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Traité Chagigah

11b

Étude de Chagigah 11b

Étude de la Mishna & Guémara 11b

[Seule la Michna fait cette observation] à propos de sa fille née de la femme qu'il a violée, [une interdiction] qui n'est pas explicitement écrite dans la Torah. Il est interdit à cet homme d'avoir des relations avec cette fille, bien qu'elle ne soit pas la fille de son épouse, car il n'a pas épousé sa mère.
לְבִתּוֹ מֵאֲנוּסָתוֹ, דְּלָא כְּתִיבָא.
Car Rava a dit : Rabbi Yits'haq bar Avdimi m'a dit que cette halakha est dérivée par analogie verbale [guezéra chava] entre le terme « elles » [hena, une forme inhabituelle de ce mot] écrit dans un contexte, et ce même terme « elles » écrit ailleurs. Car il est écrit : « La nudité d'une femme et de sa fille… tu ne prendras pas… ce sont des proches [hena] ; c'est une infamie » (Vayiqra 18, 17). Et il est écrit : « La nudité de la fille de ton fils, ou de la fille de ta fille, même leur nudité tu ne la découvriras pas ; car elles [hena] sont ta propre nudité » (Vayiqra 18, 10). Cela indique que toute fille — même celle née du viol d'une femme qu'il n'a pas épousée — est interdite, tout comme la fille née de son épouse.
דְּאָמַר רָבָא, אֲמַר לִי רַבִּי יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי: אָתְיָא ״הֵנָּה״ ״הֵנָּה״.
De plus, la peine [applicable] pour cette transgression est dérivée d'une analogie verbale entre : « c'est une infamie [zima] » (Vayiqra 18, 17) — écrit à propos d'une femme et de sa fille — et ce même terme « infamie » qui apparaît ailleurs, comme il est dit : « Et si un homme prend en même temps sa femme et la mère de celle-ci, c'est une infamie [zima] : ils seront brûlés dans le feu, lui et elles » (Vayiqra 20, 14).
אָתְיָא ״זִימָּה״ ״זִימָּה״.
[La Michna avait déclaré :] « Ce sont les parties essentielles de la Torah [hen hen goufei Torah]. » La Guemara demande : Ces [domaines-là] — oui, ce sont les parties essentielles de la Torah, tandis que ces autres catégories mentionnées dans la Michna [qui sont explicitement écrites] — non, elles ne seraient pas essentielles ? Mais alors il faut dire : Ceux-ci et ceux-là [hen vehen] sont tous les deux des parties essentielles de la Torah. Chaque partie de la Torah est essentielle, qu'elle soit écrite explicitement ou non.
הֵן הֵן גּוּפֵי תוֹרָה. הָנֵי — אִין, הָנָךְ לָא? אֶלָּא אֵימָא: הֵן וְהֵן גּוּפֵי תוֹרָה.
[Début du deuxième chapitre.] Nous revenons à toi, [chapitre] « Tous sont obligés ».
הֲדַרַן עֲלָךְ הַכֹּל חַיָּיבִין
Mishna 1
MICHNA : On n'enseigne pas [publiquement] les lois des relations interdites [arayot] devant trois [personnes] ou plus, ni les lois de la Création [maassé berechit — les mystères de l'origine du monde] devant deux [personnes] ou plus, ni les [mystères du] Char divin [Merkava] même devant une seule [personne] — à moins qu'elle ne soit sage et qu'elle comprenne la plupart des choses par elle-même.
אֵין דּוֹרְשִׁין בָּעֲרָיוֹת בִּשְׁלֹשָׁה, וְלֹא בְּמַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית בִּשְׁנַיִם, וְלֹא בַּמֶּרְכָּבָה בְּיָחִיד, אֶלָּא אִם כֵּן הָיָה חָכָם וּמֵבִין מִדַּעְתּוֹ.(משנה)
La Michna poursuit dans le même esprit : Quiconque s'attarde à contempler quatre choses — il aurait mieux valu pour lui de n'être jamais venu au monde : ce qui est au-dessus du firmament, ce qui est en dessous de la terre, ce qui était avant la Création, et ce qui sera après la fin des temps. Et quiconque ne se soucie pas de l'honneur de son Créateur — qui s'enquiert de choses qui lui sont interdites et s'en occupe — il eût mieux valu pour lui de n'être jamais venu au monde.
