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Traité Berakhot

46a

Étude de Berakhot 46a

Étude de la Guémara 46a

Guémara
La Guemara rapporte : Rabbi Zéra tomba malade. Rabbi Abahou alla lui rendre visite et prit sur lui cette résolution : Si le petit homme aux jambes brûlées — un surnom de Rabbi Zéra — guérit, j'organiserai un jour de fête, un festin, pour les Sages. Rabbi Zéra guérit, et Rabbi Abahou offrit un festin à tous les Sages. Lorsque vint le moment de rompre le pain, Rabbi Abahou dit à Rabbi Zéra : Maître, romps le pain pour nous. Rabbi Zéra lui répondit : Le Maître ne tient-il pas pour cette halakha de Rabbi Yohanane, qui a dit : C'est le maître de maison [baal habaït] qui rompt le pain ? Rabbi Abahou rompit alors le pain pour eux.
רַבִּי זֵירָא חֲלַשׁ, עָל לְגַבֵּיהּ רַבִּי אֲבָהוּ, קַבֵּיל עֲלֵיהּ: אִי מִתְּפַח קַטִּינָא חֲרִיךְ שָׁקֵי — עָבֵידְנָא יוֹמָא טָבָא לְרַבָּנַן. אִתְּפַח, עֲבַד סְעוֹדְתָּא לְכוּלְּהוּ רַבָּנַן. כִּי מְטָא לְמִשְׁרֵי אֲמַר לֵיהּ לְרַבִּי זֵירָא: לִישְׁרֵי לַן מָר. אֲמַר לֵיהּ: לָא סָבַר לַהּ מָר לְהָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר: בַּעַל הַבַּיִת בּוֹצֵעַ? שְׁרָא לְהוּ.
Lorsque vint le moment de réciter la bénédiction, Rabbi Abahou dit à Rabbi Zéra : Maître, récite le birkat hamazone en notre nom. Rabbi Zéra lui répondit : Le Maître ne tient-il pas pour cette halakha de Rav Houna de Babylone, qui a dit : C'est celui qui rompt le pain [habotséa] qui récite le birkat hamazone ?
כִּי מְטָא לְבָרוֹכֵי, אֲמַר לֵיהּ: נְבָרֵיךְ לַן מָר. אֲמַר לֵיהּ: לָא סָבַר לַהּ מָר לְהָא דְּרַב הוּנָא דְּמִן בָּבֶל דְּאָמַר: בּוֹצֵעַ מְבָרֵךְ?
La Guemara demande : Et selon quelle opinion Rabbi Abahou tient-il, lui qui a demandé à Rabbi Zéra de réciter le birkat hamazone ?
וְאִיהוּ, כְּמַאן סְבִירָא לֵיהּ?
La Guemara répond : Rabbi Abahou tient pour cette halakha que Rabbi Yohanane a dite au nom de Rabbi Chimone ben Yohaï : Le maître de maison rompt le pain et c'est l'invité [oréah] qui récite le birkat hamazone. Le maître de maison rompt le pain afin de le faire généreusement [be'ayine yafa] — alors qu'un invité pourrait être gêné de se couper, à lui-même et aux autres invités, un grand morceau ; et l'invité récite le birkat hamazone afin de pouvoir bénir le maître de maison au cours de cette récitation, comme la Guemara va l'expliquer.
כִּי הָא דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: בַּעַל הַבַּיִת בּוֹצֵעַ, וְאוֹרֵחַ מְבָרֵךְ. בַּעַל הַבַּיִת בּוֹצֵעַ — כְּדֵי שֶׁיִּבְצַע בְּעַיִן יָפָה. וְאוֹרֵחַ מְבָרֵךְ — כְּדֵי שֶׁיְּבָרֵךְ בַּעַל הַבַּיִת.
Quelle est la formule de la bénédiction par laquelle l'invité bénit son hôte ? Que ce soit Ta volonté que le maître de maison ne connaisse pas la honte en ce monde, ni l'humiliation dans le Monde à venir.
מַאי מְבָרֵךְ — ״יְהִי רָצוֹן שֶׁלֹּא יֵבוֹשׁ בַּעַל הַבַּיִת בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְלֹא יִכָּלֵם לְעוֹלָם הַבָּא״.
Et Rabbi [Yéhouda HaNassi] y ajoutait des éléments touchant à la réussite matérielle : Et qu'il réussisse pleinement dans tous ses biens, et que ses biens et les nôtres prospèrent et soient proches de la ville, et que le Satane n'ait de prise ni sur les œuvres de ses mains ni sur les œuvres de nos mains, et que ne se présente devant lui ni devant nous aucune pensée de faute, d'iniquité ou de transgression, dès maintenant et pour toujours.
וְרַבִּי מוֹסִיף בָּהּ דְּבָרִים: ״וְיִצְלַח מְאֹד בְּכָל נְכָסָיו, וְיִהְיוּ נְכָסָיו וּנְכָסֵינוּ מוּצְלָחִים וּקְרוֹבִים לָעִיר, וְאַל יִשְׁלוֹט שָׂטָן לֹא בְּמַעֲשֵׂי יָדָיו וְלֹא בְּמַעֲשֵׂי יָדֵינוּ, וְאַל יִזְדַּקֵּר לֹא לְפָנָיו וְלֹא לְפָנֵינוּ שׁוּם דְּבַר הִרְהוּר חֵטְא וַעֲבֵירָה וְעָוֹן מֵעַתָּה וְעַד עוֹלָם״.
La Guemara demande : Jusqu'où s'étend la bénédiction du zimoun [birkat hazimoun] ?
עַד הֵיכָן בִּרְכַּת הַזִּמּוּן.
