Il convient toutefois qu'un Cohen Gadol [grand prêtre] s'incline à la fin de chaque bénédiction ; et qu'un roi s'incline au début de chaque bénédiction et à la fin de chaque bénédiction. Car plus le rang d'une personne est élevé, plus il importe qu'elle manifeste sa soumission à D.ieu.
כֹּהֵן גָּדוֹל, בְּסוֹף כׇּל בְּרָכָה וּבְרָכָה. וְהַמֶּלֶךְ, תְּחִלַּת כׇּל בְּרָכָה וּבְרָכָה וְסוֹף כׇּל בְּרָכָה וּבְרָכָה.
Rabbi Yits'hak bar Na'hmani a dit : cela m'a été expliqué directement par Rabbi Yéhochoua ben Lévi lui-même d'une autre manière : une personne ordinaire se conduit comme nous l'avons dit ; un Cohen Gadol s'incline au début de chaque bénédiction ; le roi, une fois qu'il s'est incliné au début de la première bénédiction, ne se relève pas avant d'avoir achevé toute la prière, car il est dit : « Et il advint, quand Chelomo eut achevé d'adresser à D.ieu toute sa prière, qu'il se leva de devant l'autel de D.ieu, où il était agenouillé sur ses genoux, les mains étendues vers les cieux » (Mélakhim I 8, 54).
אָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי: לְדִידִי מִפָּרְשָׁא לִי מִינֵּיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הֶדְיוֹט, כְּמוֹ שֶׁאָמַרְנוּ. כֹּהֵן גָּדוֹל, תְּחִלַּת כׇּל בְּרָכָה וּבְרָכָה. הַמֶּלֶךְ — כֵּיוָן שֶׁכָּרַע שׁוּב אֵינוֹ זוֹקֵף, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי כְּכַלּוֹת שְׁלֹמֹה לְהִתְפַּלֵּל וְגוֹ׳ קָם מִלִּפְנֵי מִזְבַּח ה׳ מִכְּרֹעַ עַל בִּרְכָּיו״.
Ayant mentionné Chelomo s'inclinant, la Guemara distingue divers types d'inclinaison. Les Sages ont enseigné dans une braïta : le terme kidda désigne l'inclinaison sur le visage, le visage tourné vers le sol, car il est dit : « Et Bat-Chéva s'inclina [vatikod], le visage contre terre » (Mélakhim I 1, 31). Keria désigne l'inclinaison sur les genoux, car à propos de Chelomo il est dit : il acheva de prier et « il se leva de devant l'autel de D.ieu, où il était agenouillé [mikkéroa] sur ses genoux ». Enfin, hichta'havaa, c'est l'inclinaison où l'on étend les mains et les jambes en totale soumission, car il est dit, dans la question de Yaakov à Yossef en réponse à son rêve : « Viendrons-nous, moi, ta mère et tes frères, nous prosterner [léhichta'havot] devant toi jusqu'à terre ? » (Béréchit 37, 10).
תָּנוּ רַבָּנַן: קִידָּה — עַל אַפַּיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַתִּקֹּד בַּת שֶׁבַע אַפַּיִם אֶרֶץ״. כְּרִיעָה — עַל בִּרְכַּיִם, שֶׁנֶּאֱמַר ״מִכְּרֹעַ עַל בִּרְכָּיו״. הִשְׁתַּחֲוָאָה — זוֹ פִּשּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲבוֹא נָבוֹא אֲנִי וְאִמְּךָ וְאַחֶיךָ לְהִשְׁתַּחֲוֹת לְךָ אָרְצָה״.
Sur le thème de l'inclinaison, Rav 'Hiya, fils de Rav Houna, a dit : j'ai vu Abayé et Rava qui penchaient la tête sans se prosterner effectivement sur le sol.
אָמַר רַב חִיָּיא בְּרֵיהּ דְּרַב הוּנָא: חֲזֵינָא לְהוּ לְאַבָּיֵי וְרָבָא דְּמַצְלוּ אַצְלוֹיֵי.
La Guemara demande : une braïta a enseigné : celui qui s'incline dans la bénédiction de reconnaissance (« Hodaa »), cela est louable. Et il a été enseigné dans une autre braïta : celui qui s'incline dans la bénédiction de reconnaissance, cela est blâmable. Ces deux braïtot se contredisent.
תָּנֵי חֲדָא: הַכּוֹרֵעַ בַּהוֹדָאָה — הֲרֵי זֶה מְשׁוּבָּח. וְתַנְיָא אִידַּךְ: הֲרֵי זֶה מְגוּנֶּה!
