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Traité Chagigah

13b

Étude de Chagigah 13b

Étude de la Guémara 13b

Guémara
[Rav Yehouda répond à la question « qu'est-ce que le 'hachmal ? »] : [Il désigne des] créatures de feu parlantes [h'ayot ech memallelot — le mot h'achmal est un acronyme de cette expression]. Il a été enseigné dans une baraïta : Parfois elles se taisent, parfois elles parlent. Lorsque la parole divine [hadibour] sort de la bouche du Saint béni soit-Il, elles se taisent ; et lorsque la parole divine ne sort pas de la bouche du Saint béni soit-Il, elles parlent.
חַיּוֹת אֵשׁ מְמַלְּלוֹת. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: עִתִּים חָשׁוֹת, עִתִּים מְמַלְּלוֹת. בְּשָׁעָה שֶׁהַדִּיבּוּר יוֹצֵא מִפִּי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא — חָשׁוֹת, וּבְשָׁעָה שֶׁאֵין הַדִּיבּוּר יוֹצֵא מִפִּי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא — מְמַלְּלוֹת.
§ Le verset dit : « Et les créatures [h'ayot] couraient et revenaient en arrière, comme l'apparence d'un éclair [bazak] » [Ye'hezkel 1, 14]. Quel est le sens de « couraient et revenaient en arrière » [ratso vachouv] ? Rav Yehouda dit : Comme le feu qui sort d'un four [kibchan], dont la flamme ne cesse de jaillir et de se retirer. Quel est le sens de « comme l'apparence d'un éclair » ? Rabbi Yossi bar 'Hanina dit : Comme le feu qui sort d'entre des morceaux de poterie utilisée pour affiner l'or [bazak désigne également des tessons de terre cuite, et le feu qui passe entre eux est de multiples couleurs, toujours changeant].
״וְהַחַיּוֹת רָצוֹא וָשׁוֹב כְּמַרְאֵה הַבָּזָק״. מַאי ״רָצוֹא וָשׁוֹב״? אָמַר רַב יְהוּדָה: כְּאוּר הַיּוֹצֵא מִפִּי הַכִּבְשָׁן. מַאי ״כְּמַרְאֵה הַבָּזָק״? אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא: כְּאוּר הַיּוֹצֵא מִבֵּין הַחֲרָסִים.
Le verset dit : « Et je regardai, et voici qu'un vent de tempête venait du nord, un grand nuage, avec un feu qui s'allumait, et une luminosité tout autour de lui, et au milieu comme la couleur du h'achmal, au milieu du feu » [Ye'hezkel 1, 4]. La Guemara pose une question : Où s'en alla ce vent [de tempête] ? Rav Yehouda dit au nom de Rav : Il alla soumettre l'ensemble du monde sous [la domination de] Nevoukhad'netsar [Nabuchodonosor] le méchant. Et pourquoi tout cela était-il nécessaire ? Pourquoi était-il nécessaire que l'ensemble du monde fût soumis à sa domination ? Afin que les nations du monde ne disent pas : Le Saint béni soit-Il livra Ses enfants aux mains d'une nation vile [et sans puissance]. Puisqu'il était déjà décrété que le royaume d'Israël tomberait entre les mains de Nevoukhad'netsar, Dieu en fit un grand conquérant pour qu'Israël n'ait pas honte d'avoir été vaincu par lui. Le Saint béni soit-Il dit à ce sujet : Qui m'a contraint à être serviteur des adorateurs d'idoles [à mener leurs guerres à leur service] ? Ce sont les fautes d'Israël qui m'y ont contraint.
״וָאֵרֶא וְהִנֵּה רוּחַ סְעָרָה בָּאָה מִן הַצָּפוֹן עָנָן גָּדוֹל וְאֵשׁ מִתְלַקַּחַת וְנוֹגַהּ לוֹ סָבִיב וּמִתּוֹכָהּ כְּעֵין הַחַשְׁמַל מִתּוֹךְ הָאֵשׁ״. לְהֵיכָן אֲזַל? אֲמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: שֶׁהָלַךְ לִכְבּוֹשׁ אֶת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ תַּחַת נְבוּכַדְנֶצַּר הָרָשָׁע. וְכׇל כָּךְ לָמָּה? שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ אוּמּוֹת הָעוֹלָם: בְּיַד אוּמָּה שְׁפָלָה מָסַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת בָּנָיו. אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: מִי גָּרַם לִי שֶׁאֶהְיֶה שַׁמָּשׁ לְעוֹבְדֵי פְסִילִים — עֲוֹנוֹתֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל הֵן גָּרְמוּ לִי.
