…ce juste, Avraham, ne dise pas : D.ieu a accompli Son décret — « Et ils les asserviront et les affligeront » —, mais D.ieu n'a pas accompli Son décret : « Et après cela, ils sortiront avec de grands biens. » Car D.ieu avait dit à Avraham : « Sache assurément que ta descendance sera étrangère dans un pays qui n'est pas le sien, et on les asservira et on les affligera pendant quatre cents ans. Mais Je jugerai aussi la nation qu'ils auront servie ; et après cela, ils sortiront avec de grands biens » (Béréchit 15, 13-14).
אוֹתוֹ צַדִּיק, ״וַעֲבָדוּם וְעִנּוּ אֹתָם״ — קִייֵּם בָּהֶם, ״וְאַחֲרֵי כֵן יֵצְאוּ בִּרְכֻשׁ גָּדוֹל״ — לֹא קִייֵּם בָּהֶם.
La maison d'étude de Rabbi Yannaï poursuit : Israël dit à Moché : si seulement nous pouvions sortir par nous-mêmes ! La Guemara propose une parabole : à un homme qui était incarcéré en prison, et à qui les gens disaient : nous te le promettons, demain nous te libérerons et nous te donnerons beaucoup d'argent. Il leur répond : je vous en prie, libérez-moi aujourd'hui, et je ne demande rien. De même, Israël préférait sortir aussitôt les mains vides plutôt que de sortir plus tard avec de grandes richesses.
אָמְרוּ לוֹ: וּלְוַאי שֶׁנֵּצֵא בְּעַצְמֵנוּ! מָשָׁל: לְאָדָם שֶׁהָיָה חָבוּשׁ בְּבֵית הָאֲסוּרִים וְהָיוּ אוֹמְרִים לוֹ בְּנֵי אָדָם: מוֹצִיאִין אוֹתְךָ לְמָחָר מִבֵּית הָאֲסוּרִין, וְנוֹתְנִין לְךָ מָמוֹן הַרְבֵּה, וְאוֹמֵר לָהֶם: בְּבַקָּשָׁה מִכֶּם, הוֹצִיאוּנִי הַיּוֹם, וְאֵינִי מְבַקֵּשׁ כְּלוּם.
Au sujet des dépouilles prises à l'Égypte, décrites dans le verset : « Et l'Éternel donna au peuple grâce aux yeux de l'Égypte, et ils leur donnèrent ce qu'ils demandaient, et ils dépouillèrent l'Égypte » (Chemot 12, 36), Rabbi Ami dit : cela enseigne que les Égyptiens leur donnèrent ce qu'ils demandaient contre leur gré. Il y a une controverse sur la question : contre le gré de qui ? Certains disent que ce fut donné contre le gré des Égyptiens, et certains disent que ce fut donné contre le gré d'Israël. Les tenants de chaque position citent un appui à leur opinion.
״וַיַּשְׁאִלוּם״, אָמַר רַבִּי אַמֵּי: מְלַמֵּד שֶׁהִשְׁאִילוּם בְּעַל כָּרְחָם. אִיכָּא דְאָמְרִי בְּעַל כָּרְחָם דְּמִצְרַיִם, וְאִיכָּא דְאָמְרִי בְּעַל כָּרְחָם דְּיִשְׂרָאֵל.
Celui qui dit que ce fut donné contre le gré des Égyptiens cite le verset décrivant la sortie d'Israël d'Égypte, comme il est écrit : « Et celle qui demeure à la maison partage le butin » (Tehilim 68, 13). Ce que la femme du verset demandait à sa voisine était en réalité un butin pris contre le gré d'un ennemi. Celui qui dit que ce fut donné contre le gré d'Israël soutient qu'ils ne voulaient pas des objets à cause du fardeau qu'il y avait à porter une lourde charge sur un long trajet.
מַאן דְּאָמַר בְּעַל כָּרְחָם דְּמִצְרַיִם — דִּכְתִיב: ״וּנְוַת בַּיִת תְּחַלֵּק שָׁלָל״. מַאן דְּאָמַר בְּעַל כָּרְחָם דְּיִשְׂרָאֵל — מִשּׁוּם מַשּׂוֹי.
