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Traité Berakhot

40b

Étude de Berakhot 40b

Étude de la Mishna & Guémara 40b

Mais dans une situation où, lorsque tu cueilles le fruit, la branche ne demeure pas pour produire de nouveau du fruit, nous ne récitons pas dessus « Qui crée le fruit de l'arbre » (boré peri ha'ets), mais plutôt « Qui crée le fruit de la terre » (boré peri ha'adama).
אֲבָל הֵיכָא דְּכִי שָׁקְלַתְּ לֵיהּ לְפֵירֵי לֵיתֵיהּ לִגְווֹזָא דַּהֲדַר מַפֵּיק, לָא מְבָרְכִינַן עֲלֵיהּ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ״ אֶלָּא ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״.
Nous avons appris dans la michna : Et sur tous les aliments, s'il a récité « par la parole de Qui tout a été fait » (chéhakol), il s'est acquitté de son obligation. Il a été énoncé que les Amoraïm ont disputé l'explication exacte de la michna. Rav Houna dit : Cette halakha s'applique à tous les aliments, hormis le pain et le vin. Comme ils ont des berakhot particulières, on ne s'acquitte pas de son obligation en récitant la berakha générale « par la parole de Qui tout a été fait ». Et Rabbi Yohanan dit : On s'acquitte de son obligation avec la berakha « par la parole de Qui tout a été fait », même sur le pain et le vin.
וְעַל כּוּלָּן אִם אָמַר ״שֶׁהַכֹּל״ וְכוּ׳. אִתְּמַר. רַב הוּנָא אָמַר: חוּץ מִן הַפַּת וּמִן הַיַּיִן. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ פַּת וְיַיִן.
La Guemara remarque : Disons que ce différend est parallèle à un différend tannaïtique qu'on trouve ailleurs, ainsi qu'il fut enseigné dans une Tossefta : Celui qui vit du pain et dit : « Comme ce pain est beau, béni soit l'Omniprésent qui l'a créé », s'est acquitté de son obligation de réciter une berakha. Celui qui vit une figue et dit : « Comme cette figue est belle, béni soit l'Omniprésent qui l'a créée », s'est acquitté de son obligation. Telle est la parole de Rabbi Méir. Rabbi Yossi dit : Celui qui s'écarte de la formule frappée par les Sages dans les berakhot ne s'est pas acquitté de son obligation. S'il en est ainsi, disons que Rav Houna, qui a dit que celui qui récite « par la parole de Qui tout a été fait » sur le pain ou le vin ne s'est pas acquitté de son obligation, tient comme Rabbi Yossi ; et que Rabbi Yohanan, qui a dit que celui qui récite « par la parole de Qui tout a été fait » sur le pain ou le vin s'acquitte de son obligation, tient comme Rabbi Méir.
נֵימָא כְּתַנָּאֵי: רָאָה פַּת וְאָמַר: ״כַּמָּה נָאָה פַּת זוֹ, בָּרוּךְ הַמָּקוֹם שֶׁבְּרָאָהּ״ — יָצָא. רָאָה תְּאֵנָה וְאָמַר ״כַּמָּה נָאָה תְּאֵנָה זוֹ, בָּרוּךְ הַמָּקוֹם שֶׁבְּרָאָהּ״ — יָצָא, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כׇּל הַמְשַׁנֶּה מִמַּטְבֵּעַ שֶׁטָּבְעוּ חֲכָמִים בִּבְרָכוֹת — לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ. נֵימָא רַב הוּנָא דְּאָמַר כְּרַבִּי יוֹסֵי, וְרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר כְּרַבִּי מֵאִיר?!
La Guemara rejette cela : Rav Houna aurait pu te dire : J'ai énoncé ma déclaration même selon l'avis de Rabbi Méir. Rabbi Méir n'a énoncé son avis — selon lequel celui qui altère la formule de la berakha s'acquitte de son obligation — que là, dans le cas où l'individu mentionne explicitement le terme « pain » dans sa berakha ; mais là où il ne mentionne pas le terme « pain », même Rabbi Méir reconnaît qu'il ne s'est pas acquitté de son obligation.
אָמַר לָךְ רַב הוּנָא: אֲנָא דַּאֲמַרִי אֲפִילּוּ לְרַבִּי מֵאִיר, עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי מֵאִיר הָתָם, אֶלָּא הֵיכָא דְּקָא מַדְכַּר שְׁמֵיהּ דְּפַת, אֲבָל הֵיכָא דְּלָא קָא מַדְכַּר שְׁמֵיהּ דְּפַת אֲפִילּוּ רַבִּי מֵאִיר מוֹדֶה.
