Guémara
Rav Yitshak bar Avdimi a dit au nom de Rabbénou, Rav : Sur l'œuf et sur les diverses sortes de viande [koufra], au début on récite « chéhakol » [par la parole de Qui tout fut créé], et à la fin « boré néfachot rabbot » [Qui crée les nombreuses formes de vie], etc. En revanche, après avoir mangé des légumes, non, on ne récite aucune bénédiction. Rabbi Yitshak a dit : Même après avoir mangé des légumes on récite une bénédiction ; mais après avoir bu de l'eau, non, on ne récite aucune bénédiction. Et Rav Papa a dit : Même après avoir bu de l'eau on doit réciter une bénédiction.
אָמַר רַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי מִשּׁוּם רַבֵּינוּ: עַל הַבֵּיעָא וְעַל מִינֵי קוּפְרָא, בַּתְּחִלָּה מְבָרֵךְ ״שֶׁהַכֹּל״, וּלְבַסּוֹף ״בּוֹרֵא נְפָשׁוֹת רַבּוֹת וְכוּ׳״. אֲבָל יַרְקָא לָא. וְרַבִּי יִצְחָק אָמַר: אֲפִילּוּ יַרְקָא, אֲבָל מַיָּא — לָא. וְרַב פָּפָּא אָמַר: אֲפִילּוּ מַיָּא.
Mar Zoutra agissait conformément à l'opinion de Rav Yitshak bar Avdimi et ne récitait pas de bénédiction après avoir mangé des légumes, tandis que Rav Chimi bar Achi agissait conformément à l'opinion de Rabbi Yitshak et récitait une bénédiction après avoir mangé des légumes. Et voici un moyen mnémotechnique pour retenir quel Sage agissait selon quel avis : Un comme deux, et deux comme un. Autrement dit, Mar Zoutra, connu seulement par son nom et non par celui de son père, agissait conformément à Rav Yitshak bar Avdimi, qui est connu à la fois par son nom et par celui de son père ; et Rav Chimi bar Achi, connu par ses deux noms, suivait l'opinion de Rabbi Yitshak, qui n'est connu que par son seul prénom.
מָר זוּטְרָא עָבֵיד כְּרַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי, וְרַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי עָבֵיד כְּרַבִּי יִצְחָק. וְסִימָנָךְ: חַד כִּתְרֵי, וּתְרֵי כְּחַד.
Sur ce sujet, Rav Achi a dit : Pour ma part, lorsqu'il m'en souvient, j'agis conformément aux opinions de tous, et je récite une bénédiction même après avoir bu de l'eau.
אָמַר רַב אָשֵׁי: אֲנָא, זִמְנָא דְּכִי מִדְּכַרְנָא, עָבֵידְנָא כְּכוּלְּהוּ.
Nous avons appris dans une MISHNA : Tout ce qui requiert une bénédiction après requiert une bénédiction avant ; et il y a des choses qui requièrent une bénédiction avant et ne requièrent pas de bénédiction après. S'il en est ainsi, admettons : selon l'opinion de Rav Yitshak bar Avdimi, cela vient exclure les légumes de l'obligation de réciter une bénédiction après. Et, admettons, selon l'opinion de Rabbi Yitshak aussi, cela vient exclure l'eau de l'obligation de réciter une bénédiction après. Mais selon l'opinion de Rav Papa, qu'est-ce que cela vient exclure ? Quel aliment requiert une bénédiction avant de manger mais ne requiert pas de bénédiction après ?
תְּנַן: כׇּל שֶׁטָּעוּן בְּרָכָה לְאַחֲרָיו — טָעוּן בְּרָכָה לְפָנָיו, וְיֵשׁ שֶׁטָּעוּן בְּרָכָה לְפָנָיו, וְאֵין טָעוּן בְּרָכָה לְאַחֲרָיו. בִּשְׁלָמָא לְרַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי, לְאַפּוֹקֵי יַרְקָא. לְרַבִּי יִצְחָק, לְאַפּוֹקֵי מַיָּא, אֶלָּא לְרַב פָּפָּא, לְאַפּוֹקֵי מַאי?
La Guemara répond : Cela vient exclure les mitsvot, car on récite une bénédiction avant d'accomplir une mitsva, mais non après.
לְאַפּוֹקֵי מִצְוֹת.
La Guemara objecte : Et pour les gens de l'Occident, c'est-à-dire d'Erets Israël, qui, après avoir ôté leurs téfilines, récitent : « Qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot et nous a ordonné de garder Ses lois [houkav] » — qu'est-ce que la halakha de la Michna vient exclure [puisque pour eux il existe bien une bénédiction après une mitsva] ?
וְלִבְנֵי מַעַרְבָא, דְּבָתַר דִּמְסַלְּקִי תְּפִילַּיְיהוּ מְבָרְכִי ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לִשְׁמוֹר חֻקָּיו״, לְאַפּוֹקֵי מַאי?
La Guemara répond : Cela sert à exclure les diverses sortes de parfums. Tout le monde s'accorde sur le fait qu'on ne récite aucune bénédiction après les avoir sentis.
