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Traité Berakhot

51a

Étude de Berakhot 51a

Étude de la Guémara 51a

Guémara
La Guemara demande : pour un aliment qui, lui, ne devient pas répugnant, qu'il le déplace simplement sur le côté [de sa bouche] et qu'il récite la bénédiction. Pourquoi devrait-il le cracher ? Rav Yitshak Kaskessaa l'a expliqué devant Rabbi Yossei bar Avine, au nom de Rabbi Yo'hanan : on le crache parce qu'il est dit « Que ma bouche s'emplisse de Ta louange » (Tehilim 71, 8), ce qui signifie que l'on doit réciter les louanges de D.ieu avec sa bouche tout entière, et non avec une demi-bouche seulement.
בְּמִידֵּי דְּלָא מִמְּאִיס נָמֵי, לְסַלְּקִינְהוּ לְצַד אֶחָד וְלִיבָרֵךְ? תַּרְגְּמַהּ רַב יִצְחָק קַסְקְסָאָה קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר ״יִמָּלֵא פִי תְּהִלָּתֶךָ״.
On posa à Rav 'Hisda la question suivante : celui qui a mangé et bu et n'a pas récité de bénédiction [avant], quelle est la règle ? Revient-il en arrière et récite-t-il la bénédiction qu'il aurait dû dire au préalable, avant de poursuivre son repas, ou non ? En réponse, Rav 'Hisda leur dit une comparaison : celui qui a mangé de l'ail et dont l'haleine sent mauvais devrait-il revenir manger un autre ail pour que son haleine sente [encore plus] mauvais ?! Autrement dit, celui qui a commis une transgression en omettant de réciter la bénédiction avant de manger remédierait-il à sa situation en continuant de manger sans bénédiction (Talmidei Rabbénou Yona) ?
בְּעוֹ מִינֵּיהּ מֵרַב חִסְדָּא: מִי שֶׁאָכַל וְשָׁתָה וְלֹא בֵּרַךְ, מַהוּ שֶׁיַּחֲזוֹר וִיבָרֵךְ? אֲמַר לְהוּ: מִי שֶׁאָכַל שׁוּם וְרֵיחוֹ נוֹדֵף, יַחְזוֹר וְיֹאכַל שׁוּם אַחֵר כְּדֵי שֶׁיְּהֵא רֵיחוֹ נוֹדֵף?!
Ravina a dit : par conséquent, même si l'on a achevé son repas, on doit revenir en arrière et réciter la bénédiction. Il en apporte une preuve, d'après ce qui a été enseigné dans une baraïta au sujet des lois de l'immersion : celui qui était en état d'impureté rituelle et qui s'est immergé dans un bain rituel puis en est ressorti, dit en remontant : « Béni… Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné l'immersion rituelle [tévila]. » De toute évidence, dans certains cas, on peut réciter la bénédiction après l'accomplissement de l'acte.
אָמַר רָבִינָא: הִלְכָּךְ אֲפִילּוּ גָּמַר סְעוּדָּתוֹ, יַחְזוֹר וִיבָרֵךְ. דְּתַנְיָא: טָבַל וְעָלָה, אוֹמֵר בַּעֲלִיָּיתוֹ ״בָּרוּךְ אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ עַל הַטְּבִילָה״.
La Guemara rejette le parallèle entre les deux cas : il n'en est pas ainsi. Là-bas, dans le cas de l'immersion, au départ, avant de s'immerger, l'homme était inapte à réciter la bénédiction parce qu'il était en état d'impureté rituelle ; ici, dans le cas de celui qui n'a pas récité de bénédiction avant de manger, au départ il était apte à la réciter, et puisqu'il ne l'a pas dite avant de manger et qu'il a achevé son repas — étant ainsi exclu de la récitation de la bénédiction —, il en est complètement exclu et n'a aucun moyen de remédier à la situation.
וְלָא הִיא, הָתָם — מֵעִיקָּרָא גַּבְרָא לָא חֲזֵי, הָכָא — מֵעִיקָּרָא גַּבְרָא חֲזֵי, וְהוֹאִיל וְאִידְּחִי — אִידְּחִי.
