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Traité Berakhot

46b

Étude de Berakhot 46b

Étude de la Guémara 46b

Guémara
…et il y a, parmi ces berakhot, celle que l'on conclut par « Baroukh » (Béni) sans la commencer par « Baroukh ». La berakha « Hatov vehametiv » (Celui qui est bon et qui fait le bien), on la commence par « Baroukh » mais on ne la conclut pas par « Baroukh ». Cela prouve, par déduction, qu'il s'agit d'une berakha indépendante.
וְיֵשׁ מֵהֶן שֶׁחוֹתֵם בָּהֶן בְּ״בָרוּךְ״ וְאֵין פּוֹתֵחַ בְּ״בָרוּךְ״. וְ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״ פּוֹתֵחַ בְּ״בָרוּךְ״ וְאֵין חוֹתֵם בְּ״בָרוּךְ״. מִכְּלָל דִּבְרָכָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ הִיא.
Et Rav Nahman bar Yits'haq a dit : sache que la berakha « Hatov vehametiv » n'est pas une obligation de la Torah, car on la supprime dans la maison de l'endeuillé, ainsi qu'il a été enseigné dans une baraïta selon l'opinion de Rabbi Akiva : Que dit-on dans la maison de l'endeuillé ? « Baroukh… Hatov vehametiv » (Béni… Celui qui est bon et qui fait le bien). Rabbi Akiva dit : « Baroukh… Dayan haémèt » (Béni… le Juge de vérité).
וְאָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: תִּדַּע דְּ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״ לָאו דְּאוֹרָיְיתָא — שֶׁהֲרֵי עוֹקְרִין אוֹתָהּ בְּבֵית הָאֵבֶל. כִּדְתַנְיָא: מָה הֵם אוֹמְרִים בְּבֵית הָאֵבֶל? — ״בָּרוּךְ הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ דַּיַּין הָאֱמֶת״.
On conteste la première opinion de la baraïta : « Hatov vehametiv », oui, on la récite dans la maison de l'endeuillé, mais « Dayan haémèt » (le Juge de vérité), non, on ne la récite pas ?! Dis plutôt : « Hatov vehametiv » se récite elle aussi.
״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״ — אִין, ״דַּיַּין אֱמֶת״ — לָא?! אֶלָּא אֵימָא אַף ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״.
La Guemara rapporte : Mar Zoutra se trouva un jour dans la maison de Rav Achi lorsqu'un deuil frappa Rav Achi. Mar Zoutra commença une berakha combinée et récita : « Celui qui est bon et qui fait le bien, D.ieu de vérité, Juge de vérité, qui juge avec justice, qui reprend [les âmes] avec droiture, qui domine sur Son monde pour y agir selon Sa volonté, car toutes Ses voies sont jugement ; car tout est à Lui, et nous sommes Son peuple et Ses serviteurs, et en toute chose nous sommes tenus de Le remercier et de Le bénir ; Lui qui répare les brèches en Israël, qu'Il répare cette brèche-ci en Israël pour la vie. » Mar Zoutra inclut ainsi à la fois « Hatov vehametiv » et le deuil avec l'acceptation du jugement divin.
מָר זוּטְרָא אִיקְּלַע לְבֵי רַב אָשֵׁי, אִיתְּרַע בֵּיהּ מִלְּתָא, פְּתַח וּבָרֵיךְ: ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב, אֵל אֱמֶת, דַּיַּין אֱמֶת, שׁוֹפֵט בְּצֶדֶק, לוֹקֵחַ בַּמִּשְׁפָּט, וְשַׁלִּיט בְּעוֹלָמוֹ לַעֲשׂוֹת בּוֹ כִּרְצוֹנוֹ, כִּי כׇל דְּרָכָיו מִשְׁפָּט, שֶׁהַכֹּל שֶׁלּוֹ וַאֲנַחְנוּ עַמּוֹ וַעֲבָדָיו, וּבַכֹּל אֲנַחְנוּ חַיָּיבִים לְהוֹדוֹת לוֹ וּלְבָרְכוֹ, גּוֹדֵר פְּרָצוֹת בְּיִשְׂרָאֵל הוּא יִגְדּוֹר אֶת הַפִּרְצָה הַזֹּאת בְּיִשְׂרָאֵל לְחַיִּים״.
Revenant au sujet initial, il a été mentionné plus haut que l'on interrompt son repas pour former un zimoun avec deux autres qui ont fini de manger. La question se pose : à quel endroit revient-il lorsqu'il achève son propre repas et doit commencer à réciter son propre Birkat Hamazon ? Rav Zevid, au nom d'Abayé, a dit : il revient au début et récite tout le Birkat Hamazon. Et les Rabbanan disent : il revient à l'endroit où il s'était arrêté. Et la halakha est : il revient à l'endroit où il s'était arrêté, c'est-à-dire au début de la deuxième berakha.
לְהֵיכָן הוּא חוֹזֵר? רַב זְבִיד מִשְּׁמֵיהּ דְּאַבָּיֵי אָמַר: חוֹזֵר לָרֹאשׁ, וְרַבָּנַן אָמְרִי לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק, וְהִלְכְתָא לַמָּקוֹם שֶׁפָּסַק.
À propos des repas, la Guemara rapporte ceci : le Rèch Galouta (l'Exilarque) dit à Rav Chéchèt : Bien que vous soyez des Sages âgés, les Perses sont plus experts que vous quant à l'étiquette requise lors des repas. La coutume perse est la suivante : lorsqu'il y a deux divans sur lesquels on s'accoude, le plus grand des deux convives s'accoude en premier, et celui qui vient au second rang en importance s'accoude sur le divan au-dessus de lui, près de sa tête. Lorsqu'il y a trois divans, le plus grand des trois s'accoude sur le divan du milieu, celui qui vient au second rang s'accoude sur le divan au-dessus de lui, et celui qui vient au troisième rang s'accoude sur le divan au-dessous du plus grand.
אֲמַר לֵיהּ רֵישׁ גָּלוּתָא לְרַב שֵׁשֶׁת: אַף עַל גַּב דְּרַבָּנַן קַשִּׁישֵׁי אַתּוּן, פָּרְסָאֵי בְּצׇרְכֵי סְעוּדָה בְּקִיאִי מִינַּיְיכוּ. בִּזְמַן שֶׁהֵן שְׁתֵּי מִטּוֹת, גָּדוֹל — מֵסֵב בָּרֹאשׁ, וְשֵׁנִי לוֹ — לְמַעְלָה הֵימֶנּוּ. וּבִזְמַן שֶׁהֵם שָׁלֹשׁ, גָּדוֹל — מֵסֵב בָּאֶמְצַע, שֵׁנִי לוֹ — לְמַעְלָה הֵימֶנּוּ, שְׁלִישִׁי לוֹ — לְמַטָּה הֵימֶנּוּ.
Rav Chéchèt lui dit que cette coutume est défectueuse : si le plus grand souhaite parler avec celui qui vient au second rang, accoudé au-dessus de sa tête, il doit se redresser et s'asseoir, et alors seulement il pourra lui parler. Le Rèch Galouta répondit : Les Perses sont différents, car ils font des signes et communiquent par gestes de la main [notamment pendant les repas, de sorte qu'il n'est pas nécessaire de s'asseoir].
אֲמַר לֵיהּ, וְכִי בָּעֵי אִישְׁתַּעוֹיֵי בַּהֲדֵיהּ, מְתָרֵיץ תָּרוֹצֵי וְיָתֵיב וּמִשְׁתַּעֵי בַּהֲדֵיהּ?! אֲמַר לֵיהּ: שָׁאנֵי פָּרְסָאֵי, דְּמַחְוֵי לֵיהּ בְּמָחוֹג.
Rav Chéchèt interrogea le Rèch Galouta sur la pratique perse concernant les premières eaux [le lavage des mains avant le repas] : Par où commence-t-on ? Le Rèch Galouta lui dit : On commence par le plus grand.
מַיִם רִאשׁוֹנִים מֵהֵיכָן מַתְחִילִין? אֲמַר לֵיהּ: מִן הַגָּדוֹל.
Rav Chéchèt demanda : S'il en est ainsi, le plus grand des convives devra-t-il rester assis à garder ses mains propres et attendre que tous se soient lavés, afin que l'on puisse les servir tous ensemble ? Le Rèch Galouta lui dit : On apporte aussitôt devant lui sa table [takka — car la coutume était que chacun mangeât à sa propre table individuelle, et l'on plaçait la table devant le plus grand des convives dès qu'il s'était lavé, afin qu'il n'eût pas à attendre les autres].
יֵשֵׁב גָּדוֹל וְיִשְׁמוֹר יָדָיו עַד שֶׁנּוֹטְלִין כּוּלָּן? אֲמַר לֵיהּ: לְאַלְתַּר מַיְיתוּ תַּכָּא קַמֵּיהּ.
Rav Chéchèt interrogea le Rèch Galouta sur la pratique perse concernant les dernières eaux [le lavage des mains après le repas] : Par où commence-t-on ? Le Rèch Galouta lui dit : On commence par le moindre des convives.
מַיִם אַחֲרוֹנִים מֵהֵיכָן מַתְחִילִין? אֲמַר לֵיהּ: מִן הַקָּטָן.
Rav Chéchèt dit : S'il en est ainsi, le plus grand des convives devra-t-il rester assis avec les mains souillées jusqu'à ce que tous se soient lavé les mains ? Le Rèch Galouta lui dit : On n'ôte pas la table de devant lui tant que l'eau ne lui est pas parvenue ; il peut continuer à manger pendant que les autres se lavent.
וְגָדוֹל יָתֵיב וְיָדָיו מְזוֹהָמוֹת עַד שֶׁנּוֹטְלִין כּוּלָּן? אֲמַר לֵיהּ: לָא מְסַלְּקִי תַּכָּא מִקַּמֵּיהּ עַד דְּנִימְטֵי מַיָּא לְגַבֵּיהּ.
Rav Chéchèt dit : Quant à la conduite lors d'un repas, je connais une baraïta, ainsi qu'il a été enseigné : Quel est l'ordre pour s'accouder ? Lorsqu'il y a deux divans sur lesquels on s'accoude, le plus grand des deux convives s'accoude en premier, et celui qui vient au second rang en importance s'accoude sur le divan au-dessous de lui. Lorsqu'il y a trois divans, le plus grand des trois s'accoude en premier, sur le divan du milieu, celui qui vient au second rang s'accoude sur le divan au-dessus de lui, et celui qui vient au troisième rang s'accoude sur le divan au-dessous du plus grand. Les premières eaux, avant le repas, on commence par le plus grand des convives. Les dernières eaux : lorsqu'ils sont cinq convives, on commence par le plus grand ; lorsqu'ils sont plus nombreux, fût-ce cent, on commence les dernières eaux par le moindre des convives jusqu'à parvenir aux cinq plus grands présents, après quoi on revient et on commence par le plus grand. Et à l'endroit où reviennent les dernières eaux revient également la berakha : le plus grand présent, premier des cinq derniers à se laver les mains, récite le Birkat Hamazon.
אֲמַר רַב שֵׁשֶׁת: אֲנָא מַתְנִיתָא יָדַעְנָא, דְּתַנְיָא: כֵּיצַד סֵדֶר הֲסִבָּה? — בִּזְמַן שֶׁהֵן שְׁתֵּי מִטּוֹת — גָּדוֹל מֵסֵב בָּרֹאשׁ, וְשֵׁנִי לוֹ לְמַטָּה הֵימֶנּוּ. בִּזְמַן שֶׁהֵן שָׁלֹשׁ מִטּוֹת — גָּדוֹל מֵסֵב בָּרֹאשׁ, שֵׁנִי לוֹ לְמַעְלָה הֵימֶנּוּ, שְׁלִישִׁי לוֹ לְמַטָּה הֵימֶנּוּ. מַיִם הָרִאשׁוֹנִים מַתְחִילִין מִן הַגָּדוֹל. מַיִם אַחֲרוֹנִים, בִּזְמַן שֶׁהֵם חֲמִשָּׁה — מַתְחִילִין מִן הַגָּדוֹל, וּבִזְמַן שֶׁהֵם מֵאָה — מַתְחִילִין מִן הַקָּטָן עַד שֶׁמַּגִּיעִים אֵצֶל חֲמִישִׁי, וְחוֹזְרִין וּמַתְחִילִין מִן הַגָּדוֹל. וְלִמְקוֹם שֶׁמַּיִם אַחֲרוֹנִים חוֹזְרִין — לְשָׁם בְּרָכָה חוֹזֶרֶת.
Berakhot 46b
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ברכות מ״ו במַסֶּכֶת בְּרָכוֹת