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Traité Berakhot

51b

Étude de Berakhot 51b

Étude de la Mishna & Guémara 51b

nous agirons avec rigueur et n'assisterons pas la main droite par la gauche.
אֲנַן נַעֲבֵד לְחוּמְרָא.
Et on l'élève d'au moins un téfa'h (largeur de main) au-dessus du sol. Rav A'ha, fils de Rabbi 'Hanina, dit : quel est le verset qui le prouve ? « J'élèverai la coupe des saluts et j'invoquerai le nom de l'Éternel » (Tehilim 116, 13).
וּמַגְבִּיהוֹ מִן הַקַּרְקַע טֶפַח. אָמַר רַב אַחָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: מַאי קְרָאָה — ״כּוֹס יְשׁוּעוֹת אֶשָּׂא וּבְשֵׁם ה׳ אֶקְרָא״.
Et on fixe les yeux sur la coupe, afin que l'attention ne s'en détourne pas.
וְנוֹתֵן עֵינָיו בּוֹ — כִּי הֵיכִי דְּלָא נַיסַּח דַּעְתֵּיהּ מִינֵּיהּ.
Et on l'envoie en présent aux gens de sa maison, afin que son épouse soit bénie.
וּמְשַׁגְּרוֹ לְאַנְשֵׁי בֵּיתוֹ בְּמַתָּנָה — כִּי הֵיכִי דְּתִתְבָּרַךְ דְּבֵיתְהוּ.
La Guemara rapporte : Oulla se trouva un jour chez Rav Na'hman. Il mangea du pain, récita le Birkat hamazone (les grâces après le repas) et tendit la coupe de bénédiction [kos chel berakha] à Rav Na'hman. Rav Na'hman lui dit : Maître, envoie donc la coupe de bénédiction à Yalta, mon épouse. Oulla lui répondit : ce n'est pas nécessaire, car Rabbi Yo'hanan a dit ceci : le fruit du ventre d'une femme n'est béni que par le fruit du ventre d'un homme, comme il est dit : « Il t'aimera, te bénira et te multipliera ; et Il bénira le fruit de ton ventre » (Devarim 7, 13). La Guemara en déduit : il n'est pas dit « Il bénira le fruit de son ventre [à elle] », mais bien « Il bénira le fruit de ton ventre [à toi, au masculin singulier] ». Pour que son épouse soit bénie d'enfants, il suffit donc de donner la coupe à Rav Na'hman.
עוּלָּא אִקְּלַע לְבֵי רַב נַחְמָן. כְּרֵיךְ רִיפְתָּא, בָּרֵיךְ בִּרְכַּת מְזוֹנָא, יְהַב לֵיהּ כָּסָא דְּבִרְכְּתָא לְרַב נַחְמָן. אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן: לִישַׁדַּר מָר כָּסָא דְבִרְכְּתָא לְיַלְתָּא. אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין פְּרִי בִטְנָהּ שֶׁל אִשָּׁה מִתְבָּרֵךְ אֶלָּא מִפְּרִי בִּטְנוֹ שֶׁל אִישׁ, שֶׁנֶּאֱמַר ״וּבֵרַךְ פְּרִי בִטְנְךָ״. ״פְּרִי בִטְנָהּ״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״פְּרִי בִטְנְךָ״.
Cette opinion a également été enseignée dans une baraïta. Rabbi Natan dit : d'où sait-on que le fruit du ventre d'une femme n'est béni que par le fruit du ventre d'un homme ? De ce qu'il est dit : « Et Il bénira le fruit de ton ventre » ; il n'est pas dit « Il bénira le fruit de son ventre [à elle] », mais bien « Il bénira le fruit de ton ventre [à toi] ».
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: מִנַּיִן שֶׁאֵין פְּרִי בִטְנָהּ שֶׁל אִשָּׁה מִתְבָּרֵךְ אֶלָּא מִפְּרִי בִּטְנוֹ שֶׁל אִישׁ — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבֵרַךְ פְּרִי בִטְנְךָ״, ״פְּרִי בִטְנָהּ״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״פְּרִי בִטְנְךָ״.
La Guemara rapporte qu'entre-temps Yalta entendit le refus d'Oulla de lui envoyer la coupe de bénédiction. Yalta était la fille de l'Exilarque [Réch Galouta] et avait l'habitude d'être traitée avec déférence ; elle se leva donc de fureur, entra dans le cellier à vin et brisa quatre cents tonneaux de vin. Ensuite, Rav Na'hman dit à Oulla : que le Maître lui envoie une autre coupe. Oulla envoya à Yalta une autre coupe avec ce message : tout le vin de ce tonneau est vin de bénédiction ; bien que tu n'aies pas bu de la coupe de bénédiction elle-même, tu peux du moins boire du tonneau d'où la coupe de bénédiction a été versée. Elle lui renvoya une réponse cinglante : des colporteurs ambulants — Oulla voyageait régulièrement d'Erets Israël vers la Babylonie et retour — viennent des paroles vides, et des haillons viennent des poux.
