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Traité Berakhot

6a

Étude de Berakhot 6a

Étude de la Guémara 6a

Guémara
À propos de cette récompense, Rabbi Yossi, fils de Rabbi 'Hanina, dit : celui qui attend dans la synagogue que l'autre achève sa prière mérite les bénédictions suivantes, comme il est dit : « Si seulement tu avais été attentif à Mes commandements, ta paix serait comme un fleuve, et ta justice comme les flots de la mer. Ta descendance serait comme le sable, et le fruit de tes entrailles comme les grains de ce sable ; son nom ne serait ni retranché ni détruit devant Moi » (Yechayahou / Isaïe 48, 18-19). L'explication de ce passage repose sur la proximité étymologique entre le mot mitsva (commandement) et le mot tsévet, qui signifie « groupe, compagnie ». S'il tient compagnie à l'autre et ne l'abandonne pas après sa prière, toutes les bénédictions énoncées plus loin dans le verset s'accompliront en lui (Talmidé Rabbénou Yona).
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: זוֹכֶה לַבְּרָכוֹת הַלָּלוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לוּא הִקְשַׁבְתָּ לְמִצְוֹתָי וַיְהִי כַנָּהָר שְׁלוֹמֶךָ וְצִדְקָתְךָ כְּגַלֵּי הַיָּם. וַיְהִי כַחוֹל זַרְעֶךָ וְצֶאֱצָאֵי מֵעֶיךָ״ וְגוֹ׳.
Dans une autre baraïta il fut enseigné qu'Abba Binyamin dit : si la permission était donnée à l'œil de voir, aucune créature ne pourrait subsister face à l'abondance et à l'omniprésence des démons (mazikin) et continuer à vivre sans en être affectée.
תַּנְיָא, אַבָּא בִּנְיָמִין אוֹמֵר: אִלְמָלֵי נִתְּנָה רְשׁוּת לָעַיִן לִרְאוֹת — אֵין כׇּל בְּרִיָּה יְכוֹלָה לַעֲמוֹד מִפְּנֵי הַמַּזִּיקִין.
De même, Abayé dit : ils sont plus nombreux que nous et se tiennent autour de nous comme les remblais qui entourent une fosse.
אָמַר אַבָּיֵי: אִינְהוּ נְפִישִׁי מִינַּן, וְקָיְימִי עֲלַן כִּי כִּסְלָא לְאוּגְיָא.
Rav Houna dit : chacun de nous a mille démons à sa gauche et dix mille à sa droite. D.ieu protège l'homme de ces démons, comme le dit le verset : « Qu'il en tombe mille à ton côté, et dix mille à ta droite, ils ne t'approcheront pas » (Tehilim / Psaumes 91, 7).
אָמַר רַב הוּנָא: כֹּל חַד וְחַד מִינַּן, אַלְפָא מִשְּׂמָאלֵיהּ וּרְבַבְתָּא מִיַּמִּינֵיהּ.
Résumant les effets des démons, Rava dit : cette bousculade qui se produit lors de la kalla [les rassemblements d'étude de la Torah pendant les mois d'Elloul et d'Adar] vient d'eux ; ces genoux qui sont fatigués alors même que l'on ne s'est pas dépensé viennent d'eux ; ces vêtements des Sages qui s'usent, bien qu'ils ne se livrent pas à un travail physique, viennent du frottement des démons ; ces pieds qui sont endoloris viennent d'eux.
אָמַר רָבָא: הַאי דּוּחְקָא דְּהָוֵי בְּכַלָּה — מִנַּיְיהוּ הָוֵי. הָנֵי בִּרְכֵי דְּשָׁלְהִי — מִנַּיְיהוּ. הָנֵי מָאנֵי דְרַבָּנַן דְּבָלוּ — מֵחוּפְיָא דִידְהוּ. הָנֵי כַּרְעֵי דְּמִנַּקְפָן — מִנַּיְיהוּ.
Celui qui veut s'assurer de l'existence des démons doit répandre de la cendre fine autour de son lit, et au matin les empreintes des démons apparaissent dans la cendre, semblables à des empreintes de poules. Celui qui veut les voir doit prendre l'arrière-faix d'une chatte noire première-née, elle-même fille d'une chatte noire première-née, le brûler au feu, le réduire en poudre et en placer dans ses yeux, et il les verra. Il doit ensuite mettre cette poudre dans un tube de fer scellé d'un sceau de fer [gouchpanka], de peur que les démons ne la lui dérobent, puis sceller l'ouverture afin de ne pas être blessé. Rav Bibi bar Abayé pratiqua ce procédé, vit les démons et fut blessé. Les Sages implorèrent miséricorde en sa faveur et il fut guéri.
הַאי מַאן דְּבָעֵי לְמִידַּע לְהוּ לַיְיתֵי קִיטְמָא נְהִילָא, וְנַהְדַּר אַפּוּרְיֵיהּ, וּבְצַפְרָא חָזֵי כִּי כַּרְעֵי דְתַרְנְגוֹלָא. הַאי מַאן דְּבָעֵי לְמֶחֱזִינְהוּ, לַיְתֵי שִׁלְיְיתָא דְּשׁוּנָּרְתָּא אוּכַּמְתָּא בַּת אוּכַּמְתָּא בּוּכְרְתָא בַּת בּוּכְרְתָא, וְלִיקְלְיֵהּ בְּנוּרָא, וְלִשְׁחֲקֵיהּ, וְלִימְלֵי עֵינֵיהּ מִנֵּיהּ, וְחָזֵי לְהוּ. וְלִשְׁדְּיֵיהּ בְּגוּבְתָּא דְפַרְזְלָא, וְלַחְתְּמֵיהּ בְּגוּשְׁפַּנְקָא דְפַרְזְלָא, דִּילְמָא גָּנְבִי מִנֵּיהּ, וְלַחְתּוֹם פּוּמֵּיהּ, כִּי הֵיכִי דְּלָא לִיתַּזַּק. רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי עֲבַד הָכִי, חֲזָא וְאִתַּזַּק, בְּעוֹ רַבָּנַן רַחֲמֵי עֲלֵיהּ, וְאִתַּסִּי.
