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Traité Berakhot

52a

Étude de Berakhot 52a

Étude de la Guémara 52a

Guémara
et cette Tossefta est conforme à l'avis de Rabbi Yehochoua, qui a dit, au sujet de la voix céleste [bat kol] qui retentit et proclama que la halakha est conforme à l'avis de Rabbi Éliézer dans l'affaire du four de Akhnaï (Bava Metsia 59b), que l'on ne tient pas compte d'une voix céleste. De même qu'il ne tint pas compte de la voix céleste dans sa controverse avec Rabbi Éliézer, de même ici, on ne tient pas compte de la voix céleste qui proclama que la halakha est conforme à l'avis de Beit Hillel.
וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ הִיא, דְּאָמַר: אֵין מַשְׁגִּיחִין בְּבַת קוֹל.
Quant à la teneur de ces propos, la Guemara demande : Beit Chammaï soutiennent-ils que la bénédiction sur le jour a la priorité ? N'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : celui qui rentre chez lui à l'issue du Chabbat récite la bénédiction sur le vin, puis sur la flamme, puis sur les aromates [bessamim], et récite la havdala ensuite ? Et s'il n'a qu'une seule coupe de vin, il la réserve pour après le dernier repas du Chabbat et enchaîne toutes les bénédictions — Birkat hamazone, bénédictions de la havdala et bénédiction sur le vin — ensemble, ensuite. De toute évidence, la bénédiction sur le vin précède la bénédiction principale de la havdala.
וְסָבְרִי בֵּית שַׁמַּאי דְּבִרְכַּת הַיּוֹם עֲדִיפָא? וְהָתַנְיָא: הַנִּכְנָס לְבֵיתוֹ בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּת, מְבָרֵךְ עַל הַיַּיִן וְעַל הַמָּאוֹר וְעַל הַבְּשָׂמִים, וְאַחַר כָּךְ אוֹמֵר הַבְדָּלָה. וְאִם אֵין לוֹ אֶלָּא כּוֹס אֶחָד, מַנִּיחוֹ לְאַחַר הַמָּזוֹן וּמְשַׁלְשְׁלָן כּוּלָּן לְאַחֲרָיו.
La Guemara demande : et cette baraïta, d'où établit-on qu'elle est conforme à l'avis de Beit Chammaï ? Peut-être est-elle conforme à l'avis de Beit Hillel ! L'avis de Beit Chammaï ne saurait être contesté au moyen d'une baraïta anonyme.
וְהָא, מִמַּאי דְּבֵית שַׁמַּאי הִיא? דִּלְמָא בֵּית הִלֵּל הִיא?!
La Guemara répond : il ne peut te venir à l'esprit que cette baraïta soit conforme à l'avis de Beit Hillel, car il a été enseigné au début de la baraïta : la flamme, puis les aromates ensuite. Et qui, l'as-tu entendu dire, adopte ce raisonnement ? Beit Chammaï. Comme il a été enseigné dans une Tossefta que Rabbi Yehouda dit : Beit Chammaï et Beit Hillel ne sont pas en désaccord sur le fait que le Birkat hamazone se récite en premier et que la havdala se récite en dernier. Sur quoi sont-ils donc en désaccord ? Sur les bénédictions récitées au milieu de la havdala, les bénédictions sur la flamme et sur les aromates. Beit Chammaï disent : la flamme, puis les aromates ensuite ; et Beit Hillel disent : les aromates, puis la flamme ensuite. Par conséquent, la baraïta, où il est enseigné que la bénédiction sur la flamme précède la bénédiction sur les aromates, doit être conforme à Beit Chammaï, et elle dit que le vin précède la havdala.
לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דְּקָתָנֵי מָאוֹר וְאַחַר כָּךְ בְּשָׂמִים, וּמַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאִית לֵיהּ הַאי סְבָרָא — בֵּית שַׁמַּאי, דְּתַנְיָא אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל עַל הַמָּזוֹן שֶׁבִּתְחִלָּה וְעַל הַבְדָּלָה שֶׁהִיא בַּסּוֹף, עַל מָה נֶחְלְקוּ — עַל הַמָּאוֹר וְעַל הַבְּשָׂמִים. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: מָאוֹר וְאַחַר כָּךְ בְּשָׂמִים, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: בְּשָׂמִים וְאַחַר כָּךְ מָאוֹר.