לְאַפּוֹקֵי רֵיחָנֵי.
Puisqu'on a mentionné la bénédiction récitée sur un œuf, la Guemara rapporte ce que Rabbi Yannaï a dit au nom de Rabbi [Yehouda HaNassi] : Tout ce qui a le volume d'un œuf, un œuf lui est supérieur. De même, lorsque Ravine vint d'Erets Israël à Babylonie, il dit : Un œuf à la coque [légèrement cuit] vaut mieux que six log de fleur de farine. De même, lorsque Rav Dimi vint d'Erets Israël à Babylonie, il dit : Un œuf à la coque vaut mieux que six [log de fleur de farine], un œuf grillé que quatre, et quant à un œuf dur [cuit dans l'eau], on a dit : Tout ce qui a le volume d'un œuf, un œuf lui est supérieur, excepté la viande.
אָמַר רַבִּי יַנַּאי אָמַר רַבִּי: כֹּל שֶׁהוּא כְּבֵיצָה — בֵּיצָה טוֹבָה מִמֶּנּוּ. כִּי אֲתָא רָבִין אָמַר: טָבָא בֵּיעֲתָא מְגוּלְגַּלְתָּא מִשִּׁיתָּא קְיָיסֵי סוּלְתָּא. כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר: טָבָא בֵּיעֲתָא מְגוּלְגַּלְתָּא — מִשִּׁיתָּא, מִטְּוִיתָא — מֵאַרְבַּע, מְבוּשַׁלְתָּא — כֹּל שֶׁהוּא כְּבֵיצָה, בֵּיצָה טוֹבָה הֵימֶנּוּ, לְבַר מִבִּשְׂרָא.
Nous avons appris dans la Michna que Rabbi Akiva dit : Même si l'on a mangé des légumes bouillis, mais que c'est là sa nourriture principale, on récite les trois bénédictions de la birkat hamazone, comme on le ferait après avoir mangé du pain. La Guemara demande : Et existe-t-il un légume qui, à l'état bouilli, soit une nourriture principale ? Rav Achi a dit : Cela a été enseigné à propos d'une tige de chou, qui est nourrissante.
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר אֲפִילּוּ אָכַל שֶׁלֶק כּוּ׳: וּמִי אִיכָּא מִידֵּי דְּהָוֵה שֶׁלֶק מְזוֹנֵי? אָמַר רַב אָשֵׁי: בְּקֶלַח שֶׁל כְּרוּב שָׁנוּ.
De même, les Sages ont enseigné dans une baraïta traitant des sortes de nourriture : La viande de la rate est bénéfique pour les dents et nuisible pour les intestins. Le poireau, en revanche, est nuisible pour les dents et bénéfique pour les intestins. Ils ont aussi dit : Tout légume cru fait pâlir le visage. D'une manière générale, toute chose petite qui n'a pas encore atteint sa pleine taille est nuisible et entrave la croissance, et toute créature vivante mangée entière, par exemple un poisson pleinement développé, restaure l'âme [néfech]. Et tout ce qui est proche de l'âme restaure l'âme. Le chou est pour la nourriture, et les bettes pour la guérison. Malheur à la maison à travers laquelle passe le navet, car il est extrêmement nuisible.
תָּנוּ רַבָּנַן: טְחוֹל יָפֶה לַשִּׁינַּיִם וְקָשֶׁה לִבְנֵי מֵעַיִם. כְּרֵישִׁין קָשִׁין לַשִּׁינַּיִם וְיָפִין לִבְנֵי מֵעַיִם. כׇּל יָרָק חַי מוֹרִיק, וְכׇל קָטָן מַקְטִין, וְכׇל נֶפֶשׁ מֵשִׁיב אֶת הַנֶּפֶשׁ, וְכׇל קָרוֹב לַנֶּפֶשׁ מֵשִׁיב אֶת הַנֶּפֶשׁ. כְּרוּב לְמָזוֹן, וּתְרָדִין לִרְפוּאָה. אוֹי לוֹ לַבַּיִת שֶׁהַלֶּפֶת עוֹבֶרֶת בְּתוֹכוֹ.
Le Maître a dit dans une baraïta : La rate est bénéfique pour les dents et nuisible pour les intestins. La Guemara demande : Quel en est le remède ? La Guemara répond : Il faut la mâcher, la recracher et la jeter.
אָמַר מָר: טְחוֹל יָפֶה לַשִּׁינַּיִם וְקָשֶׁה לִבְנֵי מֵעַיִם. מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? נִלְעֲסֵיהּ וְנִשְׁדְּיֵיהּ.
Le poireau est nuisible pour les dents et bénéfique pour les intestins. La Guemara demande : Quel en est le remède ? La Guemara répond : Il faut le faire bouillir et l'avaler sans le mâcher.
כְּרֵישִׁין קָשִׁין לַשִּׁינַּיִם וְיָפִין לִבְנֵי מֵעַיִם. מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? לִשְׁלְקִינְהוּ וְנִבְלְעִינְהוּ.