En lien avec les lois sur le vin que la Guemara a citées plus haut, les Sages ont enseigné : l'asparagos — le vin ou les autres boissons alcoolisées que l'on avait coutume de boire tôt le matin, à jeun, avant de manger — est agréable pour le cœur et bénéfique pour les yeux, et à plus forte raison pour les intestins. Et, vantant les vertus de cette boisson, la Guemara dit : pour celui qui a l'habitude d'en boire, elle est agréable pour son corps tout entier. Toutefois, il faut être prudent, car pour celui qui en boit avec excès et s'enivre, elle est néfaste pour son corps tout entier.
תָּנוּ רַבָּנַן: אִסְפָּרָגוֹס — יָפֶה לַלֵּב וְטוֹב לָעֵינַיִם, וְכׇל שֶׁכֵּן לִבְנֵי מֵעַיִם. וְהָרָגִיל בּוֹ — יָפֶה לְכׇל גּוּפוֹ. וְהַמִּשְׁתַּכֵּר הֵימֶנּוּ — קָשֶׁה לְכׇל גּוּפוֹ.
La Guemara examine cela : du fait qu'il a été enseigné que l'asparagos est agréable pour le cœur, on peut déduire qu'il s'agit ici d'asparagos fait de vin, lequel est connu pour être agréable au cœur. Et nous avons appris : à plus forte raison l'asparagos est-il bénéfique pour les intestins. Or n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : pour L.-E.-T. — acronyme de lev (cœur), einayim (yeux), te'hol (rate) —, il est bénéfique, mais pour R.-M.-T. — roch (tête), méayim (intestins), ta'htoniot (hémorroïdes) —, il est néfaste. Apparemment, l'asparagos est donc néfaste pour les intestins.
מִדְּקָתָנֵי יָפֶה לַלֵּב, מִכְּלָל דִּבְחַמְרָא עָסְקִינַן, וְקָתָנֵי: וְכׇל שֶׁכֵּן לִבְנֵי מֵעַיִם. וְהָתַנְיָא: לְלַעַ״ט — יָפֶה, לְרָמַ״ת — קָשֶׁה!
La Guemara répond : cette baraïta, où il a été enseigné que l'asparagos est bénéfique pour les intestins, se rapporte à l'asparagos fait de vin vieux. Comme nous l'avons appris dans la michna concernant les lois des vœux : celui qui a fait vœu en disant « le vin m'est konam [interdit comme une offrande] à goûter, parce que le vin est néfaste pour les intestins », et à qui ceux qui l'entendirent dirent : « Mais le vin vieux n'est-il pas bénéfique pour les intestins ? » — s'il garda le silence et ne contesta pas le point, il lui est interdit de boire du vin nouveau à cause de son vœu, mais il lui est permis de boire du vin vieux. Conclus-en que le vin vieux est bénéfique pour les intestins.
כִּי תַּנְיָא הַהִיא, בִּמְיוּשָּׁן. כְּדִתְנַן: קֻוֽנָּם יַיִן שֶׁאֲנִי טוֹעֵם, שֶׁהַיַּיִן קָשֶׁה לִבְנֵי מֵעַיִם. אָמְרוּ לוֹ: וַהֲלֹא מְיוּשָּׁן יָפֶה הוּא לִבְנֵי מֵעַיִם! וְשָׁתַק — אָסוּר בְּחָדָשׁ, וּמוּתָּר בִּמְיוּשָּׁן. שְׁמַע מִינַּהּ.
Les Sages ont enseigné : six choses ont été dites au sujet de l'asparagos. On ne le boit que pur [non coupé d'eau] et dans une coupe pleine ; on le reçoit de la main du serviteur dans la main droite et on le boit de la main gauche ; on ne doit pas converser après l'avoir bu, et on ne s'interrompt pas en le buvant, mais on doit le boire d'un seul trait ; on ne le rend qu'à celui qui vous l'a donné ; et l'on crache après l'avoir bu ; et l'on ne le complète que par quelque chose de son espèce — c'est-à-dire qu'après avoir bu de l'asparagos, on ne doit manger que ce qui sert à fabriquer des boissons semblables, par exemple des dattes après une bière de dattes, etc.
תָּנוּ רַבָּנַן: שִׁשָּׁה דְּבָרִים נֶאֶמְרוּ בְּאִסְפָּרָגוֹס: אֵין שׁוֹתִין אוֹתוֹ אֶלָּא כְּשֶׁהוּא חַי וּמָלֵא; מְקַבְּלוֹ בְּיָמִין וְשׁוֹתֵהוּ בִּשְׂמֹאל; וְאֵין מְשִׂיחִין אַחֲרָיו, וְאֵין מַפְסִיקִין בּוֹ; וְאֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ אֶלָּא לְמִי שֶׁנָּתְנוּ לוֹ; וְרָק אַחֲרָיו; וְאֵין סוֹמְכִין אוֹתוֹ אֶלָּא בְּמִינוֹ.
La Guemara objecte : n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta que l'on ne complète l'asparagos que par du pain ? La Guemara répond : cela n'est pas difficile. Cette baraïta, où il a été enseigné qu'on le complète par du pain, se rapporte à l'asparagos fait de vin, tandis que cette autre baraïta, où il a été enseigné qu'on le complète par quelque chose de son espèce, se rapporte à l'asparagos fait de bière.
וְהָתַנְיָא אֵין סוֹמְכִין אוֹתוֹ אֶלָּא בְּפַת! לָא קַשְׁיָא, הָא — בִּדְחַמְרָא, הָא — בִּדְשִׁכְרָא.
Il a été enseigné dans une baraïta que l'asparagos est bénéfique pour L.-E.-T. — cœur, yeux et rate — et néfaste pour R.-M.-T. — tête, intestins et hémorroïdes. Et il a été enseigné dans une autre baraïta que l'asparagos est bénéfique pour R.-M.-T. — tête, intestins et hémorroïdes — et néfaste pour L.-E.-T. — cœur, yeux et rate. La Guemara répond : cela n'est pas difficile. Cette baraïta, où il a été enseigné que l'asparagos est bénéfique pour L.-E.-T., se rapporte à l'asparagos fait de vin, tandis que cette autre baraïta, où il a été enseigné que l'asparagos est néfaste pour L.-E.-T., se rapporte à l'asparagos fait de bière.
תָּנֵי חֲדָא לְלַעַ״ט יָפֶה, לְרָמַ״ת קָשֶׁה. וְתַנְיָא אִידַּךְ: לְרָמַ״ת יָפֶה, לְלַעַ״ט קָשֶׁה! לָא קַשְׁיָא, הָא — בִּדְחַמְרָא, הָא — בִּדְשִׁכְרָא.
La Guemara résout de la même manière une contradiction entre deux autres baraïtot. Il a été enseigné dans une baraïta que si l'on crache après avoir bu de l'asparagos, on tombe malade. Et il a été enseigné dans une autre baraïta que si l'on ne crache pas après avoir bu de l'asparagos, on tombe malade. La Guemara répond : cela n'est pas difficile. Cette baraïta, où il a été enseigné que si l'on crache après en avoir bu on tombe malade, se rapporte à l'asparagos fait de vin, tandis que cette autre baraïta, où il a été enseigné que si l'on ne crache pas on tombe malade, se rapporte à l'asparagos fait de bière.
תָּנֵי חֲדָא: רָק אַחֲרָיו — לוֹקֶה. וְתַנְיָא אִידַּךְ: לֹא רָק אַחֲרָיו — לוֹקֶה! לָא קַשְׁיָא, הָא — בִּדְחַמְרָא, הָא — בִּדְשִׁכְרָא.
Rav Achi a dit : maintenant que tu as dit que si l'on ne crache pas après en avoir bu on tombe malade, son eau — la salive qui se trouve dans sa bouche après avoir bu de l'asparagos — peut être expulsée même lorsqu'on se tient devant le roi, car ne pas le faire le mettrait en danger.
אָמַר רַב אָשֵׁי: הַשְׁתָּא דְּאָמְרַתְּ לֹא רָק אַחֲרָיו לוֹקֶה, מֵימָיו נִזְרָקִין אֲפִילּוּ בִּפְנֵי הַמֶּלֶךְ.
Berakhot 51a
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ברכות נ״א אמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת