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Traité Berakhot

58b

Étude de Berakhot 58b

Étude de la Guémara 58b

Guémara
Les Sages ont enseigné : celui qui voit les maisons d'Israël habitées et paisibles récite : « Béni… Celui qui fixe la borne de la veuve ». Celui qui les voit en ruines récite : « Béni… le Juge de vérité (Dayan ha'émet) ». Celui qui voit les maisons des nations du monde habitées récite : « L'Éternel détruira la maison des orgueilleux, mais Il fixera la borne de la veuve » (Michlei 15, 25). Et s'il les voit en ruines, il récite : « D.ieu des vengeances, Éternel, D.ieu des vengeances, parais ! » (Tehilim 94, 1).
תָּנוּ רַבָּנַן: הָרוֹאֶה בָּתֵּי יִשְׂרָאֵל בְּיִשּׁוּבָן, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … מַצִּיב גְּבוּל אַלְמָנָה״. בְּחוּרְבָּנָן, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ דַּיַּין הָאֱמֶת״. בָּתֵּי אוּמּוֹת הָעוֹלָם בְּיִשּׁוּבָן, אוֹמֵר: ״בֵּית גֵּאִים יִסַּח ה׳״. בְּחוּרְבָּנָן, אוֹמֵר: ״אֵל נְקָמוֹת ה׳ אֵל נְקָמוֹת הוֹפִיעַ״.
La Guemara rapporte que 'Oulla et Rav 'Hisda marchaient un jour sur la route lorsqu'ils arrivèrent à la porte de la maison de Rav 'Hana bar 'Hanilaï. Rav 'Hisda gémit et soupira. 'Oulla lui demanda : « Pourquoi soupires-tu ? Rav n'a-t-il pas dit : soupirer brise la moitié du corps d'un homme, comme il est dit : « Soupire donc, fils d'homme, dans le brisement des reins [et dans l'amertume soupire] » (Ye'hezkel 21, 11) ? [Le soupir brise l'homme jusqu'aux reins.] Et Rabbi Yo'hanan a dit que soupirer brise même le corps entier d'un homme, comme il est dit : « Et quand ils te diront : pourquoi soupires-tu ? Tu répondras : à cause de la nouvelle, car elle vient ; et tout cœur fondra, [toutes les mains faibliront, tout esprit défaillira, et tous les genoux ruisselleront d'eau] » (Ye'hezkel 21, 12). »
עוּלָּא וְרַב חִסְדָּא הֲווֹ קָא אָזְלִי בְּאוֹרְחָא. כִּי מְטוֹ אַפִּתְחָא דְּבֵי רַב חָנָא בַּר חֲנִילַאי נְגַד רַב חִסְדָּא וְאִתְּנַח. אֲמַר לֵיהּ עוּלָּא: אַמַּאי קָא מִתְּנַחַתְּ? וְהָאָמַר רַב: אֲנָחָה שׁוֹבֶרֶת חֲצִי גּוּפוֹ שֶׁל אָדָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתָּה בֶן אָדָם הֵאָנַח בְּשִׁבְרוֹן מׇתְנַיִם וְגוֹ׳״. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר אַף כׇּל גּוּפוֹ שֶׁל אָדָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיָה כִּי יֹאמְרוּ אֵלֶיךָ עַל מָה אַתָּה נֶאֱנָח וְאָמַרְתָּ אֶל שְׁמוּעָה כִי בָאָה וְנָמֵס כׇּל לֵב וְגוֹ׳״.