Un autre verset du même chapitre dit : « Et je regardai les créatures, et voici une roue [ofan] était sur la terre, près des créatures » [Ye'hezkel 1, 15]. Rabbi Elazar dit : Il s'agit d'un certain ange qui se tient sur la terre et dont la tête atteint les créatures [célestes]. Il a été enseigné dans une baraïta : Cet ange se nomme Sandalfon ; il est plus grand que son compagnon [le prochain ange le plus grand] d'une distance de marche de cinq cents ans ; il se tient derrière le Chariot divin [haMerkava] et tresse des couronnes [ketarim] pour son Créateur. La Guemara demande : Est-ce bien possible ? Peut-on vraiment tresser des couronnes pour Dieu ? Mais n'est-il pas écrit : « Bénie soit la gloire de l'Éternel depuis Son lieu [mimekomo] » [Ye'hezkel 3, 12], ce qui prouve par inférence que personne ne connaît Son lieu [et donc personne ne peut lui apporter une couronne] ! [La Guemara répond :] Il [l'ange] dit [un nom divin pour] la couronne, et [la couronne] va d'elle-même se poser sur la tête de Dieu.
״וָאֵרֶא הַחַיּוֹת וְהִנֵּה אוֹפַן אֶחָד בָּאָרֶץ אֵצֶל הַחַיּוֹת״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מַלְאָךְ אֶחָד שֶׁהוּא עוֹמֵד בָּאָרֶץ, וְרֹאשׁוֹ מַגִּיעַ אֵצֶל הַחַיּוֹת. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: סַנְדַּלְפוֹן שְׁמוֹ, הַגָּבוֹהַּ מֵחֲבֵרוֹ מַהֲלַךְ חֲמֵשׁ מֵאוֹת שָׁנָה. וְעוֹמֵד אֲחוֹרֵי הַמֶּרְכָּבָה וְקוֹשֵׁר כְּתָרִים לְקוֹנוֹ. אִינִי? וְהָכְתִיב: ״בָּרוּךְ כְּבוֹד ה׳ מִמְּקוֹמוֹ״, מִכְּלָל דִּמְקוֹמוֹ לֵיכָּא דְּיָדַע לֵיהּ! דְּאָמַר שֵׁם אַתָּגָא וְאָזֵל וְיָתֵיב בְּרֵישֵׁיהּ.
§ Rava dit : Tout ce que Ye'hezkel vit, le prophète Yechayahou le vit également [car leurs visions décrivent la même réalité céleste], mais le second n'éprouva pas le besoin de la décrire dans autant de détails [que Ye'hezkel]. À quoi peut-on comparer Ye'hezkel ? À un habitant de la campagne qui vit le roi [et est bouleversé par tous les fastes du palais royal auxquels il n'est pas habitué, au point qu'il les décrit en détail]. Et à quoi peut-on comparer Yechayahou ? À un citadin qui vit le roi [et est concentré sur la rencontre avec le roi lui-même, indifférent aux détails habituels du décor]. Reish Lakich dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Je chanterai pour l'Éternel, car Il est hautement exalté » [Chemot 15, 1] ? Il convient de chanter à Celui qui est exalté au-dessus des exaltés. Car le Maître [un Sage] dit : le roi des bêtes sauvages est le lion, le roi des animaux domestiques est le bœuf, le roi des oiseaux est l'aigle, et l'homme est exalté et domine sur tous eux — mais le Saint béni soit-Il est exalté au-dessus de tous eux et au-dessus du monde entier [car les quatre créatures du Chariot — lion, bœuf, aigle, homme — représentent les maîtres de leur domaine, et Dieu trône au-dessus de toutes ces royautés].
אָמַר רָבָא: כׇּל שֶׁרָאָה יְחֶזְקֵאל, רָאָה יְשַׁעְיָה. לְמָה יְחֶזְקֵאל דּוֹמֶה — לְבֶן כְּפָר שֶׁרָאָה אֶת הַמֶּלֶךְ, וּלְמָה יְשַׁעְיָה דּוֹמֶה — לְבֶן כְּרַךְ שֶׁרָאָה אֶת הַמֶּלֶךְ. אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: מַאי דִּכְתִיב: ״אָשִׁירָה לַה׳ כִּי גָאֹה גָּאָה״ — שִׁירָה לְמִי שֶׁמִּתְגָּאֶה עַל הַגֵּאִים. דְּאָמַר מָר: מֶלֶךְ שֶׁבַּחַיּוֹת — אֲרִי, מֶלֶךְ שֶׁבַּבְּהֵמוֹת — שׁוֹר, מֶלֶךְ שֶׁבָּעוֹפוֹת — נֶשֶׁר, וְאָדָם מִתְגָּאֶה עֲלֵיהֶן, וְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִתְגָּאֶה עַל כּוּלָּן וְעַל כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ.
