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Traité Berakhot

37a

Étude de Berakhot 37a

Étude de la Guémara 37a

Guémara
C'est pourquoi il nous enseigne : tout ce qui contient l'une des cinq espèces de céréales, même lorsque c'est dans le cadre d'un mélange avec d'autres ingrédients. Et s'il nous avait enseigné seulement : tout ce qui contient l'une des cinq espèces de céréales, j'aurais dit que c'est précisément sur tout ce qui contient l'une des cinq espèces de céréales que oui, l'on récite : « qui crée les diverses sortes d'aliments » (boré miné mezonot), même lorsque c'est dans le cadre d'un mélange avec d'autres ingrédients. En revanche, sur tout ce qui contient du riz et du dochen (millet), non, l'on ne récite pas « boré miné mezonot », parce qu'on en mange dans le cadre d'un mélange. Mais si le riz ou le millet est sous sa forme pure et non mélangée, on aurait pu dire que même sur le riz et le millet on récite « boré miné mezonot », car ce sont eux aussi des sortes de céréales. C'est pourquoi il nous enseigne précisément : c'est sur tout ce qui provient des cinq espèces de céréales que l'on récite « boré miné mezonot », à l'exclusion du riz et du millet, sur lesquels, même sous leur forme pure et non mélangée, on ne récite pas « boré miné mezonot ».
קָא מַשְׁמַע לַן — ״כֹּל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ״. וְאִי אַשְׁמְעִינַן ״כֹּל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ״ הָוֵה אָמֵינָא כֹּל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ חֲמֵשֶׁת הַמִּינִים — אִין, אֲבָל אוֹרֶז וְדוֹחַן — לָא, מִשּׁוּם דְּעַל יְדֵי תַּעֲרוֹבֶת. אֲבָל אִיתֵיהּ בְּעֵינֵיהּ — נֵימָא אֲפִילּוּ אוֹרֶז וְדוֹחַן נָמֵי מְבָרְכִין עָלָיו ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״. קָא מַשְׁמַע לַן — כֹּל שֶׁהוּא מֵחֲמֵשֶׁת הַמִּינִים הוּא דִּמְבָרְכִין עָלָיו בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת, לְאַפּוֹקֵי אוֹרֶז וְדוֹחַן, דַּאֲפִילּוּ אִיתֵיהּ בְּעֵינֵיהּ לָא מְבָרְכִינַן ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״.
À propos de la conclusion précédente, la Guemara demande : et sur le riz et le millet, ne récite-t-on pas « boré miné mezonot » ? Mais n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : si l'on a apporté devant lui du pain de riz ou du pain de millet, il récite la berakha dessus tant avant qu'après, comme il réciterait la berakha sur un plat cuit (maassé kedéra) contenant de la pâte des cinq espèces de céréales. Et au sujet d'un plat cuit, il a été enseigné dans une baraïta : au début, on récite « boré miné mezonot », et à la fin, on récite la berakha unique abrégée des trois berakhot du Birkat Hamazon [al hamihya]. Apparemment, on récite donc « boré miné mezonot » sur le riz et le millet.
וְאוֹרֶז וְדוֹחַן לָא מְבָרְכִינַן ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״? וְהָתַנְיָא: הֵבִיאוּ לְפָנָיו פַּת אוֹרֶז וּפַת דּוֹחַן — מְבָרֵךְ עָלָיו תְּחִלָּה וָסוֹף כְּמַעֲשֵׂה קְדֵרָה. וְגַבֵּי מַעֲשֵׂה קְדֵרָה תַּנְיָא: בַּתְּחִלָּה מְבָרֵךְ עָלָיו ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״, וּלְבַסּוֹף מְבָרֵךְ עָלָיו בְּרָכָה אַחַת מֵעֵין שָׁלֹשׁ.
La Guemara réfute cette preuve : en effet, le riz ou le millet est comme un plat cuit, et n'est pas comme un plat cuit en tout point. La Guemara précise : il est considéré comme un plat cuit en ce que l'on récite une berakha dessus tant au début qu'à la fin. Et il est différent d'un plat cuit en ce que, sur un plat cuit, au début on récite « boré miné mezonot » et à la fin on récite la berakha unique abrégée des trois berakhot du Birkat Hamazon ; tandis qu'ici, sur le riz, au début on récite « par la parole de qui tout est venu à l'existence » (chéhakol nihyé bidvaro), et à la fin on récite « qui crée les nombreuses formes de vie et leurs besoins, pour tout ce que Tu as créé » (boré nefachot rabbot vehesronan al kol ma chébarata).