Rav 'Hisda lui dit : « Comment ne pas soupirer ? Voici une maison où il y avait soixante boulangers le jour et soixante boulangers la nuit, qui cuisaient pour quiconque était dans le besoin ; et Rav 'Hana ne retirait jamais sa main de sa bourse, car il pensait : « Peut-être qu'un pauvre de bonne famille viendra, et durant le temps qu'il me faudrait pour mettre la main à ma bourse afin de lui faire la charité, ce pauvre aurait honte. » De plus, cette maison avait quatre portes ouvertes vers les quatre directions du monde, et quiconque entrait affamé en ressortait rassasié. Et ils répandaient au-dehors du blé et de l'orge durant les années de sécheresse, afin que quiconque avait honte de prendre du grain le jour pût venir en prendre la nuit. Maintenant que la maison est tombée en ruines, comment ne pas soupirer ? »
אֲמַר לֵיהּ: הֵיכִי לָא אֶתְּנַח — בֵּיתָא דַּהֲווֹ בַּהּ שִׁיתִּין אָפְיָיתָא בִּימָמָא וְשִׁיתִּין אָפְיָיתָא בְּלֵילְיָא, וְאָפְיָין לְכׇל מַאן דִּצְרִיךְ, וְלָא שְׁקַל יְדָא מִן כִּיסָא, דִּסְבַר דִּילְמָא אָתֵי עָנֵי בַּר טוֹבִים וְאַדְּמָטוּ לֵיהּ לְכִיסָא קָא מִכְּסִיף. וְתוּ, הֲווֹ פְּתִיחִין לֵיהּ אַרְבַּע בָּבֵי לְאַרְבַּע רוּחָתָא דְעָלְמָא, וְכֹל דַּהֲוָה עָיֵיל כָּפֵין נָפֵיק כִּי שָׂבַע. וַהֲווֹ שָׁדוּ לֵיהּ חִטֵּי וּשְׂעָרֵי בִּשְׁנֵי בַצּוֹרֶת אַבָּרַאי, דְּכׇל מַאן דִּכְסִיפָא מִילְּתָא לְמִשְׁקַל בִּימָמָא, אָתֵי וְשָׁקֵיל בְּלֵילְיָא. הַשְׁתָּא נְפַל בְּתִלָּא — וְלָא אֶתְּנַח?
'Oulla lui dit : « Tu n'as aucune raison de soupirer, car Rabbi Yo'hanan a dit ce qui suit : depuis le jour où le Temple fut détruit, un décret fut prononcé sur les maisons des justes (tsadikim), [statuant] qu'elles seraient détruites, comme il est dit : « À mes oreilles, l'Éternel des armées : en vérité, de nombreuses maisons seront dévastées, grandes et belles, sans habitant » (Yecha'yahou 5, 9). Et Rabbi Yo'hanan a dit : à l'avenir [à la fin des jours], le Saint béni soit-Il les rétablira à leur emplacement d'origine et dans leur état habité, comme il est dit : « Cantique des degrés, de David. Ceux qui se confient en l'Éternel sont comme le mont Tsion qui ne chancelle pas, mais demeure à jamais » (Tehilim 125, 1). De ce verset on peut déduire que, de même qu'à l'avenir le Saint béni soit-Il rétablira le mont Tsion dans son état habité, de même, à l'avenir, le Saint béni soit-Il rétablira les maisons des justes dans leur état habité ; tu n'as donc aucune raison de soupirer. » Voyant qu'il n'était toujours pas apaisé, 'Oulla lui dit : « Il suffit au serviteur d'être comme son maître. » [Puisque D.ieu laisse Sa demeure, le saint Temple, en ruines, on ne doit pas s'affliger de la destruction des maisons des justes.]
אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן — מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ נִגְזְרָה גְּזֵירָה עַל בָּתֵּיהֶן שֶׁל צַדִּיקִים שֶׁיֶּחֶרְבוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּאׇזְנָי ה׳ צְבָאוֹת אִם לֹא בָּתִּים רַבִּים לְשַׁמָּה יִהְיוּ גְּדֹלִים וְטוֹבִים מֵאֵין יוֹשֵׁב״. וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְהַחֲזִירָן לְיִשּׁוּבָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׁיר הַמַּעֲלוֹת לְדָוִד הַבֹּטְחִים בַּה׳ כְּהַר צִיּוֹן״. מָה הַר צִיּוֹן עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְהַחֲזִירוֹ לְיִשּׁוּבוֹ, אַף בָּתֵּיהֶן שֶׁל צַדִּיקִים עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְהַחֲזִירָן לְיִשּׁוּבָן. חַזְיֵיהּ דְּלָא מְיַישְּׁבָא דַּעְתֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ: דַּיּוֹ לְעֶבֶד שֶׁיְּהֵא כְּרַבּוֹ.
Les Sages ont enseigné dans une baraïta : celui qui voit des tombes d'Israël récite : « Béni… Celui qui vous a formés avec justice (badin), et qui vous a nourris avec justice, et qui vous a entretenus avec justice, et qui a recueilli [votre âme] avec justice, et qui à l'avenir vous ressuscitera des morts avec justice ». Et Mar, fils de Ravina, conclut la formule de cette bénédiction au nom de Rav Na'hman : « … et qui connaît le nombre de vous tous, et qui à l'avenir vous fera revivre et vous établira. Béni… Celui qui ressuscite les morts (me'hayé hametim). » Celui qui voit des tombes de non-Juifs récite : « Votre mère sera couverte de honte, [celle qui vous a enfantés rougira ; voici, la dernière des nations sera un désert, une terre aride et une steppe] » (Yirmeyahou 50, 12).