La Guemara présente une autre objection : et d'où établis-tu que cette baraïta est l'avis de Beit Chammaï selon l'interprétation de Rabbi Yehouda ? Peut-être est-ce l'avis de Beit Hillel selon l'interprétation de Rabbi Méir !
וּמִמַּאי דְּבֵית שַׁמַּאי הִיא וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה, דִּילְמָא בֵּית הִלֵּל הִיא וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי מֵאִיר?!
La Guemara répond : il ne peut te venir à l'esprit que cette baraïta soit l'avis de Beit Hillel selon l'interprétation de Rabbi Méir. Car il a été enseigné ici, dans notre michna — laquelle, comme toutes les michnayot anonymes, est conforme à l'avis de Rabbi Méir : Beit Chammaï disent : flamme, Birkat hamazone, aromates et havdala ; et Beit Hillel disent : flamme, aromates, Birkat hamazone et havdala. Et là-bas, dans la baraïta, il a été enseigné : s'il n'a qu'une seule coupe de vin, il la réserve pour après le repas et enchaîne toutes les bénédictions ensuite. Selon la baraïta, toutes les bénédictions suivent le Birkat hamazone. Puisque la baraïta et la michna ne concordent pas, conclus-en que la baraïta est l'avis de Beit Chammaï selon l'interprétation de Rabbi Yehouda.
לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דְּקָתָנֵי הָכָא בְּמַתְנִיתִין, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: נֵר וּמָזוֹן בְּשָׂמִים וְהַבְדָּלָה, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: נֵר וּבְשָׂמִים מָזוֹן וְהַבְדָּלָה, וְהָתָם בְּבָרַיְיתָא קָתָנֵי אִם אֵין לוֹ אֶלָּא כּוֹס אֶחָד, מַנִּיחוֹ לְאַחַר הַמָּזוֹן, וּמְשַׁלְשְׁלָן כּוּלָּן לְאַחֲרָיו. שְׁמַע מִינַּהּ דְּבֵית שַׁמַּאי הִיא וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה.
Et néanmoins, après que la Guemara a prouvé que la baraïta correspond à l'avis de Beit Chammaï tel qu'interprété par Rabbi Yehouda, la contradiction entre la déclaration de Beit Chammaï dans la baraïta et leur déclaration dans la Tossefta demeure difficile. La Guemara répond : Beit Chammaï soutiennent que l'entrée du jour du Chabbat ou d'une fête diffère de sa sortie. En effet, pour l'entrée du jour, le plus tôt on peut l'avancer, le mieux c'est ; pour la sortie du jour, le plus on peut la retarder, le mieux c'est, afin que le Chabbat ne nous soit pas comme un fardeau. Par conséquent, bien que Beit Chammaï placent le kiddouch avant la bénédiction sur le vin, ils admettent que l'on doit réciter la havdala après la bénédiction sur le vin.
וּמִכׇּל מָקוֹם קַשְׁיָא. קָא סָבְרִי בֵּית שַׁמַּאי שָׁאנֵי עַיּוֹלֵי יוֹמָא מֵאַפּוֹקֵי יוֹמָא. עַיּוֹלֵי יוֹמָא, כַּמָּה דְּמַקְדְּמִינַן לֵיהּ עֲדִיף. אַפּוֹקֵי יוֹמָא, כַּמָּה דִּמְאַחֲרִינַן לֵיהּ עֲדִיף, כִּי הֵיכִי דְּלָא לֶהֱוֵי עֲלַן כְּמַשּׂוֹי.
