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Traité Berakhot

8a

Étude de Berakhot 8a

Étude de la Guémara 8a

Guémara
Que signifie ce qui est écrit : « Et moi, que ma prière monte vers Toi, ô Éternel, en un temps de faveur ; ô D.ieu, dans l'abondance de Ta bonté, réponds-moi par la vérité de Ton salut » (Tehilim 69, 14) ? Il apparaît que l'individu prie pour que ses prières coïncident avec un temps particulier de faveur divine. Quand est-ce un temps de faveur ? C'est au moment où la communauté prie. Il est bénéfique de prier avec la communauté, car D.ieu ne manque pas de répondre aux supplications de la communauté.
מַאי דִּכְתִיב ״וַאֲנִי תְפִלָּתִי לְךָ ה׳ עֵת רָצוֹן״. אֵימָתַי עֵת רָצוֹן — בְּשָׁעָה שֶׁהַצִּבּוּר מִתְפַּלְּלִין.
Rabbi Yossi, fils de Rabbi 'Hanina, a dit que la qualité unique de la prière communautaire se déduit d'ici : « Ainsi a dit l'Éternel : En un temps de faveur Je t'ai répondu, et en un jour de salut Je t'ai secouru » (Yechayahou 49, 8).
רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא אָמַר מֵהָכָא: ״כֹּה אָמַר ה׳ בְּעֵת רָצוֹן עֲנִיתִיךָ״.
Rabbi A'ha, fils de Rabbi 'Hanina, a dit qu'on le déduit d'ici : « Voici, D.ieu est puissant, Il ne méprise personne » (Iyov 36, 5). Il adopte une autre lecture du verset : « Voici, D.ieu ne méprisera pas » la prière des « puissants », c'est-à-dire de la communauté. Et il est écrit : « Il a racheté mon âme en paix, afin que nul ne m'approche, car ils étaient nombreux à être avec moi » (Tehilim 55, 19-20). Ce verset enseigne que la prière fut exaucée parce qu'ils étaient nombreux à être avec moi lorsqu'elle fut offerte.
רַבִּי אַחָא בְּרַבִּי חֲנִינָא אָמַר מֵהָכָא: ״הֶן אֵל כַּבִּיר וְלֹא יִמְאָס״: וּכְתִיב: ״פָּדָה בְשָׁלוֹם נַפְשִׁי מִקְּרָב לִי כִּי בְרַבִּים הָיוּ עִמָּדִי״.
Cette dernière preuve fut également enseignée dans une baraïta. Rabbi Natan dit : D'où savons-nous que le Saint, béni soit-Il, ne méprise pas la prière de la multitude ? De ce qu'il est dit : « Voici, D.ieu ne méprise pas les puissants », et il est écrit : « Il a racheté mon âme en paix, afin que nul ne m'approche, car ils étaient nombreux à être avec moi. » Rabbi Natan interprète cela non comme David parlant de lui-même, mais comme D.ieu parlant à Israël. Le Saint, béni soit-Il, dit : Quiconque s'adonne à l'étude de la Torah — qui est appelée paix dans le verset : « Toutes ses voies sont paix » (Michlé 3, 17) —, ainsi qu'aux actes de bonté, et qui prie avec la communauté, Je le lui compte comme s'il M'avait racheté, Moi et Mes enfants, d'entre les nations du monde.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: מִנַּיִן שֶׁאֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מוֹאֵס בִּתְפִלָּתָן שֶׁל רַבִּים שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֶן אֵל כַּבִּיר וְלֹא יִמְאָס״, וּכְתִיב: ״פָּדָה בְשָׁלוֹם נַפְשִׁי מִקְּרָב לִי״ וְגוֹ׳, אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: כָּל הָעוֹסֵק בְּתוֹרָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים וּמִתְפַּלֵּל עִם הַצִּבּוּר — מַעֲלֶה אֲנִי עָלָיו כְּאִילּוּ פְּדָאַנִי, לִי וּלְבָנַי, מִבֵּין אוּמּוֹת הָעוֹלָם.