La Guemara pose une question concernant les animaux du Chariot divin : Un verset dit : « Quant à la ressemblance de leurs visages, ils avaient un visage d'homme, et les quatre avaient un visage de lion du côté droit, et les quatre avaient un visage de bœuf du côté gauche... » [Ye'hezkel 1, 10]. Et il est également écrit [dans une autre vision] : « Et chacun avait quatre visages : le premier visage était le visage du kéroub, le second visage était le visage d'un homme, le troisième le visage d'un lion, et le quatrième le visage d'un aigle » [Ye'hezkel 10, 14] — mais dans cette deuxième liste, le visage du bœuf n'est pas mentionné [il est remplacé par le visage du kéroub] ! Reish Lakich dit : Ye'hezkel demanda miséricorde à son sujet [le visage du bœuf] et [Dieu] le transforma en kéroub. Il dit devant Lui : Maître du monde ! Faut-il qu'un accusateur [kateigor] devienne un défenseur [saneigor] ? [Car le visage du bœuf rappelle la faute du Veau d'or — comment pourrait-il figurer sur le Trône de Gloire et intercéder pour Israël ?]
כָּתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״וּדְמוּת פְּנֵיהֶם פְּנֵי אָדָם וּפְנֵי אַרְיֵה אֶל הַיָּמִין לְאַרְבַּעְתָּם וּפְנֵי שׁוֹר מֵהַשְּׂמֹאל לְאַרְבַּעְתָּן וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״וְאַרְבָּעָה פָנִים לְאֶחָד פְּנֵי הָאֶחָד פְּנֵי הַכְּרוּב וּפְנֵי הַשֵּׁנִי פְּנֵי אָדָם וְהַשְּׁלִישִׁי פְּנֵי אַרְיֵה וְהָרְבִיעִי פְּנֵי נָשֶׁר״, וְאִילּוּ שׁוֹר לָא קָא חָשֵׁיב! אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: יְחֶזְקֵאל בִּיקֵּשׁ עָלָיו רַחֲמִים, וַהֲפָכוֹ לִכְרוּב. אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם! קָטֵיגוֹר יֵעָשֶׂה סָנֵיגוֹר?
La Guemara demande : Quel est le sens du mot « kéroub » [kérouve] ? Rabbi Abbahou dit : [Il signifie] comme un enfant [keravya], car en Babylonie on appelle un enfant ravya. Rav Pappa dit à Abayé : Cependant, si tel est le cas, que signifie ce qui est écrit : « Le premier visage était le visage du kéroub, le second visage était le visage d'un homme, et le troisième le visage d'un lion, et le quatrième le visage d'un aigle » [Ye'hezkel 10, 14] ? Le visage d'un kéroub, c'est la même chose que le visage d'un homme [puisque tous deux désignent un être humain] — quelle différence y a-t-il entre eux ? Il [Abayé] lui répondit : [La différence est que] le visage d'un homme désigne un grand visage [d'adulte], tandis que le visage d'un kéroub désigne le petit visage [potelé] d'un nourrisson.
מַאי ״כְּרוּב״? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: כְּרָבְיָא, שֶׁכֵּן בְּבָבֶל קוֹרִין לְיָנוֹקָא רָבְיָא. אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: אֶלָּא מֵעַתָּה, דִּכְתִיב: ״פְּנֵי הָאֶחָד פְּנֵי הַכְּרוּב וּפְנֵי הַשֵּׁנִי פְּנֵי אָדָם וְהַשְּׁלִישִׁי פְּנֵי אַרְיֵה וְהָרְבִיעִי פְּנֵי נָשֶׁר״, הַיְינוּ פְּנֵי כְרוּב הַיְינוּ פְּנֵי אָדָם? אַפֵּי רַבְרְבֵי וְאַפֵּי זוּטְרֵי.