Au sujet de la suite du verset : « Et ils dépouillèrent l'Égypte », Rabbi Ami dit : cela indique qu'ils rendirent l'Égypte semblable à un piège dans lequel il n'y a pas de grain servant d'appât pour attirer les oiseaux. Rech Lakich dit : ils rendirent l'Égypte semblable à un abîme marin sans poissons.
״וַיְנַצְּלוּ אֶת מִצְרָיִם״. אָמַר רַבִּי אַמֵּי מְלַמֵּד שֶׁעֲשָׂאוּהָ כִּמְצוּדָה שֶׁאֵין בָּהּ דָּגָן, וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר, עֲשָׂאוּהָ כִּמְצוּלָה שֶׁאֵין בָּהּ דָּגִים.
« Je serai ce que Je serai » : la Guemara entreprend de traiter de la promesse de délivrance d'Égypte que D.ieu fit à Moché au buisson ardent. Lorsque Moché demanda à D.ieu ce qu'il devrait dire si Israël lui demandait le Nom de D.ieu, « D.ieu dit à Moché : Je serai ce que Je serai ; et Il dit : ainsi tu diras aux enfants d'Israël : Je serai m'a envoyé vers vous » (Chemot 3, 14). Le Saint, béni soit-Il, dit à Moché d'aller dire à Israël : J'étais avec vous dans cet asservissement, et dans cette délivrance, et Je serai avec vous dans l'asservissement des royaumes à l'avenir.
״אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה״, אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה, לֵךְ אֱמוֹר לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל: אֲנִי הָיִיתִי עִמָּכֶם בְּשִׁעְבּוּד זֶה, וַאֲנִי אֶהְיֶה עִמָּכֶם בְּשִׁעְבּוּד מַלְכֻיוֹת.
Moché dit devant Lui : Maître de l'univers, c'est assez pour eux d'endurer ; que la souffrance future soit endurée en son temps. Il n'est pas besoin de mentionner leur asservissement futur. Le Saint, béni soit-Il, donna raison à Moché et lui dit : va et dis seulement aux enfants d'Israël : « Je serai m'a envoyé vers vous. »
אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, דַּיָּה לַצָּרָה בִּשְׁעָתָהּ. אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: לֵךְ אֱמוֹר לָהֶם ״אֶהְיֶה שְׁלָחַנִי אֲלֵיכֶם״.
« Réponds-moi, Éternel, réponds-moi » : ayant expliqué l'emploi du double langage « Je serai ce que Je serai », la Guemara entreprend d'expliquer le double langage employé par Éliyahou sur le mont Carmel : « Réponds-moi, Éternel, réponds-moi, afin que ce peuple sache que Tu es l'Éternel, D.ieu, et que c'est Toi qui as détourné leur cœur en arrière » (I Mélakhim 18, 37). Rabbi Abahou dit : pourquoi Éliyahou a-t-il dit « réponds-moi » deux fois ? Cette répétition enseigne qu'Éliyahou dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l'univers, réponds-moi en faisant descendre un feu du ciel qui consumera tout ce qui est sur l'autel ; et réponds-moi en détournant leur esprit, afin qu'ils ne cherchent pas d'autres explications à ce dont ils ont été témoins et qu'ils ne disent pas que c'étaient des actes de sorcellerie. Comme il est dit qu'Éliyahou dit : « Et c'est Toi qui as détourné leur cœur en arrière » — D.ieu peut donc aussi les ramener dans le droit chemin.
