Guémara
…dans les téfiline de la tête, où il y a quatre compartiments distincts. Et tous ces versets sont écrits ensemble sur un seul parchemin dans les téfiline du bras, qui n'a qu'un seul compartiment.
וְכוּלְּהוּ כְּתִיבִי בְּאֶדְרָעֵיהּ.
De plus, Ravin bar Rav Adda dit au nom de Rabbi Yits'hak : celui qui a l'habitude de venir à la synagogue et qui un jour ne vient pas, le Saint, béni soit-Il, s'enquiert de lui, pour ainsi dire, afin de savoir ce qui lui est arrivé, comme il est dit : « Qui parmi vous craint l'Éternel et écoute la voix de Son serviteur ? Bien qu'il marche dans les ténèbres et n'ait point de lumière, qu'il se confie dans le nom de l'Éternel et s'appuie sur son D.ieu » (Yechayahou / Isaïe 50, 10). Autrement dit, D.ieu demande : qui parmi vous craint l'Éternel et pourtant n'est pas venu écouter la voix de Son serviteur l'officiant, qui s'adonne au service de D.ieu ? Celui qui sortit avant l'aube et marche dans les ténèbres avant la prière.
אָמַר רָבִין בַּר רַב אַדָּא, אָמַר רַבִּי יִצְחָק: כׇּל הָרָגִיל לָבֹא לְבֵית הַכְּנֶסֶת וְלֹא בָּא יוֹם אֶחָד, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מְשָׁאֵיל בּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִי בָכֶם יְרֵא ה׳ שֹׁמֵעַ בְּקוֹל עַבְדּוֹ אֲשֶׁר הָלַךְ חֲשֵׁכִים וְאֵין נֹגַהּ לוֹ״.
Si c'est pour une affaire relevant d'une mitsva qu'il est allé et s'est absenté de la prière à la synagogue, alors, malgré les ténèbres, il y a pour lui de la lumière : l'éclat de sa mitsva le protégera. Mais si c'est pour une affaire facultative, quelque dessein profane, qu'il est allé et s'est absenté de la prière à la synagogue, alors, même une fois le jour levé, il n'y a point de lumière pour lui (Maharcha).
אִם לִדְבַר מִצְוָה הָלַךְ — נוֹגַהּ לוֹ, וְאִם לִדְבַר הָרְשׁוּת הָלַךְ — אֵין נוֹגַהּ לוֹ.
Le verset poursuit : « Qu'il se confie dans le nom de l'Éternel. » La Guemara demande : quelle est la raison pour laquelle D.ieu se montre si exigeant envers cet homme ? La Guemara répond : parce qu'il aurait dû s'appuyer sur le nom de l'Éternel et avoir confiance qu'il ne subirait aucune perte en remettant le traitement de ses affaires profanes à après la prière à la synagogue, et il ne s'est pas appuyé sur D.ieu.
״יִבְטַח בְּשֵׁם ה׳״ מַאי טַעְמָא? — מִשּׁוּם דַּהֲוָה לֵיהּ לִבְטוֹחַ בְּשֵׁם ה׳, וְלָא בְּטַח.
Sur ce même sujet, Rabbi Yo'hanan dit : lorsque le Saint, béni soit-Il, entre dans une synagogue et n'y trouve pas dix personnes, Il se met aussitôt en colère, comme il est dit : « Pourquoi, lorsque Je suis venu, n'y avait-il personne ? Lorsque J'ai appelé, nul ne répondait… Voici, par Ma menace Je dessèche la mer, Je fais des fleuves un désert » (Yechayahou / Isaïe 50, 2).
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּשָׁעָה שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בָּא בְּבֵית הַכְּנֶסֶת, וְלֹא מָצָא בָּהּ עֲשָׂרָה — מִיָּד הוּא כּוֹעֵס, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מַדּוּעַ בָּאתִי וְאֵין אִישׁ קָרָאתִי וְאֵין עוֹנֶה״.
Touchant un autre aspect de la constance de la prière, Rabbi 'Helbo dit au nom de Rav Houna : celui qui fixe un lieu déterminé pour sa prière, le D.ieu d'Abraham lui vient en aide. Puisque la prière correspond au service du Temple, c'est une marque de respect que de fixer un lieu déterminé pour ce rite sacré (Rabbi Yochiyahou Pinto). Le D.ieu d'Abraham lui vient en aide parce que cette pieuse coutume évoque la conduite d'Abraham.
אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ, אָמַר רַב הוּנָא: כׇּל הַקּוֹבֵעַ מָקוֹם לִתְפִלָּתוֹ — אֱלֹהֵי אַבְרָהָם בְּעֶזְרוֹ.
