Guémara
[La Guemara répond :] Car il est écrit, à la suite des lois de l'offrande pascale : « Et tu te retourneras le matin et tu iras vers tes tentes » (Devarim 16, 7) [ce qui indique que l'on ne peut quitter Jérusalem qu'au matin, après y avoir passé la nuit qui suit la fête].
דִּכְתִיב: ״וּפָנִיתָ בַבֹּקֶר וְהָלַכְתָּ לְאֹהָלֶיךָ״.
§ Nous avons appris dans la michna : Si la fête de Chavouot tombe un vendredi [erev Chabbat], Beit Chammaï disent : Le jour d'abattage [yom tivo'h] est après le Chabbat [le dimanche] ; et Beit Hillel disent : Il n'y a pas de jour d'abattage. [La Guemara demande :] N'est-ce pas là que [Beit Hillel] veut dire qu'il n'y a pas de jour d'abattage du tout [c'est-à-dire qu'il n'y a aucun jour de rattrapage pour les offrandes de Chavouot qui n'auraient pas été apportées le jour de la fête] ? [La Guemara rejette cela :] Non — ce que Beit Hillel veut dire, c'est que [le dimanche] n'est pas nécessaire comme jour d'abattage [car les offrandes doivent être apportées le jour de la fête lui-même].
תְּנַן: עֲצֶרֶת שֶׁחָל לִהְיוֹת עֶרֶב שַׁבָּת, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: יוֹם טְבוֹחַ אַחַר הַשַּׁבָּת, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אֵין לָהּ יוֹם טְבוֹחַ. מַאי לָאו, אֵין לָהּ יוֹם טְבוֹחַ כְּלָל? לָא, שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה יוֹם טְבוֹחַ.
[La Guemara demande :] Et qu'est-ce que cela nous enseigne — que toutes les offrandes sont sacrifiées leur propre jour [de la fête] ? Mais ils ont déjà été en désaccord là-dessus une fois ! Car nous avons appris dans une michna : Beit Chammaï disent : On peut apporter des chelamim [offrandes de paix] lors d'une fête mais on ne peut pas y poser les mains ; mais on ne peut pas apporter d'olot [offrandes brûlées] du tout. Et Beit Hillel disent : On peut apporter des chelamim et aussi des olot, et on y pose les mains. [Pourquoi est-il nécessaire de répéter cet argument en des termes différents ?]
וּמַאי קָא מַשְׁמַע לַן — דִּמְקָרְבִינַן בְּיוֹמֵיהּ, הָא אִיפְּלִיגוּ בַּהּ חֲדָא זִימְנָא! דִּתְנַן, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: מְבִיאִין שְׁלָמִים וְאֵין סוֹמְכִין עֲלֵיהֶם, אֲבָל לֹא עוֹלוֹת, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: מְבִיאִין שְׁלָמִים וְעוֹלוֹת וְסוֹמְכִין עֲלֵיהֶם.
[La Guemara répond :] Il était nécessaire [de mentionner les deux cas], car si la michna n'avait enseigné que ce cas-là [la dispute sur les olot lors des fêtes habituelles], on aurait pu dire : Beit Chammaï expriment leur position dans ce cas [d'une fête habituelle suivie d'un jour de semaine], parce qu'il est possible d'apporter ces olot le lendemain [le jour d'abattage après la fête] ; mais là [dans le cas de Chavouot tombant un vendredi], on pourrait dire qu'ils s'accordent avec Beit Hillel [et permettent d'apporter les olot le jour de la fête elle-même, puisqu'il est impossible de les apporter le lendemain qui est Chabbat]. Il était donc nécessaire de préciser que Beit Chammaï maintient sa position dans les deux cas.
צְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן בְּהָא: בְּהָא קָא אָמְרִי בֵּית שַׁמַּאי, מִשּׁוּם דְּאֶפְשָׁר לִמְחַר. אֲבָל הָכָא, אֵימָא מוֹדוּ לְהוּ לְבֵית הִלֵּל.
Et l'inverse est également vrai : si [la michna] n'avait enseigné que ce cas-là [Chavouot tombant un vendredi], on aurait pu dire : Beit Hillel expriment leur position dans ce cas [précis] parce qu'il est impossible d'apporter les offrandes le lendemain [qui est Chabbat] ; mais dans ce cas-là [la fête habituelle suivie d'un jour de semaine], on pourrait dire qu'ils s'accordent avec Beit Chammaï. Il était donc nécessaire [de mentionner les deux cas dans la michna]. La question de savoir s'il existe des jours de rattrapage pour Chavouot selon Beit Hillel reste donc sans réponse [définitive].