La Guemara concilie ces deux braïtot : cela n'est pas difficile ; cette braïta-ci, qui fait l'éloge de celui qui s'incline dans la bénédiction de reconnaissance, vise celui qui s'incline au début de la bénédiction. Cette braïta-là, qui blâme celui qui s'incline dans la bénédiction de reconnaissance, vise celui qui s'incline à la fin de la bénédiction.
לָא קַשְׁיָא: הָא בַּתְּחִלָּה, הָא לְבַסּוֹף.
Rava s'inclinait dans la bénédiction de reconnaissance, au début et à la fin. Les Sages lui dirent : pourquoi notre maître agit-il ainsi ? Il leur répondit : j'ai vu Rav Na'hman qui s'inclinait dans la bénédiction de reconnaissance, et j'ai vu Rav Chéchet qui faisait de même.
רָבָא כָּרַע בְּהוֹדָאָה תְּחִלָּה וָסוֹף. אָמְרִי לֵיהּ רַבָּנַן: אַמַּאי קָא עָבֵיד מָר הָכִי? אָמַר לְהוּ: חֲזֵינָא לְרַב נַחְמָן דְּכָרַע וַחֲזֵינָא לֵיהּ לְרַב שֵׁשֶׁת דְּקָא עָבֵד הָכִי.
Mais n'a-t-il pas été enseigné dans une braïta que celui qui s'incline dans la reconnaissance, cela est blâmable ?
וְהָתַנְיָא הַכּוֹרֵעַ בַּהוֹדָאָה — הֲרֵי זֶה מְגוּנֶּה!
Rava expliqua : cette braïta vise celui qui s'incline dans la reconnaissance qui se trouve dans le Hallel, lorsqu'on récite : « Rendez grâce à D.ieu. » Là, s'incliner est inconvenant.
הַהִיא בְּהוֹדָאָה שֶׁבְּ״הַלֵּל״.
Les Sages continuent de mettre en cause la conduite de Rava : mais n'a-t-il pas été enseigné explicitement dans une braïta : celui qui s'incline dans la reconnaissance, ou dans la reconnaissance du Hallel, cela est blâmable ? Le terme « reconnaissance » sans précision ne vise pas la reconnaissance du Hallel ; il vise à l'évidence la bénédiction de reconnaissance récitée dans la Amida. Celui qui s'incline dans l'une ou l'autre, cela est blâmable.
וְהָתַנְיָא: הַכּוֹרֵעַ בַּהוֹדָאָה וּבַהוֹדָאָה שֶׁל ״הַלֵּל״ — הֲרֵי זֶה מְגוּנֶּה.
La Guemara rejette aussi cette objection : lorsque cette braïta a été enseignée, c'était en référence à la bénédiction de reconnaissance, la deuxième bénédiction récitée dans le Birkat HaMazon [actions de grâces après le repas] : « Nous Te rendons grâce ».
כִּי תַּנְיָא הַהִיא בְּהוֹדָאָה דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן.
Mishna 1
MICHNA : Concluant son examen des lois de la prière, la michna traite d'aspects moins pratiques de la prière. Celui qui prie et s'aperçoit qu'il s'est trompé dans sa prière, c'est pour lui un mauvais présage ; cela lui indique que sa prière n'a pas été agréée. Et si celui qui s'est trompé est l'officier de la prière communautaire, c'est un mauvais présage pour ceux qui l'ont envoyé, car l'émissaire d'une personne a un statut juridique équivalent au sien. Dans le même esprit, on rapporta au sujet de Rabbi 'Hanina ben Dossa qu'il priait en faveur des malades et disait : celui-ci se rétablira de sa maladie et vivra, et celui-là mourra. Quand on lui dit : d'où le sais-tu ? Il leur répondit : si ma prière est fluide dans ma bouche tandis que je la récite, et qu'il n'y a pas d'erreurs, je sais qu'elle est agréée. Et sinon, je sais qu'elle est rejetée.
מַתְנִי׳ הַמִּתְפַּלֵּל וְטָעָה — סִימָן רַע לוֹ. וְאִם שְׁלִיחַ צִבּוּר הוּא — סִימָן רַע לְשׁוֹלְחָיו, מִפְּנֵי שֶׁשְּׁלוּחוֹ שֶׁל אָדָם כְּמוֹתוֹ. אָמְרוּ עָלָיו עַל רַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא שֶׁהָיָה מִתְפַּלֵּל עַל הַחוֹלִים, וְאוֹמֵר: ״זֶה חַי, וְזֶה מֵת״. אָמְרוּ לוֹ: מִנַּיִן אַתָּה יוֹדֵעַ? אָמַר לָהֶם: אִם שְׁגוּרָה תְּפִלָּתִי בְּפִי — יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁהוּא מְקוּבָּל. וְאִם לָאו — יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁהוּא מְטוֹרָף.(משנה)