Et Rabbi Yohanan aurait pu te dire : J'ai énoncé ma déclaration même selon l'avis de Rabbi Yossi. Rabbi Yossi n'a énoncé son avis — selon lequel celui qui altère la formule de la berakha ne s'acquitte pas de son obligation — que là, parce qu'il a récité une berakha qui n'a pas été instituée par les Sages ; mais s'il a récité « par la parole de Qui tout a été fait » (chéhakol nih'yé bidvaro), qui a été instituée par les Sages, même Rabbi Yossi reconnaît que, a posteriori, il s'est acquitté de son obligation de réciter une berakha.
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר לָךְ: אֲנָא דַּאֲמַרִי אֲפִילּוּ לְרַבִּי יוֹסֵי, עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי יוֹסֵי הָתָם אֶלָּא מִשּׁוּם דְּקָאָמַר בְּרָכָה דְּלָא תַּקִּינוּ רַבָּנַן, אֲבָל אָמַר ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״ דְּתַקִּינוּ רַבָּנַן, אֲפִילּוּ רַבִּי יוֹסֵי מוֹדֶה.
Au sujet des berakhot qui ne sont pas conformes à la formule instituée par les Sages, la Guemara rapporte que Binyamin le berger mangea du pain et récita ensuite, en araméen : « Béni soit le Maître de ce pain. » Rav dit qu'il s'était par là acquitté de son obligation de réciter une berakha. La Guemara objecte : Mais Rav lui-même n'a-t-il pas dit : Toute berakha qui ne contient pas la mention du Nom de D.ieu n'est pas une berakha ? La Guemara corrige la formule de sa berakha : Il avait dit : « Béni soit le Miséricordieux, Maître de ce pain. »
בִּנְיָמִין רָעֲיָא כְּרַךְ רִיפְתָּא, וַאֲמַר: ״בְּרִיךְ מָרֵיהּ דְּהַאי פִּיתָּא״. אָמַר רַב: יָצָא. וְהָאָמַר רַב: כׇּל בְּרָכָה שֶׁאֵין בָּהּ הַזְכָּרַת הַשֵּׁם אֵינָהּ בְּרָכָה! דְּאָמַר: ״בְּרִיךְ רַחֲמָנָא מָרֵיהּ דְּהַאי פִּיתָּא״.
La Guemara demande : Mais n'exigeons-nous pas trois berakhot dans le Birkat haMazon (les Grâces après le repas) ? Comment s'est-il acquitté de son obligation en une seule phrase ? La Guemara explique : Que signifie le « il s'est acquitté » qu'a dit Rav ? Il s'acquitte de l'obligation de la première des trois berakhot, et il doit en réciter deux autres pour s'acquitter entièrement de son obligation.
וְהָא בָּעֵינַן שָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת? מַאי ״יָצָא״ דְּקָאָמַר רַב — נָמֵי יָצָא יְדֵי בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה.
La Guemara demande : Que nous enseigne-t-il ? La Guemara répond : Bien qu'il ait récité la berakha dans une langue profane, autre que l'hébreu, il s'est acquitté de son obligation.
מַאי קָמַשְׁמַע לַן? אַף עַל גַּב דַּאֲמָרָהּ בִּלְשׁוֹן חוֹל.
Cela demeure difficile, car nous avons déjà appris ceci dans une michna du traité Sota : Et voici ce qui se dit en toute langue : la section [du serment] de la sota, la confession des dîmes — lorsqu'un propriétaire déclare qu'il a donné toute la téroumah et les dîmes comme il convient —, la lecture du Chéma, la prière (Amida) et le Birkat haMazon. Si le Birkat haMazon figure clairement sur la liste des choses qui peuvent se dire en toute langue, qu'est-ce que Rav nous a enseigné ? La Guemara répond : La règle de Rav au sujet de Binyamin le berger est nécessaire, car il aurait pu te venir à l'esprit de dire : Ceci — la permission de réciter le Birkat haMazon en toute langue — ne s'applique qu'au cas où l'on l'a récité dans une langue profane de la même manière que les Sages l'ont institué dans la langue sainte ; mais dans un cas où l'on ne l'a pas récité dans une langue profane de la même manière que les Sages l'ont institué dans la langue sainte, dis que non, il ne s'est pas acquitté de son obligation. C'est pourquoi Rav nous enseigne que, a posteriori, non seulement la langue ne fait pas obstacle à l'accomplissement de l'obligation de réciter une berakha, mais la formule n'y fait pas obstacle non plus.
תְּנֵינָא: וְאֵלּוּ נֶאֱמָרִים בְּכָל לְשׁוֹן: פָּרָשַׁת סוֹטָה, וִידּוּי מַעֲשֵׂר, קְרִיאַת שְׁמַע, וּתְפִלָּה, וּבִרְכַּת הַמָּזוֹן. אִצְטְרִיךְ: סָלְקָא דַעְתָּךְ אָמֵינָא, הָנֵי מִילֵּי דַּאֲמָרָהּ בִּלְשׁוֹן חוֹל כִּי הֵיכִי דְּתַקִּינוּ רַבָּנַן בִּלְשׁוֹן קֹדֶשׁ, אֲבָל לֹא אֲמָרָהּ בִּלְשׁוֹן חוֹל כִּי הֵיכִי דְּתַקִּינוּ רַבָּנַן בִּלְשׁוֹן קֹדֶשׁ, אֵימָא לָא. קָא מַשְׁמַע לַן.
Quant à la chose elle-même : Rav dit : Toute berakha qui ne contient pas la mention du Nom de D.ieu n'est pas une berakha. Et Rabbi Yohanan dit : Toute berakha qui ne contient pas la mention de la royauté (malkhout) de D.ieu n'est pas une berakha. Abayé dit : Il est logique de tenir comme Rav, car il fut enseigné dans une Tossefta : Dans la confession des dîmes, on récite : « Je n'ai pas transgressé Tes commandements et je n'ai pas oublié » (Devarim 26, 13). Le sens de l'expression « je n'ai pas transgressé » est : je ne me suis pas abstenu de Te bénir lors de la séparation des dîmes ; et le sens de l'expression « et je n'ai pas oublié » est : je n'ai pas oublié de mentionner Ton Nom dans la berakha récitée sur la dîme. Or cette baraïta n'a pas enseigné qu'on doit mentionner la royauté de D.ieu dans la berakha.
גּוּפָא. אָמַר רַב: כׇּל בְּרָכָה שֶׁאֵין בָּהּ הַזְכָּרַת הַשֵּׁם — אֵינָהּ בְּרָכָה. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: כׇּל בְּרָכָה שֶׁאֵין בָּהּ מַלְכוּת אֵינָהּ בְּרָכָה. אָמַר אַבָּיֵי: כְּווֹתֵיהּ דְּרַב מִסְתַּבְּרָא, דְּתַנְיָא: ״לֹא עָבַרְתִּי מִמִּצְוֹתֶיךָ וְלֹא שָׁכָחְתִּי״: לֹא עָבַרְתִּי — מִלְּבָרֶכְךָ, וְלֹא שָׁכָחְתִּי — מִלְּהַזְכִּיר שִׁמְךָ עָלָיו. וְאִילּוּ מַלְכוּת לָא קָתָנֵי.
Et Rabbi Yohanan enseignait : Corrige la baraïta : « et je n'ai pas oublié » de mentionner Ton Nom et Ta royauté dans la berakha récitée sur la dîme — indiquant qu'on doit mentionner à la fois le Nom de D.ieu et la royauté de D.ieu.
וְרַבִּי יוֹחָנָן תָּנֵי: ״וְלֹא שָׁכָחְתִּי״ — מִלְּהַזְכִּיר שִׁמְךָ וּמַלְכוּתְךָ עָלָיו.
Mishna 1
MICHNA : Et sur un aliment dont la croissance ne vient pas de la terre, on dit : « par la parole de Qui tout a été fait » (chéhakol nih'yé bidvaro). Sur le vinaigre, sur les novelot — des dattes gâtées — et sur les sauterelles, on dit : « par la parole de Qui tout a été fait ». Rabbi Yehouda dit : Sur tout aliment qui est d'une espèce résultant d'une malédiction, on ne récite pas de berakha du tout. Aucun des éléments énumérés n'existe dans des conditions normales : ils adviennent par l'effet d'une malédiction.
מַתְנִי׳ וְעַל דָּבָר שֶׁאֵין גִּדּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ אוֹמֵר ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״. עַל הַחוֹמֶץ וְעַל הַנּוֹבְלוֹת וְעַל הַגּוֹבַאי, אוֹמֵר ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כֹּל שֶׁהוּא מִין קְלָלָה אֵין מְבָרְכִין עָלָיו.(משנה)
Berakhot 40b
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ברכות מ׳ במַסֶּכֶת בְּרָכוֹת