Continuant d'exalter la prière communautaire, Réch Lakich a dit : Celui qui a un beit haknesset proche, dans sa ville, mais qui n'y entre pas pour prier, est appelé « mauvais voisin », comme il est dit : « Ainsi a dit l'Éternel : Quant à tous Mes mauvais voisins qui touchent à l'héritage que J'ai fait hériter à Mon peuple Israël, voici, Je les arracherai de leur sol, et J'arracherai du milieu d'eux la maison de Yehouda » (Yirmeyahou 12, 14). Celui qui ne fait que toucher, sans entrer dans le lieu de prière — Mon héritage —, est considéré comme un mauvais voisin. Et de plus, il est puni en ce qu'il cause son propre exil et celui de ses enfants, comme il est dit : « Voici, Je les arracherai de leur sol, et J'arracherai du milieu d'eux la maison de Yehouda. »
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: כָּל מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ בֵּית הַכְּנֶסֶת בְּעִירוֹ, וְאֵינוֹ נִכְנָס שָׁם לְהִתְפַּלֵּל, נִקְרָא ״שָׁכֵן רַע״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳ עַל כָּל שְׁכֵנַי הָרָעִים הַנֹּגְעִים בַּנַּחֲלָה אֲשֶׁר הִנְחַלְתִּי אֶת עַמִּי אֶת יִשְׂרָאֵל״. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁגּוֹרֵם גָּלוּת לוֹ וּלְבָנָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִנְנִי נֹתְשָׁם מֵעַל אַדְמָתָם וְאֶת בֵּית יְהוּדָה אֶתּוֹשׁ מִתּוֹכָם״.
La Guemara rapporte que, lorsque les Sages dirent à Rabbi Yo'hanan qu'il y avait des vieillards à Bavel, il fut étonné et dit : Il est écrit : « Afin que vos jours et les jours de vos enfants se multiplient sur le sol que l'Éternel a juré à vos pères de leur donner, comme les jours des cieux au-dessus de la terre » (Devarim 11, 21) — multipliés en Erets Israël, mais non hors de la Terre. Pourquoi donc les habitants de Bavel vivent-ils longtemps ? Lorsqu'ils lui dirent que les gens de Bavel se rendent tôt le matin et tard le soir au beit haknesset, il dit : C'est cela qui leur a été efficace pour prolonger leurs vies.
אֲמַרוּ לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן: אִיכָּא סָבֵי בְּבָבֶל. תְּמַהּ וַאֲמַר: ״לְמַעַן יִרְבּוּ יְמֵיכֶם וִימֵי בְנֵיכֶם עַל הָאֲדָמָה״ כְּתִיב, אֲבָל בְּחוּצָה לָאָרֶץ — לָא? כֵּיוָן דְאָמְרִי לֵיהּ מְקַדְּמִי וּמְחַשְּׁכִי לְבֵי כְנִישְׁתָּא, אֲמַר: הַיְינוּ דְּאַהֲנִי לְהוּ.
Comme Rabbi Yehochoua ben Lévi dit à ses fils : Allez tôt et allez tard, et entrez au beit haknesset, afin que vos vies se prolongent. Et Rabbi A'ha, fils de Rabbi 'Hanina, a dit : Sur quel verset cela se fonde-t-il ? De ce qu'il est dit : « Heureux l'homme qui m'écoute, veillant chaque jour à mes portes, gardant les montants de mes portes » (Michlé 8, 34). Et la récompense de cela est écrite ensuite : « Car celui qui me trouve trouve la vie et obtient la faveur de l'Éternel » (Michlé 8, 35).
דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי לִבְנֵיהּ: קַדִּימוּ וְחַשִּׁיכוּ וְעַיִּילוּ לְבֵי כְנִישְׁתָּא, כִּי הֵיכִי דְּתוֹרְכוּ חַיֵּי. אָמַר רַבִּי אַחָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: מַאי קְרָא — ״אַשְׁרֵי אָדָם שֹׁמֵעַ לִי לִשְׁקֹד עַל דַּלְתֹתַי יוֹם יוֹם לִשְׁמוֹר מְזוּזֹת פְּתָחָי״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״כִּי מֹצְאִי מָצָא חַיִּים״.