תָּנוּ רַבָּנַן: הָרוֹאֶה קִבְרֵי יִשְׂרָאֵל, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … אֲשֶׁר יָצַר אֶתְכֶם בַּדִּין, וְזָן אֶתְכֶם בַּדִּין, וְכִלְכֵּל אֶתְכֶם בַּדִּין, וְאָסַף אֶתְכֶם בַּדִּין, וְעָתִיד לַהֲקִימְכֶם בַּדִּין״. מָר בְּרֵיהּ דְּרָבִינָא מְסַיֵּים בַּהּ, מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב נַחְמָן: ״וְיוֹדֵעַ מִסְפַּר כּוּלְּכֶם, וְהוּא עָתִיד לְהַחְיוֹתְכֶם וּלְקַיֵּים אֶתְכֶם. בָּרוּךְ … מְחַיֵּה הַמֵּתִים״. קִבְרֵי גוֹיִם, אוֹמֵר: ״בּוֹשָׁה אִמְּכֶם וְגוֹ׳״.
Rabbi Yehochou'a ben Lévi a dit : celui qui voit son ami (compagnon) après que trente jours se sont écoulés depuis qu'il l'a vu pour la dernière fois récite : « Béni… Celui qui nous a fait vivre, nous a maintenus et nous a fait parvenir à ce moment (chéhé'héyanou) ». Celui qui voit son ami après douze mois récite : « Béni… Celui qui ressuscite les morts (me'hayé hametim) ». Car Rav a dit : un mort n'est effacé du cœur qu'après que douze mois se sont écoulés, comme il est dit : « Je suis oublié des cœurs comme un mort ; je suis devenu comme un objet perdu » (Tehilim 31, 13) ; [et, concernant les lois des objets perdus, il est dans la nature humaine de désespérer de retrouver un objet perdu après douze mois (voir Baba Metsia 28a).]
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הָרוֹאֶה אֶת חֲבֵירוֹ לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … שֶׁהֶחֱיָינוּ וְקִיְּימָנוּ וְהִגִּיעָנוּ לַזְּמַן הַזֶּה״. לְאַחַר שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … מְחַיֵּה הַמֵּתִים״. אָמַר רַב: אֵין הַמֵּת מִשְׁתַּכֵּחַ מִן הַלֵּב אֶלָּא לְאַחַר שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ. שֶׁנֶּאֱמַר: ״נִשְׁכַּחְתִּי כְּמֵת מִלֵּב הָיִיתִי כִּכְלִי אוֹבֵד״.
La Guemara rapporte : Rav Papa et Rav Houna, fils de Rav Yehochou'a, marchaient un jour sur la route lorsqu'ils rencontrèrent Rav 'Hanina, fils de Rav Ika. Ils lui dirent : « En te voyant, nous avons récité deux bénédictions à ton sujet : « Béni… Celui qui a partagé de Sa sagesse avec ceux qui Le révèrent » et « …Celui qui nous a fait vivre (chéhé'héyanou) » » [car ils ne l'avaient pas vu depuis plus d'un mois]. Il leur dit : « Moi aussi, dès que je vous ai vus, je vous ai considérés à mes yeux comme équivalant à six cent mille de la maison d'Israël, et j'ai récité trois bénédictions à votre sujet : ces deux-là, ainsi que « Béni… le Connaisseur de tous les secrets ('hakham harazim) » [bénédiction que l'on récite à la vue de six cent mille Israélites]. » Ils lui dirent : « Es-tu donc à ce point savant ! » Ils posèrent leur regard sur lui, et il mourut.