וְאִי אַשְׁמְעִינַן בְּהָא: בְּהָא קָאָמְרִי בֵּית הִלֵּל, מִשּׁוּם דְּלָא אֶפְשָׁר לִמְחַר, אֲבָל בְּהָא — אֵימָא מוֹדוּ לְבֵית שַׁמַּאי, צְרִיכָא.
[La Guemara propose :] Viens et entends [une preuve d'une autre source] : Celui qui n'a pas célébré [par ses offrandes] pendant les sept jours de Pessa'h, ou les huit jours de la fête de Soukot, ou le premier jour de fête de Chavouot [yom tov ha-rishon shel atzéret] — ne peut plus célébrer par la suite. [La Guemara demande :] N'est-ce pas là que [la michna] parle du premier jour de fête [yom tov] de Chavouot lui-même, indiquant ainsi qu'il n'y a pas de jours de rattrapage pour Chavouot ? [La Guemara rejette :] Non — le terme « premier jour de fête » désigne ici le « jour d'abattage » [yom tivo'h], et non la fête elle-même. [La Guemara objecte :] Si c'est ainsi, déduisons au moins de là qu'il n'y a qu'un seul jour d'abattage [et non sept] ! [La Guemara répond :] Dis [que le texte de la michna doit être corrigé, et qu'au lieu de] « un jour d'abattage » [yom tivo'h], on lira : « des jours d'abattage » [ymé tivo'h].
תָּא שְׁמַע: מִי שֶׁלֹּא חָג שִׁבְעַת יְמֵי הַפֶּסַח, וּשְׁמוֹנַת יְמֵי הֶחָג, וְיוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן שֶׁל עֲצֶרֶת, שׁוּב אֵינוֹ חוֹגֵג. מַאי לָאו: יוֹם טוֹב שֶׁל עֲצֶרֶת! לֹא, יוֹם טְבוֹחַ. אִי הָכִי, נִיפְשׁוֹט מִינַּהּ דְּחַד יוֹם טְבוֹחַ! אֵימָא: יְמֵי טְבוֹחַ.
[La Guemara propose encore :] Viens et entends, car Rabba bar Chmouel a enseigné la baraïta suivante : La Torah a dit : « Compte des jours et sanctifie le mois » [avec ses offrandes de Roch 'Hodech] ; et la Torah a dit : « Compte des jours et sanctifie la fête de Chavouot » [avec ses offrandes]. [L'analogie est :] De même que le mois est sanctifié pour l'unité de temps selon laquelle on le compte [un jour], de même Chavouot est sanctifié pour l'unité de temps selon laquelle on le compte [une semaine entière, « chiva chavouot »]. [La Guemara déduit :] N'est-ce pas là que l'on apprend du mois — de même que le « festival du mois » [Roch 'Hodech] n'est qu'un seul jour, de même Chavouot n'est qu'un seul jour [sans jours de rattrapage] ?
תָּא שְׁמַע, דְּתָנֵי רַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל: אָמְרָה תּוֹרָה מְנֵה יָמִים וְקַדֵּשׁ חֹדֶשׁ, מְנֵה יָמִים וְקַדֵּשׁ עֲצֶרֶת. מָה חֹדֶשׁ — לִמְנוּיָיו, אַף עֲצֶרֶת — לִמְנוּיֶיהָ. מַאי לָאו: גָּמַר מֵחֹדֶשׁ, מָה חֹדֶשׁ — יוֹם אֶחָד, אַף עֲצֶרֶת — יוֹם אֶחָד!
Rava dit : Et penses-tu vraiment cela ? Se peut-il que pour Chavouot, nous comptions les jours mais ne comptions pas les semaines ? Or Abayé n'a-t-il pas dit : C'est une mitsva de compter les jours [du omer], car il est écrit : « Vous compterez cinquante jours » (Vayikra 23, 16) ; et c'est aussi une mitsva de compter les semaines, car il est écrit : « Sept semaines tu compteras pour toi » (Devarim 16, 9) ; et de plus, il est écrit : « La fête des semaines [chag chavouot] » (Devarim 16, 10) [ce qui indique que c'est une fête établie par un décompte de semaines]. Par conséquent, les jours de rattrapage de Chavouot devraient durer une semaine, conformément à ses composantes [les semaines comptées].