כְּמַעֲשֵׂה קְדֵרָה וְלָא כְּמַעֲשֵׂה קְדֵרָה: כְּמַעֲשֵׂה קְדֵרָה דִּמְבָרְכִין עָלָיו תְּחִלָּה וָסוֹף, וְלָא כְּמַעֲשֵׂה קְדֵרָה דְּאִילּוּ בְּמַעֲשֵׂה קְדֵרָה — בַּתְּחִלָּה ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״ וּלְבַסּוֹף בְּרָכָה מֵעֵין שָׁלֹשׁ, וְאִילּוּ הָכָא — בַּתְּחִלָּה מְבָרֵךְ עָלָיו ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״, וּלְבַסּוֹף ״בּוֹרֵא נְפָשׁוֹת רַבּוֹת וְחֶסְרוֹנָן עַל כָּל מַה שֶּׁבָּרָאתָ״.
La Guemara objecte : et le riz n'est-il pas un plat cuit ? N'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta que voici les plats cuits : des grains de blé fendus en deux parts (hilka), des grains de blé broyés en trois parts [targuis], de la fine farine (solet), des grains de blé broyés en quatre parts [zariz], des grains de blé broyés en cinq parts [arsan] et du riz ? Apparemment, le riz est considéré comme un plat cuit, à l'instar du blé broyé.
וְאוֹרֶז לָאו מַעֲשֵׂה קְדֵרָה הוּא? וְהָתַנְיָא, אֵלּוּ הֵן מַעֲשֵׂה קְדֵרָה: חִילְקָא, טַרְגִּיס, סוֹלֶת, זָרִיז, וְעַרְסָן, וְאוֹרֶז.
La Guemara répond : de quelle opinion procède cette baraïta ? C'est l'opinion de Rabbi Yohanan ben Nouri, ainsi qu'il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Yohanan ben Nouri dit : le riz est une sorte de céréale (min dagan) à tout égard et, par conséquent, on est passible de la mort par karet si on le mange intentionnellement après qu'il a levé (hamets) à Pessah. Et une personne qui a mangé de la matsa cuite à partir de farine de riz s'acquitte de son obligation à Pessah ; selon les Sages, en revanche, non, le riz n'entre pas dans la catégorie d'un plat cuit.
הָא מַנִּי — רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי הִיא. דְּתַנְיָא: רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי אוֹמֵר: אוֹרֶז מִין דָּגָן הוּא, וְחַיָּיבִין עַל חִמּוּצוֹ כָּרֵת, וְאָדָם יוֹצֵא בּוֹ יְדֵי חוֹבָתוֹ בַּפֶּסַח. אֲבָל רַבָּנַן לָא.
La Guemara objecte : et les Sages tiennent que le riz n'est pas considéré comme un plat cuit ? N'a-t-il pas été enseigné dans une Tossefta : celui qui mâche du blé récite « qui crée le fruit de la terre » (boré péri haadama) ? Toutefois, s'il a moulu le blé, l'a cuit au four, puis a fait bouillir le pain, il y a une distinction entre deux situations : lorsque les tranches sont intactes et ne se sont pas désagrégées dans la cuisson à l'eau, au début on récite « qui fait sortir le pain de la terre » (hamotsi léhem min haarets), et à la fin on récite les trois berakhot du Birkat Hamazon, comme on le fait après avoir mangé du pain. Lorsque les tranches se sont désagrégées au cours de la cuisson à l'eau et ne sont pas intactes, alors au début on récite « boré miné mezonot », et à la fin on récite la berakha unique abrégée des trois berakhot du Birkat Hamazon.
וְרַבָּנַן לָא?! וְהָתַנְיָא: הַכּוֹסֵס אֶת הַחִטָּה מְבָרֵךְ עָלֶיהָ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״. טְחָנָהּ אֲפָאָהּ וּבִשְּׁלָהּ, בִּזְמַן שֶׁהַפְּרוּסוֹת קַיָּימוֹת — בַּתְּחִלָּה מְבָרֵךְ עָלֶיהָ ״הַמּוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ״, וּלְבַסּוֹף מְבָרֵךְ עָלֶיהָ שָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת. אִם אֵין הַפְּרוּסוֹת קַיָּימוֹת — בַּתְּחִלָּה מְבָרֵךְ עָלֶיהָ ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״, וּלְבַסּוֹף מְבָרֵךְ עָלֶיהָ בְּרָכָה אַחַת מֵעֵין שָׁלֹשׁ.
Celui qui mâche du riz récite « boré péri haadama ». S'il l'a moulu, cuit au four, puis fait bouillir, même si les morceaux sont intacts, au début on récite « boré miné mezonot », et à la fin on récite la berakha unique abrégée des trois berakhot du Birkat Hamazon.
הַכּוֹסֵס אֶת הָאוֹרֶז מְבָרֵךְ עָלָיו ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״. טְחָנוֹ אֲפָאוֹ וּבִשְּׁלוֹ, אַף עַל פִּי שֶׁהַפְּרוּסוֹת קַיָּימוֹת, בַּתְּחִלָּה מְבָרֵךְ עָלָיו ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״, וּלְבַסּוֹף מְבָרֵךְ עָלָיו בְּרָכָה אַחַת מֵעֵין שָׁלֹשׁ.
La Guemara examine cette Tossefta : de quelle opinion procède-t-elle ? Si tu dis que c'est l'opinion de Rabbi Yohanan ben Nouri, qui a dit que le riz est une sorte de céréale, elle aurait dû dire que l'on doit réciter « hamotsi léhem min haarets » au préalable, et les trois berakhot du Birkat Hamazon ensuite, comme on le fait après avoir mangé du pain.
מַנִּי, אִילֵּימָא רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי הִיא דְּאָמַר אוֹרֶז מִין דָּגָן הוּא, ״הַמּוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ״ וְשָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת בָּעֵי בָּרוֹכֵי!
Au contraire, n'est-ce pas l'opinion des Sages, qui tiennent que le riz n'est pas une sorte de céréale, mais qui tiennent néanmoins que sur le riz on récite « boré miné mezonot » ? S'il en est ainsi, ceci constitue une réfutation décisive de l'opinion de Rav et de Chemouel.
אֶלָּא לָאו, רַבָּנַן הִיא, וּתְיוּבְתָּא דְּרַב וּשְׁמוּאֵל!
La Guemara conclut : en effet, ceci est une réfutation décisive de leur opinion.
תְּיוּבְתָּא.
Plus haut, il a été enseigné dans la Tossefta que le Maître a dit : celui qui mâche du blé récite « boré péri haadama ». La Guemara objecte : n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta que celui qui mâche du blé récite « qui crée les diverses sortes de graines » (boré miné zéraïm) ? La Guemara résout le problème : ceci n'est pas difficile, car c'est l'objet d'une controverse entre Tannaïm. Cette opinion-ci, selon laquelle on doit réciter « boré miné zéraïm », est l'opinion de Rabbi Yéhouda, et cette opinion-là, selon laquelle on doit réciter « boré péri haadama », est l'opinion des Sages. Ainsi que nous l'avons appris dans notre MISHNA : sur les herbes et les légumes-feuilles, on récite « boré péri haadama ». Rabbi Yéhouda dit : « qui crée les diverses sortes d'herbages » (boré miné dechaïm). Rabbi Yéhouda assigne des berakhot spécifiques à chaque type de plante, et il distingue à coup sûr entre les légumes en général et les graines.
אָמַר מָר: הַכּוֹסֵס אֶת הַחִטָּה מְבָרֵךְ עָלֶיהָ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״. וְהָתַנְיָא ״בּוֹרֵא מִינֵי זְרָעִים״! לָא קַשְׁיָא: הָא רַבִּי יְהוּדָה, וְהָא רַבָּנַן. דִּתְנַן: וְעַל יְרָקוֹת אוֹמֵר ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: ״בּוֹרֵא מִינֵי דְשָׁאִים״.
Il a été enseigné dans cette même Tossefta que le Maître a dit : celui qui mâche du riz récite « boré péri haadama ». S'il l'a moulu, cuit au four, puis fait bouillir, même si les morceaux sont intacts, au début on récite « boré miné mezonot », et à la fin on récite la berakha unique abrégée des trois berakhot du Birkat Hamazon.
אָמַר מָר, הַכּוֹסֵס אֶת הָאוֹרֶז מְבָרֵךְ עָלָיו ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״. טְחָנוֹ אֲפָאוֹ וּבִשְּׁלוֹ, אַף עַל פִּי שֶׁהַפְּרוּסוֹת קַיָּימוֹת, בַּתְּחִלָּה מְבָרֵךְ עָלָיו ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״, וּלְבַסּוֹף בְּרָכָה אַחַת מֵעֵין שָׁלֹשׁ.
Berakhot 37a
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ברכות ל״ז אמַסֶּכֶת בְּרָכוֹת