à l'esprit de dire qu'il faudrait décréter [par précaution] qu'une vague détachée ne peut pas purifier, de crainte qu'on vienne à [croire qu'on peut] s'immerger dans un torrent de pluie [jardalit] [dont le volume atteint quarante sea mais qui coule d'une pente]. Autrement [dit], tu pourrais penser qu'il faudrait décréter que la purification par le bas des vagues [qui touche le sol] soit invalide en raison du haut [des vagues en arc — kippim]. [C'est pourquoi] la Michna nous enseigne que nous ne décrètons pas [de telles précautions].
סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: לִיגְזוֹר דִּלְמָא אָתֵי לְמִיטְבַּל בְּחַרְדָּלִית שֶׁל גְּשָׁמִים, אִי נָמֵי נִגְזוֹר רָאשִׁין אַטּוּ כִּיפִּין, קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא גָּזְרִינַן.
Et d'où sais-tu qu'on ne peut pas s'immerger dans les arcs [kippim des vagues] ? Car il est enseigné dans une baraïta : On peut s'immerger dans [les bords inférieurs des vagues — leur] tête [rachim, qui touche le sol], mais on ne peut pas s'immerger dans leurs arcs [kippim], parce qu'on ne peut pas s'immerger dans l'air [qui se trouve sous l'arc, même si l'eau entoure la personne de tous côtés].
וּמְנָא תֵּימְרָא דְּלָא מַטְבִּילִין בְּכִיפִּין, דְּתַנְיָא: מַטְבִּילִין בְּרָאשִׁין, וְאֵין מַטְבִּילִין בְּכִיפִּין, לְפִי שֶׁאֵין מַטְבִּילִין בָּאֲוִיר.
[Le vrai preuve que la pureté pour les 'houlin ne requiert pas d'intention est tirée de cette MISHNA :] Plutôt, la preuve [vient] de ce que nous avons appris dans une Michna (Makhchirin 4, 7) : [Il est dit dans le verset sur les conditions préalables pour que des fruits et des semences deviennent susceptibles d'impureté rituelle :] « Si de l'eau est mise sur des semences, et si quelque chose de leurs cadavres tombe dessus, cela sera impur pour vous » (Vayikra 11, 38). [En application de ce verset :] Si des fruits tombèrent dans un canal d'eau, et que quelqu'un dont les mains étaient impures [rituellement] les étendit [dans le canal] et les retira [dans le but de les récupérer] — ses mains sont pures [car il les a immergées dans le canal], et ces fruits ne [tombent pas dans la catégorie] « si de l'eau est mise [ki youtan] ». [Car le verset ne parle que de fruits intentionnellement mouillés — or dans ce cas, ce n'était pas son intention de les mouiller].
אֶלָּא מֵהָא דִּתְנַן: פֵּירוֹת שֶׁנָּפְלוּ לְתוֹךְ אַמַּת הַמַּיִם, וּפָשַׁט מִי שֶׁיָּדָיו טְמֵאוֹת וּנְטָלָן — יָדָיו טְהוֹרוֹת, וּפֵירוֹת אֵינָן בְּ״כִי יוּתַּן״.
Et si [en revanche] il plongea ses mains dans le canal [avec l'intention] de les laver — ses mains sont pures, et ces fruits sont bien [dans la catégorie] « si de l'eau est mise [ki youtan] ». [Puisque son intention était de mouiller ses mains, le contact des fruits avec cette eau les rend susceptibles d'impureté.] En tout état de cause, la Michna enseigne que ses mains sont pures dans les deux situations [avec ou sans intention], ce qui indique qu'aucune intention particulière n'est requise pour [la pureté des] 'houlin.
וְאִם בִּשְׁבִיל שֶׁיּוּדְחוּ יָדָיו — יָדָיו טְהוֹרוֹת, וְהַפֵּירוֹת הֲרֵי הֵן בְּ״כִי יוּתַּן״.