Lorsqu'il meurt, ceux qui font l'éloge funèbre de celui qui a fixé un lieu déterminé pour sa prière disent de lui : « Où est l'homme humble, où est l'homme pieux, des disciples de notre père Abraham ? » Vraisemblablement, celui qui fixe un lieu déterminé pour sa prière est un disciple d'Abraham à tous égards, y compris l'humilité et la piété (Rabbi Yochiyahou Pinto).
וּכְשֶׁמֵּת, אוֹמְרִים לוֹ: ״אֵי עָנָיו, אֵי חָסִיד, מִתַּלְמִידָיו שֶׁל אַבְרָהָם אָבִינוּ״.
La Guemara demande : d'où déduit-on qu'Abraham notre père a fixé un lieu déterminé pour sa prière ? La Guemara répond : de ce qu'il est écrit : « Et Abraham se leva de bon matin pour aller au lieu où il s'était tenu devant D.ieu » (Béréchit / Genèse 19, 27), et le verbe « se tenir » ne signifie rien d'autre que prier, comme il est dit : « Et Pin'has se tint debout et pria » (Tehilim / Psaumes 106, 30).
וְאַבְרָהָם אָבִינוּ מְנָא לַן דִּקְבַע מָקוֹם? דִּכְתִיב: ״וַיַּשְׁכֵּם אַבְרָהָם בַּבֹּקֶר אֶל הַמָּקוֹם אֲשֶׁר עָמַד שָׁם״, וְאֵין ״עֲמִידָה״ אֶלָּא תְּפִלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּעֲמֹד פִּינְחָס וַיְפַלֵּל״.
Rabbi 'Helbo dit au nom de Rav Houna : celui qui sort de la synagogue ne doit pas faire de grandes enjambées, car cela donne l'impression qu'il est pressé de partir. Abayé expliqua la déclaration de Rav Houna et dit : cette halakha n'a été dite qu'à propos de la sortie de la synagogue, où de grandes enjambées paraissent particulièrement irrespectueuses. En revanche, pour entrer dans une synagogue, c'est une mitsva que de courir, et il est permis de se hâter et de faire de grandes enjambées (Rabbi Yochiyahou Pinto). Comme il est dit : « Connaissons, empressons-nous de connaître l'Éternel » (Hochéa / Osée 6, 3). Celui qui entre avec empressement dans une synagogue manifeste son ardeur à suivre la voie de D.ieu.
אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ, אָמַר רַב הוּנָא: הַיּוֹצֵא מִבֵּית הַכְּנֶסֶת אַל יַפְסִיעַ פְּסִיעָה גַסָּה. אָמַר אַבָּיֵי: לָא אֲמַרַן, אֶלָּא לְמִיפַּק. אֲבָל לְמֵיעַל — מִצְוָה לְמִרְהַט, שֶׁנֶּאֱמַר: ״נִרְדְּפָה לָדַעַת אֶת ה׳״.
Rabbi Zéra dit : au début, lorsque je voyais les Sages courir au cours (pirka) du Rav le Chabbat, je disais : ces Sages profanent le Chabbat. Il est en effet interdit de courir le Chabbat, par déférence pour la sainteté du jour. Mais une fois que j'eus entendu ce que Rabbi Tan'houm dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Lévi : on doit toujours courir pour une affaire de halakha, même le Chabbat, comme il est dit : « Ils marcheront derrière l'Éternel, qui rugira comme un lion » (Hochéa / Osée 11, 10) — autrement dit, on doit se hâter comme si l'on était poursuivi par un lion (Birkat Hachem) — moi aussi je cours.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: מֵרֵישׁ כִּי הֲוָה חֲזֵינָא לְהוּ לְרַבָּנַן דְּקָא רָהֲטִי לְפִרְקָא בְּשַׁבְּתָא, אָמֵינָא: ״קָא מְחַלַּיִין רַבָּנַן שַׁבְּתָא״. כֵּיוָן דִּשְׁמַעְנָא לְהָא דְּרַבִּי תַּנְחוּם אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: לְעוֹלָם יָרוּץ אָדָם לִדְבַר הֲלָכָה וַאֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַחֲרֵי ה׳ יֵלְכוּ כְּאַרְיֵה יִשְׁאָג״ וְגוֹ׳, אֲנָא נָמֵי רָהֵיטְנָא.
Rabbi Zéra dit : la récompense du cours (pirka) tient à la course. Puisque la plupart de ceux qui assistaient au cours ne comprenaient pas pleinement la matière enseignée, la récompense principale de la présence leur était accordée pour leur intention d'entendre l'enseignement de la Torah, attestée par leur empressement à arriver.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: אַגְרָא דְפִרְקָא — רִהֲטָא.
De même, Abayé dit : la récompense de la kalla tient à la bousculade. En raison de la grande foule, l'étude était difficile ; aussi la récompense principale était-elle accordée pour l'effort fourni afin d'entendre et de comprendre une partie du cours.
אָמַר אַבָּיֵי: אַגְרָא דְכַלָּה — דּוּחְקָא.