Rav Nahmane dit : La bénédiction ne s'étend que jusqu'à « Névarekh » [Bénissons]. Rav Chéchet dit : La bénédiction du zimoun s'étend jusqu'à la fin de la première bénédiction du birkat hamazone, « Hazane » [Qui nourrit tout].
רַב נַחְמָן אָמַר עַד ״נְבָרֵךְ״, וְרַב שֵׁשֶׁת אָמַר, עַד ״הַזָּן״.
La Guemara propose : Disons que ce désaccord entre les Amoraïm correspond à un désaccord entre les Tannaïm. Car une baraïta enseignait : Le birkat hamazone, c'est deux et trois bénédictions ; et une autre baraïta enseignait : Le birkat hamazone, c'est trois et quatre bénédictions. En cherchant à comprendre ces baraïtot contradictoires, les Sages ont supposé que tous s'accordent sur le fait que la bénédiction « Hatov véhamétiv » [Qui est bon et fait le bien] — la quatrième bénédiction du birkat hamazone — n'est pas requise par la loi de la Torah. Qu'en est-il alors ? N'est-ce pas qu'ils sont en désaccord sur ceci : Celui qui dit « deux et trois » tient que la bénédiction du zimoun s'étend jusqu'à la fin de la bénédiction « Hazane » — s'il y a zimoun, on récite trois bénédictions ; s'il n'y a pas de zimoun, on n'en récite que deux, puisque la bénédiction « Hazane » n'est pas récitée [séparément du zimoun]. Et celui qui dit « trois et quatre » tient que la bénédiction du zimoun ne s'étend que jusqu'à « Névarekh », sans inclure aucune partie du birkat hamazone lui-même — s'il y a zimoun, on récite quatre bénédictions [les trois du birkat hamazone plus celle du zimoun], et sinon, on n'en récite que trois.
נֵימָא כְּתַנָּאֵי, דְּתָנֵי חֲדָא: בִּרְכַּת הַמָּזוֹן שְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה, וְתַנְיָא אִידַּךְ: שְׁלֹשָׁה וְאַרְבָּעָה. סַבְרוּהָ, דְּכוּלֵּי עָלְמָא ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״ לָאו דְּאוֹרָיְיתָא הִיא, מַאי לָאו בְּהָא קָמִיפַּלְגִי: מַאן דְּאָמַר שְׁתַּיִם וְשָׁלֹשׁ קָסָבַר עַד ״הַזָּן״. — וּמַאן דְּאָמַר שָׁלֹשׁ וְאַרְבַּע קָסָבַר עַד ״נְבָרֵךְ״.
Cette explication, qui distingue les deux baraïtot, est rejetée : Non ; Rav Nahmane explique selon son raisonnement, et Rav Chéchet explique selon le sien.
לָא, רַב נַחְמָן מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ, וְרַב שֵׁשֶׁת מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ:
Rav Nahmane explique selon son raisonnement : tous s'accordent à dire que la bénédiction du zimoun ne s'étend que jusqu'à « Névarekh ». Selon celui qui dit « trois et quatre », cela s'accorde bien. Et celui qui dit « deux et trois » pourrait te répondre : Ici, nous traitons de la bénédiction récitée par les ouvriers [birkat poalim], car le Maître a dit que l'ouvrier au travail est autorisé à abréger le birkat hamazone : il commence par la bénédiction « Hazane » et inclut la troisième bénédiction, « Boné Yérouchalayim » [Qui bâtit Jérusalem], dans le cadre de la deuxième bénédiction, la bénédiction de la terre [birkat haarets].
רַב נַחְמָן מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ, דְּכוּלֵּי עָלְמָא עַד ״נְבָרֵךְ״. מַאן דְּאָמַר שָׁלֹשׁ וְאַרְבַּע — שַׁפִּיר, וּמַאן דְּאָמַר שְׁתַּיִם וְשָׁלֹשׁ — אָמַר לָךְ הָכָא בְּבִרְכַּת פּוֹעֲלִים עָסְקִינַן, דְּאָמַר מָר, פּוֹתֵחַ בְּ״הַזָּן״ וְכוֹלֵל ״בּוֹנֵה יְרוּשָׁלַיִם״ בְּבִרְכַּת הָאָרֶץ.
Rav Chéchet explique selon son raisonnement : tous s'accordent à dire que la bénédiction du zimoun s'étend jusqu'à la fin de la bénédiction « Hazane ». Selon celui qui dit « deux et trois », cela s'accorde bien ; et celui qui dit « trois et quatre » tient que la bénédiction « Hatov véhamétiv » est requise par la loi de la Torah.
רַב שֵׁשֶׁת מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ, דְּכוּלֵּי עָלְמָא עַד ״הַזָּן״. מַאן דְּאָמַר שְׁתַּיִם וְשָׁלֹשׁ — שַׁפִּיר, וּמַאן דְּאָמַר שָׁלֹשׁ וְאַרְבַּע קָסָבַר ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״ דְּאוֹרָיְיתָא הִיא.
Berakhot 46a
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