Il fut enseigné dans une baraïta qu'Abba Binyamin dit : la prière de l'homme n'est pleinement exaucée que dans une synagogue, comme il est dit à propos de la prière du roi Salomon dans le Temple : « Tu T'es tourné vers la prière de Ton serviteur et vers sa supplication, Éternel mon D.ieu, pour écouter le chant et la prière que Ton serviteur prie devant Toi en ce jour » (I Melakhim / Rois 8, 28). Le verset suivant conclut : « …pour écouter la prière que Ton serviteur adresse vers ce lieu » (I Melakhim 8, 29). Nous voyons que la prière de l'homme est exaucée spécifiquement dans le Temple, dont la synagogue est un microcosme (Rav Yochiyahou Pinto). On peut en déduire que dans un lieu de chant — une synagogue où l'on chante les louanges de D.ieu — là doit être la prière.
תַּנְיָא, אַבָּא בִּנְיָמִין אוֹמֵר: אֵין תְּפִלָּה שֶׁל אָדָם נִשְׁמַעַת אֶלָּא בְּבֵית הַכְּנֶסֶת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לִשְׁמֹעַ אֶל הָרִנָּה וְאֶל הַתְּפִלָּה״. בִּמְקוֹם רִנָּה — שָׁם תְּהֵא תְּפִלָּה.
Expliquant la déclaration d'Abba Binyamin, Ravin bar Rav Adda dit au nom de Rabbi Yits'hak : d'où déduit-on que le Saint, béni soit-Il, se trouve dans la synagogue ? De ce qu'il est dit : « D.ieu se tient dans l'assemblée de D.ieu ; au milieu des juges Il juge » (Tehilim / Psaumes 82, 1). L'« assemblée de D.ieu » est le lieu où les gens se rassemblent pour chanter les louanges de D.ieu, et D.ieu se trouve au sein de Son assemblée.
אָמַר רָבִין בַּר רַב אַדָּא, אָמַר רַבִּי יִצְחָק: מִנַּיִן שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מָצוּי בְּבֵית הַכְּנֶסֶת — שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱלֹהִים נִצָּב בַּעֲדַת אֵל״.
Et d'où déduit-on que lorsque dix personnes prient, la Présence divine (Chekhina) est avec elles ? De ce qu'il est dit : « D.ieu se tient dans l'assemblée de D.ieu », et le nombre minimal de personnes constituant une assemblée est un quorum de dix.
וּמִנַּיִן לַעֲשָׂרָה שֶׁמִּתְפַּלְּלִין שֶׁשְּׁכִינָה עִמָּהֶם — שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱלֹהִים נִצָּב בַּעֲדַת אֵל״.
D'où déduit-on que lorsque trois siègent en jugement, la Présence divine est avec eux ? Cela se déduit de ce même verset, comme il est dit : « Au milieu des juges Il juge », et le nombre minimal de juges composant un tribunal est de trois.
וּמִנַּיִן לִשְׁלֹשָׁה שֶׁיּוֹשְׁבִין בַּדִּין שֶׁשְּׁכִינָה עִמָּהֶם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּקֶרֶב אֱלֹהִים יִשְׁפֹּט״.
D'où déduit-on que lorsque deux siègent et s'adonnent à l'étude de la Torah, la Présence divine est avec eux ? De ce qu'il est dit : « Alors ceux qui craignent l'Éternel se parlèrent l'un à l'autre, et l'Éternel fut attentif et entendit, et un livre de souvenir fut écrit devant Lui pour ceux qui craignent l'Éternel et qui pensent à Son nom » (Malakhi / Malachie 3, 16). La Présence divine est attentive à deux individus craignant D.ieu qui s'entretiennent l'un avec l'autre.
וּמִנַּיִן לִשְׁנַיִם שֶׁיּוֹשְׁבִין וְעוֹסְקִין בַּתּוֹרָה שֶׁשְּׁכִינָה עִמָּהֶם — שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָז נִדְבְּרוּ יִרְאֵי ה׳ אִישׁ אֶל רֵעֵהוּ וַיַּקְשֵׁב ה׳״ וְגוֹ׳.
À propos de ce verset, la Guemara demande : que signifie l'expression « et qui pensent à Son nom » ? Rav Achi dit : si une personne avait l'intention d'accomplir une mitsva mais que, par suite de circonstances indépendantes de sa volonté, elle ne l'a pas accomplie, le verset la lui crédite comme si elle l'avait accomplie, car elle est de ceux qui pensent à Son nom.
מַאי ״וּלְחֹשְׁבֵי שְׁמוֹ״? אָמַר רַב אָשֵׁי: חָשַׁב אָדָם לַעֲשׂוֹת מִצְוָה, וְנֶאֱנַס, וְלֹא עֲשָׂאָהּ — מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ עֲשָׂאָהּ.
Berakhot 6a
100%
ברכות ו׳ אמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת