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Traité Berakhot

34a

Étude de Berakhot 34a

Étude de la Mishna & Guémara 34a

Peut-on avoir avec le Ciel un tel degré de familiarité, au point de prendre ses paroles à la légère et de les dire comme bon nous semble ? S'il n'a pas dirigé son attention dès le commencement, on le frappe avec un marteau de forgeron jusqu'à ce qu'il dirige son attention, car une conduite de cette sorte est inacceptable.
חַבְרוּתָא כְּלַפֵּי שְׁמַיָּא מִי אִיכָּא?! אִי לָא כַּוֵּון דַּעְתֵּיהּ מֵעִיקָּרָא — מָחֵינַן לֵיהּ בְּמַרְזַפְתָּא דְנַפָּחָא עַד דִּמְכַוֵּין דַּעְתֵּיהּ.
Mishna 1
MICHNA : Cette michna et la suivante traitent de l'officier de la prière communautaire. (Celui qui dit : « Que les bons Te bénissent », voilà une voie d'hérésie.) Celui qui passe devant l'arche [comme officier de la prière] et se trompe, un autre doit aussitôt passer à sa place, et à ce moment-là, ce remplaçant ne doit pas refuser par souci de courtoisie. La prière de la Amida a été interrompue, et il doit le remplacer aussi vite que possible. À partir d'où le remplaçant commence-t-il ? À partir du début de la bénédiction dans laquelle le premier s'était trompé.
מַתְנִי׳ (הָאוֹמֵר: ״יְבָרְכוּךָ טוֹבִים״ — הֲרֵי זֶה דַּרְכֵי מִינוּת). הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה וְטָעָה — יַעֲבוֹר אַחֵר תַּחְתָּיו, וְלֹא יְהֵא סָרְבָן בְּאוֹתָהּ שָׁעָה. מֵהֵיכָן הוּא מַתְחִיל? מִתְּחִלַּת הַבְּרָכָה שֶׁטָּעָה זֶה.(משנה)
Afin d'empêcher l'officier de la prière de se tromper dans sa prière, il a été dit que celui qui passe devant l'arche ne doit pas répondre « amen » après la bénédiction des Cohanim, à cause d'une confusion possible. Puisque la michna décrit une situation où il priait sans livre de prières, répondre « amen » interromprait l'ordre de la prière et risquerait de l'amener à entamer une bénédiction différente. Pour cette raison, même s'il n'y a d'autre Cohen que l'officier de la prière communautaire lui-même, il ne lève pas les mains pour bénir le peuple, de peur d'être pris de confusion. Toutefois, s'il est certain de pouvoir lever les mains et reprendre sa prière sans être pris de confusion, il lui est permis de réciter la bénédiction.
הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה לֹא יַעֲנֶה ״אָמֵן״ אַחַר הַכֹּהֲנִים, מִפְּנֵי הַטֵּרוּף. וְאִם אֵין שָׁם כֹּהֵן אֶלָּא הוּא — לֹא יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו. וְאִם הַבְטָחָתוֹ שֶׁהוּא נוֹשֵׂא אֶת כַּפָּיו, וְחוֹזֵר לִתְפִלָּתוֹ — רַשַּׁאי.
Guémara
GUEMARA : La michna enseigne que celui qui remplace un officier de la prière communautaire s'étant trompé au milieu de la Amida ne doit pas refuser quand on l'y invite. La Guemara cite la halakha générale relative à la conduite convenable lorsqu'on est invité à servir comme officier de la prière. Les Sages ont enseigné dans une braïta : celui qu'on invite à passer devant l'arche pour servir comme officier de la prière doit, par bienséance, refuser, afin d'éviter de donner l'impression qu'il s'y montre trop empressé. Et s'il ne refuse pas, mais saute sur l'occasion, il est pareil à un mets cuit sans sel, ce qui revient à dire qu'il agit avec mauvais goût. Cependant, s'il refuse à l'excès, cela est tout aussi inconvenant, car il est pareil à un mets cuit que trop de sel a gâté. Comment doit-il donc agir ? La conduite convenable, lorsqu'on est invité à servir comme officier de la prière communautaire, est la suivante : la première fois qu'on l'y invite, on doit refuser ; la deuxième fois, on doit hésiter, telle une mèche qui vient de prendre la flamme mais ne brûle pas encore ; et la troisième fois, il doit étendre les jambes et descendre devant l'arche.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה — צָרִיךְ לְסָרֵב. וְאִם אֵינוֹ מְסָרֵב — דּוֹמֶה לְתַבְשִׁיל שֶׁאֵין בּוֹ מֶלַח. וְאִם מְסָרֵב יוֹתֵר מִדַּאי — דּוֹמֶה לְתַבְשִׁיל שֶׁהִקְדִּיחַתּוּ מֶלַח. כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה: פַּעַם רִאשׁוֹנָה — יְסָרֵב, שְׁנִיָּה — מְהַבְהֵב, שְׁלִישִׁית — פּוֹשֵׁט אֶת רַגְלָיו וְיוֹרֵד.
À ce propos, la Guemara cite ce que les Sages ont enseigné dans une braïta : il y a trois choses qui sont nuisibles en excès mais bénéfiques quand on en use avec mesure. Ce sont : le levain dans la pâte, le sel dans un mets cuit, et le refus par souci de bienséance.
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה רוּבָּן — קָשֶׁה, וּמִיעוּטָן — יָפֶה, וְאֵלּוּ הֵן: שְׂאוֹר, וּמֶלַח, וְסָרְבָנוּת.
La michna énonce que celui qui remplace l'officier de la prière communautaire commence au début de la bénédiction dans laquelle le premier s'était trompé. Toutefois, cela n'est pas universellement vrai, car Rav Houna a dit : celui qui s'est trompé dans l'une des trois premières bénédictions doit retourner au début de la Amida, parce que les trois premières bénédictions forment une seule entité. De même, si l'on s'est trompé dans l'une des treize bénédictions médianes, on retourne à la bénédiction : « Toi qui gratifies l'homme [de connaissance] » (« Ata 'honen »), la première des bénédictions médianes. Si l'on s'est trompé dans l'une des trois dernières bénédictions, on doit retourner à la bénédiction du service du Temple (« Avoda »), qui est la première des dernières bénédictions.
אָמַר רַב הוּנָא: טָעָה בְּשָׁלֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת — חוֹזֵר לָרֹאשׁ. בְּאֶמְצָעִיּוֹת — חוֹזֵר לְ״אַתָּה חוֹנֵן״. בְּאַחֲרוֹנוֹת — חוֹזֵר לָ״עֲבוֹדָה״.
Et Rav Assi conteste un aspect de l'opinion de Rav Houna, car il a dit : les bénédictions médianes n'ont pas d'ordre fixe. Si l'on s'est trompé dans l'une d'elles, on peut l'insérer au point où l'on s'aperçoit de son erreur.
וְרַב אַסִּי אָמַר: אֶמְצָעִיּוֹת אֵין לָהֶן סֵדֶר.
Rav Chéchet souleva une objection à partir d'une braïta : à partir d'où reprend-il la Amida ? Il reprend au début de la bénédiction dans laquelle le premier s'était trompé. S'il en est ainsi, voilà une réfutation décisive de l'opinion de Rav Houna, puisque Rav Houna a dit que si l'on s'est trompé dans l'une des bénédictions médianes, on retourne au début des bénédictions médianes, et non au début de cette bénédiction particulière.
מֵתִיב רַב שֵׁשֶׁת: מֵהֵיכָן הוּא חוֹזֵר — מִתְּחִלַּת הַבְּרָכָה שֶׁטָּעָה זֶה. תְּיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא.
Rav Houna aurait pu te répondre : les bénédictions médianes sont toutes considérées comme une seule bénédiction ; commencer au début de la bénédiction signifie retourner au début des bénédictions médianes.