רַב פָּפָּא וְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ הֲווֹ קָאָזְלִי בְּאוֹרְחָא. פְּגַעוּ בֵּיהּ בְּרַב חֲנִינָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא. אֲמַרוּ לֵיהּ: בַּהֲדֵי דַּחֲזֵינָךְ בָּרֵיכִינַן עֲלָךְ תַּרְתֵּי: ״בָּרוּךְ … אֲשֶׁר חָלַק מֵחׇכְמָתוֹ לִירֵאָיו״ וְ״שֶׁהֶחֱיָינוּ״. אֲמַר לְהוּ: אֲנָא נָמֵי, כֵּיוָן דַּחֲזִתִינְכוּ חַשֵּׁבְתִּינְכוּ עִלָּוַאי כְּשִׁיתִּין רִבְּווֹן בֵּית יִשְׂרָאֵל, וּבָרֵיכְנָא עֲלַיְיכוּ תְּלָתָא: הָנָךְ תַּרְתֵּי, וּ״בָרוּךְ … חֲכַם הָרָזִים״. אֲמַרוּ לֵיהּ: חֲכִימַתְּ כּוּלֵּי הַאי! יָהֲבִי בֵּיהּ עֵינַיְיהוּ, וּשְׁכֵיב.
Rabbi Yehochou'a ben Lévi a dit : celui qui voit des gens tachetés (bahakanim) récite : « Béni… Celui qui rend les créatures différentes (méchané habriyot) ». La Guemara soulève une objection : celui qui voit un homme à la peau exceptionnellement noire (kouchi), un homme à la peau exceptionnellement rouge (gui'hor), un homme à la peau exceptionnellement blanche [lavkan], un homme exceptionnellement grand et maigre (kipéa'h), un nain (nanas), ou quelqu'un couvert de verrues [darnikos], récite : « Béni… Celui qui rend les créatures différentes (méchané habriyot) ». En revanche, celui qui voit un amputé (kitéa'h), un aveugle (souma), une personne au crâne aplati (petouyei haroch), un boiteux ('higer), quelqu'un atteint d'ulcères (mouké che'hin), ou des gens tachetés (bahakanim), récite : « Béni… le Juge de vérité (Dayan ha'émet) », et non : « Celui qui rend les créatures différentes » !
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הָרוֹאֶה אֶת הַבַּהֲקָנִים, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … מְשַׁנֶּה הַבְּרִיּוֹת״. מֵיתִיבִי: רָאָה אֶת הַכּוּשִׁי, וְאֶת הַגִּיחוֹר, וְאֶת הַלַּוְוקָן, וְאֶת הַקִּפֵּחַ, וְאֶת הַנַּנָּס, וְאֶת הַדַּרְנִיקוֹס, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … מְשַׁנֶּה אֶת הַבְּרִיּוֹת״. אֶת הַקִּטֵּעַ, וְאֶת הַסּוֹמֵא, וְאֶת פְּתוּיֵי הָרֹאשׁ, וְאֶת הַחִגֵּר, וְאֶת הַמּוּכֵּה שְׁחִין, וְאֶת הַבַּהֲקָנִים, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … דַּיֵּין אֱמֶת״!
La Guemara répond : ce n'est pas difficile. Ce cas, où Rabbi Yehochou'a ben Lévi dit de réciter « Celui qui rend les créatures différentes », vise une situation où l'individu était tacheté depuis le ventre de sa mère [depuis la naissance] ; tandis que cet autre cas, où l'on récite « le Juge de vérité », vise une situation où l'individu n'est devenu tacheté qu'après sa naissance. La Guemara remarque : le langage de la baraïta est lui aussi précis, car il établit un parallèle avec d'autres cas, puisqu'il enseigne qu'une personne tachetée est semblable à un amputé — ce qui, en général, est un handicap survenu après la naissance. La Guemara conclut : en effet, déduis-en [qu'il en est bien ainsi].
לָא קַשְׁיָא: הָא מִמְּעֵי אִמּוֹ, הָא בָּתַר דְּאִיתְיְלִיד. דַּיְקָא נָמֵי, דְּקָתָנֵי דּוּמְיָא דְּקִטֵּעַ. שְׁמַע מִינַּהּ.
Les Sages ont enseigné : celui qui voit un éléphant, un singe ou un vautour (Rachi) récite : « Béni… Celui qui rend les créatures différentes (méchané habriyot) ». Celui qui voit de belles créatures, ou par ailleurs remarquables, ou de beaux arbres, récite : « Béni… Celui qui a de telles choses dans Son monde ».
תָּנוּ רַבָּנַן: הָרוֹאָה פִּיל, קוֹף וְקִפֹוף, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … מְשַׁנֶּה אֶת הַבְּרִיּוֹת״. רָאָה בְּרִיּוֹת טוֹבוֹת, וְאִילָנוֹת טוֹבוֹת, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … שֶׁכָּכָה לוֹ בְּעוֹלָמוֹ״.
Nous avons appris dans la Michna que, sur les zikin, on récite : « … dont la force et la puissance emplissent le monde ». La Guemara demande : qu'est-ce que les zikin ? Chmouel a dit : une comète. Et Chmouel a dit aussi : les sentiers du ciel me sont aussi clairs que les sentiers de ma ville, Neharde'a, à l'exception de la comète, dont je ne sais pas ce qu'elle est. Et nous avons appris par tradition qu'une comète ne dépasse pas la constellation d'Orion (Kessil), et que si elle dépassait Orion, le monde serait détruit. La Guemara demande : ne voyons-nous pas que les comètes dépassent Orion ? La Guemara réfute cela : c'est le halo de la comète qui dépasse Orion, et l'on a l'impression que la comète elle-même le dépasse. Rav Houna, fils de Rav Yehochou'a, donna une autre réponse : c'est simplement que vilon, l'un des firmaments, se déchire et s'enroule, et que la lumière du firmament suivant apparaît, ce qui ressemble à une comète. Rav Achi donna une autre explication : ce n'est pas une comète qui dépasse Orion, mais une étoile qui est arrachée d'un côté d'Orion, et une autre étoile, de l'autre côté d'Orion, l'aperçoit, prend peur et tremble, et l'on a l'impression qu'elle se déplace.
עַל הַזִּיקִין: מַאי זִיקִין? אָמַר שְׁמוּאֵל: כּוֹכְבָא דְּשָׁבֵיט. וְאָמַר שְׁמוּאֵל: נְהִירִין לִי שְׁבִילֵי דִשְׁמַיָּא כִּשְׁבִילֵי דִנְהַרְדָּעָא, לְבַר מִכּוֹכְבָא דְּשָׁבֵיט דְּלָא יָדַעְנָא מַאי נִיהוּ. וּגְמִירִי דְּלָא עָבַר כִּסְלָא, וְאִי עָבַר כִּסְלָא — חָרֵב עָלְמָא. וְהָא קָא חָזֵינַן דְּעָבַר! — זִיוֵיהּ הוּא דְּעָבַר, וּמִתְחֲזֵי כִּדְעָבַר אִיהוּ. רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ אָמַר: וִילוֹן הוּא דְּמִקְּרַע, דְּמִגַּלְגַּל וּמִחֲזֵי נְהוֹרָא דְרָקִיעַ. רַב אָשֵׁי אָמַר: כּוֹכְבָא הוּא דְּעָקַר מֵהַאי גִּיסָא דְכִסְלָא וְחָזֵי לֵיהּ חַבְרֵיהּ מֵהַךְ גִּיסָא, וּמִיבְּעִית, וּמִחֲזֵי כְּמַאן דְּעָבַר.
À propos des étoiles, la Guemara note que Chmouel souleva une contradiction entre les implications de deux versets relatifs aux constellations. D'une part il est écrit : « Il a fait la Grande Ourse ('Ach), Orion (Kessil) et les Pléiades (Kima), et les chambres du sud » (Iyov 9, 9) — Orion précède les Pléiades. Et d'autre part il est écrit : « Celui qui fait les Pléiades (Kima) et Orion (Kessil) » (Amos 5, 8) — les Pléiades précèdent Orion. Comment cela se concilie-t-il ? La Guemara répond : sans la chaleur d'Orion, l'univers ne pourrait subsister à cause du froid des Pléiades ; et inversement, sans le froid des Pléiades, l'univers ne pourrait subsister à cause de la chaleur d'Orion.
שְׁמוּאֵל רָמֵי. כְּתִיב ״עֹשֶׂה עָשׁ כְּסִיל וְכִימָה״, וּכְתִיב: ״עֹשֵׂה כִימָה וּכְסִיל״. הָא כֵּיצַד? אִלְמָלֵא חַמָּה שֶׁל כְּסִיל, לֹא נִתְקַיֵּים עוֹלָם מִפְּנֵי צִינָּה שֶׁל כִּימָה, וְאִלְמָלֵא צִינָּה שֶׁל כִּימָה — לֹא נִתְקַיֵּים עוֹלָם מִפְּנֵי חַמָּה שֶׁל כְּסִיל.
Berakhot 58b
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ברכות נ״ח במַסֶּכֶת בְּרָכוֹת