Il existe des avis divergents sur la récitation de la Havdala sur la coupe de vin après l'avoir récitée dans la Amida. Un avis tient qu'il convient de réciter la Havdala une seconde fois, tandis que l'autre tient que cela est défendu. Ravina dit à Rava : Quelle est la halakha ? Rava lui dit : La halakha dans le cas de la Havdala est comme celle du Kidouch. De même que pour le Kidouch, bien que l'on ait récité le Kidouch dans la Amida, on doit néanmoins réciter de nouveau le Kidouch sur la coupe de vin, de même pour la Havdala : bien que l'on ait récité la Havdala dans la Amida, on doit réciter de nouveau la Havdala sur la coupe de vin.
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרָבָא: הִלְכְתָא מַאי? אֲמַר לֵיהּ, כִּי קִידּוּשׁ: מָה קִידּוּשׁ אַף עַל גַּב דִּמְקַדֵּשׁ בִּצְלוֹתָא מְקַדֵּשׁ אַכָּסָא, אַף הַבְדָּלָה נָמֵי, אַף עַל גַּב דְּמַבְדֵּיל בִּצְלוֹתָא מַבְדֵּיל אַכָּסָא.
La Michna énonce que Rabbi Éliézer dit : Elle se récite dans la dix-septième bénédiction de la Amida, la bénédiction de l'action de grâces.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בְּ״הוֹדָאָה״.
La Guémara cite la conclusion de cette halakha en rapportant un fait : Rabbi Zéra chevauchait un âne tandis que Rabbi 'Hiya bar Avin venait, marchant derrière lui. Il lui dit : Est-il vrai que tu as dit, au nom de Rabbi Yo'hanan, que la halakha est conforme à l'avis de Rabbi Éliézer dans le cas d'une fête qui tombe immédiatement après le Chabbat ? Car en ce cas, on ne peut réciter la Havdala dans la bénédiction « Toi qui accordes gracieusement la connaissance », celle-ci n'étant pas incluse dans la Amida d'un jour de fête ; il n'y a donc pas d'autre choix que d'adopter la décision de Rabbi Éliézer. Il lui dit : Oui.
רַבִּי זֵירָא הֲוָה רְכִיב חֲמָרָא, הֲוָה קָא שָׁקֵיל וְאָזֵיל רַבִּי חִיָּיא בַּר אָבִין בָּתְרֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: וַדַּאי דְּאָמְרִיתוּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּיוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת אַחַר הַשַּׁבָּת? אֲמַר לֵיהּ: אִין.
La Guémara s'étonne : Dire que la halakha est conforme à l'avis de Rabbi Éliézer indique que ses pairs contestent son avis. Où trouvons-nous ce différend ?
הֲלָכָה — מִכְלָל דִּפְלִיגִי?
La Guémara rejette cela : Et ne contestent-ils pas son avis ? Les Sages [Rabbanan] ne contestent-ils pas son avis, eux qui tiennent que la bénédiction de la Havdala se récite dans la bénédiction « Toi qui accordes gracieusement la connaissance » ?
וְלָא פְּלִיגִי? וְהָא פְּלִיגִי רַבָּנַן.
La Guémara répond : Dis que les Sages contestent l'avis de Rabbi Éliézer durant le reste des jours de l'année, lorsque existe la possibilité de réciter la Havdala dans la bénédiction « Toi qui accordes gracieusement la connaissance » ; mais dans le cas d'une fête qui tombe immédiatement après le Chabbat, le contestent-ils ? En ce cas, les Sages seraient d'accord avec lui.
אֵימַר דִּפְלִיגִי רַבָּנַן בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה, בְּיוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת אַחַר הַשַּׁבָּת מִי פְּלִיגִי?
La Guémara poursuit : Rabbi Akiva ne conteste-t-il pas son avis ? Il tient que la Havdala se récite comme une quatrième bénédiction indépendante, auquel cas il y a bien un différend.
וְהָא פְּלִיג רַבִּי עֲקִיבָא!
La Guémara répond : Est-ce à dire que toute l'année durant nous agissons selon l'avis de Rabbi Akiva en cette matière, de sorte que maintenant, lors d'une fête qui tombe immédiatement après le Chabbat, nous nous lèverions pour agir selon son avis ? Quelle est la raison pour laquelle, toute l'année durant, nous n'agissons pas selon l'avis de Rabbi Akiva ? Parce que les Sages ont institué dix-huit bénédictions, ils n'en ont pas institué dix-neuf. Ici aussi, les Sages ont institué sept bénédictions, ils n'en ont pas institué huit. C'est pourquoi l'avis de Rabbi Akiva n'est pas pris en compte en ce cas.
אַטּוּ כׇּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ מִי עָבְדִינַן כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּהַשְׁתָּא נֵיקוּ וְנַעֲבֵיד כְּווֹתֵיהּ?! כׇּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ מַאי טַעְמָא לָא עָבְדִינַן כְּרַבִּי עֲקִיבָא — דְּתַמְנֵי סְרֵי תַּקּוּן, תְּשַׁסְרֵי לָא תַּקּוּן. הָכָא נָמֵי, שָׁב תַּקּוּן תַּמְנֵי לָא תַּקּוּן.
En réponse à ces questions, Rabbi Zéra lui dit que ce n'est pas que « la halakha est conforme à l'avis de Rabbi Éliézer » qui fut énoncé au nom de Rabbi Yo'hanan — d'où l'on pourrait inférer qu'il y avait effectivement un différend — mais plutôt que « l'on penche en faveur » de l'avis de Rabbi Éliézer qui fut énoncé au nom de Rabbi Yo'hanan.
אֲמַר לֵיהּ: לָאו ״הֲלָכָה״ אִתְּמַר, אֶלָּא ״מַטִּין״ אִתְּמַר.
Car de fait il fut énoncé qu'il existe un différend entre les Sages en cette matière. Rav Yits'hak bar Avdimi dit au nom de notre Maître, Rav : La halakha est conforme à l'avis de Rabbi Éliézer. Et certains rapportent cet énoncé ainsi : L'on penche en faveur de l'avis de Rabbi Éliézer.
דְּאִתְּמַר, רַבִּי יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי אָמַר מִשּׁוּם רַבֵּנוּ: הֲלָכָה, וְאָמְרִי לַהּ: מַטִּין.
Rabbi Yo'hanan dit qu'il n'y a pas de différend ici, et que les Sages s'accordent avec Rabbi Éliézer. Et Rabbi 'Hiya bar Abba dit qu'il fut établi que l'avis de Rabbi Éliézer paraît être le bon.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: מוֹדִים. וְרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר: נִרְאִין.
À propos de cette divergence d'opinions, Rabbi Zéra dit : Tiens en main cet énoncé de Rabbi 'Hiya bar Abba, car il est rigoureux et a bien appris la halakha de la bouche de celui qui l'a énoncée, à l'instar du Sage Ra'hava de la ville de Poumbedita. Ra'hava était réputé pour la précision avec laquelle il transmettait ce qu'il avait appris de son maître.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: נְקוֹט דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא בִּידָךְ, דְּדָיֵיק וְגָמַר שְׁמַעְתָּא מִפּוּמָּא דְמָרַהּ שַׁפִּיר כְּרַחֲבָא דְפוּמְבְּדִיתָא.