La discussion ci-dessus portait sur l'avis de Beit Chammaï quant au Birkat hamazone récité sur une coupe de vin. La Guemara pose la question : Beit Chammaï soutiennent-ils que le Birkat hamazone requiert une coupe de vin ? N'avons-nous pas appris dans la michna : le vin vint aux convives après le repas ; s'il n'y a là que cette seule coupe, Beit Chammaï disent : on récite la bénédiction sur le vin, puis la bénédiction sur la nourriture — le Birkat hamazone — ensuite. Eh quoi ! N'est-ce pas qu'il récite la bénédiction sur le vin et le boit, laissant ainsi le Birkat hamazone sans vin ? La Guemara rejette cela : non. La michna veut dire qu'il récite la bénédiction sur la coupe de vin et la réserve pour en boire après le Birkat hamazone.
וְסָבְרִי בֵּית שַׁמַּאי בִּרְכַּת הַמָּזוֹן טְעוּנָה כּוֹס? וְהָא תְּנַן: בָּא לָהֶם יַיִן לְאַחַר הַמָּזוֹן, אִם אֵין שָׁם אֶלָּא אוֹתוֹ כּוֹס, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: מְבָרֵךְ עַל הַיַּיִן וְאַחַר כָּךְ מְבָרֵךְ עַל הַמָּזוֹן, מַאי לָאו דִּמְבָרֵךְ עִילָּוֵיהּ וְשָׁתֵי לֵיהּ? לָא, דִּמְבָרֵךְ עִילָּוֵיהּ וּמַנַּח לֵיהּ.
La Guemara soulève une difficulté : le Maître n'a-t-il pas dit que celui qui récite une bénédiction est tenu d'y goûter ? La Guemara répond : en effet, il s'agit ici d'un cas où il y a goûté. La Guemara soulève une difficulté : le Maître n'a-t-il pas dit que celui qui a goûté à la coupe de vin l'a rendue impropre, de sorte qu'elle ne convient plus comme coupe de bénédiction ? La Guemara répond : il ne s'agit pas d'un cas où il a bu le vin, mais d'un cas où il y a goûté avec sa main, ou en en versant un peu dans une autre coupe pour y boire.
וְהָאָמַר מָר הַמְבָרֵךְ צָרִיךְ שֶׁיִּטְעוֹם! — דְּטָעֵים לֵיהּ. וְהָאָמַר מָר טְעָמוֹ פְּגָמוֹ! — דְּטָעֵים לֵיהּ בִּידֵיהּ.
La Guemara soulève une difficulté : le Maître n'a-t-il pas dit qu'une coupe de bénédiction requiert une mesure minimale de vin ? En buvant le vin, ne diminue-t-il pas la coupe au point qu'elle ne contienne plus sa mesure minimale ? La Guemara répond : il s'agit ici d'un cas où la coupe contenait plus que la mesure requise de vin.
וְהָאָמַר מָר כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה צָרִיךְ שִׁעוּר, וְהָא קָא פָּחֵית לֵיהּ מִשִּׁיעוּרֵיהּ! — דִּנְפִישׁ לֵיהּ טְפֵי מִשִּׁיעוּרֵיהּ.
La Guemara demande : n'a-t-il pas été enseigné explicitement « s'il n'y a là que cette seule coupe » ? S'il y a plus que la mesure requise de vin, il n'a pas qu'une seule coupe ! La Guemara répond : en effet, il n'y a pas deux coupes, mais il y a plus qu'une coupe.
וְהָא אִם אֵין שָׁם אֶלָּא אוֹתוֹ כּוֹס קָתָנֵי! — תְּרֵי לָא הָוֵי וּמֵחַד נְפִישׁ.
La Guemara soulève une autre difficulté : Rabbi 'Hiya n'a-t-il pas enseigné dans une baraïta que Beit Chammaï disent : on récite la bénédiction sur le vin et on le boit, puis on récite le Birkat hamazone ensuite ? De toute évidence, selon Beit Chammaï, le vin n'est pas requis pour le Birkat hamazone. Force est donc d'admettre que deux tannaïm soutiennent l'avis de Beit Chammaï tout en divergeant sur sa teneur.
וְהָא תָּנֵי רַבִּי חִיָּיא: בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים מְבָרֵךְ עַל הַיַּיִן וְשׁוֹתֵהוּ וְאַחַר כָּךְ מְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן! אֶלָּא תְּרֵי תַּנָּאֵי, וְאַלִּיבָּא דְּבֵית שַׁמַּאי.
Berakhot 52a
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