La Guemara soulève une autre question : Un verset dit [à propos des Séraphins] : « Chacun avait six ailes ; avec deux il couvrait son visage, avec deux il couvrait ses pieds, et avec deux il volait » [Yechayahou 6, 2], et un autre verset dit : « Et chacun d'eux avait quatre visages, et chacun d'eux avait quatre ailes » [Ye'hezkel 1, 6]. La Guemara répond : Cela n'est pas difficile : ici, quand le verset mentionne six ailes, il parle de l'époque où le Temple [Beit haMikdach] existait, tandis que là, quand quatre ailes sont décrites, cela concerne l'époque où le Temple n'existe plus — car c'est comme si le nombre d'ailes des créatures avait été réduit [en signe de deuil] et qu'elles n'en aient plus que quatre désormais.
כָּתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״שֵׁשׁ כְּנָפַיִם שֵׁשׁ כְּנָפַיִם לְאֶחָד״, וְכָתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״וְאַרְבָּעָה פָנִים לְאֶחָת וְאַרְבַּע כְּנָפַיִם לְאַחַת לָהֶם״? לָא קַשְׁיָא: כָּאן בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים, כָּאן בִּזְמַן שֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים. כִּבְיָכוֹל, שֶׁנִּתְמַעֲטוּ כַּנְפֵי הַחַיּוֹת.
La Guemara demande : Lesquelles de leurs ailes furent réduites ? Rav 'Hananel dit au nom de Rav : Celles avec lesquelles elles récitent les cantiques [la prière]. La preuve [scripturaire] : il est écrit ici : « Et avec deux [ailes] il vola [yeofef]. Et l'un appela à l'autre et dit [le Sanctus, la Keducha] » [Yechayahou 6, 2-3 — les ailes utilisées pour voler sont les mêmes que celles avec lesquelles elles chantent], et il est écrit : « Feras-tu [hata'if] peser tes regards sur lui ? Il n'est plus là » [Michlei 23, 5 — la même racine que 'voler' [taaf], impliquant que ce vol des ailes a cessé].
הֵי מִינַּיְיהוּ אִימַּעוּט? אָמַר רַב חֲנַנְאֵל אָמַר רַב: אוֹתָן שֶׁאוֹמְרוֹת שִׁירָה בָּהֶן. כְּתִיב הָכָא: ״וּבִשְׁתַּיִם יְעוֹפֵף וְקָרָא זֶה אֶל זֶה וְאָמַר״, וּכְתִיב: ״הֲתָעִיף עֵינֶיךָ בּוֹ וְאֵינֶנּוּ״.
Et les Sages [Rabbanan] disent : [Les ailes qui furent réduites] sont celles avec lesquelles elles couvrent leurs pieds, comme il est dit : « Et leurs pieds étaient des pieds droits » [Ye'hezkel 1, 7 — si leurs pieds étaient couverts, comment aurait-on pu les décrire ?]. Et si ces ailes n'avaient pas été réduites, comment aurait-il [Ye'hezkel] su à quoi ressemblaient leurs pieds ? De toute évidence, leurs pieds n'étaient plus couverts. La Guemara rejette cet argument : Ce n'est pas une preuve, car peut-être [leurs pieds] furent momentanément révélés, lui permettant de les voir. Car si tu ne dis pas [qu'il les vit pendant un instant], alors concernant le verset : « Et la ressemblance de leurs visages, ils avaient le visage d'un homme » [Ye'hezkel 1, 10], diras-tu de même que les ailes couvrant leurs visages furent également réduites [pour qu'il ait pu les voir] ? Mais non — il doit s'agir d'une révélation momentanée. De même ici, [les pieds] furent révélés et il les vit.
וְרַבָּנַן אָמְרִי: אוֹתָן שֶׁמְּכַסּוֹת בָּהֶן רַגְלֵיהֶם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְרַגְלֵיהֶם רֶגֶל יְשָׁרָה״, וְאִי לָאו דְּאִימַּעוּט — מְנָא הֲוָה יָדַע? דִּלְמָא דְּאִיגַּלַּאי וְחַזְיָא לֵיהּ. דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, ״וּדְמוּת פְּנֵיהֶם פְּנֵי אָדָם״, הָכִי נָמֵי דְּאִימַּעוּט?! אֶלָּא דְּאִיגַּלַּאי וְחַזְיָא לֵיהּ, הָכָא נָמֵי — דְּאִיגַּלַּאי וְחַזְיָא לֵיהּ.