Sur la base de ce verset, Rav 'Hisda a dit : Une personne devrait toujours entrer de deux entrées dans le beit haknesset. Ce propos est obscur. Aussitôt, la Guemara demande : Te viendrait-il à l'esprit que Rav 'Hisda voulait dire qu'on devrait entrer littéralement de deux entrées ? Et si un beit haknesset n'a qu'une seule entrée ? Plutôt, corrige son propos et dis que Rav 'Hisda voulait dire qu'on devrait entrer d'une distance de deux entrées dans le beit haknesset, puis prier. En entrant d'une distance de deux entrées, on accomplit le verset : « Gardant les montants de mes portes », au pluriel.
אָמַר רַב חִסְדָּא: לְעוֹלָם יִכָּנֵס אָדָם שְׁנֵי פְתָחִים בְּבֵית הַכְּנֶסֶת. שְׁנֵי פְתָחִים סָלְקָא דַעְתָּךְ?! אֶלָּא אֵימָא, שִׁיעוּר שְׁנֵי פְתָחִים, וְאַחַר כָּךְ יִתְפַּלֵּל.
Ayant mentionné le verset « Car celui qui me trouve trouve la vie », la Guemara cherche à en clarifier le sens. Il est dit : « Pour cela, que tout homme pieux Te prie au temps de la trouvaille, afin que le débordement des grandes eaux ne l'atteigne pas » (Tehilim 32, 6). À propos de l'expression « le temps de la trouvaille », Rabbi 'Hanina a dit : Le temps de la trouvaille se rapporte au temps où l'on doit trouver une épouse, c'est-à-dire qu'on devrait prier pour trouver une femme convenable à épouser. Comme il est dit : « Celui qui trouve [matsa] une épouse trouve [matsa] le bien et obtient la faveur de l'Éternel » (Michlé 18, 22).
״עַל זֹאת יִתְפַּלֵּל כָּל חָסִיד אֵלֶיךָ לְעֵת מְצֹא״, אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: ״לְעֵת מְצֹא״ זוֹ אִשָּׁה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מָצָא אִשָּׁה מָצָא טוֹב״.
En Erets Israël, la coutume était que, lorsqu'un homme épousait une femme, on lui demandait : Matsa ou motsé ? Autrement dit, on demandait au marié si le verset approprié pour son épouse était le verset ci-dessus, tiré des Michlé, qui commence par le mot « matsa », comme il est écrit : « Celui qui trouve une épouse trouve le bien et obtient la faveur de l'Éternel », ou bien si le verset le plus approprié était celui qui commence par le mot « motsé », comme il est écrit : « Et je trouve [motsé] la femme plus amère que la mort » (Kohélet 7, 26).
בְּמַעְרְבָא כִּי נָסֵיב אִינָשׁ אִתְּתָא, אָמְרִי לֵיהּ הָכִי: ״מָצָא״ אוֹ ״מוֹצֵא״? ״מָצָא״ דִּכְתִיב: ״מָצָא אִשָּׁה מָצָא טוֹב וַיָּפֶק רָצוֹן מֵה׳״, ״מוֹצֵא״ דִּכְתִיב: ״וּמוֹצֶא אֲנִי מָר מִמָּוֶת אֶת הָאִשָּׁה״ וְגוֹ׳.
Rabbi Natan dit : Le temps de la trouvaille se rapporte au temps où l'on trouve la Torah, comme il est dit, dans un verset se rapportant à la Torah : « Celui qui me trouve trouve la vie. » La Torah est l'objet le plus recherché.
רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: ״לְעֵת מְצֹא״ — זוֹ תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי מֹצְאִי מָצָא חַיִּים״ וְגוֹ׳.
Rav Na'hman bar Yits'hak a dit : Le temps de la trouvaille se rapporte à la mort. On devrait prier pour que, lorsque la mort viendra, on quitte le monde paisiblement, comme il est dit : « Les issues [totsaot] de la mort » (Tehilim 68, 21). Le propos de Rav Na'hman bar Yits'hak se fonde sur la similitude étymologique entre « totsaot » et « matsa », trouver.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר — ״לְעֵת מְצֹא״ זוֹ מִיתָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לַמָּוֶת תּוֹצָאוֹת״.
Berakhot 8a
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ברכות ח׳ אמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת