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Traité Berakhot

55a

Étude de Berakhot 55a

Étude de la Guémara 55a

Guémara
Quiconque prolonge sa prière et s'attend à ce qu'elle soit exaucée finira par éprouver un chagrin du cœur, ainsi qu'il est dit : « L'espérance différée rend le cœur malade » (Michlé 13, 12). De même, Rabbi Yitshak a dit : trois choses évoquent les fautes d'un homme, et les voici : se mettre en danger en s'asseyant ou en se tenant près d'un mur penché sur le point de s'effondrer ; s'attendre à ce que sa prière soit acceptée, car cela conduit à un examen de son mérite et de son rang ; et remettre au Ciel le jugement d'un litige contre autrui, car prier pour que le Ciel juge un autre homme fait que l'on examine ses propres actes et qu'on les compare à ceux de cet autre. Cela prouve que prolonger la prière est un défaut.
כׇּל הַמַּאֲרִיךְ בִּתְפִלָּתוֹ וּמְעַיֵּין בָּהּ — סוֹף בָּא לִידֵי כְּאֵב לֵב, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תּוֹחֶלֶת מְמֻשָּׁכָה מַחֲלָה לֵב״. וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק: שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים מַזְכִּירִים עֲוֹנוֹתָיו שֶׁל אָדָם, וְאֵלּוּ הֵן: קִיר נָטוּי, וְעִיּוּן תְּפִלָּה, וּמוֹסֵר דִּין עַל חֲבֵירוֹ לַשָּׁמַיִם!
La Guemara résout la contradiction apparente : cela n'est pas difficile. Ce cas-ci, où nous avons appris que prolonger la prière est indésirable, vise une situation où l'on s'attend à ce que sa prière soit acceptée ; tandis que ce cas-là, où Rav Yehouda dit que prolonger la prière prolonge la vie, vise une situation où l'on ne s'attend pas à ce que sa prière soit acceptée. Comment prolonge-t-il sa prière ? En multipliant ses supplications.
הָא לָא קַשְׁיָא: הָא דִּמְעַיֵּין בַּהּ, הָא דְּלָא מְעַיֵּין בַּהּ. וְהֵיכִי עָבֵיד? — דְּמַפֵּישׁ בְּרַחֲמֵי.
Quant au mérite de prolonger son temps à table, que Rav Yehouda a mentionné, la Guemara explique : peut-être un pauvre viendra-t-il durant le repas, et l'hôte sera alors en mesure de lui donner de la nourriture aussitôt, sans contraindre le pauvre à attendre. Les Sages ont ailleurs loué celui qui se comporte comme il convient lors d'un repas, ainsi qu'il est écrit : « L'autel de bois, haut de trois coudées, et long de deux coudées, avait ses angles, sa longueur et ses parois de bois » (Yehezkel 41, 22), et il est écrit dans la suite de ce verset : « Et il me dit : Voici la table qui est devant D.ieu. » Le langage de ce verset fait difficulté, car il commence par l'autel et s'achève par la table. Plutôt, Rabbi Yohanan et Rabbi Elazar disent tous deux : tant que le Temple se tenait debout, l'autel expiait les transgressions d'Israël. Maintenant qu'il est détruit, la table d'un homme expie ses transgressions.
וְהַמַּאֲרִיךְ עַל שֻׁלְחָנוֹ: דִּלְמָא אָתֵי עַנְיָא וְיָהֵיב לֵיהּ. דִּכְתִיב: ״הַמִּזְבֵּחַ עֵץ שָׁלוֹשׁ אַמּוֹת גָּבֹהַּ״, וּכְתִיב: ״וַיְדַבֵּר אֵלַי זֶה הַשֻּׁלְחָן אֲשֶׁר לִפְנֵי ה׳״, פָּתַח בְּמִזְבֵּחַ וְסִיֵּים בְּשֻׁלְחָן! רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי אֶלְעָזָר דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: כׇּל זְמַן שֶׁבֵּית הַמִּקְדָּשׁ קַיָּים — מִזְבֵּחַ מְכַפֵּר עַל יִשְׂרָאֵל, וְעַכְשָׁיו, שֻׁלְחָנוֹ שֶׁל אָדָם מְכַפֵּר עָלָיו.
Au sujet de ce que Rav Yehouda a dit à la louange de celui qui prolonge son temps aux toilettes, la Guemara demande : est-ce là un mérite ? N'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : dix choses amènent un homme à souffrir d'hémorroïdes — celui qui mange des feuilles de jonc, des feuilles de vigne, des vrilles de vigne, le palais et la langue d'un animal, ainsi que toute autre partie de l'animal qui n'est pas lisse et qui présente des aspérités, l'arête d'un poisson, un poisson salé qui n'est pas entièrement cuit, et celui qui boit la lie du vin, et celui qui s'essuie avec de la chaux et de l'argile — les matières dont on fait la poterie — et celui qui s'essuie avec une pierre dont un autre s'est déjà essuyé. Et certains disent : celui aussi qui se suspend trop longtemps aux toilettes. Cela prouve que prolonger son temps aux toilettes est nuisible.
וְהַמַּאֲרִיךְ בְּבֵית הַכִּסֵּא: מְעַלְּיוּתָא הוּא? וְהָתַנְיָא: עֲשָׂרָה דְּבָרִים מְבִיאִין אֶת הָאָדָם לִידֵי תַּחְתּוֹנִיּוֹת: הָאוֹכֵל עֲלֵי קָנִים, וַעֲלֵי גְפָנִים, וְלוּלַבֵּי גְפָנִים, וּמוֹרִיגֵּי בְהֵמָה, וְשִׁדְרוֹ שֶׁל דָּג, וְדָג מָלִיחַ שֶׁאֵינוֹ מְבוּשָּׁל כׇּל צָרְכּוֹ, וְהַשּׁוֹתֶה שִׁמְרֵי יַיִן, וְהַמְקַנֵּחַ בְּסִיד וּבְחַרְסִית. וְהַמְקַנֵּחַ בִּצְרוֹר שֶׁקִּנַּח בּוֹ חֲבֵרוֹ, וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף הַתּוֹלֶה עַצְמוֹ בְּבֵית הַכִּסֵּא יוֹתֵר מִדַּאי.
La Guemara répond : cela n'est pas difficile. Cette baraïta, qui enseigne que cela est nuisible, vise le cas où l'on prolonge son temps là-bas en se suspendant ; tandis que cet enseignement de Rav Yehouda vise le cas où l'on prolonge son temps là-bas sans se suspendre.
לָא קַשְׁיָא: הָא דְּמַאֲרִיךְ וְתָלֵי, הָא דְּמַאֲרִיךְ וְלָא תָּלֵי.
La Guemara rapporte les bienfaits de prolonger son temps aux toilettes. Tel cet épisode où une dame romaine [matronita] dit à Rabbi Yehouda fils de Rabbi Ilaï : ton visage est gras et plein, comme les visages des éleveurs de porcs et des usuriers, qui ne travaillent pas dur et qui gagnent largement leur vie. Il lui répondit : en vérité, ces deux métiers me sont interdits ; mais pourquoi donc mon visage est-il beau ? Parce qu'il y a vingt-quatre toilettes entre mon logis et la maison d'étude, et que, lorsque je marche, je m'arrête et je m'examine dans toutes.
כִּי הָא דַּאֲמַרָה לֵיהּ הָהִיא מַטְרוֹנִיתָא לְרַבִּי יְהוּדָה בְּרַבִּי אִלְעַאי: פָּנֶיךָ דּוֹמִים לִמְגַדְּלֵי חֲזִירִים וּלְמַלְוֵי בְּרִבִּית. אֲמַר לַהּ: הֵימָנוּתָא, לְדִידִי תַּרְוַיְיהוּ אֲסִירָן, אֶלָּא — עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה בֵּית הַכִּסֵּא אִיכָּא מֵאוּשְׁפִּיזַאי לְבֵי מִדְרְשָׁא, דְּכִי אָזֵילְנָא, בָּדֵיקְנָא נַפְשַׁאי בְּכוּלְּהוּ.
Et Rav Yehouda a dit : trois choses abrègent les jours et les années d'un homme : celui que l'on invite et à qui l'on tend le rouleau de la Torah pour lire et qui ne lit pas ; celui à qui l'on tend la coupe de bénédiction pour réciter une bénédiction et qui ne la récite pas ; et celui qui se conduit avec un air de supériorité.
וְאָמַר רַב יְהוּדָה: שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים מְקַצְּרִים יָמָיו וּשְׁנוֹתָיו שֶׁל אָדָם: מִי שֶׁנּוֹתְנִין לוֹ סֵפֶר תּוֹרָה לִקְרוֹת וְאֵינוֹ קוֹרֵא, כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה לְבָרֵךְ וְאֵינוֹ מְבָרֵךְ, וְהַמַּנְהִיג עַצְמוֹ בְּרַבָּנוּת.
La Guemara détaille les sources bibliques de ces cas : celui à qui l'on tend le rouleau de la Torah pour lire et qui ne lit pas, ainsi qu'il est écrit de la Torah : « Car elle est ta vie et la longueur de tes jours » (Devarim 30, 20). La coupe de bénédiction pour réciter une bénédiction et qui ne la récite pas, ainsi qu'il est écrit : « Je bénirai ceux qui te béniront » (Béréchit 12, 3) ; celui qui bénit est béni, et celui qui ne bénit pas ne mérite pas de bénédiction. Et au sujet de celui qui se conduit avec un air de supériorité, ainsi que l'a dit Rabbi Hama fils de Rabbi Hanina : pourquoi Yossef est-il mort avant ses frères, comme l'atteste l'ordre du verset : « Yossef mourut, ainsi que tous ses frères et toute cette génération » (Chemot 1, 6) ? Parce qu'il s'est conduit avec un air de supériorité ; et ceux qui n'occupèrent pas de rôle de direction vécurent après sa mort.
סֵפֶר תּוֹרָה לִקְרוֹת וְאֵינוֹ קוֹרֵא, דִּכְתִיב: ״כִּי הוּא חַיֶּיךָ וְאֹרֶךְ יָמֶיךָ״. כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה לְבָרֵךְ וְאֵינוֹ מְבָרֵךְ — דִּכְתִיב: ״וַאֲבָרְכָה מְבָרְכֶיךָ״. וְהַמַּנְהִיג עַצְמוֹ בְּרַבָּנוּת — דְּאָמַר רַבִּי חָמָא בַּר חֲנִינָא: מִפְּנֵי מָה מֵת יוֹסֵף קוֹדֶם לְאֶחָיו — מִפְּנֵי שֶׁהִנְהִיג עַצְמוֹ בְּרַבָּנוּת.
Et Rav Yehouda a dit au nom de Rav : trois choses requièrent une supplication de miséricorde pour qu'elles adviennent : un bon roi, une bonne année et un bon rêve [halom]. Ces trois-là — rois, années et rêves — sont tous accordés par D.ieu, et l'on doit prier pour qu'ils soient positifs et bienfaisants. La Guemara énumère les sources de ces cas : un bon roi, ainsi qu'il est écrit : « Le cœur du roi est dans la main de D.ieu comme des cours d'eau : Il l'incline partout où Il veut » (Michlé 21, 1). Une bonne année, ainsi qu'il est écrit : « Les yeux de D.ieu, ton D.ieu, sont constamment sur elle, du début de l'année jusqu'à la fin de l'année » (Devarim 11, 12). Et un bon rêve, ainsi qu'il est écrit : « D.ieu, par ces choses on vit, et en tout cela est la vie de mon esprit ; Tu me rétabliras [vetahlimeni] et me feras vivre » (Yechaya 38, 16). En raison de leur ressemblance étymologique apparente, le mot tahlimeni est interprété comme dérivant du mot halom, rêve.
וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב, שְׁלֹשָׁה צְרִיכִים רַחֲמִים: מֶלֶךְ טוֹב, שָׁנָה טוֹבָה וַחֲלוֹם טוֹב. מֶלֶךְ טוֹב — דִּכְתִיב: ״פַּלְגֵי מַיִם לֶב מֶלֶךְ בְּיַד ה׳״. שָׁנָה טוֹבָה — דִּכְתִיב: ״תָּמִיד עֵינֵי ה׳ אֱלֹהֶיךָ בָּהּ מֵרֵאשִׁית הַשָּׁנָה וְעַד אַחֲרִית שָׁנָה״. חֲלוֹם טוֹב — דִּכְתִיב: ״וְתַחֲלִימֵנִי וְתַחֲיֵינִי״.
De même, Rabbi Yohanan a dit : trois choses sont proclamées par le Saint, béni soit-Il, Lui-même : la famine, l'abondance et un bon dirigeant. La Guemara énumère les sources de ces cas : la famine, ainsi qu'il est écrit : « Car D.ieu a appelé la famine ; et elle viendra aussi sur le pays sept ans » (II Melakhim 8, 1). L'abondance, ainsi qu'il est écrit : « J'appellerai le blé et je le multiplierai, et je ne vous enverrai pas de famine » (Yehezkel 36, 29). Et un bon dirigeant, ainsi qu'il est écrit : « D.ieu parla à Moché en disant : Vois, j'ai appelé par son nom Betsalel, fils d'Ouri, fils de Hour, de la tribu de Yehouda » (Chemot 31, 1-2).
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים מַכְרִיז עֲלֵיהֶם הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּעַצְמוֹ וְאֵלּוּ הֵן: רָעָב, וְשׂוֹבַע, וּפַרְנָס טוֹב. רָעָב — דִּכְתִיב: ״כִּי קָרָא ה׳ לָרָעָב וְגוֹ׳״. שׂוֹבַע — דִּכְתִיב: ״וְקָרָאתִי אֶל הַדָּגָן וְהִרְבֵּיתִי אֹתוֹ״. פַּרְנָס טוֹב — דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר ה׳ אֶל מֹשֶׁה לֵּאמֹר. רְאֵה קָרָאתִי בְשֵׁם בְּצַלְאֵל וְגוֹ׳״.