אָמַר רָבָא: וְתִסְבְּרָא?! אַטּוּ עֲצֶרֶת, יוֹמֵי מָנֵינַן שָׁבוּעֵי לָא מָנֵינַן? וְהָאָמַר אַבָּיֵי: מִצְוָה לְמִימְנֵי יוֹמֵי, דִּכְתִיב: ״תִּסְפְּרוּ חֲמִשִּׁים יוֹם״, וּמִצְוָה לְמִימְנֵי שָׁבוּעֵי, דִּכְתִיב: ״שִׁבְעָה שָׁבוּעוֹת תִּסְפָּר לָךְ״. וְעוֹד: ״חַג שָׁבוּעוֹת״, כְּתִיב.
§ Dans l'école de Rabbi Éliézer ben Yaakov, un Sage a enseigné ce qui suit : Le verset dit à propos de Chavouot : « Vous ferez une proclamation en ce jour même » (Vayikra 23, 21), et il est écrit dans le même chapitre : « Et quand vous moissonnerez la récolte de votre terre » (Vayikra 23, 22). Quelle est la fête lors de laquelle on fait une proclamation [miqra kodech] et l'on moissonne [koutsrim] aussi ? Dis que c'est la fête de Chavouot [qui tombe en saison des moissons].
דְּבֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב תָּנָא, אָמַר קְרָא: ״וּקְרָאתֶם וּבְקֻצְרְכֶם״. אֵיזֶהוּ חַג שֶׁאַתָּה קוֹרֵא וְקוֹצֵר בּוֹ — הֱוֵי אוֹמֵר זֶה חַג עֲצֶרֶת.
[La Guemara analyse cet enseignement :] Quand exactement cela s'applique-t-il ? Si tu dis que c'est le jour de la fête lui-même — est-il permis de moissonner un jour de fête ? [Évidemment non, car le travail ordinaire est interdit lors des fêtes !] Mais plutôt, n'est-ce pas une référence aux jours de rattrapage [techlomim] ? [En d'autres termes, le verset parle des jours où l'on peut rattraper les offrandes de la fête — les jours d'abattage, qui sont des jours ordinaires de semaine et durant lesquels on peut effectivement moissonner — et ces jours ont néanmoins une qualité de fête.]
אֵימַת? אִילֵּימָא בְּיוֹם טוֹב — קְצִירָה בְּיוֹם טוֹב מִי שְׁרֵי? אֶלָּא לָאו לְתַשְׁלוּמִין.
[La Guemara ajoute :] Et même si l'enseignement de Rabbi Elazar au nom de Rabbi Ochaïa [dérivant les techlomim de Chavouot par analogie avec Pessa'h] a déjà été cité, il était néanmoins nécessaire de citer également l'enseignement de Rabbi Éliézer ben Yaakov — car si l'on avait appris uniquement la preuve de Rabbi Elazar au nom de Rabbi Ochaïa, j'aurais pu dire : De même que les jours de rattrapage de la fête des Matsot [Pessa'h] sont interdits d'exécuter des travaux [car ils font partie du festival, et Pessa'h a un 'hol hamoed interdit au travail], de même les jours de rattrapage de Chavouot sont également interdits d'exécuter des travaux. Nous sommes donc enseignés par Rabbi Éliézer ben Yaakov que lors de ces jours festifs [jours de rattrapage de Chavouot], on peut moissonner — car ce sont des jours de semaine ordinaires [et le travail y est permis]. Et réciproquement, si l'on avait appris la halakha uniquement de l'enseignement de Rabbi Éliézer ben Yaakov [que l'on peut moissonner lors des jours de rattrapage de Chavouot],
