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Traité Berakhot

35b

Étude de Berakhot 35b

Étude de la Guémara 35b

Guémara
Et ici — là où il est dit que D.ieu a donné la terre aux fils de l'homme — cela se rapporte au moment où une berakha a été récitée.
כָּאן לְאַחַר בְּרָכָה.
Rabbi 'Hanina bar Pappa dit : Quiconque tire profit de ce monde sans berakha, c'est comme s'il volait le Saint béni soit-Il et l'assemblée d'Israël, ainsi qu'il est dit : « Celui qui vole son père et sa mère et dit : Ce n'est pas une transgression, celui-là est le compagnon d'un destructeur » (Michlé 28, 24). L'expression « son père » ne désigne nul autre que le Saint béni soit-Il, ainsi qu'il est dit : « N'est-Il pas ton Père qui t'a créé, qui t'a fait et t'a établi ? » (Devarim 32, 6). Et l'expression « sa mère » ne désigne nulle autre que l'assemblée d'Israël, ainsi qu'il est dit : « Écoute, mon fils, la discipline de ton père, et n'abandonne pas la Torah de ta mère » (Michlé 1, 8). La mention de la Torah comme émanant de la bouche de la mère signifie apparemment que ta mère, c'est l'assemblée d'Israël.
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא: כׇּל הַנֶּהֱנֶה מִן הָעוֹלָם הַזֶּה בְּלֹא בְּרָכָה כְּאִילּוּ גּוֹזֵל לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וּכְנֶסֶת יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״גּוֹזֵל אָבִיו וְאִמּוֹ וְאוֹמֵר אֵין פָּשַׁע חָבֵר הוּא לְאִישׁ מַשְׁחִית״. וְאֵין ״אָבִיו״ אֶלָּא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲלֹא הוּא אָבִיךְ קָּנֶךָ״, וְאֵין ״אִמּוֹ״ אֶלָּא כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שְׁמַע בְּנִי מוּסַר אָבִיךָ וְאַל תִּטּוֹשׁ תּוֹרַת אִמֶּךָ״.
Que signifie la suite du verset : « Il est le compagnon d'un destructeur » ? Rabbi 'Hanina bar Pappa dit : Il est le compagnon de Yarovam ben Nevat, qui corrompit Israël devant leur Père qui est aux cieux, en péchant et en faisant pécher les autres.
מַאי ״חָבֵר הוּא לְאִישׁ מַשְׁחִית״? אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא: חָבֵר הוּא לְיָרׇבְעָם בֶּן נְבָט שֶׁהִשְׁחִית אֶת יִשְׂרָאֵל לַאֲבִיהֶם שֶׁבַּשָּׁמַיִם.
Dans le même esprit, la Guemara rapporte que Rabbi 'Hanina bar Pappa souleva une contradiction : Il est écrit : « Je reprendrai mon blé en son temps, et mon vin en sa saison » (Hochéa 2, 11), et il est écrit : « Tu recueilleras ton blé, ton vin et ton huile » (Devarim 11, 14). À qui donc appartient le blé : à D.ieu, ou au peuple ?
רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא רָמֵי: כְּתִיב ״וְלָקַחְתִּי דְגָנִי בְּעִתּוֹ וְגוֹ׳״, וּכְתִיב ״וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ וְגוֹ׳״.
La Guemara répond : Cela n'est pas difficile. Ici — là où D.ieu promet à Israël qu'ils recueilleront leur blé — le verset vise un temps où ils accomplissent la volonté de D.ieu. Là — là où le verset indique que le blé appartient à D.ieu — il vise un temps où ils n'accomplissent pas la volonté de D.ieu, car alors Il reprendra le blé, montrant ainsi qu'il Lui appartient.
לָא קַשְׁיָא: כָּאן בִּזְמַן שֶׁיִּשְׂרָאֵל עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם, כָּאן בִּזְמַן שֶׁאֵין יִשְׂרָאֵל עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם.