Au sujet de la désignation de Betsalel, Rabbi Yitshak a dit : on ne désigne un dirigeant sur une communauté que si l'on consulte la communauté et qu'elle agrée la nomination, ainsi qu'il est dit : « Et Moché dit aux enfants d'Israël : Voyez, D.ieu a appelé par son nom Betsalel, fils d'Ouri, fils de Hour, de la tribu de Yehouda » (Chemot 35, 30). D.ieu dit à Moché : Moché, Betsalel convient-il à tes yeux comme nomination ? Moché Lui répondit : Maître de l'univers, s'il convient à Tes yeux, à plus forte raison aux miens. Le Saint, béni soit-Il, lui dit : néanmoins, va le dire à Israël et demande leur avis. Moché alla et dit à Israël : Betsalel convient-il à vos yeux ? Ils lui répondirent : s'il convient aux yeux du Saint, béni soit-Il, et à tes yeux, à plus forte raison convient-il aux nôtres.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: אֵין מַעֲמִידִין פַּרְנָס עַל הַצִּבּוּר אֶלָּא אִם כֵּן נִמְלָכִים בַּצִּבּוּר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״רְאוּ קָרָא ה׳ בְּשֵׁם בְּצַלְאֵל״, אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה: מֹשֶׁה, הָגוּן עָלֶיךָ בְּצַלְאֵל? אָמַר לוֹ: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, אִם לְפָנֶיךָ הָגוּן — לְפָנַי לֹא כׇּל שֶׁכֵּן! אָמַר לוֹ: אַף עַל פִּי כֵן, לֵךְ אֱמוֹר לָהֶם. הָלַךְ וְאָמַר לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל: הָגוּן עֲלֵיכֶם בְּצַלְאֵל? אָמְרוּ לוֹ: אִם לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וּלְפָנֶיךָ הוּא הָגוּן, לְפָנֵינוּ לֹא כׇּל שֶׁכֵּן!
Rabbi Chmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yonatan : Betsalel fut appelé de ce nom à cause de sa sagesse. Lorsque le Saint, béni soit-Il, dit à Moché : va dire à Betsalel : « Fais un Tabernacle, une Arche et des ustensiles » (cf. Chemot 31, 7-11), Moché alla et renversa l'ordre, lui disant : « Fais une Arche, des ustensiles et un Tabernacle » (cf. Chemot 25-26). Il dit à Moché : Moché, notre maître, l'usage courant du monde est qu'un homme bâtit une maison et n'y place qu'ensuite les ustensiles ; et toi tu me dis : fais une Arche, des ustensiles et un Tabernacle. Si je procède dans l'ordre que tu as commandé, les ustensiles que je fais, où les placerai-je ? Peut-être D.ieu t'a-t-Il dit ceci : « Fais un Tabernacle, une Arche et des ustensiles » (cf. Chemot 36). Moché lui répondit : peut-être étais-tu dans l'ombre de D.ieu [betsel El], et savais-tu précisément ce qu'Il a dit. Tu as deviné les ordres de D.ieu exactement comme Il les a énoncés, comme si tu y avais été.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: בְּצַלְאֵל עַל שֵׁם חׇכְמָתוֹ נִקְרָא. בְּשָׁעָה שֶׁאָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה: לֵךְ אֱמוֹר לוֹ לִבְצַלְאֵל ״עֲשֵׂה לִי מִשְׁכָּן אָרוֹן וְכֵלִים״. הָלַךְ מֹשֶׁה וְהָפַךְ וְאָמַר לוֹ: ״עֲשֵׂה אָרוֹן וְכֵלִים וּמִשְׁכָּן״. אָמַר לוֹ: מֹשֶׁה רַבֵּינוּ, מִנְהָגוֹ שֶׁל עוֹלָם אָדָם בּוֹנֶה בַּיִת וְאַחַר כָּךְ מַכְנִיס לְתוֹכוֹ כֵּלִים, וְאַתָּה אוֹמֵר ״עֲשֵׂה לִי אָרוֹן וְכֵלִים וּמִשְׁכָּן״, כֵּלִים שֶׁאֲנִי עוֹשֶׂה, לְהֵיכָן אַכְנִיסֵם? שֶׁמָּא כָּךְ אָמַר לְךָ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, ״עֲשֵׂה מִשְׁכָּן אָרוֹן וְכֵלִים״?! אָמַר לוֹ: שֶׁמָּא בְּצֵל אֵל הָיִיתָ וְיָדַעְתָּ?
Berakhot 55a
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ברכות נ״ה אמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת