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Traité Chagigah

10b

Étude de Chagigah 10b

Étude de la Guémara 10b

Guémara
[La Guemara répond :] La Torah n'a interdit [le Chabbat] que le travail intentionnel et créatif [mela'khet ma'hachevet — c'est-à-dire un acte dont le résultat est planifié et constructif]. Un acte de travail qui n'est pas intentionnel, dont le résultat n'est pas souhaité, ou dont la conséquence est destructrice, n'entre pas dans cette catégorie, et celui qui l'accomplit est exempt. Or cette limitation de l'interdiction [aux seuls travaux créatifs et intentionnels] n'est pas écrite explicitement dans la Torah en ce qui concerne les lois du Chabbat. Il est vrai que ce principe est énoncé en lien avec le Tabernacle [Michkan], et qu'il existe un lien exégétique établi entre la construction du Tabernacle et le Chabbat. Néanmoins, ce principe fondamental des halakhot du Chabbat n'apparaissant pas explicitement, ces halakhot ressemblent bien à des montagnes suspendues à un cheveu.
מְלֶאכֶת מַחְשֶׁבֶת אָסְרָה תּוֹרָה, וּמְלֶאכֶת מַחְשֶׁבֶת לָא כְּתִיבָא.
[La Guemara aborde la section suivante de la Michna.] Les halakhot des offrandes de fête [chagigot] [sont comme des montagnes suspendues à un cheveu]. La Guemara demande : Mais elles sont pourtant écrites dans la Torah ! La Guemara répond : Non, [cette formulation] est nécessaire à la lumière de ce que Rav Pappa dit à Abayé : D'où sait-on que le verset « Vous la fêterez comme une fête [veha'gotem oto 'hag] pour l'Éternel » (Vayiqra 23, 41) fait référence à une offrande animale ? Peut-être l'Omniprésent dit-il simplement : Faites la fête !
חֲגִיגוֹת. מִיכְתָּב כְּתִיבָן! לָא צְרִיכָא, לִכְדַאֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: מִמַּאי דְּהַאי ״וְחַגּוֹתֶם אוֹתוֹ חַג לַה׳״ — זְבִיחָה? דִּלְמָא ״חוֹגּוּ חַגָּא״ קָאָמַר רַחֲמָנָא!
[Abayé lui répond :] Cependant, si c'est ainsi, considérons que le verset dit : « Qu'ils Me tiennent une fête [veyé'haguou li] dans le désert » (Chemot 5, 1). Est-ce à dire que ce verset signifie seulement qu'ils devaient faire la fête, sans apporter d'offrande ? Et si tu voulais dire que c'est effectivement ce que cela signifie, n'est-il pas écrit : « Et Moïse dit : Tu devras aussi nous remettre des sacrifices et des holocaustes afin que nous les offrions à l'Éternel notre D-ieu » (Chemot 10, 25) ? Cela montre que l'ordre visait des offrandes.
אֶלָּא מֵעַתָּה, דִּכְתִיב ״וְיָחוֹגּוּ לִי בַּמִּדְבָּר״, הָכִי נָמֵי דְּחוֹגּוּ חַגָּא הוּא? וְכִי תֵּימָא הָכִי נָמֵי, וְהָכְתִיב: ״וַיֹּאמַר מֹשֶׁה גַּם אַתָּה תִּתֵּן בְּיָדֵינוּ זְבָחִים וְעוֹלוֹת״.
[La Guemara soulève une autre difficulté :] Peut-être l'Omniprésent dit-Il simplement ceci : Abattez des animaux pour pouvoir manger, boire et faire la fête devant Moi, sans qu'une offrande proprement dite soit nécessaire ? La Guemara répond : Cela ne peut pas vous venir à l'esprit, car il est écrit : « La graisse de Ma fête [chelamim 'hagi] ne devra pas rester jusqu'au matin » (Chemot 23, 18). Et si tu pensais qu'il s'agit d'un simple festin populaire et non d'une offrande, est-ce qu'un repas festif a des graisses interdites ?
דִּלְמָא הָכִי קָאָמַר רַחֲמָנָא: ״אִכְלוּ וּשְׁתוּ וְחוֹגּוּ חַגָּא קַמַּאי״? לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דִּכְתִיב: ״וְלֹא יָלִין חֵלֶב חַגִּי עַד בֹּקֶר״, וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ דְּחוֹגָּא הוּא, תַּרְבָּא לְחַגָּא אִית לֵיהּ?!
[La Guemara pose une autre question :] Peut-être l'Omniprésent dit-Il simplement ceci : Les graisses des offrandes [de vœux] apportées pendant la période de la fête ne devront pas rester jusqu'au matin [et non pas que 'hag désigne une offrande spécifique de fête] ?
וְדִלְמָא הָכִי קָאָמַר רַחֲמָנָא: חֵלֶב הַבָּא בִּזְמַן חַג — ״לֹא יָלִין״!
[La Guemara répond :] Cependant, si c'est ainsi, ce verset n'indique que pour les offrandes apportées pendant la fête qu'elles ne peuvent rester la nuit. On en déduirait que les graisses apportées tout au long de l'année peuvent, elles, rester la nuit. Or il est écrit [à propos des holocaustes] : « Toute la nuit jusqu'au matin » (Vayiqra 6, 2) [ce qui prouve que les offrandes doivent brûler sur l'autel toute la nuit].
אֶלָּא מֵעַתָּה: הַבָּא בִּזְמַן חַג — הוּא דְּלֹא יָלִין, הָא דְּכׇל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ — יָלִין?! ״כׇּל הַלַּיְלָה עַד הַבֹּקֶר״, כְּתִיב!