Les Sages ont enseigné : Que vient nous apprendre ce que dit le verset : « Tu recueilleras ton blé » ? Parce qu'il est dit : « Ce livre de la Torah ne s'éloignera pas de ta bouche, et tu y méditeras jour et nuit » (Yehochoua 1, 8), j'aurais pu penser que ces propos doivent être pris à la lettre, c'est-à-dire qu'on doit passer ses journées plongé exclusivement dans l'étude de la Torah. C'est pourquoi le verset dit : « Tu recueilleras ton blé, ton vin et ton huile » — adopte à leur égard la conduite ordinaire du monde (dérekh érets) : réserve du temps non seulement pour la Torah, mais aussi pour le travail. Telle est l'opinion de Rabbi Yichmaël.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ״ מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? — לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא יָמוּשׁ סֵפֶר הַתּוֹרָה הַזֶּה מִפִּיךָ״ — יָכוֹל דְּבָרִים כִּכְתָבָן, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ״ — הַנְהֵג בָּהֶן מִנְהַג דֶּרֶךְ אֶרֶץ, דִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל.
Rabbi Chimon ben Yo'haï dit : Est-il possible qu'un homme laboure au temps du labour, sème au temps des semailles, moissonne au temps de la moisson, batte au temps du battage et vanne au temps du vent — car le grain est séparé de la paille au moyen du vent — et reste ainsi constamment occupé ; qu'adviendra-t-il alors de la Torah ? Il faut au contraire se consacrer exclusivement à la Torah, aux dépens des autres occupations ; car lorsque Israël accomplit la volonté de D.ieu, leur travail est accompli par d'autres, ainsi qu'il est dit : « Des étrangers se tiendront là et feront paître vos troupeaux, et des fils de l'étranger seront vos laboureurs et vos vignerons » (Yechaya 61, 5). Et lorsque Israël n'accomplit pas la volonté de D.ieu, leur travail est accompli par eux-mêmes, ainsi qu'il est dit : « Tu recueilleras ton blé. » Bien plus : s'ils manquent à accomplir la volonté de D.ieu, c'est le travail des autres qui sera accompli par eux, ainsi qu'il est dit : « Tu serviras ton ennemi que D.ieu enverra contre toi, dans la faim, dans la soif, dans la nudité et dans le manque de tout » (Devarim 28, 48).
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי אוֹמֵר: אֶפְשָׁר אָדָם חוֹרֵשׁ בִּשְׁעַת חֲרִישָׁה, וְזוֹרֵעַ בִּשְׁעַת זְרִיעָה, וְקוֹצֵר בִּשְׁעַת קְצִירָה, וְדָשׁ בִּשְׁעַת דִּישָׁה, וְזוֹרֶה בִּשְׁעַת הָרוּחַ, תּוֹרָה מַה תְּהֵא עָלֶיהָ? אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁיִּשְׂרָאֵל עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם — מְלַאכְתָּן נַעֲשֵׂית עַל יְדֵי אֲחֵרִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעָמְדוּ זָרִים וְרָעוּ צֹאנְכֶם וְגוֹ׳״, וּבִזְמַן שֶׁאֵין יִשְׂרָאֵל עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם — מְלַאכְתָּן נַעֲשֵׂית עַל יְדֵי עַצְמָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ״. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁמְּלֶאכֶת אֲחֵרִים נַעֲשֵׂית עַל יָדָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעָבַדְתָּ אֶת אוֹיְבֶךָ וְגוֹ׳״.
Résumant cette controverse, Abayé dit : Quoiqu'il y ait place pour les deux opinions, beaucoup ont agi selon l'opinion de Rabbi Yichmaël — alliant le gagne-pain et l'étude de la Torah — et, bien qu'ils se soient adonnés à d'autres activités que l'étude de la Torah, ils ont réussi dans leur étude. Beaucoup ont agi selon l'opinion de Rabbi Chimon ben Yo'haï, et n'ont pas réussi dans leur étude ; ils finirent par devoir abandonner l'étude de la Torah tout à fait.
אָמַר אַבָּיֵי: הַרְבֵּה עָשׂוּ כְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל, וְעָלְתָה בְּיָדָן. כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי, וְלֹא עָלְתָה בְּיָדָן.
De même, Rava dit aux Sages qui fréquentaient sa maison d'étude : Je vous en prie ; durant les mois de Nissan et de Tichri — les périodes agricoles cruciales — ne paraissez pas devant moi. Adonnez-vous alors à vos travaux des champs, afin de ne pas être préoccupés par votre subsistance toute l'année.
אֲמַר לְהוּ רָבָא לְרַבָּנַן: בְּמָטוּתָא מִינַּיְיכוּ, בְּיוֹמֵי נִיסָן וּבְיוֹמֵי תִּשְׁרֵי לָא תִּתְחֲזוֹ קַמַּאי, כִּי הֵיכִי דְּלָא תִּטַּרְדוּ בִּמְזוֹנַיְיכוּ כּוּלָּא שַׁתָּא.