אָמַר לְךָ רַב הוּנָא: אֶמְצָעִיּוֹת כּוּלְּהוּ חֲדָא בִּרְכְתָא נִינְהוּ.
Rav Yéhouda a dit : il y a une distinction supplémentaire entre les diverses sections de la Amida : on ne doit jamais demander ses propres besoins dans les trois premières ni dans les trois dernières bénédictions ; on doit le faire plutôt dans les bénédictions médianes. Car Rabbi 'Hanina a dit : pendant les trois premières bénédictions, on est pareil à un serviteur qui dispose des louanges devant son maître ; pendant les bénédictions médianes, on est pareil à un serviteur qui demande une gratification à son maître ; pendant les trois dernières bénédictions, on est pareil à un serviteur qui a déjà reçu une gratification de son maître, et qui prend congé et s'en va.
אָמַר רַב יְהוּדָה: לְעוֹלָם אַל יִשְׁאַל אָדָם צְרָכָיו לֹא בְּשָׁלֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת, וְלֹא בְּשָׁלֹשׁ אַחֲרוֹנוֹת, אֶלָּא בְּאֶמְצָעִיּוֹת. דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: רִאשׁוֹנוֹת — דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁמְּסַדֵּר שֶׁבַח לִפְנֵי רַבּוֹ. אֶמְצָעִיּוֹת — דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁמְבַקֵּשׁ פְּרָס מֵרַבּוֹ. אַחֲרוֹנוֹת — דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁקִּבֵּל פְּרָס מֵרַבּוֹ, וְנִפְטָר וְהוֹלֵךְ לוֹ.
Poursuivant sur le sujet de la prière, les Sages ont enseigné : il advint qu'un disciple descendit servir comme officier de la prière devant l'arche en présence de Rabbi Éliézer, et il prolongeait sa prière à l'excès. Ses disciples se plaignirent et lui dirent : comme il est prolixe ! Il leur répondit : ce disciple prolonge-t-il sa prière plus que Moché Rabbénou ne le fit ? Car à propos de Moché il est écrit : « Et je me prosternai devant D.ieu durant les quarante jours et les quarante nuits que je me prosternai » (Devarim 9, 25). Il n'y a pas de limite à la durée d'une prière.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּתַלְמִיד אֶחָד שֶׁיָּרַד לִפְנֵי הַתֵּיבָה בִּפְנֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְהָיָה מַאֲרִיךְ יוֹתֵר מִדַּאי. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: כַּמָּה אָרְכָן הוּא זֶה! אָמַר לָהֶם: כְּלוּם מַאֲרִיךְ יוֹתֵר מִמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ, דִּכְתִיב בֵּיהּ: ״אֵת אַרְבָּעִים הַיּוֹם וְאֶת אַרְבָּעִים הַלַּיְלָה וְגוֹ׳״?!
Il advint encore qu'un disciple descendit servir comme officier de la prière devant l'arche en présence de Rabbi Éliézer, et il abrégeait sa prière à l'excès. Ses disciples protestèrent et lui dirent : comme sa prière est brève ! Il leur répondit : abrège-t-il sa prière plus que Moché Rabbénou ne le fit ? Car il est écrit, à propos de la prière que Moché récita en implorant D.ieu de guérir Miriam de sa lèpre : « Et Moché cria vers D.ieu, en disant : De grâce, D.ieu, guéris-la, de grâce » (Bamidbar 12, 13). La prière de ce disciple n'était certes pas plus brève que les quelques mots récités par Moché.
שׁוּב מַעֲשֶׂה בְּתַלְמִיד אֶחָד שֶׁיָּרַד לִפְנֵי הַתֵּיבָה בִּפְנֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְהָיָה מְקַצֵּר יוֹתֵר מִדַּאי. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: כַּמָּה קַצְרָן הוּא זֶה! אָמַר לָהֶם: כְּלוּם מְקַצֵּר יוֹתֵר מִמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ, דִּכְתִיב: ״אֵל נָא רְפָא נָא לָהּ״.
Berakhot 34a
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