[La Guemara approfondit la question :] Peut-être, si on avait tiré cette halakha uniquement de ce verset [de Vayiqra], aurait-on dit que ce verset établit un commandement positif [mitsva d'assé] [de brûler les graisses toute la nuit]. C'est pourquoi l'Omniprésent écrit [dans Chemot 23, 18] ce verset sous forme de prohibition [lav] également.
דִּלְמָא אִי מֵהָהוּא, הֲוָה אָמֵינָא: הָהוּא לַעֲשֵׂה כְּתַב רַחֲמָנָא, הַאי לְלָאו!
[La Guemara répond :] Pour la prohibition [de laisser l'offrande toute la nuit pendant la fête], un autre verset a été écrit : « Il ne devra pas rester de la chair que tu auras sacrifiée le soir du premier jour jusqu'au matin » (Devarim 16, 4). [Mais alors une autre question se pose :] Peut-être le verset [de Chemot 23, 18] « ne devra pas rester » vient-il enseigner que la personne qui transgresse viole deux interdictions et un commandement positif [et non qu'il s'agit d'une offrande distincte appelée 'hag] ?
לְלָאו כְּתַב קְרָא אַחֲרִינָא: ״וְלֹא יָלִין מִן הַבָּשָׂר אֲשֶׁר תִּזְבַּח בָּעֶרֶב בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן לַבֹּקֶר״. וְדִלְמָא לַעֲבוֹר עָלָיו בִּשְׁנֵי לָאוִין וַעֲשֵׂה!
[La Guemara rejette toutes ces explications en faveur de la suivante :] Mais alors, la source [qui établit que l'offrande de fête implique un sacrifice animal] provient d'une analogie verbale [guezéra chava] entre le terme « désert » [midbar] évoqué ici et le terme « désert » évoqué ailleurs. Il est écrit ici : « Qu'ils Me tiennent une fête dans le désert » (Chemot 5, 1), et il est écrit là : « Avez-vous apporté des sacrifices et des offrandes pendant quarante ans dans le désert, maison d'Israël ? » (Amos 5, 25). De même que là il s'agit de véritables sacrifices animaux, de même ici, il s'agit de sacrifices animaux et non d'une simple célébration festive.
אֶלָּא: אָתְיָא ״מִדְבָּר״ ״מִדְבָּר״. כְּתִיב הָכָא: ״וְיָחוֹגּוּ לִי בַּמִּדְבָּר״, וּכְתִיב הָתָם: ״הַזְּבָחִים וּמִנְחָה הִגַּשְׁתֶּם לִי בַּמִּדְבָּר״, מָה לְהַלָּן זְבָחִים — אַף כָּאן זְבָחִים.
La Guemara demande : Et, à la lumière de cette analogie verbale, en quoi ces halakhot sont-elles comparables à des montagnes suspendues à un cheveu ? La Guemara répond : Le fondement textuel n'est pas très solide, car, en général, on ne déduit pas des matières relevant de la Torah [domaine légal, halakha] à partir de textes de la kabala [tradition prophétique — Neviim et Ketouvim]. Étant donné que les prophètes n'étaient pas autorisés à introduire de nouvelles halakhot, la Torah étant la seule source d'autorité en ce domaine, cette analogie verbale n'a pas le même poids qu'une halakha dérivée directement de la Torah.
וּמַאי ״כַּהֲרָרִין הַתְּלוּיִין בִּשְׂעָרָה״ — דִּבְרֵי תוֹרָה מִדִּבְרֵי קַבָּלָה לָא יָלְפִינַן.
[La Guemara aborde à présent la section sur les me'ilot.] « Les halakhot de l'usage abusif des biens consacrés » [sont comme des montagnes suspendues à un cheveu]. La Guemara demande : Mais elles sont écrites dans la Torah [Vayiqra 5, 14-16] ! Rami bar 'Hama dit : Cette affirmation n'est nécessaire que pour ce que nous avons appris dans une Michna (Me'ila 20a) : En ce qui concerne un mandataire [chalia'h] qui accomplit sa mission — lorsque, par exemple, le maître de maison envoie quelqu'un acheter un objet avec de l'argent consacré et que le mandataire fait exactement ce qui lui a été demandé — c'est le maître de maison qui a commis un usage abusif [et non le mandataire] et c'est à lui qu'incombe le sacrifice de réparation. En revanche, si le mandataire n'a pas accompli sa mission mais a agi de son propre chef d'une manière ou d'une autre, c'est le mandataire qui a commis un usage abusif, et c'est lui qui doit apporter le sacrifice.
מְעִילוֹת. מִיכְתָּב כְּתִיבָן! אָמַר רָמֵי בַּר חָמָא: לֹא נִצְרְכָא אֶלָּא לִכְדִתְנַן: הַשָּׁלִיחַ שֶׁעָשָׂה שְׁלִיחוּתוֹ — בַּעַל הַבַּיִת מָעַל, לֹא עָשָׂה שְׁלִיחוּתוֹ — שָׁלִיחַ מָעַל.
[La Guemara explique :] Or, lorsqu'il a accompli sa mission, pourquoi le maître de maison est-il considéré comme ayant commis un usage abusif ? Est-il possible que c'est l'un qui pèche et l'autre qui en devient responsable ? C'est précisément ce que la Michna voulait dire lorsqu'elle affirmait que ces halakhot sont comme des montagnes suspendues à un cheveu.
וְכִי עָשָׂה שְׁלִיחוּתוֹ, אַמַּאי מָעַל? וְכִי זֶה חוֹטֵא וְזֶה מִתְחַיֵּיב? הַיְינוּ כַּהֲרָרִין הַתְּלוּיִין בִּשְׂעָרָה.
Chagigah 10b
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