Résumant ces propos, Rabba bar bar 'Hana dit que Rabbi Yo'hanan dit au nom du tana Rabbi Yehouda, fils de Rabbi Ilaï : Viens et vois que les dernières générations ne sont pas comme les premières ; elles leur sont au contraire inférieures. Les premières générations faisaient de leur Torah leur occupation permanente et de leur travail leur occupation occasionnelle, et l'une — l'étude de la Torah — comme l'autre — leur travail — leur réussissaient. Mais les dernières générations, qui ont fait de leur travail leur occupation permanente et de leur Torah leur occupation occasionnelle, n'ont réussi ni dans l'une ni dans l'autre.
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה בְּרַבִּי אִלְעַאי: בֹּא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּדוֹרוֹת הָרִאשׁוֹנִים דּוֹרוֹת הָאַחֲרוֹנִים. דּוֹרוֹת הָרִאשׁוֹנִים עָשׂוּ תּוֹרָתָן קֶבַע וּמְלַאכְתָּן עֲרַאי, זוֹ וָזוֹ נִתְקַיְּימָה בְּיָדָן. דּוֹרוֹת הָאַחֲרוֹנִים שֶׁעָשׂוּ מְלַאכְתָּן קֶבַע וְתוֹרָתָן עֲרַאי, זוֹ וָזוֹ לֹא נִתְקַיְּימָה בְּיָדָן.
Et Rabba bar bar 'Hana dit que Rabbi Yo'hanan dit au nom de Rabbi Yehouda, fils de Rabbi Ilaï : Viens et vois que les dernières générations ne sont pas comme les premières. Dans les premières générations, les gens rentraient leurs fruits par la porte principale (teraksemon) afin de les rendre assujettis aux dîmes. Mais les dernières générations rentrent leurs fruits par les toits, par les cours et par les enclos, évitant la porte principale afin de les soustraire à la mitsva des dîmes. Car Rabbi Yannaï a dit : Les produits non encore dîmés (tével) ne sont assujettis à la dîme que lorsqu'ils voient la façade de la maison — la porte par laquelle on entre et on sort — et qu'ils sont rentrés dans la maison de cette façon, ainsi qu'il est dit dans la formule de la confession des dîmes : « J'ai ôté de la maison ce qui est consacré » (Devarim 26, 13) ; car l'obligation de dîmer des produits dont la destination n'a pas encore été fixée ne prend effet que lorsqu'on les rentre dans la maison.
וְאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה בְּרַבִּי אִלְעַאי: בֹּא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּדוֹרוֹת הָרִאשׁוֹנִים דּוֹרוֹת הָאַחֲרוֹנִים. דּוֹרוֹת הָרִאשׁוֹנִים הָיוּ מַכְנִיסִין פֵּירוֹתֵיהֶן דֶּרֶךְ טְרַקְסְמוֹן כְּדֵי לְחַיְּיבָן בְּמַעֲשֵׂר, דּוֹרוֹת הָאַחֲרוֹנִים מַכְנִיסִין פֵּירוֹתֵיהֶן דֶּרֶךְ גַּגּוֹת, דֶּרֶךְ חֲצֵרוֹת, דֶּרֶךְ קַרְפֵּיפוֹת, כְּדֵי לְפׇטְרָן מִן הַמַּעֲשֵׂר. דְּאָמַר רַבִּי יַנַּאי: אֵין הַטֶּבֶל מִתְחַיֵּיב בְּמַעֲשֵׂר עַד שֶׁיִּרְאֶה פְּנֵי הַבַּיִת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בִּעַרְתִּי הַקֹּדֶשׁ מִן הַבַּיִת״.
Et Rabbi Yo'hanan dit : Même de les rentrer dans la cour fixe leur statut — cela achève le processus de production et rend les produits assujettis à la dîme — ainsi qu'il est écrit dans la confession des dîmes : « Je l'ai donné au Lévi, à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve, et ils mangeront dans tes portes et se rassasieront » (Devarim 26, 12).
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ חָצֵר קוֹבַעַת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאָכְלוּ בִשְׁעָרֶיךָ וְשָׂבֵעוּ״.
Berakhot 35b
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ברכות ל״ה במַסֶּכֶת בְּרָכוֹת