כׇּל הַמִּסְתַּכֵּל בְּאַרְבָּעָה דְּבָרִים, רָתוּי לוֹ כְּאִילּוּ לֹא בָּא לָעוֹלָם: מָה לְמַעְלָה, מָה לְמַטָּה, מָה לְפָנִים, וּמָה לְאָחוֹר. וְכׇל שֶׁלֹּא חָס עַל כְּבוֹד קוֹנוֹ, רָתוּי לוֹ שֶׁלֹּא בָּא לָעוֹלָם.
Guémara
GUEMARA : La Guemara pose une question : Tu as dit dans la première clause de la MISHNA : « On n'enseigne pas les [mystères du] Char divin même devant une seule personne » — ce qui indique que ce sujet ne peut pas être étudié du tout — et tu as dit ensuite : « à moins qu'il ne soit sage et qu'il comprenne la plupart des choses par lui-même » — ce qui indique qu'une personne isolée est autorisée à étudier les [mystères du] Char divin !
גְּמָ׳ אָמְרַתְּ בְּרֵישָׁא: וְלֹא בַּמֶּרְכָּבָה בְּיָחִיד, וַהֲדַר אָמְרַתְּ: אֶלָּא אִם כֵּן הָיָה חָכָם וּמֵבִין מִדַּעְתּוֹ!
[La Guemara explique :] Voici ce que la Michna veut dire : On n'enseigne pas les lois des relations interdites [arayot] à trois étudiants [en même temps] ; on n'enseigne pas les [secrets de la] Création à deux [en même temps] ; et on n'enseigne pas les [mystères du] Char divin [même] à un [seul étudiant] — à moins que cet étudiant ne soit sage et qu'il comprenne par lui-même.
הָכִי קָאָמַר: אֵין דּוֹרְשִׁין בָּעֲרָיוֹת לִשְׁלֹשָׁה, וְלֹא בְּמַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית לִשְׁנַיִם, וְלֹא בַּמֶּרְכָּבָה לַיָּחִיד, אֶלָּא אִם כֵּן הָיָה חָכָם וּמֵבִין מִדַּעְתּוֹ.
[La Guemara clarifie la source de l'interdiction.] « On n'enseigne pas les lois des relations interdites devant trois. » Quelle en est la raison ? Si l'on dit que c'est parce qu'il est écrit : « Chaque homme [ich ich] à l'égard de tout proche [she'er besaro] » (Vayiqra 18, 6) — [et que l'on explique :] « Chaque homme » [ich ich, littéralement « homme homme »] correspond à deux [personnes] ; « proche de lui [she'er besaro] » en est une troisième ; et l'Omniprésent dit : « Vous ne vous approcherez pas pour découvrir leur nudité » [ce qui signifierait qu'on ne peut enseigner ces lois en présence de trois personnes]
אֵין דּוֹרְשִׁין בָּעֲרָיוֹת בִּשְׁלֹשָׁה. מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דִּכְתִיב: ״אִישׁ אִישׁ אֶל כׇּל שְׁאֵר בְּשָׂרוֹ״. ״אִישׁ אִישׁ״ — תְּרֵי, ״שְׁאֵר בְּשָׂרוֹ״ — חַד, וְאָמַר רַחֲמָנָא: ״לֹא תִקְרְבוּ לְגַלּוֹת עֶרְוָה״.
[La Guemara objecte :] Cependant, si c'est ainsi, considérons que le verset dit : « Tout homme [ich ich] qui maudit son D-ieu » (Vayiqra 24, 15), et « Tout homme [ich ich] qui donne de sa semence au Molokh » (Vayiqra 20, 2) — dans ces deux cas, l'expression double implique le nombre deux. Dira-t-on de même qu'il est interdit d'enseigner ces halakhot à deux personnes ?
אֶלָּא מֵעַתָּה, דִּכְתִיב: ״אִישׁ אִישׁ כִּי יְקַלֵּל אֱלֹהָיו״, ״אִישׁ אִישׁ אֲשֶׁר יִתֵּן מִזַּרְעוֹ לַמּוֹלֶךְ״, הָכִי נָמֵי?
[La Guemara répond :] Mais c'est précisément dans ces cas que la répétition de « homme homme » est nécessaire — pour inclure les non-Juifs, qui sont astreints [à la loi] concernant la malédiction de D-ieu et l'idolâtrie, tout comme les Juifs le sont.
אֶלָּא הָנְהוּ — מִיבְּעֵי לֵיהּ לְרַבּוֹת אֶת הַגּוֹיִם, שֶׁמּוּזְהָרִין עַל בִּרְכַּת הַשֵּׁם וְעַל עֲבוֹדָה זָרָה כְּיִשְׂרָאֵל.
Chagigah 11b
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