וְאַף עַל גַּב דְּאִיתְּמַר דְּרַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא, אִצְטְרִיךְ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב. דְּאִי מִדְּרַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא — הֲוָה אָמֵינָא: מָה תַּשְׁלוּמִין שֶׁל חַג הַמַּצּוֹת אָסוּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה, אַף תַּשְׁלוּמֵי עֲצֶרֶת נָמֵי אָסוּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה, קָמַשְׁמַע לַן דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב. וְאִי מִדְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב,
Rachi
ופנית בבקר - שהוא חול המועד דאילו ביו"ט תחומין אסור:
אין לה יום טבוח כלל - אם לא הקריבם ביו"ט עוד אין להן תשלומין:
אבל בהא - בעצרת שחל להיות בערב שבת אימא מודו לב"ה ויקרבו ביו"ט דהא מחר שבת היא ולא קרבי ומתוך שאתה מתייאש מהן אתה בא לפשוע שלא תקריבם עוד:
מנה ימים - שלשים יום:,וקדש חדש - למוספין:,מנה ימים - חמשים יום:,וקדש עצרת - בקרבנותיו:,מה חדש - קדושתו באחד ממנוייו:,אף עצרת - קדושתו באחד ממנוייה:
האמר אביי - במסכת מנחות מצוה למימני יומי ומצוה למימני שבועי:
דבי ר"א בן יעקב תנא - מהכא נפקא לן תשלומין לעצרת:,וקראתם בעצם היום הזה - ובחג השבועות כתיב וסמיך ליה ובקצרכם את קציר ארצכם שאתה קורא מקרא קדש וקוצר:,הוי אומר זה עצרת - דהני קראי בעצרת כתיבי:
אלא לתשלומין - לאחר יו"ט קאי וקורא אותן מקרא קדש לענין תשלומין ומותרין במלאכה:
Tossafot
דכתיב ופנית בבקר. פרש"י בחוש"מ דאי ביו"ט אסור משום תחומין ולא יתכן דהתינח לר"ע לרבנן מאי איכא . למימר דליכא איסור תחומין דאורייתא וי"מ די"ב מילין אית להו שפיר לרבנן תחומין והכי איתא בירושלמי המחוור מכולן י"ב מילין כנגד מחנה ישראל והש"ס שלנו לא ס"ל דהא בפ' כלל גדול (שבת סט.) גבי שכח עיקר שבת דבעי דידע ליה לשבת במאי דידע לה בתחומין ואליבא דר"ע ולא קאמר לדברי הכל וכן בפ' בתרא דביצה (דף לו:) גבי אין רוכבין מוקי טעמא בגמרא שמא ילך מחוץ לתחום ופריך ש"מ תחומין דאורייתא אלא גזירה שמא יחתוך זמורה אלמא דרבנן לא מודו כלל בתחומין ובפ"ק דר"ה (ד' ה.) פרש"י דאי משום י"ט פשיטא [שהרי הוא יום] שיתחייב להתראות פנים בעזרה ור' עזריאל מצא בתוספתא דתניא בליל יו"ט האחרון חוזרין לבתיהן כדכתיב ביום השמיני שלח את העם (מלכים א ח׳:ס״ו) יכול שאין טעונים לינה ת"ל וביום עשרים ושלשה לחדש שלח את העם הא כיצד נפטרו והשכימו והולכי' למחרת יום שמיני שהוא כ"ג ועוד הביא הר"י ראיה מההיא דלולב וערבה בשמעתין דאמר זמן בשמיני של חג שהבכורים טעונין לינה משמע לינה דומיא דבכורים שהם יום אחד ועוד תני בספרי בפרשת ראה והלכת לאהליך מלמד שטעונין לינת רגלים אין לי אלא אלו מניין לרבות עופות ומנחות יין לבונה ועצים תלמוד לומר ופנית בבוקר כל פינות שאתה פונה לא יהיו אלא מן הבקר ואילך רבי יהודה אומר יכול יהא פסח קטן כו' ומשמע מיהא דלינת רגלים אינו רק דומיא דהני והיינו יום ולילה וכי מקשה פ' לולב וערבה (סוכה מז:) זמן כל ז' ימים מי איכא הוה מצי לאקשויי וליטעמיך לינה דלא מקשי כלל ויש להקשות דאמרינן בזבחים פרק דם החטאת (דף צז.) דרבי טרפון אומר אם בשל בה מתחלת הרגל כו' מותר לבשל בה בסוף הרגל מ"ט דכתיב ופנית בבקר הכתוב עשאן בקר אחד אלמא מדלענין נותר מחשב יום אחד משמע שטעון לינה כל ז' ותירץ הר"י דלפי המסקנא משני התם טעמא אחרינא משום שכל יום ויום נעשה גיעול לחברו והר"ר אלחנן תירץ דב' ענייני לינה הם אחת משום יו"ט והשנית משום קרבן שטעון לינה והתם אף בחוש"מ והכי משמע בההיא דבכורים לינה וקרבן משמע שטעונין לינה משום יו"ט וכן מצינו בירושלמי גבי ההיא משנה דבכורים הדא איתמר כשאין עמהן קרבן אבל יש עמהן קרבן בלא כך טעונין לינה מחמת הקרבן:
נפשוט מינה דחד יומא טבוח. וממתני' לא אלימא ליה לאקשויי ומודים כשחל להיות בשבת שיום טבוח לאחר השבת ואי אית ליה תשלומין כל שבעה ימתינו לציבורא עד תרי בשבת וי"ל דהא לא רצו כל כך לאחר:
אמרה תורה מנה ימים וכו'. היה קשה להרב רבינו משולם היכן אמרה תורה למנות ימים לקדש חדש והיה מגיה מנה שנים וקדש יובל והכי איתא בתורת כהנים דמצוה למימני שמיטין לקדש יובלות וכן היה מגיה בפ"ק דר"ה (דף ה.) ובמנחות (דף סה: ושם) בשמעתא דצדוקין שהיו אומרים עצרת לאחר השבת אך קשה לר"ת למחוק הספרים ולהגיה גירסא שאינה בשום מקום ומפרש דודאי ר"ח נמי דאורייתא הוא למימני ביה יומי וכדאמרינן בפ"ק דמגילה (דף ה.) מנין שאין מחשבין שעות לחדשים ת"ל עד חדש ימים ימים אתה מונה ואי אתה מונה שעות ואל תתמה על הלשון שאע"פ שאין רק דרשה מצינו כי האי לישנא בפרק בתרא דמגילה (דף כט:) אמרה תורה חדש והביא קרבן מתרומה חדשה אע"פ כי אותה דרשה אינה פשוטה שהרי צדוקין חולקין בה לומר שהיחיד מתנדב ומביא תמיד הר"ר אלחנן וכן יש לגרוס כאן חדש למנוייו שכן מצינו בפ"ק דר"ה (דף י:) בגמרא ולנטיעה מה חדש למנוייו אף שנה למנוייה:,אף עצרת למנוייו. לענין קרבן קאמר דאי לענין יום טוב לא צריך קרא:
מצוה למימני יומי ומצוה למימני שבועי. ותרוייהו איתנהו יומי לקדש עצרת שבועי לתשלומין והקשה הר"ר אלחנן ליגמר מיובל דלא מקדשין ליה לענין שמיטין רק לשנים וא"כ לא נימא כלל הכא מנין שבועי לקדש ותירץ דלהכי אצטריך חג השבועות לומר שמקדשין בו ימים ושבועות דאי לא תימא הכי למה לי קרא מדרשה דחג השבועות דמדרשה דרבה בר שמואל ומנה ימים וקדש חדש לאפוקי מלבן של צדוקין ועי"ל דלא גמרינן מיובל דדנין ימים מימים עצרת מחדש ואל יוכיח יובל דשנים נינהו ומהכא שמעינן דמצוה למימני יומי ושבועי בספירת העומר דקי"ל כאביי:
אלא לאו לתשלומין. דשרי לקצור ולעשות מלאכה ביום טבוח ומסיים בה בירושלמי א"ר יוסי ברבי בון ובלבד שיכלם לעיסתו כהדא דתנינן. לה אמר איניש דליהוו עלוואי אעין ובכורים ואומר הרי עצים למזבח וגיזרין למערכה אסור בהספד ובתענית ומלעשות מלאכה בו ביום כלומר ואע"פ שהתורה התירה מלאכה לתשלומין לא מצי למיעבד רק לצורך אכילתו אם כלה עיסתו כמו שמצינו שאסור לאדם לעשות מלאכה ביום הקריבו את קרבנו והא דקאמר בסמוך ואי מדר"א הוה אמינא מה תשלומין בחג המצות אסור בעשיית מלאכה אף של עצרת מדאורייתא ואע"ג דחול המועד אינו אלא מדרבנן בדבר שאינו אבוד משום שביעי דאורייתא נקטיה אבל מ"מ אף הש"ס שלנו לא פליג בהא דמדרבנן מיהא מיתסר יום טבוח כדפרישית:
ואצטריך דר"א ואיצטריך דרבי אושעיא. הקשה הר"ר אלחנן מברייתא דלעיל ליעבד צריכותא דתני רבה בר שמואל ועל ר"א בן יעקב וחג' השבועות דאמר ר"א ורבי אושעיא למה לי דמשמע מיניה שיש לו תשלומין כל ז' וי"ל דההיא ברייתא אתיא לסתור דרשת הצדוקין במנחות (דף סה: ושם):
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.