La Guemara réfute [la comparaison] : Comment peut-on comparer ces deux cas ? Certes, il est logique que son visage fût révélé, car il est de bonne conduite [orekh erets] pour un ange de révéler son visage devant son Maître [ainsi, les anges pourraient effectivement avoir révélé leurs visages de temps à autre] ; mais ses pieds — il n'est pas de bonne conduite de les révéler devant son Maître [et donc les anges ne les auraient jamais révélés volontairement — ce qui confirme qu'ils n'avaient plus d'ailes pour les couvrir].
הָכִי הַשְׁתָּא?! בִּשְׁלָמָא אַפֵּיהּ — אוֹרַח אַרְעָא לְגַלּוֹיֵי קַמֵּיהּ רַבֵּיהּ. כַּרְעֵיהּ — לָאו אוֹרַח אַרְעָא לְגַלּוֹיֵי קַמֵּיהּ רַבֵּיהּ.
§ La Guemara continue d'aborder des contradictions apparentes entre versets : Un verset dit : « Mille milliers [elf alfin] Le servirent, et dix mille fois dix mille [rivou rivavan] se tenaient devant Lui » [Daniel 7, 10], et un autre verset dit : « Y a-t-il un nombre à Ses troupes ? » [Iyov 25, 3 — impliquant qu'ils sont encore plus nombreux que « dix mille fois dix mille »]. La Guemara répond : Cela n'est pas difficile : ici, quand ils sont en nombre infini, le verset parle de l'époque où le Temple existait ; là, l'autre verset parle de l'époque où le Temple n'existe plus, car c'est comme si la suite [pamaliya] céleste avait été diminuée. Il est enseigné dans une baraïta : Rabbi [Yehouda haNassi] dit au nom d'Abba Yossei ben Dossaï : « Mille milliers Le servirent » désigne le nombre d'anges dans une seule troupe, mais quant au nombre de Ses troupes, on peut dire : « Et pour Ses troupes, il n'y a pas de nombre ». Et Rabbi Yirmiya bar Abba dit : Il n'y a pas de contradiction, car en ce qui concerne la phrase « mille milliers Le servirent [ichammechounehi] », le pronom « Le » peut se lire littéralement comme « cela » [désignant non pas ceux qui servent Dieu Lui-même, mais ceux qui administrent le Fleuve Dinur (dinour = feu)], comme il est dit : « Un fleuve de feu [dénour] jaillissait et sortait de devant Lui ; mille milliers Le [cela] servaient, et dix mille fois dix mille se tenaient devant Lui » [Daniel 7, 10]. Les serviteurs de Dieu Lui-même sont en revanche effectivement trop nombreux pour être comptés. La Guemara demande : D'où jaillit ce fleuve ? La Guemara répond : De la sueur [ze'a] des 'Hayot [créatures célestes]. Et où se déverse-t-il ? Rav Zutra bar Touvia dit au nom de Rav : Sur les têtes des méchants dans la Guéhenne [guéhinam], comme il est dit : « Voici, une tempête de l'Éternel, une fureur est sortie, une tempête tourbillonnante ; elle tourbillonnera sur la tête des méchants » [Yirmiyahou 23, 19]. Et Rav A'ha bar Yaakov dit : Le fleuve se déverse sur ceux qui ont été arrachés [koumtou], c'est-à-dire les générations qui ne furent jamais créées, comme il est dit : « Ceux qui furent arrachés avant leur temps, dont le fondement fut versé comme un fleuve [nahar youtsak yessoudam] » [Iyov 22, 16 — impliquant que le Fleuve Dinur coule sur eux]. Il est enseigné dans une baraïta : Rabbi Chimeon he'H'assid dit en explication de ce verset : Ces « arrachés » sont les neuf cent soixante-quatorze générations [qui devaient être créées avant la Création du monde mais] qui furent arrachées [privées d'existence]
כָּתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״אֶלֶף אַלְפִין יְשַׁמְּשׁוּנֵּיהּ וְרִבּוֹ רִבְבָן קָדָמוֹהִי יְקוּמוּן״, וְכָתוּב אֶחָד אוֹמֵר: ״הֲיֵשׁ מִסְפָּר לִגְדוּדָיו״! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בִּזְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים, כָּאן בִּזְמַן שֶׁאֵין בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים, כִּבְיָכוֹל שֶׁנִּתְמַעֲטָה פָּמַלְיָא שֶׁל מַעְלָה.
Chagigah 13b
100%
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