Rabba souleva une objection contre Rav Na'hman à partir de notre MISHNA : [Il est enseigné :] « Celui qui s'est immergé dans le but de manger des 'houlin et qui acquiert une présomption de pureté pour les 'houlin — il lui est interdit [de manger de la] dîme. » [La Guemara infère :] S'il a acquis une présomption ['houkzak] — oui [il peut manger des 'houlin] ; s'il n'a pas acquis de présomption — non [ce n'est pas une immersion valide] ! [Cela prouve que même pour les 'houlin, une intention est nécessaire.]
אֵיתִיבֵיהּ רַבָּה לְרַב נַחְמָן: הַטּוֹבֵל לְחוּלִּין וְהוּחְזַק לְחוּלִּין — אָסוּר לְמַעֲשֵׂר. הוּחְזַק — אִין, לֹא הוּחְזַק — לָא!
Rav Na'hman réfute cette preuve : Voici ce que dit [vraiment] la MISHNA : Même s'il acquiert une présomption de pureté pour les 'houlin — il lui est quand même interdit [de manger de la] dîme. [En d'autres termes, la Michna n'enseigne pas que l'intention est requise pour les 'houlin ; elle enseigne que même si l'on avait l'intention de se purifier pour les 'houlin, on n'est pas pour autant purifié en vue de la dîme.]
הָכִי קָאָמַר: אַף עַל פִּי שֶׁהוּחְזַק לְחוּלִּין — אָסוּר לְמַעֲשֵׂר.
Rabba lui souleva une autre objection, tirée d'un autre enseignement de notre MISHNA : [Il est enseigné :] « Celui qui s'est immergé sans acquérir de présomption de pureté — c'est comme s'il ne s'était pas immergé. » Qu'est-ce que cela [veut] dire — sinon que c'est comme s'il ne s'était pas immergé du tout [même pour les 'houlin] ?
אֵיתִיבֵיהּ: טָבַל וְלֹא הוּחְזַק — כְּאִילּוּ לֹא טָבַל, מַאי לָאו — כְּאִילּוּ לֹא טָבַל כְּלָל?
Rav Na'hman rejette également cette preuve : Non, [cela signifie :] c'est comme s'il ne s'était pas immergé pour [manger de la] dîme, mais il est considéré comme [ayant effectivement] immergé pour [manger des] 'houlin [pour lesquels aucune intention n'est nécessaire]. La Guemara remarque : Rabba pensait que Rav Na'hman ne faisait que repousser sa preuve [en disant que le libellé de la Michna n'est pas concluant], sans vraiment proposer une lecture différente. Cependant, il alla ensuite vérifier les sources et trouva qu'une baraïta était explicitement enseignée en accord avec l'opinion de Rav Na'hman : Celui qui s'est immergé sans acquérir de présomption de pureté [pour une catégorie précise] est interdit de [manger de la] dîme, mais est permis pour [manger des] 'houlin [même si ses 'houlin étaient consommés dans un état de pureté rigoureuse].
לֹא, כְּאִילּוּ לֹא טָבַל לְמַעֲשֵׂר, אֲבָל טָבַל לְחוּלִּין. הוּא סָבַר דַּחוֹיֵי קָא מְדַחֵי לֵיהּ. נְפַק דָּק וְאַשְׁכַּח דְּתַנְיָא: טָבַל וְלֹא הוּחְזַק — אָסוּר לַמַּעֲשֵׂר וּמוּתָּר לַחוּלִּין.
§ Sur le sujet de l'acquisition d'une présomption de pureté, Rabbi Elazar dit : Si quelqu'un s'est immergé sans intention particulière et est remonté [du bain rituel], il peut s'attribuer une présomption de pureté après son immersion pour tout ce qu'il souhaite. [Selon son opinion, il n'est pas nécessaire d'avoir en tête une intention précise au moment même de l'immersion.]
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: טָבַל וְעָלָה — מַחְזִיק עַצְמוֹ לְכֹל מַה שֶּׁיִּרְצֶה.
Chagigah 19a
100%
חגיגה י״ט אמַסֶּכֶת חֲגִיגָה