״עֲנֵנִי ה׳ עֲנֵנִי״. אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: לָמָה אָמַר אֵלִיָּהוּ עֲנֵנִי שְׁתֵּי פְּעָמִים? מְלַמֵּד שֶׁאָמַר אֵלִיָּהוּ לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, ״עֲנֵנִי״ — שֶׁתֵּרֵד אֵשׁ מִן הַשָּׁמַיִם וְתֹאכַל כָּל אֲשֶׁר עַל הַמִּזְבֵּחַ, וַ״עֲנֵנִי״ — שֶׁתַּסִּיחַ דַּעְתָּם, כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאמְרוּ מַעֲשֵׂה כְשָׁפִים הֵם. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתָּה הֲסִבֹּתָ אֶת לִבָּם אֲחוֹרַנִּית״:
Mishna 1
MICHNA : À partir de quand récite-t-on le Chéma le matin ? À partir du moment où l'on peut distinguer entre le bleu azur [tekhélet] et le blanc. Rabbi Éliézer dit : à partir du moment où l'on peut distinguer entre le bleu azur et le vert poireau. Et l'on doit achever la récitation du Chéma jusqu'à la fin de la période de « quand tu te lèves », c'est-à-dire le lever du soleil, lorsque le soleil commence à briller. Rabbi Yehochoua dit : on peut réciter le Chéma du matin jusqu'à la troisième heure du jour, car cela est encore considéré comme « quand tu te lèves », puisque telle est l'habitude des rois de se lever de leur sommeil à la troisième heure du jour.
מַתְנִי׳ מֵאֵימָתַי קוֹרִין אֶת שְׁמַע בְּשַׁחֲרִית? מִשֶּׁיַּכִּיר בֵּין תְּכֵלֶת לְלָבָן. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בֵּין תְּכֵלֶת לְכָרָתֵי. וְגוֹמְרָהּ, עַד הָנֵץ הַחַמָּה, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר עַד שָׁלֹשׁ שָׁעוֹת, שֶׁכֵּן דֶּרֶךְ מְלָכִים לַעֲמוֹד בְּשָׁלֹשׁ שָׁעוֹת.(משנה)
Bien qu'il y ait un créneau fixé pour la récitation du Chéma, celui qui récite le Chéma à partir de ce moment-là et au-delà ne perd rien. Même s'il n'accomplit pas la mitsva de réciter le Chéma en son temps prescrit, il est néanmoins considéré comme quelqu'un qui lit la Torah, et il en est récompensé en conséquence.
הַקּוֹרֵא מִכָּאן וְאֵילָךְ — לֹא הִפְסִיד, כְּאָדָם הַקּוֹרֵא בַּתּוֹרָה.
Guémara
GUEMARA : la Michna a énoncé que le temps de la récitation du Chéma du matin commence lorsque l'on peut distinguer entre le bleu azur et le blanc. La Guemara demande : à quoi se réfère « entre le bleu azur et le blanc » ? Si tu dis que cela signifie distinguer entre un tas de laine blanche et un tas de laine bleu azur, ne connaîtrait-on pas la différence la nuit aussi ? En réalité, ce doit être une référence aux tsitsit faites de fils bleu azur (voir Bamidbar 15, 38) avec des fils blancs, et l'on doit pouvoir distinguer entre les fils bleu azur des tsitsit et les fils blancs des tsitsit. Au sujet du début du temps de la récitation du Chéma du matin, une baraïta cite d'autres opinions non rapportées dans la Michna.
גְּמָ׳ מַאי בֵּין תְּכֵלֶת לְלָבָן? אִילֵּימָא בֵּין גְּבָבָא דְעַמְרָא חִיוָּרָא לִגְבָבָא דְעַמְרָא דִתְכֵלְתָּא — הָא בְּלֵילְיָא נָמֵי מִידָּע יָדְעִי. אֶלָּא, בֵּין תְּכֵלֶת שֶׁבָּהּ לְלָבָן שֶׁבָּהּ.
Il fut enseigné dans une baraïta : Rabbi Méir dit que le jour commence lorsque l'on peut distinguer entre deux animaux semblables, par exemple un loup et un chien. Rabbi Akiva donne un autre signe et dit que le jour commence lorsqu'il y a assez de lumière pour distinguer entre un âne et un âne sauvage. Et A'hérim [d'autres] disent : lorsque l'on peut voir une autre personne, simplement une connaissance (Talmud de Jérusalem), à une distance de quatre coudées, et la reconnaître.
תַּנְיָא: רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: מִשֶּׁיַּכִּיר בֵּין זְאֵב לְכֶלֶב. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: בֵּין חֲמוֹר לְעָרוֹד. וַאֲחֵרִים אוֹמְרִים: מִשֶּׁיִּרְאֶה אֶת חֲבֵרוֹ רָחוֹק אַרְבַּע אַמּוֹת, וְיַכִּירֶנּוּ.