אַדְּהָכִי שְׁמַעָה יַלְתָּא, קָמָה בְּזִיהֲרָא, וְעַלַּת לְבֵי חַמְרָא, וּתְבַרָא אַרְבַּע מְאָה דַּנֵּי דְחַמְרָא. אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן: נְשַׁדַּר לַהּ מָר כָּסָא אַחֲרִינָא, שְׁלַח לַהּ: כֹּל הַאי נַבְגָּא, דְּבִרְכְּתָא הִיא. שְׁלַחָה לֵיהּ: מִמְּהַדּוּרֵי — מִילֵּי, וּמִסְּמַרְטוּטֵי — כַּלְמֵי.
Rav Assi a dit : on ne doit pas parler [pour des propos ordinaires] sur une coupe de bénédiction, depuis le moment où on la prend en main jusqu'à ce qu'on la boive. Et Rav Assi a dit : on ne récite pas de bénédiction sur une coupe de châtiment. La Guemara précise : qu'est-ce qu'une coupe de châtiment ? Rav Na'hman bar Yitshak a dit : une deuxième coupe. Cette opinion a également été enseignée dans une baraïta : celui qui boit par paires ne doit pas réciter de bénédiction, parce qu'il est dit « Prépare-toi à la rencontre de ton D.ieu, Israël » (Amos 4, 12). On doit être bien préparé pour se tenir devant son Créateur, et celui qui a bu deux coupes de vin n'est pas préparé, car boire un nombre pair de coupes de vin est dangereux à cause des démons.
אָמַר רַב אַסִּי: אֵין מַסִּיחִין עַל כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה. וְאָמַר רַב אַסִּי: אֵין מְבָרְכִין עַל כּוֹס שֶׁל פּוּרְעָנוּת. מַאי ״כּוֹס שֶׁל פּוּרְעָנוּת״? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: כּוֹס שֵׁנִי. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַשּׁוֹתֶה כִּפְלַיִם לֹא יְבָרֵךְ, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר ״הִכּוֹן לִקְרַאת אֱלֹהֶיךָ יִשְׂרָאֵל״, וְהַאי לָא מְתַקַּן.
Pour conclure les halakhot des bénédictions, la Guemara cite ce qu'a dit Rabbi Abahou — et d'aucuns rapportent que cela fut enseigné dans une baraïta : celui qui mange en marchant récite la bénédiction [le Birkat hamazone] debout, en un seul endroit ; celui qui mange debout récite la bénédiction assis ; et celui qui mange accoudé sur un divan s'assied puis récite la bénédiction. Et la halakha est : dans tous ces cas, on s'assied puis on récite la bénédiction.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ, וְאָמְרִי לַהּ בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: הָאוֹכֵל וּמְהַלֵּךְ מְבָרֵךְ מְעוּמָּד, וּכְשֶׁהוּא אוֹכֵל מְעוּמָּד — מְבָרֵךְ מְיוּשָּׁב, וּכְשֶׁהוּא מֵיסֵב וְאוֹכֵל — יוֹשֵׁב וּמְבָרֵךְ. וְהִלְכְתָא בְּכוּלְּהוּ יוֹשֵׁב וּמְבָרֵךְ.
[Hadran sur le chapitre Chelocha chéakhlou — fin du chapitre. « Puissions-nous revenir vers toi : Trois qui ont mangé ! »]
הדרן עלך שלשה שאכלו
Mishna 1
MICHNA : Voici les choses qui opposent Beit Chammaï et Beit Hillel au sujet des lois du repas. Une première controverse concerne l'ordre des bénédictions dans le kiddouch. Beit Chammaï disent : lorsqu'on récite le kiddouch sur le vin, on récite d'abord la bénédiction sur la sanctification du jour, puis la bénédiction sur le vin ensuite. Et Beit Hillel disent : on récite d'abord la bénédiction sur le vin, puis la bénédiction sur le jour ensuite.
מַתְנִי׳ אֵלּוּ דְּבָרִים שֶׁבֵּין בֵּית שַׁמַּאי וּבֵין בֵּית הִלֵּל בַּסְּעוּדָה: בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: מְבָרֵךְ עַל הַיּוֹם, וְאַחַר כָּךְ מְבָרֵךְ עַל הַיַּיִן. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: מְבָרֵךְ עַל הַיַּיִן וְאַחַר כָּךְ מְבָרֵךְ עַל הַיּוֹם.(משנה)
De même, Beit Hillel et Beit Chammaï divergent au sujet du vin que l'on boit avant le repas. Beit Chammaï disent : on se lave les mains, puis on coupe d'eau le vin dans la coupe ensuite. Et Beit Hillel disent : on coupe d'eau le vin dans la coupe, et l'on se lave les mains seulement ensuite. Le fondement de cette controverse particulière relève des lois de la pureté rituelle, comme la Guemara l'expliquera plus bas.
בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: נוֹטְלִין לַיָּדַיִם וְאַחַר כָּךְ מוֹזְגִין אֶת הַכּוֹס. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: מוֹזְגִין אֶת הַכּוֹס וְאַחַר כָּךְ נוֹטְלִין לַיָּדַיִם.
Berakhot 51b
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ברכות נ״א במַסֶּכֶת בְּרָכוֹת